Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 7 août 2005

Cupules cinéraires

On m'assure qu'en réalité peu de gens méditent sur leurs fins dernières en tapotant leur cigarette au bord de ces cupules cinéraires.
Jacques Perret, Les collectionneurs, Le Dilettante.

Cupule : n.f. Organe en forme de coupe qui entoure la base de certaines fleurs ou de certains fruits (gland, noisette, etc.) (Dictionnaire Quillet de la langue française, 1948)
Cinéraire : Qui renferme les cendres d'un mort. (op. cit.)

Quelle jolie image trouvée par Perret pour désigner un cendrier !

dimanche 31 juillet 2005

Paralogie

«Nous ferons place à la paralogie à côté de l'analogie et nous montrerons qu'à l'ancienne philosophie du comme si succède, en philosophie scientifique, la philosophie du pourquoi pas
Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, p. 10, PUF, 1934

Je n'ai trouvé aucune définition de ce mot. Cependant, paralogisme existe bel et bien. Étymologiquement, il vient du grec para, «contre», et logos, «discours», «raison». Le paralogisme se rapproche du sophisme, bien qu'en général on utilise plus volontiers ce dernier mot pour désigner un raisonnement volontairement trompeur, le paralogisme étant commis de bonne foi (La pratique de la philosophie, Hatier). Le paralogisme est un raisonnement contraire à la logique ou entaché d'une erreur de démonstration (Dictionnaire des mots rares et précieux, 10|18). Dans le Gradus : Les procédés littéraires (B. Dupriez, 10|18), le paralogisme est un sophisme, mais qui est de bonne foi.

Bachelard crée (?) le mot sans aucun doute pour « sonoriser » l'opposition avec le raisonnement par analogie. Le livre de Bachelard est un essai sur l'épistémologie de la science moderne. Fascinant !

lundi 25 juillet 2005

Enfermons le poète...

Souvent, en marchant, je longe la polyvalente Émile-Nelligan, angle Villeneuve et Hôtel-de-Ville. Un nom est honoré, et ce nom véhicule électivement l'idée de la poésie. L'édifice, lui, est un « bloc » fonctionnel : un bunker, pas de fenêtres, ou si peu - l'enfermement.
Paul Chamberland

dimanche 24 juillet 2005

Paul Carvel

Astrologie, ou quand les étoiles éclairent des illuminés qui éblouissent des lunatiques.
(Jets d'encre - 299 , Éd. Laetoli, 2000)

Le livre t'inspire, la télévision t'aspire.
(Mots de tête - 621, Éd. Laetoli, 2002)

Polytique : nouvelle orthographe pour un sens plus contemporain : plein de parasites.
(Sel d'esprit - 772, Laetoli, 2005)


Paul Carvel est Belge et est auteur d'aphorismes. Jusqu'à présent, il en a composé 1000 et on les trouve dans ses trois petits recueils publiés aux Éditions Laetoli : Jets d'encre, petit délire de fin de siècle (2000), Mots de tête, trithérapie ludique contre l'hibernation cérébrale (2002) et son petit dernier Sel d'esprit, poil à gratter pour méninges hébétées (2005).

Évidemment, vous trouverez une jolie sélection des petits joyaux de Paul sur mon site. L'auteur me fait l'immense plaisir de m'envoyer gracieusement une édition de ses livres car, à ma connaissance, ils ne sont pas encore distribués au Canada. Rendez-vous ici pour plus de détails.


Cul-de-lampe numérisé de la revue L'Abeille, mai 1927.

jeudi 21 juillet 2005

Bouquiner

L'art de bouquiner devrait définitivement faire partie des cours qui sont dispensés à l'école.
Geneviève Bolduc, Le Monde d'Allie, 21 juillet 2005

jeudi 14 juillet 2005

Plaisir des courbes

Vous avez quelques heures? Explorez ce site. Si les objets fractales vous intéressent, il ne vous décevra pas.

lundi 11 juillet 2005

Java

Je me suis mis un petit objectif d'apprentissage pendant mes vacances : en apprendre un peu plus sur la programmation Java. Depuis l'entrée en scène de ce langage, je reste toujours aussi fasciné par celui-ci.

Je poursuis différents buts, dont celui de refaire mes scénarii Cybergéomètre en applets Java. Et puis, je suis convaincu que la programmation orientée objet peut m'aider à comprendre comment on comprend.

Je possède plusieurs livres sur le Java dont certains datent de quelques années. Mais une recherche récente sur le web m'a fait découvrir cet excellent, mais vraiment excellent Introduction to Programming Using Java de David J. Eck. Si vous avez déjà une idée de la programmation, lisez son chapitre 5 où il introduit le concept de programmation orientée objet, et vous comprendrez mon enthousiasme. Non pas que cela soit facile à comprendre (il faut parfois que je lise 3-4 fois le même paragraphe), mais son texte est clair et les exemples amenés pour illustrer les idées sont brillamment choisis. Les tutoriels de Sun sont aussi excellents mais celui de Eck nous parle plus simplement de la philoso-technicité de la POO.

Le texte de Eck fait plusieurs centaines de pages et est entièrement libre car il est publié sous licence GNU free documentation. Ah ! si j'avais le temps, j'aimerais en faire une traduction en français.

Vive les vacances !

samedi 9 juillet 2005

Genest ou Qui est-ce donc ?

On a bouleversé la terre avec des mots.
A. de Musset, À quoi rêvent les jeunes filles, Acte 1, Sc. 4


Je n'avais encore jamais acheté sur ebay. Il y a quelques semaines, j'ai visité pour la première fois ce fameux site. Évidemment, je me suis immédiatement tourné vers les quelques titres que je recherche constamment. C'est ainsi que j'ai gagé et gagné (3 euros !) ce magnifique livre d'Émile Genest «Les belles citations de la littérature française (deuxième série)» (1939). L'épigraphe de ce billet est d'ailleurs tirée du livre, à la rubrique Mot. De cet auteur, je possédais déjà la première série (1923), de même que «Les belles citations de la littérature latine» (1939) et «Les belles citations de la littérature étrangère» (1926). Il a aussi publié deux autres recueils intitulés « Où Est-ce donc ? » (première et deuxième série) que je vais recevoir dans quelques jours grâce à Abebooks.
Assez étonnamment, le web est silencieux au sujet d'Émile Genest. Je n'ai pu trouver ni sa date de naissance, ni sa date de mort. De même, ma recherche bibliographique à la Bibliothèque Nationale du Québec est restée infructueuse.

vendredi 1 juillet 2005

Mankell

Lu d'une seule traite ce petit dernier (publié en français) du Suédois Henning Mankell. En fait, L'homme qui souriait est le quatrième de sa série policière ( 8 livres) consacrée à Kurt Wallander. Il faut savoir qu'il y a une espèce de mode, dans le polar, qui consiste à prendre un personnage (détective, policier ou autre) et à suivre son évolution au travers ses aventures. Ce n'est pas du tout semblable aux Poirot/Miss Marple d'Agatha Christie dont on ne sait à peu près rien de leur vie personnelle, ces derniers n'étant que des résolveurs (problem solver) appartenant au monde des Who Done It.

Bien que tous les Mankell se lisent indépendamment les uns des autres, je vous suggère une lecture chronologique selon l'ordre de parution suédoise, et non pas suivant les années des traductions françaises.

Au début du roman, Wallander a presque 50 ans et songe sérieusement à remettre sa démission. Mais l'assassinat d'un ami venu lui de demander de l'aide quelques jours auparavant reporte sine die cette décision. L'homme qui souriait nous tient en haleine jusqu'à la dernière page. D'après moi, la finale est tirée par les cheveux, mais le livre a fait son boulot : nous donner une belle distraction de quelques heures. Une jolie lecture d'été, c'est à lire si vous êtes un fan de Mankell.

Citations tirées de mes lectures de Mankell.

mardi 28 juin 2005

Typographie

Lors d'une formation donnée hier matin, je mentionnais aux enseignants qu'il ne faut jamais, jamais, jamais taper deux fois de suite la barre d'espacement.

- Mais, m'a-t-on lancé, après un point final, on demande toujours aux élèves de faire deux espaces.
- Non, il n'y a qu'une seule espace.
- Pourtant, dans les cours de dactylo, on nous disait bien qu'il y a deux espaces.

Ces enseignants ont semé un doute dans mon esprit car, ma mémoire reprenant vie, il me semblait que j'avais déjà appris cette règle...

Revenu à la maison, je me suis garroché sur ma bible du typographe, le Ramat de la typographie (1998), et en page 137, oh ! soulagement, il est bien indiqué qu'après un point, « on met une capitale au prochain mot. On ne met jamais deux espaces de suite après un point final. »

samedi 25 juin 2005

Le double

La lecture d'un Saramago est toujours en expérience unique. L'auteur écrit généralement sans paragraphe et où tous les dialogues sont en quelque sorte sur une même phrase. Par exemple : « Bonjour, dit-il, Tiens, bonjour, Je vous interromps, demanda-t-il, Non, non, quelle idée, je jetais juste un deuxième coup d'oeil, j'ai pratiquement tout corrigé, Comment vont-ils, Qui, Vos élèves, Comme d'habitude, couçi-couça, ni bien ni mal, Exactement comme nous quand nous avions leur âge, dit le mathématicien avec un sourire. » La virgule agit comme un tiret, mais cela donne vraiment l'impression de suivre, en bon observateur, la conversation. Autre caractéristique intéressante : il arrive que l'auteur, Saramago lui-même, interrompe son histoire pour parler à son lecteur : Saramago nous accompagne dans le livre. Pour faire un peu court, le thème du double constitue la trame du roman : un professeur d'histoire découvre dans un film loué à un club vidéo son double parfait. Double qui vit dans la même ville que lui. Il partira en quête de son identité, pensez-vous? Oui et non. C'est un peu plus complexe que ça : Notre bon professeur sait très bien qui il est. La découverte de son double (où est-ce lui qui est le double de l'autre) chamboulera sa vie, mais sans provoquer vraiment une crise identitaire. Excellent roman.

jeudi 23 juin 2005

17

The ratio of the height of the Sears Building in Chicago to the height of the Wollworth Building in New York is the same to four significant digits (1,816 vs. 1816) as the ratio of the mass of a proton to the mass of an electron.
John Paulos, Innumeracy


J'aime les choses inutiles. Par exemple, cette vieille page sur le nombre 17. J'ajoute qu'Aurélie quitte bientôt ses 17 ans...

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