Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 18 août 2005

Repenser la mathématique scolaire

Un extrait d'une entrevue de Denis Guedj :

CS : Les maths ont mauvaise réputation. Pourquoi ?
D. G. : Il y en a qui n’aiment pas le caviar sans savoir ce que c’est, et d’autres qui, connaissant le caviar, ne l’aiment pas non plus. C’est la même chose pour les mathématiques. Ça met en jeu un certain nombre de choses, comme la rigueur et la démonstration. Certaines personnes y sont hostiles. Elles n’aiment pas ça et elles ont le droit de ne pas aimer ça ! Ça ne sert à rien de les culpabiliser.
Il faut dire aussi que le statut de l’enseignement des mathématiques aujourd’hui est particulier. Avec le français, les mathématiques sont considérées comme la matière la plus importante. On peut comprendre que l’on accorde beaucoup d’importance à l’enseignement de la langue maternelle. Les maths, par contre, sont beaucoup moins proches de la vie quotidienne. D’une certaine façon, elles sont même devenues un outil de coercition : si on n’est pas bon en maths, on va avoir des ennuis, on n’aura pas une bonne scolarité, etc. Conséquence : on a peur et on ne comprend pas. Et plus on a peur, moins on comprend. Mais contrairement au sport, on ne peut pas obtenir de certificat médical pour ne pas faire de maths...

CS : Y aurait-il trop de maths à l’école ?
D. G. : En France, on fait des mathématiques durant toutes ses études. Jusqu’au baccalauréat, ça fait plus de 12 ans. Elles ne devraient pas être obligatoire si longtemps. Ou on devrait changer la manière de les faire. Apprendre à résoudre des équations du second degré, est-ce vraiment si important ? D’une certaine manière, ça ne sert à rien - au sens où les gens disent servir - mais ça peut être utile à énormément de choses : qu’est-ce que c’est qu’une équation ? Qu’est-ce que c’est que ces inconnues, les petits « x », les petits « a » ? On va trop vite sur l’apprentissage de ces notions, alors que c’est très dur à comprendre.
Au lieu de mettre l’importance sur l’accumulation des connaissances, on devrait passer plus de temps sur les mécanismes des mathématiques, comme la logique, la rigueur, etc. Qu’est-ce qu’un raisonnement par l’absurde, par exemple ? Contrairement à ce que l’on enseigne habituellement, on peut partir d’une hypothèse fausse pour arriver à démontrer que quelque chose est vrai.
Il faudrait inculquer une culture mathématique plutôt que faire des maths. La culture mathématique, ce serait lire ou écrire les maths. Je t’écris des maths et tu me dis qu’est-ce que ça dit. C’est important, parce que le moment de l’écriture est absolument nécessaire. Vous pouvez faire de l’histoire ou de la géographie sans écrire, mais vous ne pouvez pas faire de mathématiques sans écrire - ou du moins dans les maths de notre culture grecque. Il faudrait également enseigner l’histoire des mathématiques. Ça cultiverait les gens, mais surtout ça les aiderait à mieux comprendre les maths.

Voir le Blog-notes du Coyote.

mardi 16 août 2005

Ça me choque...

«Nous leur avons demandé de suspendre les moyens de pression. Après tout, les syndiqués de la FTQ n'ont déposé leurs demandes salariales qu'en juin», a déclaré M. Munn à la Presse canadienne. Il juge que les moyens de pression à ce stade-ci sont prématurés. Les négociateurs syndicaux ont rencontré M. Munn à Montréal mardi. Les uns et les autres se sont entendus pour fixer un échéancier en vue des prochaines rencontres de négociations. (Matinternet)

Je comprends vraiment, mais vraiment pas... Ça fait deux ans que la convention est échue. Et les deux parties se sont rencontrées pour « fixer un échéancier ». Merde !!! Mais comment diable se fait-il que cet échéancier ne soit pas déjà fixé??? Ils font quoi, nos représentants syndicaux ? Et le gouvernement qui demandent de reporter les moyens de pression ! Nos politiciens ne sont que des lavettes. Dans le même article, on nous dit qu'ils vont se revoir le 25 août prochain. Diable de diable... que font-il demain, et après-demain ??? Ne sont-ils pas payés par nos taxes pour négocier ? Et s'ils ne sont pas prêts, on n'a qu'à mettre ces incompétents à la porte et qu'on en embauche d'autres ! J'y comprends absolument rien à cette lenteur. Il me semble qu'en deux ans, on a le temps de se préparer ! Quelle incompétence !

lundi 15 août 2005

Hanff

[En parlant de Helene Hanff]
« On ne sait jamais très bien si elle est une pessimiste gaie ou une optimiste triste. »
Jean-Noël Liaut


- Pourquoi tu souris ? me lança Aurélie.
- Ce livre est tellement bon, lui répondis-je.
- Ça parle de quoi ?
- C'est un échange épistolaire entre une jeune New-Yorkaise et un libraire de Londres. Les lettres datent de la fin des années 40 et s'étalent sur près de vingt ans.
- C'est drôle ?
- Drôle ?
- Depuis que tu as commencé ce livre, tu as le sourire fendu jusqu'aux oreilles.
- C'est... jubilatoire. La jeune fille est folle des vieux livres d'occasion anglais. Elle est sans le sou, mais arrive tout de même à faire de bons achats. Ses lettres illustrent une amoureuse profonde des livres. Le libraire répond avec la politesse tout anglaise, voulant bien aider sa correspondante américaine. Dans les lettres du libraire, je retrouve à peu près le même ton que dans les courriels que j'échange parfois avec des libraires sur le web. C'est cela, sans doute, qui me fait sourire : le bonheur de savoir qu'on n'est pas seul dans notre folie.

Aurélie devait quitter. J'ai poursuivi ma lecture.

- Il semble bon ton livre, me dit Marie en s'asseyant confortablement au salon.
- Excellent, absolument excellent. Tiens, écoute.

Et j'ai relu, juste pour elle, à haute voix, les trente premières pages du bouquin.

Si les livres vous intéressent un tant soit peu, ce 84, Charing Cross Road vous transportera de joie.

dimanche 14 août 2005

Bouquinage

Hier matin, après un bon petit dejeuner au Café Cognac de Hull, j'ai visité quelques librairies. Avec moi, cette liste :

Les masques du héros de J. M. de Prada;
84, Charing Cross Road d'Hélène Hanff;
Petits suicides entre amis de Paasilinna;
Petit cours d'autodéfense intellectuelle de Baillargeon;
Tout ce que j'aimais de S. Hutsvedt;
Nedjma de K. Yacine;
Notes de chevet de Sei Shönagon.

Je voulais aussi jeter un oeil sur les polars de N. French et Mooney, de même que sur les livres d'Alain de Botton. De plus, il n'était pas question de revenir à la maison sans les trois premiers livres de la liste car : Le Prada est une suggestion enthousiaste d'un lecteur d'Au fil de mes lectures; cela fait plus d'un an que j'attends la sortie en poche du Paasilinna; et partout sur le web, on ne tarit pas d'éloges pour le Hanff.

Premier arrêt : La librairie du Soleil du secteur Hull. Grosse déception : ils n'avaient pas encore reçu le Paasilinna, qui pourtant, était paru en Folio depuis plusieurs semaines. Aucun Prada et pas de Hanff. Le Hustvedt était bien là, mais un rapide survol, et ma déception de ne rien trouver d'autres, m'ont incité à reporter cet achat à une date ultérieure.

Je suis donc passé chez la librairie d'occasion Le Loisir des Usagers, à quelques pas de là. Pour la première fois en plusieurs dizaines de visites, je suis ressorti bredouille. Ils ont toujours le dictionnaire Littré en quelques volumes des années 20, mais à près de 200$, j'ai décidé de ne pas le prendre... Il y avait aussi un Nicci French en poche mais très magané.

J'ai donc traversé la rue et me suis rendu à la Librairie Réflexion des Galeries de Hull. Pas de Hanff, ni de Prada. J'y ai cependant trouvé le Paasilinna. En attendant Marie, j'ai pu lire les trois premiers chapitres. En soirée, je me suis rendu à 115 pages et je compte bien terminer le livre dans la journée ou, au plus tard, demain soir.

- On retourne à la maison ? m'a lancé Marie dans l'auto.
- Non. Je vais faire un arrêt chez Archambault, on sait jamais...

Et je lui expliquai que ma quête de la journée avait été pour le moins infructueuse.

Je n'aime pas vraiment le magasin Archambault, tout au moins celui de Gatineau. Je trouve qu'il n'y a pas là une atmosphère de librairie. Les employés sont jeunes et semblent plutôt ignorants en matière de livres. Cependant, j'y ai trouvé deux Hanff dont j'ai déjà lu, ce matin - c'est un petit livre - , l'extraordinaire, le jubilatoire 84, Charing Cross Road. L'autre Hanff est La duchesse de Bloomsbury Street, qui est une espèce de suite au premier. Les Prada, Baillargeon, Shönagon et Yacine brillaient par leur absence. Cependant, dans la petite section consacrée aux sciences, j'ai trouvé Petit voyage dans le monde des quanta d'Étienne Klein, prix Jean Rostand 2004 publié dans la collection Champs chez Flammarion de même que L'Univers élégant de Brian Greene (Folio/essais) gros livre de 600 pages sur l'histoire de l'infiniment grand à l'infiniment petit pour nous amener jusqu'à la théorie des cordes. Brian Greene, nous dit l'intro, est l'un des spécialistes mondiaux de cette théorie. Quant au Klein, je devrai le retourner chez Archambault : les pages 138 à 176 sont remplacées par les pages 51 à 88. Certainement une erreur de l'imprimeur. J'espère qu'ils ne feront pas de chichis.
Finalement, il aurait sans doute été plus fructueux de commander chez Pantoute à Québec ou chez Gallimard de Montréal. Ce qui me fait apprécier la vente en ligne palliant les inventaires plein de trous de nos librairies locales.

MathML et JS

J'ai découvert ce matin ce petit utilitaire en JavaScript (GPL) permettant d'afficher facilement sur le web des formules mathématiques. Le script décortique le texte simplement écrit en Ascii pour le transformer en MathML. Fantastique !

lundi 8 août 2005

Boileau

Très intéressant, ce billet.

dimanche 7 août 2005

Cupules cinéraires

On m'assure qu'en réalité peu de gens méditent sur leurs fins dernières en tapotant leur cigarette au bord de ces cupules cinéraires.
Jacques Perret, Les collectionneurs, Le Dilettante.

Cupule : n.f. Organe en forme de coupe qui entoure la base de certaines fleurs ou de certains fruits (gland, noisette, etc.) (Dictionnaire Quillet de la langue française, 1948)
Cinéraire : Qui renferme les cendres d'un mort. (op. cit.)

Quelle jolie image trouvée par Perret pour désigner un cendrier !

dimanche 31 juillet 2005

Paralogie

«Nous ferons place à la paralogie à côté de l'analogie et nous montrerons qu'à l'ancienne philosophie du comme si succède, en philosophie scientifique, la philosophie du pourquoi pas
Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, p. 10, PUF, 1934

Je n'ai trouvé aucune définition de ce mot. Cependant, paralogisme existe bel et bien. Étymologiquement, il vient du grec para, «contre», et logos, «discours», «raison». Le paralogisme se rapproche du sophisme, bien qu'en général on utilise plus volontiers ce dernier mot pour désigner un raisonnement volontairement trompeur, le paralogisme étant commis de bonne foi (La pratique de la philosophie, Hatier). Le paralogisme est un raisonnement contraire à la logique ou entaché d'une erreur de démonstration (Dictionnaire des mots rares et précieux, 10|18). Dans le Gradus : Les procédés littéraires (B. Dupriez, 10|18), le paralogisme est un sophisme, mais qui est de bonne foi.

Bachelard crée (?) le mot sans aucun doute pour « sonoriser » l'opposition avec le raisonnement par analogie. Le livre de Bachelard est un essai sur l'épistémologie de la science moderne. Fascinant !

lundi 25 juillet 2005

Enfermons le poète...

Souvent, en marchant, je longe la polyvalente Émile-Nelligan, angle Villeneuve et Hôtel-de-Ville. Un nom est honoré, et ce nom véhicule électivement l'idée de la poésie. L'édifice, lui, est un « bloc » fonctionnel : un bunker, pas de fenêtres, ou si peu - l'enfermement.
Paul Chamberland

dimanche 24 juillet 2005

Paul Carvel

Astrologie, ou quand les étoiles éclairent des illuminés qui éblouissent des lunatiques.
(Jets d'encre - 299 , Éd. Laetoli, 2000)

Le livre t'inspire, la télévision t'aspire.
(Mots de tête - 621, Éd. Laetoli, 2002)

Polytique : nouvelle orthographe pour un sens plus contemporain : plein de parasites.
(Sel d'esprit - 772, Laetoli, 2005)


Paul Carvel est Belge et est auteur d'aphorismes. Jusqu'à présent, il en a composé 1000 et on les trouve dans ses trois petits recueils publiés aux Éditions Laetoli : Jets d'encre, petit délire de fin de siècle (2000), Mots de tête, trithérapie ludique contre l'hibernation cérébrale (2002) et son petit dernier Sel d'esprit, poil à gratter pour méninges hébétées (2005).

Évidemment, vous trouverez une jolie sélection des petits joyaux de Paul sur mon site. L'auteur me fait l'immense plaisir de m'envoyer gracieusement une édition de ses livres car, à ma connaissance, ils ne sont pas encore distribués au Canada. Rendez-vous ici pour plus de détails.


Cul-de-lampe numérisé de la revue L'Abeille, mai 1927.

jeudi 21 juillet 2005

Bouquiner

L'art de bouquiner devrait définitivement faire partie des cours qui sont dispensés à l'école.
Geneviève Bolduc, Le Monde d'Allie, 21 juillet 2005

jeudi 14 juillet 2005

Plaisir des courbes

Vous avez quelques heures? Explorez ce site. Si les objets fractales vous intéressent, il ne vous décevra pas.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 >