Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 21 mai 2005

Constructionnisme

Children don't get ideas, they make ideas.

Better learning will not come from finding better ways for the teacher to instruct, but from giving the learner better opportunities to construct.

Seymour Papert


En faisant une petite recherche sur le constructionnisme de Papert, je suis tombé sur cette thèse de Joseph Rézeau. Au chapitre 3.4, on peut y lire :

Ainsi Papert (1993) comme Chandler (1995) se réfèrent à l’utilisation de ce concept par Lévi-Strauss dans La Pensée sauvage (1962). Ces deux auteurs réutilisent la métaphore du bricolage et du bricoleur, le premier pour illustrer sa défense du constructionnisme contre les pédagogies de l’enseignement magistral (instructionism), le second dans le cadre de sa discussion sur l’influence du médium et de l’outil sur l’activité humaine. Ayant redéfini le constructivisme comme constructionnisme, Papert (op. cit. : 143 et s.) pose la question de savoir comment on devient expert dans la construction du savoir. Il insiste surtout sur le fait qu’il n’existe pas une méthode unique, et dénonce la promptitude néfaste avec laquelle l’école passe du concret à l’abstraction, et donne toujours la priorité aux connaissances abstraites. Par opposition avec la méthode générale de résolution de problèmes, qui fournit une solution théoriquement adaptée à tous les cas, le bricolage permet de trouver une solution pratique réellement adaptée à chaque cas :
The basic tenets of bricolage as a methodology for intellectual activity are: Use what you’ve got, improvise, make do. [...] Here I use the concept of bricolage to serve as a source of ideas and models for improving the skill of making – and fixing and improving – mental constructions (op. cit.: 144).
Ainsi, dans la ligne des partisans du constructivisme, Papert estime que le plus important dans l’apprentissage est de fournir à l’apprenant les outils pour construire son savoir. À la limite, peu importe l’outil, peu importe la méthode, pourvu que « ça marche ». Dans cette perspective du bricolage, l’ordinateur apparaît comme un outil idéal d’exploration du monde et d’appropriation de savoir :
[...] the computer, simply but very significantly, enlarges the range of opportunities to engage as a bricoleur or bricoleuse in activities with scientific and mathematical content (idem: 145).

Vous trouverez quelques autres citations du Children's Machine de Papert sur Au fil de mes lectures. Il n'est pas encore disponible en poche, mais la traduction existe bel et bien chez Dunod (1994, plus de 40$) : L' Enfant et la machine à connaître --- Répenser l'école à l'ère de l'ordinateur.

En simplifiant un peu les concepts, on peut dire que le constructivisme tourne autour de l'idée que la connaissance est construite par l'apprenant et non pas donnée par l'enseignant. Alors que le constructionnisme est basé sur l'idée que l'acquisition des connaissances est meilleure quand l'apprenant est engagé dans la construction d'un «objet» externe ou partageable. Ce processus mène à l'utilisation d'un cycle d'internalisation de ce qui est dehors, et ensuite une externalisation de ce qui est à l'intérieur. (Voir le texte d'Amy Bruckman dont quelques notes de lecture par Duclaux ici.)

J'avoue avoir une forte prédilection pour le constructionnisme. D'ailleurs, mon idée de construire ses compétences mathématiques (et autres !) en passant par la construction sociale (externe) d'objets informatiques vient de là.

Mon été comptera au moins deux jolies relectures : Mindstorms et The Children's Machine.

Citation quotidienne

L'évaluation, cancer du système d'éducation.

mercredi 18 mai 2005

Citation quotidienne

« Lorsque tu vas à l'aventure, laisse quelque trace de ton passage, qui te guidera au retour... Mais si tu arrives à un endroit infranchissable ou dangereux, pense que la trace que tu as laissée pourrait égarer ceux qui viendraient à la suivre. Retourne donc sur tes pas et efface la trace de ton passage. Cela s'adresse à quiconque veut laisser en ce monde des traces de son passage. Et même sans le vouloir, on laisse toujours des traces. Réponds de tes traces devant tes semblables. »
René Daumal, Le Mont Analogue

mardi 17 mai 2005

Technoïde

J'ai fait ce petit test. Résultat ?
You scored as Meta-techno.
Vous êtes fan de techno, à fond sur les nouveautés, à la maison comme au bureau. Vous préférez agir que parler.
Curieux... Je n'ai même pas de téléphone portable... Aucune option sur mon téléphone à la maison.... Ma chaîne stéréo est bien cheap... Quant à ma télé, n'en parlons pas. Hum... tout cela m'indique qu'il est toujours judicieux de solliciter une seconde opinion. Je vais fouiller dans les Châtelaine...

Cri

« Sésame, ouvre-toi : je veux sortir ! »
Stanislaw Jerzy Lec, Nouvelles pensées échevelées, p.91, Rivages poche n°306.

dimanche 15 mai 2005

Une question d'orientation

Ce n'est pas qu'au Québec que la guerre des rapports traitant du logiciel libre versus le logiciel propriétaire tient place. Ici, Microsoft attaque les résultats d'un rapport anglais.

Ce qui est dommage dans tout ça, à mon avis, c'est que tout semble tourner autour de l'argent. Or l'éducation publique doit d'abord se pencher sur ses fondements philosophiques. Deux choix s'offrent à nous :
· offrir à nos enfants une société où la connaissance est ouverte et librement accessible;
· laisser le contrôle d'une partie des connaissances entre quelques personnes seulement.

Que l'on opte pour une solution ou l'autre, elle aura un coût. Un coût monétaire et psychologique. Dans ce petit billet, je n'aborderai pas l'aspect énonomique de ces choix, mais plutôt le côté psycho/pédagogique.

Dans le premier cas, il faudra lentement mais sûrement migrer vers des logiciels libres et des systèmes d'exploitation libres en éducation. Il faudra de plus éduquer les enfants à faire des choix, à les assumer et à en devenir responsables. Il faudra s'attendre à beaucoup, beaucoup d'insécurité de la part des traditionnels détenteurs de la connaissance. Il faudra préparer nos éducateurs à travailler dans un esprit de co(élaboration/coconstruction/conception) de la connaissance. Il faudra apprendre à comprendre. Comprendre les solutions des autres. Comprendre comment les autres pensent. Comprendre que la connaissance est un bien qui se partage.

Dans le second cas, il faudra continuer de payer des licences, se fier à la compétence de ceux qui ont le droit de voir le code. Nous déciderons parfois de payer pour le développement de solutions informatiques qui ne nous appartiendront pas. Pour certains problèmes, nous devrons rester dans l'ignorance des processus qui ont mené à leurs solutions. Nous dirons à nos enfants qu'on ne doit pas poser certaines questions et que certains problèmes ne sont utiles que pour leurs solutions et que la manière d'y arriver ne les concerne pas. Nous leur ferons comprendre que dans la vie, certaines choses doivent rester cachées à leur entendement.

Comme le disait Jacques Daignault, le choix technologique n'est pas neutre. Soyons-en conscients et tentons de faire un choix le plus éclairé possible. Éclairé par une idéologie philosophico/pédagogique. Éclairé par l'amour de la connaissance. Nos conceptions économiques devront s'ajuster à cette idéologie, et non l'inverse.

vendredi 13 mai 2005

GRICS, encore une fois.

Via le blogue de Michel Dumais, j'ai pu lire la réaction de la GRICS à la lettre de Louis Desjardins. L'extrait suivant indique bien l'analyse que fait la Société au regard du logiciel libre :
«Le modèle actuel de la Société GRICS permet d’assurer, à la fois, le financement de la réalisation des produits et de celui des services qui y sont associés. Qu’arriverait-il si la Société GRICS modifiait son modèle pour ne facturer que ses services ? Elle devrait trouver des sources de revenus alternatives, pour financer le coût de développement, d’entretien et d’amélioration de ses produits. Dans le monde du logiciel libre, ce financement provient de subventions, de fonds versés par des fondations ou des contributions de la communauté. Mais, qui fournirait les subventions qui seraient requises (comme dans le projet Mille), quelles fondations viendraient supporter le développement de logiciels libres en éducation, quelles communautés viendraient contribuer aux développements spécifiques attendus par les commissions scolaires du Québec ? Et, comment pourrait-on garantir la pérennité des produits et des services ?
Sans des réponses précises et concrètes à ces questions, on ne peut absolument pas juger des avantages supplémentaires que les commissions scolaires pourraient éventuellement tirer d’un tel changement.
Par contre, on peut affirmer, sans risque d’erreurs, que la très grande majorité des commissions scolaires du Québec n’ont pas les ressources pour contribuer à des développements en logiciels libres. Et, il est loin d’être acquis qu’une Société GRICS ou toute autre entreprise, qui s’appuierait sur des subventions, gagnerait en efficacité, pourrait garantir la pérennité et livrerait plus de valeur à l’ensemble des commissions scolaires du Québec.»

Bernard Létourneau (PDG de la Société GRICS) et Robert Saumur (Président CA de la Société GRICS)
Rêvons un peu, à partir d'un exemple concret, ce qui pourrait se passer. Prenons trois productions libres développées par une très petite commission scolaire de l'Outaouais : le Bulletin informatisé (alternative libre au bulletin livré avec GPI), le Cyberfolio (portfolio électronique) et le CyberPif (Plan individuel de formation électronique attaché au concept de l'approche orientante).

Imaginons un instant que la GRICS permette à ces applications de se connecter à GPI (ou à Édugroupe, leur portail) pour, entre autres, récupérer des données telles le nom des élèves, leur numéro de fiche, etc.

Ainsi, la majorité des CS qui utilisent actuellement GPI se trouveraient gagnantes puisqu'elles auraient une alternative libre aux produits propriétaires de la GRICS. Est-ce contradictoire? Pas du tout. Cela veut juste dire que les CS continueraient à développer leur GPI préféré, car, justement, on peut lui accoler des produits alternatifs qui sont susceptibles de faire l'affaire de leurs enseignants ou qui, tout au moins, leur donnent un choix. Je crois même que la Société pourrait offrir des trucs du genre : «Avec GPI, vous avez accès au Cyberfolio, à un Bulletin informatisé alternatif, etc. et nous pouvons vous offrir, moyennant un coût supplémentaire à GPI, un support pour ces produits.» Ainsi, la GRICS, sans avoir participé au développement de ces produits, pourrait même se faire un peu de sous avec la chose et elle rendrait tout le monde heureux. Quant au développement de ces produits, elle pourrait, si elle le juge opportun, décider de s'y investir ou non, car l'une des très belles caractéristiques du libre est que l'on ne s'y donne que si on juge le projet intéressant. Via leur Société, les DG pourraient donc décider, ensemble, d'investir dans le développement de ces applications pédagogiques comme ils le font maintenant pour le développement de tout autre produit vendable.

Bon, mon raisonnement est peut-être trop simpliste car, après tout, je ne suis pas économiste, mais il me semble que la diffusion potentielle de certains produits pédagogiques libres qui pourraient se «ploguer» sur la base de données de GPI serait une belle porte d'entrée dans l'exploration/exploitation du LL pour la Société. Cela leur donnerait aussi le temps de voir les répercussions sans vraiment influencer leurs autres produits : en effet, les CS qui ont GPI payent déjà pour le bulletin qui y est intégré. Le fait d'en offrir un deuxième libre ne leur enlève absolument rien. Quant à leur portfolio, les CS qui n'ont pas choisi Édugroupe doivent s'en passer. Avec le Cyberfolio, la GRICS pourrait quand même offrir à ces commissions scolaires un service payant d'un portfolio électronique libre. Ils développent donc un marché potentiel pour les non-utilisateurs de leur portail mais qui ont tout de même fait l'acquisition de GPI. Quant au CyberPif, c'est un produit tellement différent de tout ce qu'ils font, qu'il n'est pas, en lui-même, un compétiteur de quoi que ce soit.

Encore une fois, il y a peut-être plusieurs failles dans mon raisonnement. Mais il reste dans mes convictions les plus profondes que l'imposition de solutions propriétaires par les DG des CS (qui sont aussi les décideurs de la GRICS) à leurs enseignants sera bientôt absolument invivable. Et je crois que la GRICS doit immédiatement bouger pour signifier clairement si oui ou non elle permettra la diffusion de logiciels libres pouvant se connecter sur sa base de données GPI. Si elle ne désire pas faire ce pont, je crois qu'à moyen terme, leur situation deviendra intenable car on ne peut en tout temps et impunément se fier à des directives autoritaires pour imposer des solutions à des professionnels de l'enseignement.

dimanche 8 mai 2005

Politicisme

La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.
Paul Valéry


Manchette dans le Matinternet d'aujourd'hui :
Après plus de huit heures de négociations, le premier ministre de l'Ontario Dalton McGiunty a obtenu de son homologue fédéral Paul Martin 5,75 milliards $ sur cinq ans, pour combler l'écart fiscal dont la province se dit victime.
Admirable, ce huit heures pour arriver à une entente de plusieurs milliards. Explications possibles :
  • Les négociateurs sont vraiment compétents;
  • Les négociateurs sont des amis;
  • La province de l'Ontario est cruciale à la réélection de Martin.
Évidemment, je penche pour la première hypothèse car il faut être un esprit tordu pour croire un tant soit peu à la troisième possibilité.

Je réfléchis au fait qu'au Québec, on attend depuis deux ans le renouvellement de plusieurs conventions collectives. Deux ans. Explications possibles :
  • Les négociateurs sont vraiment incompétents;
  • Les négociateurs sont des amis et sont bien payés;
  • Les élections sont dans trois ans.
Voilà deux possibilités que je suggère pour accélérer un peu le processus :
  • Que des observateurs sans droit de parole puissent assister aux négos et qu'ils écrivent un petit blogue d'opinion en ce qui concerne les discussions. Plusieurs observateurs signifient plusieurs points de vue. Cela nous permettrait de poser de bonnes questions à nos représentants politiques et syndicaux.
  • Que ces négociations soient directement accessibles du web (par transcription ou par webcam) de manière à ce que tous les gens qui s'y intéressent puissent juger par eux-mêmes de la bonne foi des représentants gouvernementaux et syndicaux.
Je crois que le secret dont on tient pour acquis comme faisant partie intrinsèque de toutes négociations est un frein à l'efficacité. Je crois que comme dans le logiciel libre où le code source est toujours visible, on doit pouvoir accéder à ce qui se dit vraiment autour de ces tables.

samedi 7 mai 2005

Vivre est un art

Estéban passe la journée à la maison.

Dehors, juste avant qu'il arrive, je prenais tranquillement mon thé avec Marie. Je me disais combien j'étais chanceux d'avoir de merveilleuses filles.
- Une fille de 27 ans... déjà... Je suis vieux n'est-ce pas? dis-je à Marie.
- Tu es un jeune grand-père, me répondit-elle en souriant.
Et j'ai souri aussi.
Ce bonheur d'avoir des enfants ne s'explique pas. Quand je suis seul, au milieu d'une tâche hyperplate, il m'arrive souvent de rappeler à ma mémoire défaillante les grands yeux d'Andréanne, les sourcillements sérieux de Marie-Élaine et le regard charmeur d'Aurélie. Et alors, je me dis que ne serait-ce que pour ces instantanés, il vaut vraiment la peine de passer un petit séjour sur cette planète.

Merci la vie !

vendredi 6 mai 2005

C'était le bon temps ! J'ai trouvé.

Réçu ce matin dans un courriel :
Pourriez-vous m'aider à localiser cette citation de Rivarol ? « Ah ! c'était le bon temps ! J'étais bien malheureux. »

Avant de poursuivre plus avant la lecture de ce billet, décrivant mon processus de recherche, peut-être aimeriez-vous d'abord essayer de trouver la réponse?

Mon premier réflexe a été... Google! dans lequel j'ai entré directement la citation au cas où elle se trouverait sur le Net. Le résultat fut infructueux. J'ai alors cherché sur les deux phrases suivantes : «J'étais bien malheureux» et «c'était le bon temps». Toujours pas de réponse. Je suis donc allé dans mes bases de données. J'en ai une (tout à fait privée) de 160000 citations. Plusieurs citations contenaient les mots "malheureux" et "j'étais", mais rien ne se rapprochait de celle recherchée. Quant au Robert des citations, il y en a plusieurs de Rivarol, mais rien qui ne ressemble à l'objet convoité. J'ai laissé passer un petit cinq minutes, le temps de lire quelques billets de mon agrégateur. Puis, curieusement, j'ai eu l'idée de retourner sur Google, mais en féminisant la citation : «... j'étais bien malheureuse.» et là, Oh ! joie, une phrase de l'opéra Sophie Arnould de Pierné. (En passant, j'adore la musique de piano de ce compositeur.) Le librettiste Gabriel Nigond met la citation dans la bouche de Sophie Arnould. Comme cette dernière est une cantatrice célèbre du 18è siècle, il est donc très possible que la dame ait effectivement prononcé cette phrase. J'ai donc ouvert l'Encyclopédie des Citations de P. Dupré (1959) mais Arnould n'y est pas indexée. Par contre, l'index des mots clefs m'indique deux phrases très près de ce que je cherche :

Nous n'avions pas le sou mais nous étions contents;
Nous étions malheureux, c'était là le bon temps.
Jean-François Collin d'Harleville (1755-1806), Mes souvenirs.

Et Dupré, en bon encyclopédiste, fait le lien vers une autre citation, celle-là de Claude de Rulhière (1735-1791) : «Oh! C'était le bon temps, j'étais bien malheureuse !» tirée de Épitre. Sur le renversement de ma fortune.

J'ai ensuite vérifié dans le tome 1 des Citations Française du Robert, sous Rulhière. Il est encore plus précis :

Un jour une actrice fameuse
Me contait les fureurs de son premier amant;
Moitié riant, moitié charmant:
«Oh ! c'était le bon temps, j'étais bien malheureuse!»


L'actrice fameuse serait Sophie Arnould.

Quinze minutes après réception du courriel, mon correspondant avait sa réponse.

mardi 3 mai 2005

Je comprends!

Les « Je comprends ! » sont souvent partiellement ou totalement faux. Ce qu'on pense peut n'être qu'un mirage. Il faut absolument s'écrier « Je doute ! ». Et surtout douter de multiples façons et à toute altitude.
John Mason, L'esprit mathématique, p. 108, Modulo, 1994

lundi 2 mai 2005

Brouillamini

Obscurum per obscurius.
L'obscur par le plus obscur.


Beau proverbe latin qui se dit d'une explication qui, loin d'éclaircir une question, l'embrouille. À retenir.

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