Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 19 février 2012

L'hypocrisie de l'Église Catholique

Je rage quand je vois l'Église s'insurger et tirer profit du malheur d'un pauvre enseignant qui essaie de faire son travail dans un contexte qui, disons-le, n'est pas évident.

Hymne à l'amour : Vous saviez qu'Édith Piaf l’a écrite en 1949 en hommage au boxeur Marcel Cerdan qu’elle aimait ? Vous saviez que ce dernier était marié à Marinette Lopez en 1943 et n'était pas un homme «libre». Donc, la relation Piaf-Cerdan était une relation adultérine et donc, tout à fait contraire aux beaux principes de l'Église catholique : «Oeuvre de chair ne fera qu'en mariage seulement.»

Il est bien certain que jamais cette chanson n'aurait pu être chantée dans les écoles de l'époque alors que seulement des titres de «La bonne chanson» étaient permis.

Demandez donc à ce monsieur Jasmin Lemieux-Lefebvre, porte-parole pour le diocèse de Québec s'il est en accord avec le sexe hors mariage ; s'il est en accord avec les relations extraconjugales ; et si son Dieu est prêt à ouvrir les portes du paradis à ces pécheurs adultérins !!! Cerdan et Piaf sont-ils réunis au paradis, d'après lui ???

L'Église catholique est une belle hypocrite, croyez-moi !

19 février

Une carte pour vérifier le taux de décrochage à l'école de votre quartier.


Moyenne arithmétique vs moyenne géométrique. Jolie preuve. À quel niveau scolaire, d'après vous, peut-on l'apprécier ? Seriez-vous capable d'en faire un projet de programmation (Scratch, HTML5, PHP, etc.) en vue de la rendre plus dynamique ?

La musique mérite d'être la seconde langue obligatoire de toutes les écoles du monde.
Paul Carvel, Jets d'encre (180), Éd. Laetoli, 2000.


Les « pourquoi »
Pourquoi, lorsque vous dites à quelqu'un : je ne partage pas votre avis, ajoutez-vous : les avis sont partagés ?
Pourquoi dit-on que la lune diminue quand elle va en croissant ?
Pourquoi y a-t-il embarras d'argent, quand il n'y a pas d'argent, et embarras de voitures, quand il y a trop de voitures ?
Pourquoi un enfant rougit-il si on le réprimande vertement ?
Pourquoi les meilleurs crus donnent-ils les meilleurs cuites ?
Pourquoi dit-on qu'il faut déposer les arêtes et les noyaux sur le coin de son assiette, alors qu'un assiette, étant ronde, n'a pas de coin ?
Revue L'Abeille, novembre 1926.


Brillant tableau périodique du « ça pas d'bon sens ! »

Chemin faisant, page 52

La douleur qui se compare est déjà sur le chemin de la résignation.

On ne montre ses plaies cachées qu'aux âmes de choix.

Pour certaines âmes basses la médisance est un métier, j'ai presque dit un gagne-pain.

Que de charités on exerce en se respectant simplement soi-même !

S'écarter le plus possible des gens vulgaires, c'est la meilleure réplique à leur donner.

Toute chose tire son importance de celui qui s'en sert.

Il ne faut pas faire avec la Providence comme ces enfants qui ne veulent que le jouet de leur goût; acceptons le bonheur qu'elle nous donne, si elle ne nous offre pas mieux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

samedi 18 février 2012

18 février

La plus insigne perfidie du Diable est de faire croire qu'il n'existe pas.
Gustav Meyrinck, Les sangsues du temps, trad. Marcel Schneider, p.48, Éd. Retz-Franco Maria Ricci, 1977.

J'aime bien les images mathématiques. Par celles-ci, il me semble qu'on peut stimuler la curiosité chez nos élèves, et le goût d'en savoir un peu plus sur l'art d'en créer.

Au Canada, on peut télécharger gratuitement une nouvelle traduction du Vieil homme et la mer d'Hemingway. Profitez-en !

Setbon, Philippe : L'apocalypse selon Fred. Assurément un livre que je vais lire; il ne semble pas encore disponible au Québec.

Miette 16 : Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son

L'ouie

Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son.

Sommaire. — Toujours la même note. — Écoutez celui qui ne parle pas. — Bien jugé, mais injustice. — Que chacun prenne la parole. — Imposez le silence.

Vous faites résonner une cloche, soit en la frappant avec un morceau de bois ou de fer, soit en agitant son battant à l'aide d'une corde, c'est toujours le même son qu'elle vous répond, toujours la même « note », comme on dit en musique. Un son, un seul son frappe vos oreilles.

Quand un différend ou une discussion survient entre deux personnes, si vous n'écoutez que l'une d'elles, vous n'êtes pas éclairé sur leur situation respective. Vous n'avez entendu qu'un son de cloche, et d'aucuns prétendent :

Qui n'entend qu'une cloche n'entend rien.

Sénèque a dit :

Qui slatuit aliquid parle, inaudita altera
AEquum licet statuerit, haud aequus fuit.

« Sans écouter parti, qui juge par office,
Malgré qu'il juge bien, il fait une injustice. »

Plus sévère encore et rigoureux se montre le grand Corneille :

Quiconque, sans l'ouïr, condamne un criminel,
Son crime eût-il cent fois mérité le supplice,
D'un juste châtiment, il fait une injustice.

Pour être bien renseigné, bien documenté, et vous permettre une opinion sérieuse et raisonnée, prenez le soin d'écouter les diverses personnes au courant de l'affaire en cause et ne vous contentez pas d'un seul son de cloche.

Imbu de cette vérité, un juge, dont l'audience s'écoulait dans un brouhaha indescriptible, et qui depuis le début n'avait perçu que ce son unique et cacophonique, s'écria tout à coup : « Huissier, imposez silence ! il est étrange qu'on fasse tant de bruit, nous avons jugé je ne sais combien de causes sans les entendre. »


Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 51

Il y a des erreurs qui sont saintes tant elles sont généreuses, et qu'il faut savoir respecter quand on ne peut pas ou qu'on ne doit pas dire la vérité.

On estime l'homme avec lequel on s'explique.

L'indécision nous rend mineurs toute notre vie.

Il y a de pénibles jouissances, de doux regrets, d'affectueuses séparations, de charitables ironies, de luxueuses détresses ; qu'est-ce qu'il n'y a pas ici-bas ?

Aimer, ce n'est pas toujours absoudre l'être aimé, c'est regretter de ne pouvoir toujours le faire.

La nature se sert des gens vulgaires pour faire souffrir ceux qui ne le sont pas.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

vendredi 17 février 2012

17 février

Hier, je suis intervenu sur un billet de Patrick Giroux, professeur à l'UQAC. J'en garde une trace ici :
Je pense qu'on oublie un élément important : la posture pédagogique.

En effet, si on croit que l'enseignant détient une certaine connaissance et que c'est à lui de la transmettre, alors un bon livre de référence (numérique ou pas) devient nécessaire pour ne pas perdre un temps ridicule à prendre des notes pendant que le prof nous déverse «la» connaissance.

Mais si on croit plutôt que l'enseignant doit être dégagé d'enseigner des connaissances, alors là plusieurs ressources doivent être suggérées à l'élève pour qu'il puisse les acquérir, ces connaissances. Je suppose que dans ce contexte, un «bon» prof serait capable de détecter des ressources facilitantes (et pas nécessairement les mêmes) pour chacun de ses élèves. Cette posture pédagogique particulière en fait titiller plus d'un. J'ai écrit un petit billet à cet égard. C'est ici.

Stéphane mentionne aussi le côté «social» de l'apprentissage. Je suis d'accord avec lui en nuançant cependant que social n'est pas équivalent à «dans une salle de classe». On apprend beaucoup via les réseaux sociaux aujourd'hui, et, physiquement parlant, y'a plein de gens que je ne n'ai jamais rencontrés de ma vie et qui m'ont drôlement aidé à mieux comprendre certains phénomènes.

Dans le billet original, Patrick mentionne des supports genre Ipad ou autres. J'avoue que ces considérations, sans doute importantes, me laissent maintenant froid. J'ai passé plusieurs années sous Windows, puis une autre dizaine sur Linux, et me voilà sur Mac. Je pourrais discourir longtemps sur les bénéfices des uns et des autres. Mais je pense qu'il faut laisser le choix aux gens.

J'utilise un Ipad depuis plusieurs mois maintenant, mais principalement pour lire. Je pense que je saurais bien utiliser cette technologie si j'étais en salle de classe. Par ex : filmer les séquences d'apprentissage des élèves, garder des traces vidéo ou sonores dans un portfolio, créer des oeuvres littéraires, artistiques, etc. Mais j'avoue que pour développer, je ne me passerais pas de mon ordinateur.

Le problème, il est toujours le même, on ne propose que ce qu'on connaît. Si on aime les tablettes, hop, on en veut ! Si on aime Word, hop, on le propose, etc.

Il est tellement difficile, aujourd'hui, de «tout» savoir, et surtout, de savoir ce qu'on veut savoir... Nous sommes entourés de stimuli qui ne sont pas nécessairement stimulants pour tous !

Quoi qu'il en soit, le livre scolaire format papier va disparaître. Les exemples disponibles sur IBook démontrent bien ce fait, à mon avis.

Puis, cet autre commentaire suite à celui de Stéphane.
Stéphane, cela fait maintenant 2 ans que je suis passé sur un MacBook Pro. J'en reparlerai peut-être un jour... :-)

Je ne dis pas que l'enseignant n'explique plus ; je dis simplement qu'il n'enseigne plus les connaissances ! Mais si un élève, pour une raison ou une autre se trouve en «trouble» devant ce qu'il apprend (par ses lectures, des vidéos, des échanges avec les autres, etc.) alors l'enseignant lui «explique». C'est le modèle d'enseignement individualisé tel qu'on le vit à l'éducation des Adultes que je propose.

Par ailleurs, pourquoi vouloir avancer rapidement ??? Quelqu'un a dit :« Pour apprendre vite, étudiez lentement» et je suis de cet avis. La vitesse et l'efficacité dans l'apprentissage, ce n'est pas important, à mon sens. Cela revient à comprendre la culture du bogue (par opposition à la culture de l'erreur) : pour apprendre, il faut des bogues et la possibilité de modifier le projet suite à ces bogues. C'est complètement différent de l'approche : Voici la bonne méthode pour factoriser des trinômes ; ainsi, tu ne feras plus d'erreurs.

Pour ce qui est du wiki, je ne crois pas du tout que c'est du travail partagé «à l'ancienne.» Rien qu'à voir la physionomie des gens à qui je propose l'outil pour un travail collaboratif, on sent la différence. Lorsque je leur dis qu'on peut (et en fait on «doit») modifier le texte écrit par un autre, ils ressentent un profond malaise. Ils ont peur d'offusquer l'auteur original. Ils ne comprennent pas le principe d'une écriture COMMUNE pour ESPÉRER améliorer un produit. C'est beaucoup plus que du «tu fais ta part, je fais la mienne, et on collera tout ça ensemble après.»

Mais, il faut bien l'avouer, les wikis ne pognent pas fort. (Tout comme ton KF d'ailleurs !) Pourquoi ? Parce que l'approche collaborative n'est pas dans notre culture. On préfère l'approche compétitive : Écris un texte, j'en écris un aussi, et on votera pour le meilleur. Ou encore, écris une note, je vais l'évaluer et te dire ce qu'il faut que tu modifies. Construire ensemble, ce n'est vraiment pas dans l'esprit de la masse !

Je crois que l'écriture commune d'un texte pédagogique pourrait nous faire du bien. Commençons avec ceux qui sont déjà dans ce mode de pensée, et attendons patiemment que d'autres suivent. Que voulez-vous ? il faut bien une ou deux locomotives pour tirer des wagons potentiels.


Et ce matin, ce paragraphe que j'ai ajouté :
J'apprécie la nuance apprendre rapidement vs plus rapidement. Car dans cette dernière, on sent le respect de l'individu. Le «plus rapidement» signifiant sans doute «plus rapidement que s'il était seul.» Pourtant, la classe traditionnelle me laisse un arrière-goût contraire : l'élève y est souvent ralenti par le groupe. Pour moi, le socio-apprentissage passe beaucoup plus par mes choix (variés) de ressources que par les personnes qui les créent. Mais si je «bloque» en acquérant certaines connaissances, alors les personnes auxquelles je m'adresse sont plus importantes que ce qu'elles «savent». Je cherche l'humain-pédagogue qui me fera prendre conscience de mon blocage et me donnera DES moyens pour le surpasser.



Il faut lire cet excellent billet de Will Richardson.



« Si avantageux que se veuillent le principe d'équité salariale et le souci d'une marchandise « propre », assainissant production et consommation, nous avons appris qu'une économie au service de l'homme met d'abord l'homme au service de l'économie. Les bons pasteurs de la plus-value commencent toujours par nourrir le troupeau avant de l'envoyer à la boucherie. »
Raoul Vaneigem, Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.93, Rivages poche n°480.

Chemin faisant, page 50

Un sot qui va ouvrir la bouche nous suspend à ses lèvres par l'effroi.

La vraie charité, obligée de révéler ses actes, est aussi malheureuse que la chasteté sous des voiles en lambeaux.

La superstition est un reste de barbarie, sans que le superstitieux soit un barbare.

Tout vieillit, mais tout ne se ride pas !

Le blasé a l'air de boire la joie dans un crâne.

Il est peu de satisfactions aussi douces que celle de se sentir à la hauteur de l'attaque.

La médisance est comme la note à payer ; quand on a monnaie en poche elle inquiète peu.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 16 février 2012

16 février

Quel grand texte de Paul Valéry sur les diplômes. Il serait intéressant d'entamer une discussion autour de ce jugement avec les enseignants, les directeurs d'école et, pourquoi pas, certains politiciens.



À la lecture de certains gazouillis que j'ai vus passer hier sur Twitter, je me dis qu'on gagnerait à bien comprendre ce que sont les sophismes dans le but de les éliminer du discours.



Étonnante et pratique, finalement, l'application Lumix de la Grics. Mais je suis encore persuadé qu'il faut absolument initier les gens aux manipulations des bases de données.



Plusieurs filtres disponibles dans Sumo Paint. Marie en illustre un ici :

Chemin faisant, page 49

L'hypothèque de la mort : la maladie.

Nos actions sont des pensées que nous mettons sur des jambes.

Les larmes dépouillent à la frontière terrestre toute leur humilité et arrivent à Dieu en vainqueurs.

Si le riche a le monde à ses pieds, il a la trahison au-dessus de sa tête.

Croire trop peu, c'est douloureux; croire trop, c'est dangereux.

Un homme riche ne doit jamais se demander pourquoi on l'aime.

Le pardon qu'on demande n'est généralement pas plus sincère que celui qu'on accorde.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 15 février 2012

15 février

Diable ! Justin Trudeau a une tête sur les épaules. Belle à voir l'expression de sa sainte colère. Car, en effet, on ne sait plus trop où le Canada s'en va. Bien sûr, les séparatistes du Québec ont commencé à attaquer Harper et sa gang ; mais en écoutant Madame Marois, on sent tellement la... « stratégie ». Tudeau, lui, s'exprime avec son âme d'amoureux. C'est beaucoup plus fort.

Formation Lumix aujourd'hui. Cette application de la Grics ne m’enthousiasme pas ; je sais qu'on peut faire la même chose avec Access branché sur leur base de données.
- Mais il faut connaître Access, me répond-on.
- So what ? Enseignez-le-nous ! Ainsi, nous serions beaucoup plus autonomes.
Apprendre le fonctionnement d'une base de données est libérateur.

Nouveau billet d'Élaine. Il contient, entre autres, un épisode avec la directrice du Centre. J'ai laissé un court commentaire suggérant des lectures.

Amour, incessante création. « Raison mystérieuse et imprévue, mesure parfaite et réinventée », comme le chante Rimbaud. Tu étais ma volonté évidente. Tu m'as fait comprendre que ce n'est pas ce qui vient à nous, mais bien ce qui vient de nous qui est la vie véritable. Je voulais être. Aimer, c'est être. Et c'est créer sa vie bien plus que de la recevoir.
Hélène Grimaud (Variations sauvages, p.132, Pocket n°12304)

Chemin faisant, page 48

Donner ! Aimer ! C'est la même chose sous un autre nom.

Que ferait le courage si la vie était facile ! Le voyez-vous vivre en se croisant les bras ?

Dans la douleur, derrière tout ce que nous pouvons dire, il y a tout ce que nous devons taire.

Une demande en mariage à un certain âge c'est le fer rouge sur notre dignité.

L'envieux est le plus pauvre de tous les pauvres ; il ne se réchauffe à aucun soleil, il ne se réjouit à aucun foyer; il est pauvre en naissant, pauvre en vivant, pauvre en mourant.

Le plus malin de tous est encore le plus soumis.

Traîner une peine c'est la porter deux fois.

Nos forces sont des témoins que nous ne consultons pas assez souvent.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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