mercredi 15 mai 2013
Pour Paul de Bruxelles
Par Gilles Jobin, mercredi 15 mai 2013 :: Généraleries
mercredi 15 mai 2013
Par Gilles Jobin, mercredi 15 mai 2013 :: Généraleries
lundi 13 mai 2013
Par Gilles Jobin, lundi 13 mai 2013 :: Semaineries
J'ai essayé un peu la version 2.0 de Scratch. J'espère bien qu'il y aura un version «poste de travail». Comme c'est écrit en Flash, ça ne fonctionne absolument pas sur Ipad. Dommage. Je suis convaincu que Flash est un mauvais choix technologique en 2013.
Naki'o from Aaron Pendergast on Vimeo.
lundi 6 mai 2013
Par Gilles Jobin, lundi 6 mai 2013 :: Semaineries


vendredi 3 mai 2013
Par Gilles Jobin, vendredi 3 mai 2013 :: Mietteries
Au lieu de laisser mes poules, mes dindons, mes oies et mes canards vaguer à l'aventure dans les champs d'alentour et picorer çà et là au hasard de... la fourchette, je leur distribue généreusement grains d'avoine et de sarrasin, pâtées de pommes de terre bien cuites, assaisonnées de son d'excellente qualité. En retour, mes gentilles volailles, pleines de nourriture et de reconnaissance, me rendent quantité d'oeufs frais et beaux. J'en fais régulièrement l'abondante récolte; puis, loin de les mettre dans un seul et même panier, je les range soigneusement dans plusieurs.
- Pourquoi? me direz-vous.
- Pourquoi? Pour éviter la mésaventure survenue au fermier d'à côté :
Mon homme avait des oeufs et voulait s'en défaire ;
Pour ne pas à la foire arriver des derniers,
Quoiqu'il pût en remplir trois ou quatre paniers,
Il mit tout dans un seul et ne pouvait pis faire.
Sa mule, qui suait sous le poids du fardeau
Fragile comme du verre,
Pour en décharger sa peau,
À quatre pas de là donna du nez par terre.
« Hélas ! s'écria l'homme, à qui son désespoir
Inspira de vains préambules,
Que n'ai-je mis mes oeufs sur trois ou quatre mules !
Je mérite un malheur que je devais prévoir.
Si le ciel veut me permettre
De faire encore le métier,
Je jure de ne plus mettre
Tous mes oeufs dans un panier».1
Ce n'est pas seulement pour les oeufs qu'il faut ainsi procéder, mais pour toute espèce de choses.
N'embarquez pas toutes vos marchandises sur un seul vaisseau, un naufrage peut tout engloutir.
Ne placez pas toutes vos valeurs chez le même banquier ; celui-ci peut faire faillite ou avoir l'idée d'entreprendre un voyage au long cours et vous voilà ruiné.
Ne cachez pas tout votre argent dans un même endroit; des voleurs vous rendent visite, un incendie éclate; il ne vous reste plus rien.
Divisez, séparez, morcelez.
Si, après cela, vous n'êtes pas encore tranquille et rassuré, il n'y a plus qu'un seul moyen d'apporter le calme et le repos à votre âme inquiète : ne possédez ni marchandises, ni valeurs, ni économies.
Vous serez alors heureux et léger, à l'instar du philosophe Bias.
Priène, sa patrie, ayant été prise par Cyrus, tous les habitants emportèrent dans leur fuite ce qu'ils avaient de plus précieux. Bias seul n'emportait rien. On lui en demanda la raison :
« C'est, dit-il, que je porte tout avec moi : Omnia mea mecum porto. »
Sa fortune était sa sagesse.
1 Boursault.
Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
jeudi 2 mai 2013
Par Gilles Jobin, jeudi 2 mai 2013 :: Mietteries
Quand une puce a entrepris de vous faire des caresses au milieu de la nuit, quelle que soit la partie de votre individu sur laquelle se soit jeté son dévolu, il y a de grandes chances que le sommeil vous abandonne ; on a jugé bon de ne retenir que l'oreille, ainsi que cela est consigné au XVIe siècle, dans un proverbe de Bouvelles :
Puce en l'oreille
L'homme réveille.
À la tête ou ailleurs, sa visite est des plus désagréables, et le tourlourou mécontent de sa garnison, ne faisait pas de distinction quand il résumait ses souvenirs de caserne :
Le jour, des muches (mouches),
La nuit, des puches (puces),
Sale régiment !
D'une manière moins brutale, Berlioz a poétiquement décrit, dans la Damnation de Faust1, les inconvénients multiples qu'entraîne avec soi ce minuscule animal aux jarrets d'acier, qui lui permettent de sauter mieux qu'un cabri. Méphistophélès démontre, avec exemple à l'appui, qu'il faut se méfier de lui et de toute sa famille; il a recours, pour cela, au procédé de l'apologue dans cette chanson :
1er couplet.
Une puce gentille
Chez un prince logeait.
Comme sa propre fille
Ce brave homme l'aimait,
Et, l'histoire l'assure,
Chez son tailleur un jour
Lui fit prendre mesure
Pour un habit de cour.
2e couplet.
L'insecte plein de joie,
Dès qu'il se vit paré
D'or, de velours, de soie,
Et de croix décoré,
Fit venir de province
Ses frères et ses soeurs
Qui par ordre du prince
Devinrent grands seigneurs.
3e couplet.
Mais ce qui fut bien pire,
C'est que les gens de cour
Sans oser en rien dire
Se grattaient tout le jour.
Cruelle politique !
Ah! plaignez leur destin,
Et dès qu'une nous pique
Écrasons-la soudain !
Une affaire vous préoccupe, l'inquiétude vous poursuit, vous ne pouvez dormir, comme si vous aviez réellement « la puce à l'oreille ». C'est alors que vous seriez heureux de mettre en pratique le conseil du Méphisto de Berlioz.
Malgré les désagréments et même la douleur que nous cause ce petit insecte, quelqu'un a trouvé le moyen de le poétiser :
La puce est un caprice ailé,
Des cieux il est la fantaisie,
C'est un miracle ciselé,
C'est un bijou de poésie.
L'auteur devait avoir l'âme bien bonne ou l'épiderme fort peu sensible.
1 La Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties (1846).

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
mercredi 1 mai 2013
Par Gilles Jobin, mercredi 1 mai 2013 :: Barratineries
mardi 30 avril 2013
Par Gilles Jobin, mardi 30 avril 2013 :: Barratineries
Par Gilles Jobin, mardi 30 avril 2013 :: Mietteries
Un homme se pend pour des motifs généralement étrangers à toute idée folâtre.
Il est poussé à cette extrémité par le désespoir que provoquent les souffrances morales ou physiques, toutes causes pénibles et cruelles pour la famille et l'entourage du suicidé, indépendamment des sentiments d'affection que le malheureux inspirait aux siens.
Réveiller le souvenir de sa mort dans sa propre maison, rappeler les circonstances dont elle fut entourée n'est pas une preuve de tact et doit être évité avec soin.
De même il ne faut pas parler devant quelqu'un d'un sujet qui peut lui être désagréable ou prêter à des allusions désobligeantes.
Afin de ne pas tomber dans ce travers, il est bon d'être renseigné sur les goûts et les habitudes des personnes avec lesquelles on est en rapport fréquent et journalier.
Un grand seigneur, gentilhomme jusqu'au bout des ongles, n'omettait jamais, le premier jour de l'an, en venant présenter ses voeux à la châtelaine, son épouse, de lui demander : « Quel âge désirez-vous avoir cette année? »
La chose entendue, il ne manquait pas de se le rappeler pendant trois cent-soixante cinq jours; et ne manifestait jamais la moindre surprise quand, au début de l'année suivante, on lui déclarait avoir une année de moins.
S'il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu, il n'en faut pas davantage prononcer le mot sur la scène d'un théâtre, devant les machinistes, à moins qu'on ne veuille régaler ces braves gens. Il est d'usage en effet que ceux-ci apportent un bouquet à quiconque parle de « corde » sur les planches ; et - une politesse en vaut une autre - il est non moins d'usage qu'on y réponde par l'offre de généreuses libations.
Connaissiez-vous cette coutume? il est probable que non ; en ce cas je suis heureux de vous l'apprendre.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
lundi 29 avril 2013
Par Gilles Jobin, lundi 29 avril 2013 :: Barratineries
Par Gilles Jobin, lundi 29 avril 2013 :: Semaineries




dimanche 28 avril 2013
Par Gilles Jobin, dimanche 28 avril 2013 :: Barratineries
samedi 27 avril 2013
Par Gilles Jobin, samedi 27 avril 2013 :: Mietteries
Soit par crainte, soit par modestie, soit simplement par goût, l'anguille aime le secret, le mystère et recherche l'obscurité ; elle trouve satisfaction en se faufilant dans la vase ou sous les pierres; à ce dernier mot on a substitué celui de roche qu'on a sans doute trouvé plus imposant ou plus poétique ; et l'on a dit il y a anguille sous roche.
Anguille vient du latin anguilla dont la racine anguis, serpent, prenait place dans la langue de Cicéron : latet anguis in herba, « le serpent est caché dans l'herbe ». Chez les Grecs, le serpent devenait un scorpion, l'herbe se transformait en pierre et le tout faisait : « le scorpion dort sous la pierre ».
Quels que soient les termes et le langage adoptés, le sens ne varie pas. Cela signifie qu'il y a dans une affaire une chose cachée, dangereuse, dont il faut se méfier ; en français l'on a adopté : il y a anguille sous roche, bien qu'on ne voie ni anguille, ni poisson, ni eau, ni vase, ni roche.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
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