Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 21 janvier 2012

Chemin faisant, page 22

Un homme qui rêve, c'est généralement le feu qui commence à prendre à la maison.

Les Anglais ont inventé le mot « shocking » pour les autres plus que pour eux-mêmes, les inventeurs ne profitant pas toujours de leurs inventions.

Les compagnons du rêve sont comme les compagnons de la débauche ; au réveil, on leur en veut toujours un peu.

Que tu le veuilles ou que tu ne le veuilles pas, si je suis estimable je t'impose l'estime.

Il y a de ces choses qu'on dit pour qu'elles ne nous soient jamais redites; c'est à l'amitié de les sentir et de les respecter.

On espère quelquefois moins par espérance que par besoin d'espérer.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Citations quotidiennes 21.01.12

[...] Parmi les goûts si divers que la Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui, après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie, les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.
Jean-Baptiste Tenant de Latour (Mémoires d'un bibliophile, p. 251, E. Dentu, 1861)

Dans tous les êtres, notamment dans l'homme, deux forces se manifestent : la concentration du moi, qui intervient par la naissance, et sa dispersion, qui intervient par la mort.
Edmond Thiaudière (La Proie du Néant (Notes d'un pessimiste), p.219, Paul Ollendorff, 1886)

Le catholicisme se recommande à nous par sa durée, et il a l'évidence, la majesté ou, si l'aimez mieux, la brutalité d'un fait. La philosophie est la raison contente ; le protestantisme est une raison mécontente, qui se donne beaucoup de mal pour remplacer ce qu'elle a perdu.
Victor Cherbuliez (La vocation du comte Ghislain, p.16, Hachette, 1888)

Nous travaillons dur pour libérer l'extraordinaire énergie qui se trouve cachée dans l'atome et dans son noyau. Si nous ne consacrons pas une énergie égale - oui, et autant d'argent - à libérer le potentiel de chaque individu, alors le décalage énorme qui existe entre le niveau des ressources énergétiques physiques et celui des ressources humaines va nous condamner à une destruction universelle bien méritée.
Carl Rogers (Liberté pour apprendre?, Éd. Dunob)

[...] L'orgueil, dans les rois, est facile à blesser.
Jean-François Marmontel (Numitor, acte 1, sc. 1 (Agénor), 1782)

Voir Au fil de mes lectures.

vendredi 20 janvier 2012

Chemin faisant, page 21

Sagesse ne veut pas plus dire cheveux blancs que cheveux blancs sagesse.

Un rêve est un capital placé sur la déception.

Quand la tâche ne nous grandit pas, elle nous écrase.

Mets ton or près de ton cœur, et tu verras combien peu il a le pouvoir de consoler.

Il est des gens qui ont peur d'un souvenir comme d'un mort : plutôt craindre une espérance comme un vivant.

Les patiences accumulées, comme les rivières endiguées, produisent les plus grands débordements.

Les philosophes sont bien plus facilement amoureux que les amoureux philosophes.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

jeudi 19 janvier 2012

Citations quotidiennes 20.01.12

Le méchant suppose tous les hommes perfides comme lui : les bons sont faciles à tromper.
Bias (de Priène) (Moralistes anciens, p.532, choix de Louis Aimé-Martin, Lefèvre et Chapentier, Paris, 1844)

Vraiment, l'on dit bien vrai, que toujours les flatteurs
Sont plus crus mille fois que les bons serviteurs.
Paul Scarron (Jodelet, acte 2, sc. 1 (Béatrix), 1645)

2. excès
exclure la raison, n'admettre que la raison.
Blaise Pascal (Pensées in Oeuvres Complètes, p.524, Seuil, 1963)

Éprouver de la honte est automatique en moi, inéluctable, peut-être est-ce bon ; le crime grave, c'est de céder à la honte.
Philip Roth (Tromperie, trad. Maurice Rambaud, p.184, Folio n°2803)

François : Vous savez, ces moments merveilleux...
Françoise : ... où l'on cherche à paraître
Aussi beaux que les dieux, aussi forts que les rois,
Ces moments merveilleux où l'on voudrait bien mettre
L'Éternité du monde et le meilleur de soi.
Françoise Dorin (Comme au théâtre in Théâtre II, p.32, Julliard, 1973)

Voir Au fil de mes lectures.

Les idées et non le chef

Le PQ est un parti bien spécial. En général, les membres y sont parce qu'ils croient fermement à la souveraineté.

Les souverainistes (les vrais !) sont têtus, et ce n'est pas un mal. C'est pourquoi ces têtes fortes ne se rallieront jamais derrière un chef, mais bien derrière une idée. Et s'ils sentent le moindrement que le goût du pouvoir prime sur la mise en avant d'une idée, ils feront tout pour débattre de la chose.

Le PQ a besoin d'un nouveau chef. Mais ce dernier devra bien comprendre que sa petite personne n'est pas importante. Le leader au PQ est un coordonnateur des forces souverainistes, non pas un chef qui dicte à ses indiens l'endroit où chasser et sur quoi tirer.

PS. Je ne suis pas péquiste ; je n'ai jamais digéré comment René Lévesque avait cochonné les enseignants dans les années 80.

Chemin faisant, page 20

Une activité inoccupée souffre plus qu'une paresse qui s'emploie.

Folie réussie ne justifie pas la folie.

Être grand, c'est avoir dépassé le niveau de la faiblesse sans l'avoir oublié.

Ne prenons pas nos dons pour des mérites, prenons plutôt nos mérites pour des dons.

Ne blâmons que ce qui est mal, et non ce qui est étrange; l'étrange a parfois tant souffert !

De la jeunesse de reste, c'est souvent plus gênant qu'une vieillesse précoce.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Citations quotidiennes 19.01.12

La vérité ne triomphe jamais tout de suite, mais les imbéciles finissent par mourir.
Jacques Bergier (Cité par Louis Pauwels dans Les dernières chaînes, p.121, Pocket n°10493)

Personne ne se charge l'esprit de choses de peu d'importance s'il n'a une très bonne raison pour le faire.
Sir Arthur Conan Doyle (Une étude en rouge in Sherlock Holmes, tome 1, Robert Laffont, coll. Bouquins, trad. Pierre Baillargeon, p. 15)

Est-ce vraiment digne d'un homme de qualité de mettre le nez dans le nombril des cadavres ? Cette nouvelle mode s'appelle « autopsie » ; en ce qui me concerne, je la considère comme une tricherie. En rendant l'enquête trop facile, on tue le plaisir. Le mystère n'existe plus. Je suis hostile à ce genre de méthodes, j'y discerne un goût de la facilité des plus suspects. Une paresse de fonctionnaire sans talent. Selon moi, un bon policier est un voyant qui doit se fier avant tout à ses intuitions. Une sorte de médium.
Serge Brussolo (Les Inhumains, p.119, Intégrale Brussolo, Éd. Vauvenargues, 2007)

Il n'y a pas de troubles mathématiques. Il n'y a que des enfants troublés.
Stella Baruk (Échec et maths, Éd. Seuil Points/S11)

On doit pour l'équité parler contre soi-même.
Jean-François Roger (L'Avocat, acte 2, sc. 6 (Armand), 1806)

Voir Au fil de mes lectures.

mercredi 18 janvier 2012

Chemin faisant, page 19

Il y a des yeux qui demandent et d'autres qui prennent.

Il faut quelquefois être indiscret pour être assez affectueux.

Considère l'humanité comme un malade pour t'étonner peu et supporter beaucoup.

Nous prenons quelquefois les gens en horreur en raison de ce que notre imprudence leur a confié.

Que de gens, pour se plaindre, n'attendent que la complaisance d'un écho !

Les conquérants veulent des témoins, voilà pourquoi les conquêtes sur nous-même nous affriandent peu.

Il vaut mieux chanter avec son esprit qu'avec son cœur, parce qu'en chantant le cœur peut finir par se prendre au sérieux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Miette 7 : Quand on parle du loup on en voit la queue

La vue

Quand on parle du loup on en voit la queue

Sommaire. — Pourquoi la queue et pas la tête ? — Tout pour la rime. - Le soleil et ses rayons. — La rose et son parfum.

A notre époque privilégiée, les bêtes féroces et carnassières ont disparu de nos contrées ; bien exceptionnellement on est mis en présence d'un loup ailleurs que dans les jardins zoologiques. Il n'en était pas de même autrefois ; le loup se chassait couramment ; on en parlait fréquemment, c'était un sujet de conversation très répandu, si bien qu'on en vint à dire : « Quand on parle du loup on en voit la queue ».

Pourquoi voyait-on sa queue d'abord et non sa tête, à l'inverse des rencontres habituelles ? On en donne plusieurs raisons.

Le loup voit de très loin, à travers taillis et broussailles dans lesquels il se cache et guette sa proie ; l'homme n'a pas aussi bonne vue ; quand, à la poursuite du loup, on apercevait la bête, celle-ci avait prévenu les chasseurs et déjà pris la fuite ne donnant que sa queue à contempler.

Une autre raison, euphonique celle-là ; on n'aurait pas trouvé joli de dire « quand on parle du loup on en voit la tête » et l'on a préféré versifier :

Quand on parle du leup,
On en voit la queue.

Dans le vieux langage, notamment en Picardie, le loup s'appelait un leup :

« Biaux chires leups, n'écoutez mie
Mère tenchent chen fieux qui crie. » 1

a dit La Fontaine.

Les loups ayant disparu, on a fait l'application du dicton aux personnes qui survenaient inopinément au moment où l'on parlait d'elles en bien ou en mal ; ce dernier cas est de beaucoup le plus ordinaire, comme chacun sait. Pour être plus aimable, mais non moins hypocrite, on dit aussi : « Quand on parle du soleil on en voit les rayons » ; et mieux encore à l'adresse d'une dame : « Quand on parle de la rose on en voit les boutons ». Les épines sont précieusement conservées pour l'égratigner à loisir quand elle aura le dos tourné.

Parlant d'une personne ou songeant à elle, il n'est pas très surprenant de la voir venir ou d'en recevoir une lettre ; vous avez mêmes motifs de penser l'un à l'autre ; un même sujet vous préoccupe.

Vous avez pu observer un cas plus bizarre : au cours d'une promenade, vous croyez apercevoir à plusieurs reprises parmi les passants quelqu'un de connaissance; vous aviez été le jouet d'erreurs ou victime de ressemblances. Tout à coup ce quelqu'un vous apparaît en chair et en os. Comment expliquer cette étrange coïncidence ? Mystère !

1 La Fontaine, Le Loup, La Mère et l'Enfant, livre IV, fable 16.

Citations quotidiennes 18.01.12

Les sorciers
lorsqu'ils font de terrifiantes conneries
on accuse toujours l'apprenti.
Jacques Prévert (Fatras, Livre de Poche n° 3253, p.158)

Il faut que vienne le temps de l'évidence. Dieu doit nous être montré comme deux et deux font quatre.
René Barjavel (La faim du tigre, Folio n° 847)

Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie : ses trois incarnations favorites.
Carlos Ruiz Zafón (L'ombre du vent, trad. François Maspero , p.250, Grasset, 2004)

[...] la vie d'un livre est aussi accidentée que celle d'une jolie femme.
Jules Richard (L'art de former une bibliothèque, p.126, Éd. Rouveyre & G. Blond, 1883)

[...] le kilt, pour n'importe quel homme, est un vêtement plein de surprises...
Sean O'Casey (Il est temps de partir, in Théâtre V, p.186, L'Arche, 1963)

Voir Au fil de mes lectures.

mardi 17 janvier 2012

Réflexions autour de mon Internet social

Depuis 1994, le web fait partie de ma vie. J’y passe quotidiennement plusieurs heures.

Twitter

J’y investis énormément de temps. C’est le réseau social qui fonctionne le plus pour moi. J’y trouve des gens intéressants qui m’apportent un «contenu» très riche. On peut presque dire que j’en suis drogué. Comparativement à bien d’autres twitteurs, je ne suis (follow) que peu de personnes (environ 200), mais elles sont triées sur le volet pour moi. Au début, je m’étais abonné, systématiquement, à tous ceux qui me suivaient. Mais je me suis rapidement rendu compte que les raisons d’être suivi ne sont pas nécessairement les mêmes que les raisons de suivre ! Toujours est-il qu’à un moment donné, j’ai fait du ménage. Je devrai sans doute en faire encore, car plusieurs de mes «contacts» sont maintenant inactifs.

Régulièrement, j’y trouve des ressources vraiment utiles pour mon travail et mes loisirs. C’est de la nourriture intellectuelle de grande qualité. Il m’arrive aussi parfois d’y tenir d’intéressantes conversations, et les lecteurs de ce blogue ont pu lire le compte rendu d’une de celles-ci.

Facebook


Bien sûr, comme tout le monde, j’ai un compte Facebook. Mais je ne le visite qu’une à deux fois par semaine.

J’y trouve des nouvelles de ma famille (proche et éloignée), de mes connaissances, de quelques collègues... En société, je n’ai aucun «smalltalk», comme disent les Anglais, et mon comportement dans Facebook reflète sans doute cette lacune. Parler de tout et de rien, connaître les voyages des uns, le restaurant préféré d’un autre, etc., me laisse plutôt froid. M’enfin, j’ai des nouvelles de mes «zamis» sans que je sois obligé de les voir... c’est déjà ça.

Google+


Je visite mon compte au même rythme que celui de Facebook. J’y trouve, encore là, peu d’intérêt, car j’ai déjà pris connaissance de la plupart de leurs propos via Twitter. Mais ma communauté, mes «cerclés», sont professionnellement intéressants, ce qui fait que je maintiens pour le moment mon compte. C’est comme si Google+ est le réseau social qui arrive trop tard. Je n’ai plus vraiment d’énergie à y mettre, et Twitter me nourrit suffisamment.

Le blogue


Ah ! mon blogue... Je le maintiens depuis août 2004. Mon blogue, c’est Gilles Jobin. C’est éclectique. C’est le journal des mes intérêts, de mes réflexions, de mes joies, de mes interrogations. C’est ma vie perso-publique.

Le blogue est, avec la danse sociale, la grande découverte de mes 10 dernières années. Pourquoi ? Parce qu’il m’aide à devenir ce que je suis. Parce que je me surprends moi-même. Parce que j’ose. J’ose penser, et le dire. J’ose aimer, et le montrer. Oui, j’ose.

Ce cadeau que je me suis offert, j’ai voulu l’offrir à plusieurs de mes connaissances ; mais, de toute évidence, il ne convient pas à tous. Ce n’est pas grave.

Je trouve juste très dommage que pas plus d’enseignants et d’intervenants du monde de l’éducation se l’offrent. Je comprends l’argument : écrire demande du temps. Oui, écrire, c’est se mettre à nu. Écrire, c’est s’ouvrir à la critique, pas toujours agréable. Écrire, c’est difficile. Bien attendu, dans la vie, faut savoir choisir ses combats.

Bloguer est l’une des plus belles activités intellectuelles de notre époque. Bloguer, c’est laisser une trace sur la planète virtuelle.

Bloguer, c’est s’aimer onaniquement, le manifester et l’assumer.

Je crois profondément que tous les êtres humains devraient avoir une base sur l’art du blogue. Un peu comme tous devraient savoir lire et compter, car bloguer c’est écrire pour crier qu’on existe.

Il faut dire que j’ai eu d’excellents modèles ; je pense à Mario Asselin, Jean-Pascal, Stéphane Allaire, Clément Laberge, François Guité. Les deux premiers bloguent toujours, les autres ont délaissé, préférant d’autres voies. Messieurs, je ne sais si vous passez toujours par ici, mais si c’est le cas, aujourd’hui je vous dis merci !

Mon agrégateur contient près de 200 fils. Aucun de journalistes, d’auteurs anonymes et de blogues très populaires. Je préfère la lecture de blogues personnels.

Sites Web


J’en visite fort peu. Ma navigation web passe presque exclusivement par les blogues, les liens Twitter et quelques sites de nouvelles.

J’ai bien sûr des sites dédiés à mes intérêts personnels, mais encore là, finalement, je constate que je ne les visite que fort peu. Cela fait des années que je n’utilise plus mes favoris. D’ailleurs, je trouve toujours bizarre un internaute qui navigue de cette façon. J’ai bien essayé de convaincre mes collègues de la grande utilité des fils RSS, mais personne n’a adhéré à ce mode de navigation.

Voilà mes webitudes en ce mois de janvier 2012.

Chemin faisant, page 18

La vraie tolérance consiste à voir large sans perdre la mesure.

On n'apprend pas à sentir, donc on n'apprend pas le tact.

Est-il plus facile de vaincre une antipathie que de maîtriser une sympathie ?

Une antipathie commune nous lie presque autant qu'une sympathie partagée

Une indiscrétion permise : la pénétration.

Il y a le littérateur et le littérâtre, comme il y a l'homme beau et le bellâtre.

Une des bonnes jouissances d'Adam : avoir pensé dans un monde tout neuf et tout silencieux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 >