Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 14 septembre 2007

Adios Réforme!

J'avais encore un peu, un tout petit peu d'espoir, mais là, les dés sont jetés : la réforme de l'éducation au Québec est bel et bien morte.

On a reçu hier les précisions concernant le bulletin chiffré. Lire le PDF du sous-ministre Bergevin.

Le renouveau pédagogique (la réforme) est axé sur l'approche par compétences. Cette approche, complexe dans son application, est basée sur l'idée suivante : Un enfant qui entre dans une classe possède une certaine compétence (en lecture, en résolution de problèmes, en créatioin d'oeuvre médiatique, etc.) Le rôle de l'enseignant consiste à faire prendre conscience à l'enfant de ses propres compétences et le guider pour qu'il continue à les développer. Ces compétences ne se développent pas à vide, mais bien en s'appuyant sur une liste de savoirs prescrits (les connaissances).

Pour arriver à évaluer les développements de l'enfant, l'enseignant devait prendre un portrait de l'enfant au début de son cycle de formation, puis prendre différents portrait en cours de cycle (via des situations d'apprentissage et d'évaluation) pour finalement, en fin de cyle (au bout de deux ans) prendre quelques clichés pédagogiques à l'aide de situations d'évaluation.

L'idée, simple en soi, est la suivante : permettons à un élève de s'observer en train d'apprendre, et guidons-le afin qu'il puisse parfaire ses processus d'apprentissage. C'est, en tout cas, ce que je concluais de la lecture du programme de formation. Et il me semble que le cadre d'évaluation du ministère était cohérent avec cette lecture.

Mais là, la Ministre va modifier, via son Instruction 2007-2008 cette approche.

En effet, dorénavant, l'enseignant devra donner une note aux compétences. Cette note sera attribuée par des examens, des travaux d'élèves et des productions d'élèves.

En quoi cette pratique est-elle si catastrophique pour les proréformes ? En fait, elle ne l'est pas vraiment si un tableau de conversion permet de chiffrer le jugement de l'enseignant. Par exemple, si un enseignant donne un «C» à la compétence "lecture", ce «C» correspond à 60 %. «C+» aurait pu être associé à 68 %. Et il faut bien comprendre par là que 62 % n'a aucun sens ici, car entre C et C+ il n'y a aucune possibilité. L'idée est que les cotes sont reliées à des descripteurs de développement de compétences. Donc, dans cet esprit la note ou la cote, c'est la même chose.

Mais avec l'Instruction prochaine, cela est bien changé. L'enseignant donnera une note basée sur des examens, des devoirs, des exercices, etc. Autrement dit, l'élève fera pendant son étape plein de travaux qui seront notés par l'enseignant, et ce dernier, en professionnel objectif, en fera une espèce de moyenne qu'il communiquera au parent. Autrement dit, l'enfant sera mesuré sur une série de travaux, et non pas sur son développement de compétences.

Pour bien comprendre la nuance, voici un petit exemple.

Enfant A (réforme) Il entre à l'école. L'enseignant fait avec lui son état de développement des compétences. Il remarque ses forces, note ses défis (par rapport à l'enfant, mais aussi par rapport aux exigences de fin de cycle), conserve tout ça dans le portfolio ou le dossier d'apprentissage de l'élève, et communique le tout au parent. Au cours de l'année, l'enfant vivra des situations complexes d'apprentissage lui permettant d'améliorer ses compétences. Toutes ces situations sont conservées dans le portfolio. Par ce portfolio l'enfant prend conscience de ses forces, note les défis qu'il a réussi à relever (on vise la RÉUSSITE des élèves), indique d'autres défis, etc.

Vers la fin de son cycle de deux ans, ce bel enfant aura eu l'occasion d'exercer ses compétences en mode autonome (dans notre jargon, on appelle ça des situations d'évaluation) et l'enseignant sera en mesure de porter un jugement sur le développement des compétences de cet enfant au regard d'échelles de niveau de compétence. C'est ce qu'on appelle, en simplifiant quelque peu, le paradigme de l'apprentissage : on part de l'enfant, comme individu, pour lui permettre d'aller plus loin, selon ses besoins et ses capacités. À cet égard, tout enfant vit des réussites. Dans certains cas, ces réussites sont en deçà des attentes de fin de cycle, alors que dans la majorité des cas, elles devraient être autour des attentes.

Avec l'Instruction de la ministre, tout est bien plus simple. On enseignera à l'enfant (enfant B) qui entre à l'école plein de choses. Régulièrement, il fera des examens notés par l'enseignant. C'est sans doute ce qui sera déposé au portfolio de l'enfant. Puis, le bulletin venu, l'enseignant ouvrira le portfolio et compilera par des méthodes obscures, mais certainement objectives la note de l'élève. Cette note sera communiquée au parent, et tout le monde est content. C'est le paradigme de l'enseignement. C'est ce qu'on a tous vécu à l'école. Dans cette situation, tous les élèves ont les mêmes défis, et on ne considère à peu près pas leurs forces. Ils font tous les mêmes examens en même temps. (Par comparaison, dans des situations d'apprentissage bien construites, chaque élève pouvait continuer à développer ses compétences par rapport à ses propres défis.)

Bien du monde seront contents de la solution de madame la Ministre : les journalistes, une majorité de parents, des syndicats, et plusieurs enseignants.

Quant à moi, dans mon rôle de conseiller pédagogique, j'apprendrai par coeur le discours que je dois maintenant tenir. Après tout, c'est pour ça que je suis payé...

SBE

Squeak by Example vient tout juste de paraître. Utile pour tous ceux qui désirent programmer au-delà des Etoys. Une version française est en développement.

jeudi 13 septembre 2007

Aquops 2008

Je viens d'apprendre que le colloque de l'AQUOPS 2008 se tiendra à Sherbrooke. Mais attention ! l'événement n'aura pas lieu la semaine précédent la Pâques, mais bien les 2, 3 et 4 avril. La raison ? Le MELS a foutu une de ses formations plates des personnes ressources aux dates traditionnelles du colloque.

Quant à moi, je suis en réflexion à savoir si j'y animerai ou non un atelier.

mercredi 12 septembre 2007

Pensée pour moi-même

Dans l'enseignement de la mathématique, le problème n'est pas la mathématique, c'est l'enseignement.

mardi 11 septembre 2007

Rab(u)bin

« L'entente prévoit que l'ailier droit disputera 67 des 70 parties des Olympiques en saison régulière. Toutefois, Rubin ne serait pas disponible pendant deux soirées successives de la Pâque juive du mois d'avril, une période de l'année qui coïncide avec la finale du circuit Courteau. » lit-on ici.

Ça me fait bien rire cette entente. On se dit juif pratiquant, et on ne pratique que quand ça fait notre affaire. Il semble que son rabbin fasse une exception pour le monsieur. Wow ! Ça me fait penser à tous ces prêtres catholiques qui administrent à tour de bras des sacrements genre mariage à des non-pratiquants.

Je me rappellerai toujours, c'était en 1978, mon oncle prêtre venu faire pression sur moi pour que je fasse baptiser mon aînée.

- Mais "mononcle", je ne suis pas croyant.
- Pas grave. Pense à ta petite.
- Justement, j'y pense. Et je ne veux pas lui montrer un père qui pile sur ses principes. Et puis-je vous suggérer, cher oncle, de penser à vos propres valeurs... Pour moi, les sacrements de votre église, c'est chose sacrée. Mais si vous les distribuez comme ça à n'importe qui, je me demande bien comment vous pouvez continuer à faire votre travail...

On n'en a plus jamais discuté.

Franchement, comment prendre au sérieux une religion qui laisse ce qu'elle a de plus sacré s'effriter? Ou qui fasse une exception pour un joueur de hockey ?

La situation est pourtant simple : quand tu t'engages dans une religion, tu dois suivre les règles, pas juste quand ça fait ton affaire. Quand tu t'engages dans une équipe de hockey, tu t'engages à jouer au hockey quand ton entraîneur le demande. Si deux engagements sont incompatibles, tu dois te désengager de l'un ou de l'autre. Rubin, incapable de prendre une décision, n'est pas vraiment croyant laissant passer le hockey par-dessus sa pratique religieuse. À moins que le hockey soit son nouveau Dieu, évidemment...

Morale de cette histoire : il est bon de savoir que même les juifs pratiquants sont « sports ».

Ah, les notes

Je n'interviens à peu près pas sur blogue du RAEQ. Mais j'avais le goût de répondre à ce parent qui voit dans la note l'observation du progrès de son enfant.
« La question fondamentale est la suivante : " Comment puis-je savoir que mon enfant s'améliore, et comment puis-je lui faire prendre conscience qu'il le fait ? "

La note (ou la cote, c'est identique) est, à cet égard, une immense illusion. On croit que 69 est supérieur à 68. Mais sans savoir toutes les variables amenant à ce résultat, cela relève de la pure spéculation. Un 68 en maths vaut-il la même chose qu'un 68 en français ? Si vous répondez oui à cela, alors j'aimerais bien en voir la preuve ? Et un 68 par le prof x en maths est-il le même 68 par le prof y dans cette même matière ? Croire à cette égalité relève d'une méconnaissance de l'art (!?) d'attribuer des notes...

Pour savoir si votre enfant progresse, et surtout pour lui faire prendre conscience de cette progression, il n'y a qu'un moyen : un dossier d'apprentissage (ou un portfolio, ou un cahier de traces, appelez la chose comme vous voulez) est le moyen idéal. Mais tout le monde s'en fiche, car, il faut bien le dire, prendre le temps d'analyser un portfolio est beaucoup plus long que lire une jolie note.

Pour aider un enfant (qu'il soit en difficulté d'apprentissage ou un génie) il n'y a qu'un seul moyen : prendre le temps d'être avec lui, de comprendre comment il comprend, et de lui laisser son temps pour apprendre, dans un environnement de plaisir, de joie et de communication réelle.

Le reste ne vaut rien. »

Jeu de caractères

Voici une ligne à retenir pour importer manuellement de grosses bases de données :

mysql -h hôte -u utilisateur -p mot_de_passe --default_character_set utf8 nom_de_la_base < fichier.sql

J'avais toujours d'immenses problèmes avec les caractères accentués. Mais avec l'option default_character_set, tout est absolument parfait.

vendredi 7 septembre 2007

New Baricco

Wow, je viens d'apprendre que Baricco publie un nouveau livre en cette rentrée littéraire 2007.
Anticipation d'un pur plaisir...

Qui suis-je?

Énigme composée par Claude-Carloman de RULHIÈRE (1735-1791), historien de la Russie et de la Pologne.

Devine-moi, lecteur, je suis dans l'univers,
Sans paraître en Europe, en Asie, en Afrique,
Encore moins en Amérique;
Si tu veux refuser, doublement je te sers
Et doublement encore lorsque quelqu'un te donne;
Sans être en Portugal, je me trouve à Lisbonne,
Toujours dans les prisons et jamais dans les fers;
J'occupe le milieu du monde,
Mais par un contraste nouveau,
Je nage dans le sein de l'onde
Et je fuis toujours l'eau.

samedi 1 septembre 2007

L'improbable

Assurément, voilà un livre que je vais commander. Comment je l'ai découvert ? En lisant ce matin ce très bon résumé de Thierry Crouset dont je retiens la phrase :
Taleb (l'auteur du livre) ne cesse de donner des raisons, souvent mathématiques, pour ne plus s’informer mais préférer se cultiver.

vendredi 31 août 2007

On s'en fout

J'ai assisté hier à la conférence de Sylvain Boudreau (moi.inc). C'était dans le cadre de la journée d'accueil à la commission scolaire.

Évidemment, c'était pour nous charger d'énergie positive, en ce début d'année.

Évidemment, c'était pour nous dire que si on est bien dans notre peau, alors on fait un meilleur travail.

Évidemment, c'était pour nous indiquer que le travail avec le sourire, même quand c'est pas drôle, voilà l'attitude à avoir.

C'était aussi pour nous bien faire comprendre que TOUT LE MONDE SE FOUT DE TOUT LE MONDE.*

Évidemment, c'était pour nous dire qu'on a deux pitons : le on (Yé ! tout le monde est beau, tout le monde il est gentil, Yé, vive le travail.) et le off (maudit que c'est plate, qu'ossa donne?, etc.)

Mais surtout, je pense, c'était pour nous dire que si on n'est pas capable de donner l'illusion du bonheur au travail, le boss aimerait bien qu'on crisse notre camp...

Oups, je vais mettre mon bouton « on »...


* L'exemple donné par Boudreau était frappant. Dans un restaurant, vers les 13 h, avant de commander, il demande à la serveuse comment elle va. Elle lui répond qu'elle a eu une heure du dîner rushée, et qu'elle est fatiguée. Réponse du conférencier. « On s'en fout. Fais ta job, c'est tout ce qu'on te demande. » S'il s'en fout, faudrait peut-être pas qu'il lui demande si elle va bien...

lundi 27 août 2007

L'art de l'appropriation

On n'appartient qu'à soi-même et c'est à soi-même qu'on doit la fidélité la plus importante.
Robert Blondin



On me demandait récemment mon avis sur une politique d'une CS qui exige que tout ce qui se publie sur un site d'école par des enfants ou des enseignants devienne propriété de la commission, c'est-à-dire que le droit d'auteur appartienne à ladite CS.

La commission a sans doute ses raisons de procéder ainsi, mais j'avoue que je trouve la chose aberrante. Imaginez un enfant qui expose ses oeuvres dans la galerie virtuelle du site de son école. L'oeuvre devient alors la propriété de la cs. Idem pour un texte écrit par un enfant. R_I_D_I_C_U_L_E.

Comme cela va à l'encontre de mes valeurs profondes, je suggérerais à cet enfant de s'ouvrir, avec l'aide de ses parents, son propre site web.

Une telle politique de cs est la manière idéale de dire aux enseignants de ne pas faire de site scolaire. Ce qui, évidemment, fait l'affaire des services informatiques : moins de sites, moins de problèmes...

Les TIC scolaires en 2007-2008 ? Bof !

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