Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 19 octobre 2005

L'invasion des conseillers

Je plaide pour une renaissance des pratiques ascétiques, pour maintenir vivants nos sens, dans les terres dévastées par le «show», au milieu des informations écrasantes, des conseils à perpétuité, du diagnostic intensif, de la gestion thérapeutique, de l’invasion des conseillers, des soins terminaux, de la vitesse qui coupe le souffle.
Ivan Illich, La perte des sens, Fayard.

Voilà un autre livre sur ma liste des futurs achats.

Via C'est autre chose!

dimanche 16 octobre 2005

Kuhn et les paradigmes

La structure des révolutions scientifiques trainait depuis déjà plusieurs mois sur ma table de chevet. Ce n'est que cette semaine qu'il eut droit à ma lecture. Pour en savoir un peu plus sur Thomas S. Kuhn, vous pouvez vous rendre sur la Stanfort Encyclopedia of Philosophy ou sur Wikipedia. C'est ce billet de Benoit qui m'a fait découvrir ce livre. Vous y trouverez d'ailleurs un lien vers un résumé du bouquin. Évidemment, vous trouverez aussi des citations/extraits sur Au fil de mes lectures, mais pour vous donner un petit avant-goût, en voici deux :
[...] une nouvelle théorie, quelque particulier que soit son champ d'application, est rarement ou n'est jamais un simple accroissement de ce que l'on connaissait déjà. Son assimilation exige la reconstruction de la théorie antérieure et la réévaluation de faits antérieurs, processus intrinsèquement révolutionnaire qui est rarement réalisé par un seul homme et jamais du jour au lendemain. (p.24)
[...] la transition entre deux paradigmes concurrents ne peut se faire par petites étapes, poussée par la logique et l'expérience neutre. [...] il doit se produire d'un coup (mais pas forcément en un instant), ou pas du tout. (p.207)
Cette dernière citation me fait bien plaisir car, comme plusieurs le savent déjà, je ne suis pas un grand adepte de l'apprentissage par petits pas qui, dans l'esprit de plusieurs, mène inexorablement vers un changement dans la pensée du marcheur.

Une lecture conseillée à tous les amateurs de l'évolution de la pensée scientifique et de l'épistémologie.

samedi 15 octobre 2005

Monsieur Linh

« [...] ce peut être aussi cela l'existence ! Des miracles parfois, de l'or et des rires, et de nouveau l'espoir quand on croit que tout autour de soi n'est que saccage et silence ! » (p. 159)

À lire absolument, ce court roman de 160 pages nous prend droit au coeur. C'est un texte sur l'absence, le denuement et l'amour. Et sur l'amitié. On pourrait presque dire l'amitié/amour. Et puis on y trouve une belle leçon de communication humaine dans ce livre. Il se lit d'une traite et ne vous laissera pas indifférent. L'histoire? Imaginez un vieillard qui doit fuir son pays et qui se retrouve, désamparé, dans une grande ville dont il ne connaît ni la langue, ni les coutumes de ses habitants. Mais il n'est pas seul : il est avec sa petite fille, Sang Diû (Matin doux) âgée de quelques semaines...

Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh, Stock, 2005.

mercredi 12 octobre 2005

Le mot lecture

« D'une certaine manière, le mot lecture signifie se perdre dans les fictions d'auteurs comme Scott, Dickens, Cooper, Alger, ou dans les pages d'un catalogue. D'une certaine manière, je paraissais retenir davantage ce que je lisais que ce que j'étudiais. Et je retiens davantage parce que les auteurs que je lis m'emportent hors de ma chambre, hors de moi-même, ce que ne font jamais les auteurs des livres que j'étudie. »
Walter M. Mason, The Wonderful World of Books, Mentor Books, 1952, p. 199.

Blog-Rey

Dans cette vidéo, Alain Rey nous dévoile l'origine du mot «blog». Vous n'y apprendrez pas grand-chose, mais comme M. Rey mentionne une fois les Québécois....

Obtenu via affordance.info

mardi 11 octobre 2005

Ignoratio elenchi

Il existe une quantité incroyable d'espace vide dans l'univers. La distance du soleil à l'étoile la plus rapprochée est d'environ 4,2 années-lumière, ou 25 suivi de 12 zéros (milles) ... De même pour la masse: le soleil pèse environ 2 suivi de 27 zéros (tonnes) ... La Voie Lactée pèse 160000 fois autant que le soleil; elle est une galaxie parmi une collection d'autres dont environ 30 millions sont connues. Ce n'est pas très facile de retenir une croyance à sa propre importance en regard de statistiques aussi accablantes.
Bertrand Russell
Ce texte est en épigraphe au chapitre intitulé Le sophisme, dans le livre de Vincent Edward Smith, Éléments de logique, Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1966. J'ai trouvé ce livre (7$) chez un bouquiniste de Gatineau. Comme vous le savez sans doute, Russell était un éminent logicien, co-auteur, avec Whitehead, du célèbre Principia Mathematica. Voici le commentaire du professeur Smith au regard de l'extrait ci-haut mentionné : « Dans le texte [...], Russell commet le sophisme de l'ignorance du sujet. Ce sophisme consiste à prouver autre chose que la question à prouver et à user de faux-fuyants. Les figures de Russell montrent que le cosmos est immense. Mais elles n'ajoutent ni n'enlèvent rien à la dignité humaine. » p. 282.

Il est très difficile de ne pas tomber dans le piège du paralogisme. Mais en voyant même les plus grands chuter, on se console...

On flanche.
On se relève.
Et on espère gagner un peu plus en sagesse.

lundi 10 octobre 2005

Poli-TIC

La politique est un chapitre de la météorologie.
La météorologie est la science des courants d'air.

Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)


J'ai récemment retiré un billet que j'avais publié sur Recit.org. Dans ce billet, j'émettais l'opinion que le discours prononcé à l'ouverture de notre session de travail par le sous-ministre adjoint à l'éducation était «très ordinaire». Suite à sa parution, quelques personnes m'ont signalé leurs malaises par rapport à mon propos. En effet, des commentaires du genre «on ne mord pas la main qui nous nourrit» ou «puisque c'est publié sur le blogue DU Récit, cela donne une mauvaise image du Récit» m'ont été gentiment mentionnés.

Si j'avais laissé le billet sur le blogue, la polémique qu'il aurait pu susciter aurait été sans doute vaine, stérile et inutile. Je fais partie de ceux qui croient que les politiciens sont d'abord à notre service, et non au service de leur Power trip. En ce sens, dire à un politicien que son discours est plutôt plate, c'est lui dire qu'il devrait se forcer pour nous donner un peu plus de viande. Je suis tanné des lieux communs qu'on nous dessert à tour de bras.

Mais de toute évidence, ma vision de l'homme politique n'est pas partagée par une partie de mes confrères et consoeurs du Récit. Et je considère que l'harmonie du groupe est beaucoup plus importante que mon simple point de vue, surtout si ce point de vue est vaguement périphérique à mon travail. Pour bien des gens, il faut user de stratégies avec les politiciens si on veut obtenir quoi que ce soit d'important pour nous. Mais comme je suis allergique à la manipulation, j'ai tendance à me tenir loin des personnes qui en vivent et je me colle plutôt aux gens qui semblent valoriser une certaine profondeur et une certaine rigueur de la pensée. Je ne dis pas que tous les hommes politiques sont vides, je dis seulement qu'ils montrent très peu souvent leur potentiel intellectuel hors les normes établies. J'aimerais du leadership, de l'originalité, du risque, de la transparence. En général, nous n'avons que de l'image, des idées creuses et ramanchées et du conservatisme.

Conclusion : je dois me tenir loin de la politique.

jeudi 6 octobre 2005

New Nothomb

Certains décrivent « Acide sulfurique » comme un roman-scandale ? C'est plutôt l'exercice de rentrée d'une petite dégoûtée qui cherche sa fessée.
Marc Lambron, commentant ici le roman de la rentrée d'Amélie Nothomb.

dimanche 2 octobre 2005

Kirtas Technologies

J'en veux un ! Mais ça doit coûter un bras...

jeudi 29 septembre 2005

Négo

Rencontre syndicale hier soir. Je n'ai pu m'empêcher de soumettre mon moyen de pression aux animateurs.

Je crois que ce qui fait le plus mal au gouvernement, c'est lorsqu'on s'attaque à son image. Car, à mon sens, ces hommes et femmes politiques n'existent que par l'image. Donc, il faut s'attaquer à celle-ci, la rendre la plus noire possible si effectivement elle est noire.

Le contrat de travail est échu depuis quelques années. Et là, on me répond que les parties se rencontrent une fois par deux semaines (diable, que font-ils le restant du temps?) et nos négociateurs se font dire de revenir dans deux semaines, car les nogiciateurs du gouvernement n'ont pas le mandat de négocier, c'est-à-dire, ne peuvent rien proposer d'autres que ce qui est sur la table depuis deux ans déjà.

Il faut jouer sur cette idiotie. Dire à la population : «Voyez ! le gouvernement paye des fonctionnaires à ne rien faire depuis deux ans car ils répètent toujours la même chose alors qu'ils devraient être payés pour négocier. Ce gouvernement bousille vos taxes en embauchant des fonctionnaires qui ne savent pas négocier alors que c'est leur principal travail. Ces fonctionnaires nous disent qu'ils n'ont aucune marge de manoeuvre. Pourquoi alors les garde-t-on sur le payrol? Le gouvernement devrait le foutre à la porte au lieu de les payer à ne rien faire.»

Et puis, je crois encore qu'il faut rendre public tout ce qui se dit sur la table. Que ce soit par des documents vidéo (enregistrement des séances de négos) ou par les transcriptions complètes des échanges. Si c'est par des transcriptions, on sélectionne les parties les plus juteuses, on convoque une conférence de presse et on lance le tout à population. Comme ça, on laisse cette dernière se faire sa propre tête sur les allégations de mauvaise foi, de part et d'autre, des parties. On n'est pas trop porté à élire des gens de mauvaise foi...

Et je ne pense pas qu'un gouvernement aimerait se faire prendre en flagrant délit d'imposteur. On aurait peut-être le droit alors à de véritables négociations.

Les moyens de pression suggérés (la grève, port du noir, envoi d'un bulletin à Charest, etc.) sont enfantillages. Il faut attaquer, et très agressivement, l'image même des politiciens en prouvant que ces politiciens/administrateurs sont incompétents, car ils payent des employés, avec notre argent, à ne rien faire.

lundi 26 septembre 2005

Web 2.0

Je n'ai pas suivi tout ce qui entoure la nouvelle version du web, appelée WEB 2.0. Mais pour vous donner une petite idée sur l'avenir de notre amour, double-cliquez sur un mot de ce billet (ou de tout autre billet).

Pour installer le tout sur votre blogue (ou votre page web) rien de plus facile : C'est Alexandria, c'est par ici !

L'évolution

Ce matin, cette lecture m'a bien fait rire.

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