Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 27 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 146

Quand il nous parle, un fat a toujours l'air de nous asperger de son indulgence.

Une promesse peut être honnête, mais elle devient facilement friponne.

La cendre d'un beau rêve n'est jamais froide.

Les hautes visions n'arrivent qu'à un corps chaste.

Le talent peut être mondain, le génie est solitaire.

Les faux artistes courent les rues, les vrais restent sur la colline.

Vieillir n'est rien à côté de voir vieillir ceux qu'on aime.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 26 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 145

Ce qui nous reste toujours, c'est de nous taire.

Porte bien la vieillesse, il y a pire.

Le génie nous donne l'emportement, que le travail doit équilibrer.

En avril, comme elles sont jolies, les premières feuilles ! elles ressemblent à des fillettes en robes courtes.

On a le regret bien plus long que n'a été le désir.

Il est plus dur que le service militaire, celui du monde.

Un mondain en égratigne toujours un autre.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 25 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 144

Aimons à pardonner, pour être sûr de pardonner assez.

Méfie-toi du premier moment, c'est un farceur.

L'impression est la lueur de la pensée.

Commander à ses sens, c'est d'un grand capitaine.

L'ennui est une insuffisance.

Tant de gens veulent jouir avant le temps, commencer le repas par le dessert.

Qu'elle est fausse, la louange! et elle remue quand même.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 24 janvier 2013

Desjardins-Jobin : 1/2-1/2

Michel Desjardins [1911]- Gilles Jobin [1762]
Qualification Élite Pom
Gatineau, 22 janvier 2013



Un grand merci au superbe script PGN-VIEWER trouvé sur Chess Tempo.

De toutes les Paroisses, page 143

Il est des nerfs qui ne supportent pas les fleurs ; certains chagrins n'aiment pas les caresses.

Tout pouvoir pense à lui, songeant à peine à nous, ce qui se voit, hélas ! même entre deux époux.

On a tant d'empressement avec la bourse des autres, et tant de généreuses intentions avec leur argent !

Sans s'effrayer de sa longue route, la patience peut la trouver longue.

Les femmes prennent souvent le chemin de l'amitié dans l'espoir d'y rencontrer l'amour.

Tout ce qui se tait ne consent pas.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 23 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 142

Il est des gens qui font si sèchement leur devoir, que ce devoir ressemble à un pensum qu'ils s'infligent.

La demande la plus audacieuse est la plus surprise d'un refus.

Le succès est un mauvais échanson, il verse souvent à côté.

On aime généralement jusqu'à une certaine hauteur ; ceux qui la dépassent sont des fous ou des anges.

Certains vieux nobles intransigeants me font l'effet de vieux matelas qui ont besoin d'être recardés.

Il n'est pas absolument nécessaire d'aimer la vie, il l'est de savoir s'en servir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 22 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 141

Il ne faut à certaines gens qu'un petit ruban de plus pour devenir morveux.

Quel esprit différent entre celui qu'il faut pour commencer et celui qu'il faut pour finir!

Certains vers ne résistent pas à une seconde lecture : des fleurs revues le lendemain.

Un don dont on se souvient ressemble plus à un prêt qu'à un don.

Les jeunes se regardent, les vieux s'examinent.

Comme toutes les barques, toutes les intentions sont chavirables.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 21 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 140

L'espoir croit ce qu'il promet : c'est son honnêteté.

J'aime à marcher dans un chemin désert, pour rapprocher deux solitudes.

Que de choses l'on supporterait si l'on était regardé !

On se grise de silence, comme on se grise d'opium.

Les illusions enguirlandent la jeunesse, caressent l'âge mur, et expirent aux pieds de la vieillesse.

Promesses ! monnaie avec laquelle les hommes s'acquittent.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 20 janvier 2013

2013.3

Étude : Liens entre les résultats du parcours de vie et la capacité de lecture. On y dit que «les jeunes qui obtiennent de faibles scores en lecture sont plus susceptibles de ne pas poursuivre d'études au-delà du secondaire. Plus de la moitié des jeunes (54 %) qui avaient obtenu des scores inférieurs au niveau 3 [NDLR : Sur 5] à 15 ans n'avaient pas poursuivi leurs études au-delà du secondaire à l'âge de 25 ans.» Pas vraiment surprenant quand on sait que la lecture est le mode de fonctionnement préféré de l'école pour amener les élèves à pousser leur compréhension de la matière. Clairement, si on n'aime pas lire, on doit chercher un autre moyen de nourrir son intellect ; cet autre moyen ne se trouve pas à l'école.

Sur Espace Musique samedi matin, ils ont fait tourner Gainsbourg dans son « Je suis venu te dire que je m'en vais ». Je me suis rappelé cette superbe interprétation de Jane Birkin.


J'ai suivi toute la semaine le Tata Steel. J'admire ces professionnels qui se creusent la tête pour nous offrir des perles intellectuelles. Ci-contre, Levon Aronian, numéro 2 mondial, qui essaie de reprendre ses esprits après qu'il ait laissé fondre, en septième ronde, une avance presque insurmontable.

Pour ma part, j'ai gagné (finalement) ma première ronde au tournoi qualification Élite Pom au Cercle d'échecs de Hull. Encore une fois, je me suis trouvé en assez sérieuse pression de temps. Il faut absolument que j'apprenne à ne pas calculer 15 millions de fois la même variante. C'est évidemment symptomatique d'un grand manque de confiance en soi. Toujours est-il que j'ai tout massacré à mon 30e coup, exactement comme lors de ma partie en décembre contre Richard Rose. Mais malheureusement pour mon adversaire, un peu plus tard, il a joué un coup rendant sa position presque immédiatement perdante. Un gain chanceux. Le jeu d'échecs nous force à beaucoup travailler sur soi...
Sur Matoutaouais, vous pouvez suivre le tournoi au fil des rondes.
Ça ne me rajeunit pas de fêter les 33 ans de ma p'tite deuxième.

Comme j'aime bien Tout le monde veut prendre sa place, on en a profité pour lancer un clin d'oeil québécois.

De toutes les Paroisses, page 139

On est bien moins reconnaissant à la jeunesse de tout ce qu'elle nous donne, qu'à la vieillesse de tout ce qu'elle nous laisse.

Bien faciles à expliquer les ennemis d'une femme riche : argent refusé.

Les faux amis semblent nous donner un coeur de plus pour aimer les vrais.

La vie coûte cher à ceux qui la gâchent.

Pour être sympathique, la tristesse doit avoir abdiqué toute colère.

Les excuses sont des plaignantes plutôt que des repentantes.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 19 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 138

Le malheur répété nous rend comme timides et nous donnerait presque l'air de l'avoir mérité.

Comme elle nous préoccupe peu, notre grande dette, la mort!

Toutes les ardeurs s'éteignent, toutes les larmes ne sèchent pas.

Il faut laisser à la pensée son heure, tout en la favorisant.

Deux bonheurs qu'on oublie trop : être le père de ses enfants, et avoir eu une mère respectable.

L'argent nous aide en bien ou en mal à être ce que nous sommes.

L'heure de la réflexion en fait la richesse.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 18 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 137

Apprenons à nous passer de tout ce qui ne veut plus de nous : bonheur, jeunesse, amour, illusions, toute celle belle guirlande où le temps,

Sur les marches du temple de la gloire agonise la paix.

J'aime beaucoup la douceur sous laquelle je sens silencieusement gigoter l'énergie.

Les beautés peuvent se nuire ; les charmes ne se nuisent jamais.

La crainte peut être une vénération.

Les choses semblent quelquefois avoir une intention, tant elles arrivent à propos.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

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