Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 14 février 2012

14 février

Encore une vingtaine de mois avant la retraite. Il est certain que je n'aurai pas un gros ménage de bureau à faire. Mais celui de mon ordinateur - je travaille avec mon ordinateur personnel - sera énorme : plein de courriels à mettre à la poubelle (j'en ai plus de 10000 dans mon GMAIL et presque autant dans mon YAHOO), des fils RSS à supprimer, des fichiers à supprimer...




Où sont passés les blogueurs québécois en éducation ? Écrire n'est-il pas un moyen à privilégier pour une pratique réflexive réussie ?




Bon, c'est la Saint-Valentin. Allons-y avec quelques citations :

« Il n'y a pas d'amour, dit Pierre Reverdy : il n'y a que des preuves d'amour. »
Claude Roy (La fleur du temps, journal 1983-1987, p.83, Folio n°2388)

Mais l'amour nous aveugle, et contre tout devoir
Quiconque a de l'amour a bientôt de l'espoir.
Pierre Du Ryer (Alcionée acte 2 sc. 2 (Alcire) p.101, in Théâtre du XVIIe siècle T. II, Gallimard/Pléiade, 1986)

L'amour vole aux amants les heures qu'ils ne passent pas ensemble : séparés, on ne vit plus, on attend de vivre.
Maurice Chapelan (Amours amour, p.193, Grasset, 1967)

L'amour est le premier plaisir, la plus douce et la plus flatteuse de toutes les illusions.
Marquise de Lambert (Réflexions diverses in Oeuvres de Madame La Marquise de Lambert, p.193, 1766)

Tout a été dit sur l'amour, et l'amour est toujours l'amour.
Henri de Régnier (« Donc », p.89, Ed. du Sagittaire, 1927)

Chemin faisant, page 47

Il y a tant de manières d'être utile que le bien s'impose à chacun de nous.

Il est bien plus facile de vivre avec les qualités des autres qu'avec leurs vertus.

Il faut parler juste au chagrin ou ne pas s'en mêler : que de gens écorchent la plaie en voulant la panser !

Les rassasiés sont toujours les plus intolérants.

Le duo a été créé par la nature et le trio par la société.

Penser, c'est voyager à prix réduit.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

lundi 13 février 2012

Évaluer est une compétence

Mes lecteurs le savent : je ne crois absolument pas aux quelconques bienfaits d'une évaluation institutionnelle classique ; par cette dernière j'entends une évaluation de performance généralement administrée en fin d'une séquence d'apprentissages ou en fin de parcours scolaire.

Le problème, c'est que peu de gens savent évaluer autrement. Or l'approche par compétence amenait aussi une réforme de l'évaluation, cette dernière devant se réaliser principalement en cours d'apprentissage et non en fin de parcours ; d'une évaluation « jugement/tri social », on désirait une évaluation « aide à l'apprentissage. » Pour ce faire, on favorisait des outils diversifiés : portfolio, dossier d'apprentissage, journal de bord, grilles de forces et défis, etc.

Pourquoi la nécessité de ces outils, me demanderez=vous ? Parce que, justement, on voulait apprécier chez l'élève son développement de compétence, et non plus sa capacité à retenir et à utiliser ses acquis scolaires le temps de réussir un examen. Mais, surtout, on désirait que l'élève sache qu'il était en train d'apprendre et de s'améliorer par rapport à lui-même. Oui, on voulait que l'élève reconnaisse chez lui-même et par lui-même les progrès qu'il accomplissait. Nous voulions briser l'idée que, par un bulletin, c'est l'enseignant qui savait que l'élève savait (tout au moins dans l'étape en cours).

En 2003, l'équipe de conseillers pédagogiques dont je faisais partie à la commission scolaire au Coeur-des-Vallées s'est penchée sur la question évaluative, mais non par rapport aux élèves (pour nous, le programme de formation était clair à cet égard) mais bien par rapport aux différents intervenants du monde scolaire : les enseignants, les directeurs d'école et les conseillers pédagogiques.

Nous notions alors un manque flagrant : on savait comment évaluer les élèves, mais nous n'avions aucun outil pour mettre en place une évaluation desdits intervenants.

En équipe, nous avions développé (les lecteurs qui ont lu le programme de formation au primaire reconnaîtront le modèle! ) les trois compétences pour chaque groupe d'intervenants.

Plusieurs raisons me poussent aujourd'hui à ressortir ces vieilleries.

D'abord, cette idée de François Legault et sa gang d'évaluer les enseignants. N'ayant pas lu le programme de la CAQ, je l'interprète en me basant sur ce qu'ont rapporté les médias, les twitteurs et les blogueurs. M. Legault souhaite des enseignants plus « performants. » Mais nulle part je n'ai vu comment on mesurera cette performance. Se fera-t-elle en fonction de la réussite des élèves ? En fonction de la moyenne de la classe ?

Puis, récemment, sur Twitter, François Rivest, un collègue CP de Montréal, a laissé un gazouillis référant à l'un de ses billets. Dans ce dernier, François mentionne les compétences professionnelles des enseignants.

C'est alors que je me suis souvenu du travail que nous avions effectué chez nous. Les compétences professionnelles, c'est bien beau, mais quelle est le rapport avec la compétence à appliquer le programme de formation de l'école québécoise ?

Bien sûr, en présentant notre réflexion à nos patrons, aux directeurs et aux enseignants, tout le monde trouvait ça extraordinaire. Cependant, rapidement, c'est tombé lettre morte. Oubli complet. Hop ! dans ces limbes qui, on le sait, n'existent même plus.

Le problème avec l'évaluation par compétence, c'est que, à part quelques irréductibles, personne vraiment n'y croit. Même le MELS nous envoie des examens (il appelle ça : situations d'évaluation) de fin de parcours que tous regardent comme un merveilleux modèle d'évaluation. Plus personne maintenant ne considère l'approche portfolio, sinon pour conserver (comme dans le bon vieux temps) les exercices, les examens et les devoirs de l'enfant.

Bref, le sentiment que j'en ai, c'est que plusieurs se prennent au sérieux au regard de l'évaluation alors que nul ne croit aux outils permettant aux intervenants d'améliorer leurs compétences.

Bien sûr, tout le monde comprend l'approche populiste Legault en disant qu'il est normal qu'on veuille évaluer les enseignants. Le problème, c'est que les politiques ne connaissent absolument rien à l'approche par compétence.

Oh ! je n'en veux pas aux politiciens ; ce sont des gens de bonne volonté, et qui agissent en fonction de leurs connaissances et de leurs intuitions. J'en veux surtout aux services pédagogiques des CS de n'avoir pas su expliquer aux journalistes et aux politiciens ce qu'était vraiment le programme par compétence. Je crois que l'échec de cette réforme est en grande partie dû à ce manque complet de communication des services pédagogiques vers la population.

En tout cas, chez nous, on a vraiment essayé fort. Voici d'ailleurs le document (PDF) que nous avions pondu. Il contient aussi les grilles d'évaluation. Mais, de grâce, si vous y référez, n'oubliez pas de mentionner les sources !









Chemin faisant, page 46

J'ai plus de dédain que de pitié pour les gens qui s'ennuient.

On ne devient pas philosophe sans blessures et sans cicatrices, bien que blessures et cicatrices ne tournent pas toutes à la philosophie.

Nos jouissances dépendent moins de notre éducation que de nos goûts et de nos instincts.

On n'offre son intimité aux gens que lorsqu'on veut accepter la leur.

Les gens qui ne savent pas s'en aller sont au moins aussi insupportables que ceux qu'il faut attendre.

La couleur est l'esprit des choses.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

13 février

Ici, on compare FLASH, HTML5, DOM et CSS3. C'est impressionnant.


Google et son équation de l'amour :

Le rendu des mêmes équations chez Wolfram Alpha :


Curieux, ces gens qui demandent qu'on se mette à leur place alors qu'elle est déjà occupée !
Grégoire Lacroix (Les Euphorismes de Grégoire (483), p.71, Max Milo, 2006)

dimanche 12 février 2012

Ma réalité, ma réalité pour de l'ombre !

Tout près de l'ombre d'un rocher,
J'aperçus l'ombre d'un cocher
Qui, tenant l'ombre d'une brosse,
En frottait l'ombre d'un carrosse.
Nicolas Perrault (1624-1662)

Chemin faisant, page 45

Il ne faut pas permettre aux mauvais outils de nous dégoûter du travail ni de l'oeuvre.

Un intime reproche : l'accomplissement de notre devoir par un autre.

Que de chers petits égoïsmes, ô prudence ! se sont abrités dans ton sein !

L'hommage ! Le centime accepté par les plus riches mains.

En pensant nous sommes aussi souvent avec les pécheurs qu'avec les saints.

La peur est un évanouissement subit du courage.

Les jeunes croient facilement que nous avons toujours été vieux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

samedi 11 février 2012

11 février

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce texte : dévalorisée usée ecrasée. D'après moi, on y trouve d'une manière bien articulée, le problème de l'école secondaire aujourd'hui.

Aujourd'hui ?

L'école obligatoire jusqu'à 16 ans a toujours eu son côté pervers.

Chemin faisant, page 44

La sympathie a le don de subite naturalisation.

L'art et la vertu s'acquièrent par pièces et par morceaux.

Nos prétentions augmentent bien plus en raison de nos succès, qu'en raison de nos mérites.

On ne peut bien consoler que ce qu'on comprend, mais on peut aimer ce qu'on ne comprend pas.

Une année sans printemps ressemble à une jeunesse sans amour : il lui manque toujours quelque chose.

Aimer un pays plus que le sien, c'est voler sa mère pour faire l'aumône.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 10 février 2012

10 février

J'ai écrit un commentaire ce matin sur l'excellent blogue de The Dude Minds. Le billet parle de la différente interprétation du zéro chez les francophones et chez les anglophones.
Courte vidéo dans laquelle Papert fait une distinction entre les mathématiques et les mathématiques «scolaires».


Chemin faisant, page 43

Se venger ! Est-ce cicatriser sa plaie ?

Qui fait des admirateurs fait des disciples.

Le conseil est une sorte de paternité ; il engage celui qui le donne.

Le désir n'est pas toujours un coupable, mais c'est toujours un gourmand.

Quand nous vieillissons, les souvenirs nous entourent comme les lierres entourent les vieilles maisons.

Avoir l'air convaincu, n'est-ce pas la plus aimable de nos politesses ?

Nos goûts sont généralement servis avant nos devoirs.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

jeudi 9 février 2012

9 février

Choquant ce reportage de Brigitte Bureau dans lequel on voit des enfants de parents évangélistes nous faire une petite morale homophobe et pro-vie. C'est tout simplement odieux que des « croyants » utilisent des enfants pour propager leurs idées haineuses.

Pour moi, c'est un argument de plus pour supprimer complètement la religion de la charte canadienne des droits et libertés. La religion ne devrait pas avoir de place dans l'espace public.

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