Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 7 avril 2007

Intégration des TIC : les conditions essentielles

Lors d'un souper entre amis au colloque de l'Aquops, j'ai émis les trois conditions essentielles pour intégrer les TIC dans le scolaire :
  1. Les enseignants ont leur propre outil informatique (un portable);
  2. Au moment où ils en ont besoin, les élèves ont accès à un ordinateur ;
  3. Les utilisateurs ont accès aux services pédagogique et technologique.

1 - Les enseignants ont leur propre outil informatique (un portable)

J'ai déjà écrit plusieurs textes sur ce sujet. Je juge cette condition essentielle, car je ne vois pas comment un enseignant qui n'a pas son outil peut apprendre à l'utiliser! L'ordinateur est un outil extrêmement complexe et demande non seulement un temps d'appropriation, mais aussi un temps d'expérimentation et d'exploration.

2 - Au moment où ils en ont besoin, les élèves ont accès à un ordinateur

La compétence TIC est transversale. Que ce soit pendant qu'il fait des maths, écrit un texte, s'exerce à la poutre ou compose de la musique, l'élève doit avoir accès à l'ordinateur pour l'exploiter dans sa quête de connaissances. Par exemple, en géométrie, si l'enseignant parle de solides, un élève doit pouvoir jouer avec le solide physiquement bien sûr, mais aussi virtuellement (en modifiant les paramètres d'un solide on peut voir dynamiquement la variation de la surface, du volume) ; en écrivant un texte, l'élève doit avoir accès à tous les outils d'écriture lui permettant de s'améliorer (les correcteurs, les dictionnaires, les textes exemples, la puissance du traitement de texte, la gestion des versions, etc.); en apprenant le badminton, l'élève doit pouvoir se filmer, analyser ses gestes, examiner au ralenti les mouvements des pros, etc.) ... Comment voulez-vous qu'un enfant intègre la technologie s'il n'y a accès que cinquante minutes par semaine?

3 - L'enseignant doit avoir accès aux services pédagogique et technologique

Dans le cadre de ses projets pédagogiques, l'enseignant doit pouvoir recourir rapidement à un service pédagogique. J'entends ici son directeur d'école, le répondant TIC de son école, les conseillers pédagogiques de la cs, l'animateur du RÉCIT de la cs, etc. L'enseignant doit aussi pouvoir contacter rapidement le service informatique au cas où il faudrait réparer quelques machines, mettre à jour des logiciels, en installer d'autres, etc. Dans les deux cas (pédagogique et technologique), le temps d'intervention doit être court, c'est-à-dire qu'il ne doit pas dépasser huit jours.

Tant que ces conditions ne seront pas remplies, l'intégration des TIC sera compromise. Bien attendu, on trouvera des endroits où certains enseignants y arrivent en sautant l'une ou l'une de ces prémisses, mais, somme toute, cela demeure anecdotique. En effet, souvent cet enseignant possède sa propre machine qu'il apporte de la maison, profite du fait que dans son école, presque tous les enseignants ne vont pas au labo (il y accède donc quand il le veut), ou encore est très autonome avec les ordinateurs et comprend bien l'esprit de la compétence TIC.

Ces conditions bien qu'essentielles ne sont cependant pas suffisantes à l'intégration scolaire des technologies. En effet, on peut très bien imaginer un enseignant à qui on a remis un portable, qui enseigne dans une classe avec plein d'ordinateurs et qui peut en tout temps joindre les services mis à sa disposition et qui, ma foi, laisse tout ça dormir. Il y a donc lieu d'ajouter des conditions qui sont aussi nécessaires pour une bonne intégration des TIC. Cela fera sans doute l'objet d'un futur billet, ou, peut-être, en verra-t-on apparaître dans vos commentaires?

vendredi 6 avril 2007

Éduquer

Un élève d'une école secondaire de Québec avait monté un site web plutôt vulgaire qui décriait le programme dans lequel il était inscrit.

L'école vient de le suspendre.

On peut lire la nouvelle dans quelques articles du Soleil :
Des jeunes capables de s'exprimer très convenablement.
Cinq élèves supendus
Des profs ont eu vent du site

Quand le jeune en question avait laissé l'adresse sur le blogue de François Guité, j'avais pris la peine de le visiter (il est aujourd'hui hors ligne.) J'avais immédiatement jugé le site sans grand intérêt: les propos m'apparaissaient typiquement « adolescent écoeuré par le système », et l'auteur du site utilisait un langage plutôt cru.

Par ailleurs, les articles non signés ajoutent à mon indifférence au regard du contenu.

Aujoud'hui, je sais que l'ado en question parlait de l'école secondaire de Neufchâtel, école que je ne connais absolument pas. Mais en suspendant le jeune (et apparemment quatre autres qui sont intervenus sur le site en question), j'ai l'impression d'en connaître un peu plus sur la manière dont est gérée l'école...

Si la direction de l'école s'est sentie réellement menacée par les cinq jeunes, alors effectivement elle n'avait pas le choix et elle devait les suspendre.

Mais...

En lisant les propos de l'auteur du site dans les commentaires sur le blogue de François, de toute évidence, cette personne est non seulement très articulée, mais elle ne m'apparaît pas menaçante pour un sou. Il me semble qu'une alternative à la suspension (d'un probable bon élève) aurait pu être une solide conversation. Une conversation se transformant en éducation.

Pour moi, l'école a un rôle extrêmement important à jouer au regard de la compétence TIC. Aujourd'hui, nos ados sont souvent seuls dans cette mare incroyable que sont les outils de communication modernes. Ont-ils le discernement nécessaire pour les utiliser? Ont-ils un développement éthique assez grand pour être laissés seuls dans ce virtuel? Si on répond OUI, alors, évidemment, l'école a bien fait de les suspendre. Mais si on répond NON, n'est-ce pas alors le rôle de l'institution scolaire que d'enseigner ces choses? Notre système d'éducation n'a-t-il pas une part de responsabilité dans cette histoire?

Cet événement met en évidence l'urgence d'établir un enseignement à la technologie qui dépasse une utilisation bureautique ou encyclopédique de l'ordinateur.

jeudi 29 mars 2007

N-Génération

Découvert via SOSSES le billet de Louis Naugès La N-Génération. Je partage son pessimisme au regard du monde de l'éducation :
Le milieu éducatif devrait être le premier à accompagner ce mouvement de fond, à aider la N génération. Ce n’est, hélas, pas le cas.
Deux raisons principales :
- Le manque cruel de moyens, que l’on pourrait encore régler avec quelques investissements.
- Le choc culturel, beaucoup plus long et difficile à régler. La N génération s’ennuie mortellement quand on lui présente la géographie sur une carte murale des années 50 alors qu’ils viennent de survoler leur région avec Google Earth.
La N génération ne comprend pas que leurs professeurs les condamnent au mono-tache quand ils sont en permanence multi-activités dans leur vie quotidienne.
Bel exemple de notre incapacité en tant qu'éducateur : Je reviens d'une formation de trois jours à Montréal sur les maths au primaire. On a parlé de situations problèmes, mais jamais, au grand jamais, il n'a été question d'utiliser les ordinateurs pour développer les compétences mathématiques. Cette formation aurait pu se dérouler en 1980 qu'on n'y aurait vu aucune différence. Évidemment, ce n'est pas grave, car nous étions entre nous, vieille garde, dans notre confort d'enseignant et de conseiller pédagogique. Quand réalisera-t-on que nos enfants vivent dans un monde perso-socio-technologique ?

mercredi 28 mars 2007

Le Moyen Âge

[...] les enseignants sont aussi déconnectés des commissions scolaires que les paysans l’étaient du château féodal.
François Guité dans un commentaire de son billet Les commissions scolaires sous le couperet.

J'adore les figures de style de M. Guité !

dimanche 25 mars 2007

Jolie journée


samedi 24 mars 2007

Humour squeakien

Squeak devient vraiment toujours plus passionnant avec les jours. J'ai travaillé fort pour un projet sur Squeak et maintenant j'essaie de prendre les objets sur Google avec Alt...
Élodie, 11 ans (École Du Boisé, Gatineau)

vendredi 23 mars 2007

Nouvel Obs

Au moment où s'ouvre le Salon du Livre de Paris, le Nouvel Observateur publie une liste des cinquante meilleurs sites littéraires parmi lesquels on trouve Au fil de mes lectures !

Un grand merci à Nicole de Fugit Tempus qui m'a fait parvenir un pdf de l'article.

À lire aussi Rebuts de presse du 22 mars, blogue de Didier Jacob du Nouvel Observateur.

Le Monde.fr « Livres » vient aussi de publier un article dans lequel mon site est mentionné.

mercredi 21 mars 2007

Entrevue Squeak !

Pour ceux qui aimeraient bien entendre mon extraordinaire voix, c'est ici !

Merci aux deux Pierre du Récit MST qui ont passé deux jours dans ma commission scolaire.

samedi 17 mars 2007

Dublin : here she comes


Aurélie vient de quitter le pays pour un voyage de quatre mois en Irlande. Nous savons tous que les voyages forment la jeunesse, mais il reste que comme parents, c'est extrêmement difficile à vivre. Je me rappelle avoir été torturé de la même manière quand Andréanne avait pris un an pour travailler au pair en Allemagne. Mais là, à 19 ans, c'est notre p'tite dernière qui quitte le foyer, car à son retour, elle adoptera Québec pour ses études universitaires.


Marie et moi sommes actuellement rivés au téléphone. Nous attendons qu'il sonne. Nous voulons l'entendre dire « Papa, maman, je suis bien arrivée. Tout va bien. »

MàJ : Ouf ! On vient de recevoir le coup de fil tant attendu.

dimanche 11 mars 2007

Le temps


Ubuntu m'a rappelé ce matin que l'Amérique passe à l'heure avancée. Gros avantage : nous aurons une heure de moins de campagne électorale !

vendredi 9 mars 2007

Challenge ABC : Adler et Nivoix

Je suis en retard d'un gros mois dans mon Challenge ABC.

Je viens de terminer le joli essai de Mortimer J. Adler Comment lire les grands auteurs. Le livre date de 1964 dans une édition et une traduction qui laissent à désirer. On trouve au moins quinze fois dans le livre « prendre pour acquis » (to take for granted) alors qu'il faut écrire tenir pour acquis. On voit aussi scientiste au lieu de scientifique. Le livre comporte plusieurs coquilles. Il ne faut cependant pas trop se plaindre car les traductions des livres d'Adler se font très rares. Vous trouverez 44 citations/extraits sur Au fil de mes lectures.

J'ai aussi lu la petite pièce de Paul Nivoix publié en 1927 Ève toute nue. Comédie légère en trois actes, elle n'est pas passée à l'histoire, et n'y passera pas ! Mieux vaut lire du Guitry. Défi web pour mes lecteurs : trouvez les dates de naissance et de mort de Nivoix, mais sans visiter les citations que j'ai extraites de la pièce, car j'y donne cette information.

Sur ma table de chevet : Pour l'éducation de Savater.

jeudi 8 mars 2007

Adler sur le manuel scolaire

La multiplication des manuels et des cours oraux dans notre enseignement est l'un des plus sûrs indices de notre décadence littéraire. On dit railleusement que ceux qui sont impuissants à aider leurs élèves dans la lecture des ouvrages transcendants écrivent des manuels, ou, du moins, utilisent les manuels écrits par leurs collègues afin de suppléer à leur incompétence. On pourrait définir un manuel  : une invention pédagogique pour faire entrer quelque chose dans la tête de ceux qui ne savent pas suffisamment lire pour apprendre plus activement. Les causeries qui se donnent habituellement en classe ne valent pas mieux. Quand les maîtres ne savent plus comment s'y prendre pour lire en commun avec leurs élèves, ils leur adressent une causerie.

Les manuels et les vulgarisations de toutes sortes sont écrits pour ceux qui ne savent pas lire ou qui cherchent dans la lecture que des renseignements. En tant que maîtres inanimés, ces livres s'assimilent aux répétiteurs de second ordre qui les ont écrits. Animé ou non, le répétiteur s'efforce d'inculquer des connaissances à ses élèves sans exiger d'eux une activité trop grande ou trop industrieuse. L'art d'enseigner de ces répétiteurs est celui qui exige le moins, chez l'étudiant, de l'art d'apprendre. Ils saturent l'esprit au lieu de l'éclairer. Leur succès se mesure aux capacités d'absorbtion [sic : il faut lire absorption] de l'éponge.
Mortimer J. Adler, Comment lire les grands auteurs, 1964.

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