Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 12 mai 2016

Principe

Principe

Assommer un garde-champêtre, ce n'est pas assommer un homme ! - c'est écraser un principe.
Victorien Sardou Rabagas

Note du transcripteur.
Acte 2, sc. 4 (Rabagas).
Ayez quelque maxime qui, au besoin, ranime votre raison et qui fortifie vos principes.
Mme de Lambert

Note du transcripteur.
Avis d'une mère à son fils.
Il faut, dans ce monde, beaucoup de courage pour ne pas se dégoûter des plus beaux principes, quand on voit comment ils sont appliqués par les hommes.
Ernest Bersot

Note du transcripteur.
Etudes sur la philosophie de XVIIIe siècle: Montesquieu
Tous les gouvernements périssent par l'exagération de leurs principes.
Aristote

Note du transcripteur.
Je n'ai pas trouvé la citation chez Aristote. Cependant, le citoyen Odilon Barrot prononce exactement cette phrase dans L'Histoire parlementaire de l'Assemblée Nationale, vol. 5 (27 sept. 1848).
Périssent les colonies plutôt qu'un principe.
Barnave

Note du transcripteur.
Voici une entrée de l'Intermédiaire des chercheurs et curieux (1881) : « Périssent les colonies plutôt qu'un principe !» (IX, 673, 759.) — À la séance du Sénat du 23 mars 1881, M. Laboulaye, intervenant dans la discussion du projet de loi portant création d'une Caisse d'épargne postale, commençait ainsi son discours:
« C'est une très belle chose que les principes; cependant, de même qu'il ne faut pas laisser périr les colonies par amour des principes, de même il me semble qu'en ce moment on sacrifie la femme par amour des principes qui devraient la protéger. » Il fut alors interrompu par cette phrase de M. Schoelcher : « On n'a jamais dit: Périssent les colonies plutôt qu'un principe! » M. Schoelcher, qui s'est d'ailleurs borné à cette interruption, est en désaccord avec M. Louis Combes (un coreligionnaire politique, pourtant) qui, dans ses Épisodes et Curiosités révolutionnaires, donne «l'origine vraie, la première forme de ce mot fameux, dont on ne peut contester la haute moralité. » D'après M. Louis Combes (p. 148), « dans la séance du i3 mai 1791 de l'Assemblée Constituante, répondant à ceux qui menaçaient la France du ressentiment des nobles d'outre-mer (les colons) et prédisaient qu'ils se sépareraient de la métropole si l'on ne maintenait dans sa rigueur la distinction des castes, Dupont (de Nemours), le modéré des modérés, concluait noblement: « Si toutefois cette scission devait avoir lieu, s'il fallait sacrifier l'intérêt ou la justice, il vaudrait mieux sacrifier les colonies qu'un principe. » La discussion continua... Alors, Robespierre, emporté par une généreuse indignation, s'écria : « Périssent les colonies! s'il doit nous en coûter notre honneur, notre gloire, notre liberté! Périssent les colonies ! si les colons veulent, par les menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts! » M. Louis Combes termine par cette réflexion :« On voit que le mot qui nous occupe s'est trouvé composé de deux mouvements oratoires, et qu'il appartient à Dupont (de Nemours) et à Robespierre. Condensé comme il l'est dans sa forme populaire, il n'en est devenu que plus saisissant et plus énergique. »
Édouard Fournier (l'Esprit dans l'histoire) ne met pas non plus en doute la réalité du mot; peut-on décidément le nier avec M. Schoelcher?


Par ailleurs, Victor Schoelcher commente longuement cette cette citation dans son livre Vie de Toussaint-Louverture,dans une note en bas de page.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

Prière

Prière

La meilleure prière est la plus clandestine.
Rostand

Note du transcripteur.
La Samaritaine, Troisième tableau, sc. 2 (Jésus.)
Ne l'oublions pas, les supplications des saints valent mieux que les travaux des apôtres et des docteurs.
Charles Mgr Gibier

Note du transcripteur.
Travail nécessaire, 1907.
Ne craignons pas de nous agenouiller pour pleurer, pour prier, pour adorer. En ces moments-là, loin de toucher la terre, je sens tomber les poids qui m'y attachent, je me sens pousser des ailes.
Louis Veuillot

Note du transcripteur.
Dans Le parfun de Rome (vol. 1, 1867), on trouve la citation ainsi :
Agenouillé pour adorer, loin de toucher la terre, je sens tomber les poids qui m'y attachent, je me sens pousser des ailes.
C'est souvent les choses que nous n'obtenons pas par la prière qui devraient nous rendre plus reconnaissants.


Note du transcripteur.
Référence non trouvée. Sans doute une réflexion de l'abbé Blanchard.
L'aigle vole au soleil, le vautour à la tombe.
L'hirondelle au printemps, et la prière au ciel!
Hugo

Note du transcripteur.
La prière pour tous.
La prière est le dernier lien qui nous attache au ciel; quand il se rompt, l'enfer s'ouvre et reçoit son nouveau sujet.
Lamennais

Note du transcripteur.
Pensées diverses.
La piété est le bouclier de la vertu.
Mgr Gibier

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
La prière est la respiration de l'âme et qui ne prie pas ne vit plus.
De Maistre

Note du transcripteur.
Soirées de Saint-Pétersbourg: quatrième entretien. La citation très exacte est : car la prière est la respiration de l'âme, comme l'a dit, je crois, M. de Saint Martin; et qui ne prie plus, ne vit plus.
Le ciel est inaccessible à la violence; la prière le fait descendre jusqu'à nous.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Vie de Saint Dominique.
La prière est la seule force devant laquelle Dieu s'incline.
Tertullien

Note du transcripteur.
De l'oraison dominicale.
Il n'est point nécessaire de tant parler pour bien prier; on sait que le bon Dieu est là, on lui envoie son coeur. C'est là la meilleure des prières.
Curé d'Ars

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
« Courage, mes braves, disait Philippe-Auguste à ses sol­dats assaillis par une tempête: c'est l'heure où les religieux de Citeaux chantent matines! »


Note du transcripteur.
Extrait tirée du livre de Jean Baptiste Caussette, Mélanges oratoires, t.2, 1876. Caussette ne cite pas sa source.
Pour moi, je ne crains pas de le dire, si j'étais absolument forcé de choisir, pour mon enfant, entre savoir prier et savoir lire, je dirais: qu'il sache prier!
Legouvé

Note du transcripteur.
Pas d'éducation possible sans idées religieuses. Pour moi, je ne crains pas de le dire, si j'étais absolument forcé de choisir, pour un enfant, entre savoir prier et savoir lire, je dirais : « Qu'il sache prier ! Car prier, c'est lire au plus beau de tous les livres, au front de Celui d'où émane toute lumière, toute justice et toute bonté. »
Voter, c'est bon, à la veille d'une élection; mais prier, c'est mieux, et sans prières le vote est stérile, comme nous ne cessons de le voir...
Général Folloppe

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Je crois que ceux qui prient font plus pour le monde que ceux qui combattent, et que si le monde va de mal en pis, c'est qu'il y a plus de batailles que de prières.
Donoso Cortès

Note du transcripteur.
Lettre au marquis Albéric de Blanche, 21 juillet 1849,
Nous devons prier pour que Dieu nous donne la force et la lumière nécessaires pour accomplir ici-bas la mission qu'il nous a confiée et lui demander de nous continuer ses bienfaits dans l'avenir.
Le président Roosevelt

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Dès que l'homme cesse de s'entretenir avec le ciel, l'enfer commence à lui adresser la parole.


Note du transcripteur.
Cette citation est attribuée à Faber dans Catéchisme pratique de Louis Mehler, t. 3, 1862. L'auteur ne donne pas la référence.
Prions dans la joie, afin de savoir joindre les mains quand viendra l'épreuve.


Note du transcripteur.
Référence non trouvée. Sans doute une réflexion de Blanchard.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

lundi 22 février 2016

Fumisterie

Le TBI (article), un réel potentiel ? Mais non, ce n'est qu'une fumisterie pédagogique.

dimanche 21 février 2016

Eco et la liberté d'expression

Cette citation de Umberto Eco décédé récemment se trouve sur plusieurs sites :

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité.  On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. » (RÉF.)

Ce n'est certainement pas la meilleure réflexion de ce génie. Que des imbéciles aient le même droit de parole que des prix Nobel me semble le principe même de la liberté d'expression. Il faut maintenant prendre nos responsabilités, car cela implique qu'il faut développer rapidement et efficacement chez nos enfants l'esprit critique et leur apprendre à détecter et combattre les sophismes dont sont bourrés les arguments desdits imbéciles.

mercredi 17 février 2016

Mystère, mystère

Phrase extraite d'ici :

Les résultats de ces observations sont toutefois fort contestés, le fonctionnement du cerveau restant aujourd’hui un mystère extrêmement complexe.

Ça existe, des mystères NON complexes?

lundi 15 février 2016

Je te dis et ça suffit

Trouvé sur Twitter :

vendredi 12 février 2016

L'évaluation, réponse à un billet.

En voulant répondre à un billet de Pierre-Olivier Jette trouvé ici, le bloque m'indiquait que je dépassais le nombre de caractères permis. J'ai donc décidé de publier mon commentaire ici.



Vos tâches autonomes ressemblent grandement aux fameuses SA et SAE de la réforme... qui ont fini par devenir des examens que TOUS les profs donnent. Une véritable révolution dans l'évaluation demande plus qu'un simple changement de nom.
Les profs (les plus courageux) devraient REFUSER de donner des examens, devraient REFUSER de donner des notes, devraient REFUSER d'agir comme trieurs d'élèves.
Pour en finir avec une évaluation triage d'élèves (qui est aussi une évaluation ou le prof SAIT ce que l'élève a appris, mais où l'élève quant à lui, n'en a tout au plus qu'une idée fort vague - j'ai eu 70%... ), il faut :

1- Passer à un véritable portfolio d'apprentissage dans lequel l'élève VOIT, COMPREND et PEUT EXPLIQUER sa propre évolution. Pas besoin d'une note pour ça - il suffit de donner la parole à l'élève et de lui demander : «dis-moi ce que tes items de portfolio démontrent. Dis-moi aussi quels défis ton compte relever au cours des prochaines semaines.»
2 - Donner, lors des examens obligatoires (et stupides, je le répète) le droit à TOUS LES OUTILS informatiques. Ceci démontrera l'obsolétisme (hum, je ne sais pas si ce mot existe) d'une grande partie du programme. C'est aussi une façon CONCRÈTE de changer le système, de provoquer sa chute devenue nécessaire pour le bien de nos enfants - surtout au secondaire.

Mais aussitôt que je suggère de laisser nos ados utiliser l'informatique TOUT LE TEMPS, on sent un net recul des enseignants, des CP, des directeurs d'écoles, des services pédagogiques. Car, il faut se l'avouer, on aime bien notre pouvoir de donner une note ; certains croient même que c'est nécessaire pour le maintien d'une certaine discipline en classe (Ex. de réflexion : Si les élèves n'ont pas à faire des examens, qu'est-ce qui peut bien les motiver à suivre en classe?) On semble bien aimer ce pouvoir de contrôle ; celui qui fait qu'on laisse l'élève dans le désert (avec un papier et un crayon) et, comme dans Hunger game, on le regarde se démerder et tenter de survivre. Surtout qu’après, on peut lui lancer :

- Tu t’es bien dépris dans cette situation WOW, je te donne... hum... 72%.
- Ah oui ? répond l’élève.
- Oui, regarde, j’ai rempli en belle grille d’évaluation. C’est vraiment objectif. Si tu poursuis ainsi, tu vas peut-être pouvoir faire des maths 436 l’an prochain...

Je ne pense pas qu'on puisse créer des WOW et de la fébrilité en donnant des examens et en se donnant le pouvoir de trier les élèves comme «bon pour le Cégep, bon «seulement» pour math 416, pas bon pour les sciences, etc.)

Vous citez des situations d'apprentissage. Vous n'êtes pas sans savoir que le web en regorge, les livres scolaires aussi, et ce depuis 2000. Mais, franchement, qu'est-ce que ça donne ? Des situations WOW en factorisation, en démonstration d'identités trigonométriques, en loi des exposants, etc... ça n'existe tout simplement pas. Ce qui existe, c’est des situations bidons. Ce qui est WOW, c'est l'idée même des mathématiques, c’est l’idée même d’apprendre à apprendre. Mais lorsque j'en parlais aux profs, certains (et qui n'étaient pas contredits par les autres) me disaient : «Mais Gilles, nous, ce dont on a besoin, c'est de savoir la date et l'heure de l'examen du ministère. Et des exemples de SAE telles que notre jeune aura au test.» 16 ans après la réforme, voilà où nous en sommes ENCORE au secondaire : enseigner en fonction des examens.

Vous dites qu'il faut répondre aux peurs des parents. Je ne vois pas pourquoi ! On trouve sain un parent qui aimerait bien que son jeune soit «au-dessus de la moyenne.» Moi, je trouve ça malsain, car cela implique que ce parent désire qu'au moins un autre enfant de la classe soit SOUS la moyenne. Pour moi, cela rentre en contradiction profonde avec l'idée de la réussite pour tous. La moyenne, outil pernicieux par excellence de tri social, doit être abolie. L'école, l'apprentissage, ne doivent pas être soumis aux lois de la compétition. Et ce, quoi que les parents en pensent.

Bon, j'arrête ici, car même après 2 ans de retraite, mon coeur peine à cette idée classique d'évaluation performance/tri/note. Bien sûr, vous pensez qu'on peut secouer les colonnes du temple. Peut-être réussirez-vous. Mais je crois plutôt que lorsqu’un élève entre dans la classe, on doit l’aider à construire son propre temple. On doit aussi refuser de l’amener prier dans le temple de l’évaluation imposée par un faux dieu lui promettant, après jugement, un paradis/enfer fictifs.

En terminant, un merci pour votre texte. Je suis convaincu que l’éducation se porterait beaucoup mieux au Québec si plus d’enseignants, de cp et de directeurs d’école et de services pédagogiques prenaient le temps de partager leurs pensées ! Bonne continuation.

mardi 9 février 2016

Une image, des valeurs.

À l'occasion de la semaine des enseignants, cette image provenant de mamanpourlavie.com circule sur les réseaux sociaux.



Bien sûr, on comprend l'intention du message : L'enseignant donne avec amour, et les enfants sont réceptifs parce qu'ils sont aimés.

Mais l'image véhicule un certain nombre de valeurs et de stéréotypes :

1 - Semble être une variation sur « l'enseignant rempli des cruches » : la passivité des enfants est remarquable ici. Les enfants attendent leur tour.
2 - C'est l'enseignant qui pose la graine, qui nourrit la terre.
3 - Rien ne pousse avant que l'enseignant y mette la graine et arrose.
4 - L'enfant ne semble apprendre qu'avec la tête (ils ont les bras croisés). Mais les enfants n'apprennent-ils pas avec tout le corps, de la manipulation et des erreurs ? Ici, la fleur est immédiatement belle, rien ne pousse croche, rien de brisé. Le message est «fais ce que je te dis, et tout ira fort bien.»
5 - Aucune relation entre les enfants : ils sont isolés l'un à côté de l'autre.
6 - Imaginez un homme au lieu d'une femme sur l'image...

Parfois, l'idée qu'on se fait d'un enseignant et de l'école me désole.

vendredi 5 février 2016

Beau matin

Promenade du matin avec Kat.
Il fait beau soleil. Il est 10h.
Plusieurs autos dans le stationnement d'une école.
- Ah, c'est vrai, me dis-je. Nous sommes vendredi. Les gens travaillent.

Vive la retraite !

jeudi 4 février 2016

Un médium incompétent

Dring - Dring.

(J'interromps ma pratique d'une invention de Bach)

- Allô ?

(Une seconde ou deux après.)

- M. Jobin ?
- Oui.
- Ici le cabinet d'astrologie.

(Oh, my god...)

- Oui?
- Monsieur, vous bénéficiez aujourd'hui d'une séance gratuite avec notre médium et...

(Je coupe la dame.)

- Votre médium ne vous a pas dit que ce genre de niaiserie ne m'intéressait pas ? C'est donc un faux médium.

Et j'ai raccroché.

Évidemment, s'il s'était agit d'un vrai médium, comme il sait que je sais qu'il n'existe pas, il ne m'aurait pas appelé.

dimanche 24 janvier 2016

Passacaille

Je suis fasciné par toutes les interprétations de cubus.

La passacaille de Handel de sa suite no.7 est (avec l'invention a 3 voix no. 2 de Bach) ma pièce baroque préférée. Si jamais j'ai des funérailles nationales (si c'est bon pour René, pourquoi pas moi ?), j'aimerais bien qu'un bon pianiste l'interprète «live».

samedi 23 janvier 2016

3e vague

Sur Facebook, Dan Verssen (dvg games) nous annonce une version WW2 de son excellent jeu de cartes Warfighter.



Je n'ai jamais participé à une campagne de financement KickStarter. Mais là, je crois que je vais me laisser tenter !

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