Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 4 septembre 2008

Andragotic

L'importance du processus est une autre découverte. Les buts et les aboutissements importent moins. Il est plus urgent d'apprendre que d'accumuler des informations. La bienveillance vaut mieux que la surveillance. Les moyens sont les fins. Le voyage est la destination.
Marylin Ferguson

Mon début d'année scolaire m'a amené à m'interroger sur un phénomène que j'observe depuis belle lurette, mais dont je n'avais pas vraiment pris le temps de comprendre.

Cela commence par un coup de fil.

- Gilles, le canon ne fonctionne pas.
- (Moqueur) Est-ce qu'il est ouvert ?
- Ben oui ! Mais ça dit : no signal.
- C'est que ton canon ne reçoit pas de signaux de l'ordi. Presse quelque chose comme Fn suivi de la touche pour partager l'écran.
- ???
- En général, c'est F5. Habituellement, il y a une icône genre deux écrans...
- Ah ! ok, j'essaie.... (une minute plus tard)
- Ça ne marche pas.... Faut dire que tout fonctionnait bien avant. Mais là, j'ai changé d'ordinateur et ça ne marche pas...

Le lendemain je revois la CP, canon en main.

- Il ne fonctionne vraiment pas, Gilles. J'ai été obligée de faire ma formation avec les profs tout autour du portable. L'enfer...
- Bon on va voir ça.

Elle m'aide à tout installer et, hop, en 10 secondes, tout fonctionne.

- Tu vois, sur ton nouvel ordi, c'est F8 et non F5...
- Mais y'a pas d'icône.
- Non, mais il y a LCD/CRT qui veut dire la même chose.

Cela m'est arrivé encore par deux fois la même semaine. Des profs, paniqués, n'arrivaient pas à connecter leur canon.

Plus tard dans la journée, un CP me lance un wack.

- Gilles, je ne peux pas enregistrer dans Word.
Sur l'écran, le message du genre le lecteur U n'est pas disponible.
- Ton ordi est-il branché au réseau?
- Ben, j'sais pas. Je l'ai ouvert et pis c'est tout.
Un bref coup d'oeil me montre que le fil de réseau n'est pas connecté.
- Bon, vas dans ton poste de travail.
- Mon QUOI ???
- Ton poste de travail !!!
- Y'é où ? (Ce CP a un portable depuis deux ans.)
Je lui indique où cliquer.
- Tu vois, ton poste de travail, c'est ton ordinateur et les périphériques qui y sont accrochés. (Et je lui donne un petit cours de 10 minutes sur les lecteurs).
Je termine en disant :
- U, c'est ton espace personnel sur le réseau de la CS. Comme tu n'es pas branché, c'est pour cela que ta machine ne le reconnaît pas.
- Mais pourquoi est-ce que Word veut enregistrer là alors que je n'y suis même pas branché ?
Hum... bonne question !
- C'est sans doute parce que par défaut, c'est là qu'il enregistre.
- Par défaut ???
- Oui, ce sont tes préférences lorsque tu entres dans le logiciel Word.
- Mais je n’ai jamais dit à Word d'enregistrer sur le U.
- Si ce n'est pas toi, alors c'est sans doute la personne qui a installé Word.
Et je me lance un autre petit 10 minutes pour montrer tous les choix possibles de son logiciel. Nous avons fini par trouver l'endroit où il était bien spécifié qu'il voulait enregistrer dans le U.
- Je peux changer ça ?
- Ben ... oui... ce sont TES préférences.
- (soupir) Mes préférences, mes préférences... je ne savais même pas que j'en avais...

Une autre fois cette semaine, j'ai surpris un CP avec une technique qu'il n'avait jamais vu : j'ai glissé un fichier d'un dossier à l'autre pour le copier. Lui, il l'ouvrait dans Word et l'enregistrait dans un autre répertoire...

Je suis certain que vous avez plein d'expériences de ce genre à raconter, car c'est là le lot quotidien d'une tonne d'utilisateurs de l'ordinateur.

Question 1. Ces personnes sont-elles incompétentes ?

Réponse : Absolument pas. Elles sont tout simplement démunies, face à un problème hors de leur zone de confort (la zone proximale de Vygotsky.)

Question 2. Peut-on éduquer ces gens aux joies de la technologie ?

Réponse : Oui, mais certaines conditions doivent préalablement être présentes.

a) La curiosité ;
b) Le goût d'apprendre ;
c) De bonnes stratégies en résolution de problèmes ;
d) Savoir lire ;
e) Une connaissance de la philosophie TIC.

La curiosité

La curiosité est une attitude de disponibilité ou d'intérêt à l'égard d'un sujet ou d'un phénomène donné, nous apprend Wikipédia. Et, naturellement, plusieurs personnes ne sont aucunement curieuses à l'égard des technologies. Pour elles, trouver intéressant de brancher un canon à un ordi est tout à fait incongru. Peu de gens aussi manifestent de l'intérêt quand quelque chose ne fonctionne pas. Cela signifie pour elles des problèmes et, c'est bien connu, des problèmes, on n'en veut pas.

Le goût d'apprendre

« Bien sûr que j'ai le goût d'apprendre plein de choses, me dit-on régulièrement. Mais l'ordinateur ne m'intéresse absolument pas. » Comment expliquer que l'ordi n'est pas un outil comme les autres ? C'est loin d'être un marteau, un téléphone ou un four micro-ondes. On communique avec un ordinateur, on doit s'exprimer dans sa langue pour lui donner des ordres, pour lui manifester notre volonté. C'est un outil complexe qui mérite qu'on s'y arrête pour le comprendre. L'ordinateur peut nous apprendre beaucoup de choses sur nous (la patience, la persévérance, l'acharnement dans un problème, la culture de réseau, etc.) mais on doit, de notre côté, apprendre «qui» il est. Apprendre à reconnaître ses messages, apprendre à interpréter ses signes, etc.

De bonnes stratégies en résolution de problèmes

C'est évident, nous n'aimons pas les problèmes. Et encore moins les résoudre. C'est drôle que la première transversale du programme de formation de l'école québécoise est, justement, apprendre à résoudre des problèmes alors que presque tout le monde HAÏT ÇA. Nous sommes pourtant supposés être des spécialistes en RdP. Mais je constate que nous sommes spécialistes tant que nous avons les réponses aux problèmes que l'on pose aux élèves. Quand nous devons affronter des problèmes dont nous n'avons aucune idée de la solution, nous devenons tout piteux. Les gens qui sont à l'aise avec la résolution de problèmes sont en général bien disposés envers les ordinateurs.

Savoir lire

C'est la grosse priorité dans la province de Québec actuellement : tous les plans d'action et de réussites des écoles et des CS tournent autour de cette fameuse compétence. On a même engagé des centaines de CP pour s'occuper juste de cette compétence.

Je me suis trouvé tellement souvent à entendre la litanie suivante : « En maths, les enfants sont incapables de résoudre des problèmes parce qu'ils ne savent pas lire ! » Un enfant qui se trouve devant la phrase suivante : Paul et Jacques doivent se diviser 15 pommes est aussi perdu qu'un conseiller pédagogique qui se trouve devant son ordinateur à lire « peut pas enregister sur le lecteur U ». « C'est qui Paul, c'est qui Jacques. Pourquoi quinze? 15 ça se divise pas en deux... » correspond à peu près à « c'est qui le lecteur U ? Pourquoi il ne peut pas enregister sur lui ? »

Il y a des centaines et des centaines de messages envoyés par l'ordinateur à son utilisateur. Comment diable apprendre à les lire ? Comme il m'arrive bien souvent de n'y rien comprendre (eh oui !), ma technique est toute simple : je copie-colle le message en question dans Google, et on repart pour de la lecture ! Lecture dont l'issue n'est pas toujours la victoire de la compréhension. Mais cette recherche de la compréhension n'est-elle pas une source immense de plaisir, plus grande encore que la compréhension même ?

Lire, c'est lire en contexte. C'est savoir utiliser des outils de dépannages. Et à l'ordinateur, c'est surtout utiliser sa tête pour résoudre des problèmes.

Une connaissance de la pensée ordinateur

Quand on travaille avec un ordinateur, on doit s'en faire un compagnon. On doit y ajouter des logiciels, des configurations qui nous ressemblent. On doit donc se l'approprier. Comprendre minimalement comment il fonctionne, comprendre sa logique. On n'arrive jamais à mettre complètement un ordinateur à sa main, et il faut être prêt à chercher un rapprochement. Dans un ordinateur, tout peut aller mal; on peut malencontreusement déplacer des dossiers dans un autre, supprimer des fichiers importants, oublier de faire une copie de sauvegarde. On peut tout perdre dans la froide nuit informatique. Mais un fait demeure : un ordinateur a sa propre langue qu'on peut difficilement éviter d'apprendre si on veut être le moindrement efficace.

Un ordinateur demande du temps, demande à être exploré et non seulement exploité.

Sachez aussi qu'un ordinateur n'est pas qu'un simple outil : c'est d'abord un média. Non seulement est-il un intermédiaire entre soi et le monde, mais il l'est aussi entre soi et soi.

Écart ou gouffre ?

Un fossé énorme se creuse entre les utilisateurs « éternels débutants » de la machine et les utilisateurs « j'aime ça l'info ». Nous sommes entourés d'ordinophobes qui veulent (?) bien apprendre, mais ne savent absolument pas comment s'y prendre. Qui donc, à l'école, a appris à apprendre ? Et puis, le populaire manque de temps est souvent invoqué, le manque de formation, l'absence de support. Mais, ce que j'entends, en trame de fond, tourne toujours autour des fameux « J'ai pas le goût », « Ça me dit rien », « C'est trop long à rattraper », etc.

N'avez-vous pas remarqué aussi que plus les outils sont « simplifiés », plus les utilisateurs deviennent dépendants et démunis au moindre petit problème. Et on transmet cet état aux élèves en choisissant pour eux les logiciels, les sites à visiter, les Powerpoint à remettre. On n'apprend pas aux élèves à résoudre des problèmes avec l'ordinateur, on leur demande de recracher sur un écran ce qu'ils recrachaient avant sur du papier. Pourquoi ? Parce que ça, les profs, les conseillers pédagogiques, les directeurs d'école ont tous l'illusion de savoir bien le faire. Le connu rassure...

Je crois que le problème principal est un non-plaisir dans l'acquisition de nouvelles connaissances que ressentent moult adultes. La plupart des intervenants du monde de l'éducation l'ont eu relativement facile à l'école. Et ils y sont restés parce que c'est encore relativement facile pour eux d'y « distribuer » les mêmes connaissances. Ils ont rarement éprouvé le « tough fun » que procure un apprentissage nouveau, difficile et jouissif. Prendre du temps pour apprendre l'informatique, apprendre à contrôler sa machine semble donc hors de leur portée car l'enthousiasme n'y est pas. Tout cela est bien désolant.

J'en ai bien peur, le fossé continuera de se creuser.

lundi 18 août 2008

Humour téléphonie scolaire

J'aime beaucoup le Blog-notes mathématique. Ce matin, j'ai bien ri en entendant ce message, somme toute, universel.

mercredi 13 août 2008

La touche des enfants


En visionnant cette vidéo - il y en a plusieurs autres - j'ai reconnu les réactions de mes élèves. Les ordinateurs doivent être entre leurs mains, voilà la vérité !

dimanche 10 août 2008

Comparaison

« Most schools define computer literacy as being able to operate Microsoft Office and maybe do a little web design. They're missing the point. That's like saying, 'If you know which end of a book to hold up, and you know how to turn to Chapter Three, then you're literate.' »
Alan Kay

samedi 2 août 2008

Ubuntu est chez elle

À la demande générale, des photos rapides de notre belle greyhound Ubuntu.



Je ferai un billet plus complet sur notre première journée demain.

vendredi 25 juillet 2008

MathMorph

Je viens de prendre conscience que le vieux projet MathMorph a repris vie avec un package pour Squeak 3.9.
Raison de plus pour approfondir Squeak !

mardi 15 juillet 2008

Le beau Littré

Je possède plusieurs dictionnaires, mais malheureusement le Littré n'en fait pas partie. Ce n'est pas bien grave, car une version libre en ligne (ou sur poste de travail) existe, version dûe à François Gannaz. Ce dernier m'a d'ailleurs fait parvenir les sources et depuis quelques mois, je suis à les trifouiller pour en extraire les 300000 citations.

J'aimerais attirer votre attention aujourd'hui sur une citation se trouvant tout en bas de la rubrique BEAU :

S'il est vrai que l'homme laid de naissance soit plus bel encore que le plus beau des animaux, CH. LÉVÊQUE, Science du beau, t. II, p. 338, Paris, 1861.

À cause d'un «glitch» lors de l'importation dans MySql, je me suis en tête de la vérifier. Et c'est ainsi que j'ai trouvé un jolie erreur. Je ne possède pas le livre la Science du beau, mais Google Books a les deux tomes numérisés. Je me suis rendu à la page 338 du tome 2 pour constater nulle trace de la phrase en question. J'ai donc cherché dans le tome 1 et, effectivement, la citation s'y trouvait bel et bien.

Comme mentionné plus haut, je n'ai pas la version papier du dictionnaire ; il est bien possible que l'erreur provienne de sa numérisation. Je me rendrai bientôt à la bibliothèque nationale du Québec et en profiterai pour faire les vérifications d'usage !

jeudi 10 juillet 2008

Émergence du goût / Goûter à l'émergence

Le goût se développe-t-il ? Pouvons-nous, pauvres enseignants que nous sommes, amener les élèves à désirer en savoir plus ? Ou, sans doute plus important encore, peut-on leur faire sentir qu'on peut désirer en savoir plus ?

Sans vouloir vous assommer avec de la programmation1, regardez la petite ligne XLOGO ci-dessous :

repete 720 [avance 10 tournedroite compteur + 0.2]

La tortue répètera 720 fois les instructions entre crochets. Elle avancera donc de 10 pixels, puis tournera à droite de deux dixièmes de degrés de plus que le compteur. Donc, à la première répétition, elle tournera de 1.2°. À la deuxième : 2.2°, et à la 720e, 720.2°. Remarquez que, par rapport à l'orientation de départ de la tortue, le tournedroite a un effet cumulatif :
1re répétition : 1,2°
2e répétition : 1,2° + 2,2°
3e répétition : 1,2° + 2,2°+ 3,2°, etc.

Le résultat sera le suivant :


Dans Scratch, on aura :

Et dans Squeak/Etoys, cela ressemblera plutôt à :

Peu importe le langage choisi, l'élève pourra à son gré modifier les paramètres, se répondre à des questions du genre « Combien de fois le lutin2 revient-il à son orientation d'origine ? » ou encore « Pourquoi les centres sont-ils si noirs ? » Etc. N'est-ce pas là l'émergence du goût d'en savoir un peu plus sur les facteurs influençant le comportement du lutin ?

Mais laissons les élèves à leurs questionnements. Tentons, nous-mêmes, de goûter à l'émergence de l'émergence. Sortons un excellent livre de notre bibliothèque. Feuilletons. Ah, voilà ce qu'on cherchait :






Équation paramétrique. Une intégrale, des fonctions trigonométriques, une racine carrée... De quoi épouvanter nos valeureux élèves. Épouvanter ? Bien sûr que non. Tout est dans l'approche. On met un terme aux explorations. On demande l'attention.

- Vous connaissez Euler ?
- ???
- Hum... pourtant ce nom devait vous sonner quelque chose. La relation d'Euler dans les solides...
Et, hopefully, un élève se rappelle un peu. Il mentionne les surfaces, les arêtes.
- Oui, c'est bien de lui que je parle. Euler est sans doute l'un des cinq plus grands mathématiciens de tous les temps. Il vécut au 18e siècle. Toujours est-il qu'il s'est intéressé à la courbe que vous avec sur vos écrans. Cette courbe porte d'ailleurs son nom, la spirale d'Euler. Je tiens juste à vous souligner la chose suivante : en quelques lignes de codes, cette spirale est apparue sur l'écran. Pour vous, ce programme représente la courbe. C'est sa description. Euler cependant l'a décrite d'une toute autre manière. Allez, je vous montre.
Et hop à l'écran projecteur, l'équation paramétrique. Les élèves sont surpris, demandent des explications. Je suis content, un goût d'en savoir un peu plus a émergé...

_______________________
1. Je crois profondément que l'apprentissage de la programmation informatique est primordial chez nos enfants.
2. En anglais on dit un sprite.

mercredi 9 juillet 2008

Et le contenu?

Un peu partout sur les news de ce matin :
Josée Verner, la ministre et députée de la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec, n'aurait pas apprécié qu'il était prévu que la ministre provinciale Nathalie Normandeau prenne la parole avant elle.
Il faut bien suivre le protocole, n'est-ce pas ? En y réfléchissant un petit peu, j'ai compris pourquoi l'ordre des discours était si important : comme les politiciens disent toujours la même chose, le seul avantage qu'il y a à le dire, c'est de le dire avant l'autre...

samedi 5 juillet 2008

Récoltes et semailles.

Au moment du travail, quand peu à peu une compréhension s’amorce, prend forme, s’approfondit ; quand dans une confusion peu à peu on voit apparaître un ordre, ou quand ce qui semblait familier soudain prend des aspects insolites, puis troublants, jusqu’à ce qu’une contradiction enfin éclate et bouleverse une vision des choses qui paraissait immuable - dans un tel travail, il n’y a pas trace d’ambition ou de vanité. Ce qui mène alors la danse est quelque chose qui vient de beaucoup plus loin que le « moi » et sa fringale de s’agrandir sans cesse (fut-ce de « savoir » ou de « connaissance ») - de beaucoup plus loin sûrement que notre personne ou même notre espèce.
Alexandre Grothendieck, Récoltes et semailles.

Le livre du célèbre mathématicien sera enfin publié format papier, apprend-on ici.

jeudi 26 juin 2008

Anecdote

J'ai rencontré Jean, enseignant de français en cinquième secondaire, à la sortie hier.

- Tu sais, Gilles, que j'aurai un canon dans ma classe l'an prochain. Ils en installent partout, je crois.
- Tu auras un portable aussi ?
- Ben non !
Puis il enchaîne.
- Il faut que je te raconte une anecdote. Pendant que le technicien installait le canon au plafond de la classe, une élève l'observait. C'est alors qu'elle ma fait la remarque suivante : « D'ici à ce que tous les enseignants sachent se servir de ça, le monde entier sera passé à autre chose. »

Cré Jean ! Nous nous sommes quittés en souriant.

mercredi 25 juin 2008

Nuagerie

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