Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 26 septembre 2006

Le papier

[...] faire voler en l'air le trésor de sa richesse...
H. Ibsen


J'ai bien hâte de réaliser ça avec Estéban !

samedi 23 septembre 2006

Pochol !

Où roules-tu, petite pomme, tu vas tomber dans l'eau... (p.147)

Lecture de mon second roman de Perutz. Dans Où roules-tu, petite pomme, il nous raconte la quête vengeresse d'un homme. Après 40 pages, le lecteur moderne sent déjà comment finira le livre. Mais tout le plaisir réside dans la manière dont se prendra l'auteur pour nous y amener. Dans l'article Wikipédia consacré à Perutz, on peut lire : « Leo Perutz est passionné d'histoire, d'investigation, de justice, mais aussi de fantastique. Ses romans captivants, qui sont souvent des poursuites d'individus, de preuves, de réponses ou d'absolu reflètent toujours quelques lueurs d'optimisme. » Hormis le fantastique, qu'on ne trouve pas dans ce livre, on peut dire que cette phrase représente très bien ce roman. Le titre est merveilleusement bien choisi. Où roules-tu petite pomme est une chanson que tout le monde chantait en Russie au temps de la révolution. Perutz veut nous faire comprendre ici le côté hasardeux, parfois absurde, de nos quêtes, de notre vie.

Sur ma table de chevet : Le miracle du manguier.

Un vieux débat

Dans les dernières années de l'Ancien Régime « un débat très vif oppose deux courants éducatifs majeurs : l'un, inspiré des philosophes, place l'enfant au coeur du système, l'enfant dont la nature est la référence principale ; l'autre, issu de la tradition chrétienne, donne aux connaissances la première place, celle de Dieu, des langues françaises et savantes, des belles-lettres et des sciences. Dans cette éducation, il n'est pas aberrant de soumettre l'enfance, de la contraindre pour l'élever, la libérer de ses mauvais penchants et nourrir son esprit » (M. Grandière, L'Idéal pédagogique en France au dix-huitième siècle.)
Pierre Billouet, Comment se peut-il qu'un enfant soit bien élevé par qui n'a pas été bien élevé lui-même (Rousseau), p.23, Pleins feux, coll. Variations, 2004)

lundi 18 septembre 2006

Mon premier Perutz

La lecture de La Nuit sous le pont de pierre de Perutz ne m'a pas déçu. Roman? Recueil de nouvelles? le livre est assez difficile à classer. Il s'agit de quatorze histoires qui se passent dans la Prague du XVIIe siècle. Ces quatorze tableaux s'enchevêtrent. Dans l'un d'eux, on rencontre même Kepler !

L'écriture m'a enchanté et vous trouverez ici des citations tirées de ma lecture. J'attaque maintenant son Où roules-tu, petite pomme.

samedi 16 septembre 2006

Antidote sur Linux

Je viens tout juste d'installer la version RX d'Antidote sur Ubuntu. Il s'intègre merveilleusement bien à OpenOffice 2. Cet outil est un pur délice.

L'ennui en 1747

L'agrément couvre tout, il rend tout légitime.
Aujourd'hui dans ce monde on ne connaît qu'un crime,
C'est l'ennui : pour le fuir tous les moyens sont bons.
Jean-Baptiste Gresset, Le Méchant (1747), acte 5, scène 7

jeudi 14 septembre 2006

Sur ma liste

Allez mes enfants, voici un cadeau de Noël parfait pour votre papa !

mercredi 13 septembre 2006

D'une distribution à l'autre

J'ai passé plus de trois ans sur Mandrake/Mandriva et depuis un mois, j'ai migré vers Ubuntu. Je ne suis pas déçu. J'ai toujours utilisé KDE, et m'habituer au gestionnaire Gnome ne fut vraiment pas difficile. De plus, avec EasyUbuntu, tous les greffons et autres gugusses nécessaires s'installent en un tourneclic. La communauté francophone est aussi très active, avec un forum très nourri et une bonne documentation.

mardi 12 septembre 2006

1137

Mille cent trente-sept, c'est le nombre de livres que j'ai constamment sous les yeux, dans mon bureau de travail. Grâce à Kim (voir le commentaire 8 de ce billet), j'ai découvert le merveilleux petit logiciel Readerware. Avec ma commande, j'ai recu le CueCat, lecteur très simple de code-barre.

Ce qui ajoute à la beauté, c'est que tout ça est entièrement compatible Linux, Mac et Windows.

J'ai donc commencé par faire quelques tests du logiciel, puis je me suis mis à la tâche de répertorier mes livres. J'en ai terminé avec les 1137 se trouvant dans mon bureau de travail. Tout ça m'a demandé, on and off, une dizaine de jours.

En gros, si le livre a un code-barre, CueCat le lit et l'enregistre dans le logiciel. Si le livre possède un ISBN sans code-barre, on insère ce dernier du clavier. Et si le livre n'a pas de ISBN, on peut entrer tous les champs (titre, auteur, etc.) manuellement.

ReaderWare cherche à remplir les champs en visitant les banques de données du web. Dans mon cas, j'ai demandé la recherche la plus exhaustive possible, ce qui exige évidemment un peu plus de temps. De plus, lorsque c'est possible, une image de la jaquette est aussi insérée. Il est même parfois possible de copier-coller l'URL d'une page web dans Readerware qui récupère ainsi les champs relatifs au livre. Comme j'ai quelques vieilleries, j'ai pu ainsi récupérer plusieurs champs de la Library of Congress.

CueCat demande environ 3 à 4 minutes d'entrainement. Il faut trouver le bon angle, la bonne vitesse de lecture. Cela fait, on scan à un excellent rythme. Comme mentionné plus haut, c'est le temps de trouver les données sur le web qui est long.

Readerware permet de créer ses propres rapports, d'exporter en différents formats (entre autres CSV et HTML), de faire une recherche rapide parmi les livres, de se brancher sur le web pour aider à trouver un livre, etc. C'est là un logiciel très complet.
À partir d'une exportation CSV, j'ai intégré les données dans une table MySql, et j'ai fait un petit rapport de mon cru en utilisant un peu de PHP. C'est ainsi que vous pouvez jeter un oeil sur ma liste . Notez que j'ai encore du travail de nettoyage de la base de données à réaliser, ce que j'entreprendrai petit à petit. Il n'en demeure pas moins qu'en quelques heures, on peut inventorier efficacement sa collection.

lundi 11 septembre 2006

Pi après?

Une certaine génération devait apprendre ce quatrain par coeur. L'idée était de retrouver les 31 premières décimales du nombre PI, la longueur de chaque mot représentant une décimale. Très utile au cas où vous vous retrouviez dans le désert, à tourner en rond...
Que j'aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages !
Immortel Archimède, artiste, ingénieur.
Qui de ton jugement peut priser la valeur ?
Pour moi, ton problème eut de pareils avantages.

Et on a : PI = 3,141592653589793238462643383279...

jeudi 7 septembre 2006

Leo Perutz

De Fabien Couprie, ce commentaire laissé sur Au Fil de Mes lectures :
Démographe, j'utilise souvent des citations pour illustrer certains propos de mes rapports. J' ai rarement vu un site d'une telle qualité. Merci donc. Cependant comment avez vous pu lire autant de livres sans qu'apparaisse ne serait-ce qu'une seule citation de Léo Perutz ? Si vous ne l'avez pas encore lu, je gage qu'il vous deviendra bientôt indispensable.
J'avoue mon ignorance : je n'avais jamais entendu parler de cet auteur. Je me suis donc mis en quête de quelques informations sur le web, et, entre autres, j'ai trouvé sur Amazon ce petit paragraphe : Longtemps resté méconnu - malgré l'admiration que lui portait Borges-, Perutz (1882-197), Juif natif de Prague, condamné à l'exil après la publication du Cavalier suédois (1936), devra attendre les années 80 pour voir enfin son oeuvre à peu près intégralement traduite en français - et la critique saluer en lui une sorte de « Kafka picaresque » (Dominique Fernandez)

Admiré de Borges ! Sorte de Kafka !!! Diable, il ne m'en fallait pas plus. J'ai donc consulté M. Couprie : je voulais savoir par lequel de ses livres entamer la lecture de son oeuvre. Sa réponse :
Je commencerais par le Tour du cadran à la fois simple et réussi, une intrigue passionnante basée sur un scénario minimaliste ou par La nuit sous le pont de Pierre. Le judas de Léonard où Léonard de Vinci est à la recherche d'un visage pour son Judas, est à lire ensuite. Je laisserais le Cavalier Suédois pour la suite également, il est tellement prenant et magnifiquement construit (j'ai mis quelques heures à m'en remettre) que les autres pourraient paraître décevants à côté ; il faut savoir faire durer le plaisir.
Partant de là, j'ai demandé à Mme Fernande Pothier, ma libraire préférée de La Librairie Pantoute à Québec, de rechercher pour moi les disponibilités des Perutz en format poche. Cela n'a pas tardé : je viens tout juste de recevoir le colis.
Le commentaires ci-dessous proviennent tous d'Amazon

Le Cavalier suédois

Excellent récit fantastique publié en 1936 et situé dans l'Allemagne de 1700. A partir d'une imposture d'identité, s'élaborent, dans un climat de légende, les aventures d'un brigand repenti qui réussit à être heureux le temps d'un pacte avec un fantôme.

Le Judas de Léonard

Quatrième de couverture : Milan, 1498... Léonard de Vinci travaille à sa célèbre Cène et cherche en vain un modèle pour la figure de son « Judas ». Il a beau hanter tous les mauvais lieux, passer en revue toutes les canailles de l'endroit, les vices qu'il découvre sont à l'évidence de ceux que Jésus aurait pardonnés. Or Jésus n'a pas pardonné à Judas... Et si, au lieu de chercher parmi ceux que la société désigne comme ses brebis galeuses, Léonard allait jeter un coup d'oeil chez ceux qu'on appelle les « honnêtes gens » ...
Une quête fertile en rencontres hautes en couleurs - et l'un des plus retors parmi les romans imaginés par le diabolique Leo Perutz.

La nuit sous le pont de pierre

Présentation de l'éditeur
«La belle Esther, l'épouse de Mordechai Meisl, s'éveilla dans sa maison de la place des Trois-Fontaines. La lumière du soleil matinal tombait sur son visage et donnait à ses cheveux des reflets rougeâtres... C'était un rêve ! murmura-t-elle. Et nuit après nuit, c'est toujours le même ! Quel beau rêve ! Mais, loué soit le Créateur, ce n'est qu'un rêve.» Roman des amours irréelles, roman d'une ville disparue, roman d'une société enchanteresse : dans La Nuit sous le pont de pierre, Leo Perutz ressuscite, avec une maestria digne des kabbalistes qu'il met en scène, la Prague du XVIIe siècle. Quatorze tableaux pour peindre les amours merveilleuses de la belle Esther et de l'Empereur, et pour magnifier un monde extravagant, empli de bouffons, d'astrologues, d'alchimistes et de courtisans fébriles, où s'entrelacent les passions.

La Bohème du Saint Empire au début du 17e siècle forme le décor en quatorze tableaux de ce récit insolite où se rencontrent, en s'opposant, l'empereur capricieux et le Juif ésotérique.

La Troisième Balle

Roman baroque écrit en 1915, évoquant l'épopée de Cortez. En prenant certaines libertés avec les faits, l'auteur manifeste son profond "scepticisme historique" et son angoisse métaphysique.

Le Marquis de Bolibar

Roman captivant d'un auteur tchèque qui a pris pour cadre la défaite napoléonienne de 1812. S'ensuit une conspiration diabolique menée par un homme étrange, qui change de personnalité et s'avère un avatar du Juif errant. Excellent récit fantastique (1930) à ne pas manquer.

Le miracle du manguier

Singulier roman policier que ce récit de 1916, écrit comme un scénario de film et racontant une exotique aventure où tous les protagonistes sont coupables.

Où roules-tu, petite pomme?

Une bonne histoire de vengeance située à Vienne, immédiatement après la Grande Guerre. Publié en feuilleton en 1928, ce roman connut un succès tel qu'on cria au génie.

dimanche 3 septembre 2006

Quand un auteur pompe le web...

... il en fait un livre.

Ce dimanche après-midi, je déambulais dans une librairie de Hull lorsque je suis tombé sur L'officiel des Citations de Vincent Flajac. Il vient tout juste de paraître aux éditions First. Comme toujours, j'ouvris au hasard le gros bouquin. Et plus je feuilletais, plus je devais me rendre à l'évidence : ce type avait pompé plusieurs centaines (des milliers peut-être) de citations de mon site. Un divan n'était pas loin. Je m'y suis assis et j'ai continué mon exploration du livre. Et plus j'explorais, plus je m'étonnais. Donc, je suis allé à l'avant-propos pour savoir si au moins l'auteur me remerciait ! Rien, néant, nulle mention ni de mon site, ni des références utilisées par l'auteur. À $34.95, je décidai tout de même d'acheter le livre pour en faire une critique sur mes Jobineries.

Quelques scans du livre pour débuter :


Dans l'extrait de gauche, le Albalat, le Bourgault, le Vaneigem, le Brie et le Morin proviennent directement de mon site. L'auteur (sic) a seulement ajouté les [...] dans le cas de la citation de Morin, supprimant deux exemples. Morin a écrit plusieurs livres... mais Flajac n'a cru bon de retenir que des citations des livres que j'ai lus. Les autres citations de l'extrait proviennent du site EVENE (comme c'est d'ailleurs le cas pour une grande partie des citations du livre.)

Dans l'image droite, c'est la même chose : les citations de Bruckner, Morin, Vaneigem, Mankell, Pagels sont de mon site.

Je me suis amusé (m'enfin...) à déterminer d'où provenaient les autres citations : elles sont toutes (d'après moi) sur le web. J'ai testé plusieurs citations qui m'étaient inconnues, et GOOGLE les a toutes trouvées, généralement sur EVENE ou sur un autre site de citations.

Ma conclusion est donc que ce cher monsieur Flajac a tout simplement pompé 13000 citations de quelques sites web, et en a fait un gros livre...

Évidemment, je n'ai pas tout lu (640 pages!), mais j'ai d'ores et déjà relevé au moins deux erreurs :

Page 415, sous PERVERS (tiens, tiens !) on a

«Les injustices du pervers
Servent souvent d'excuse aux nôtres.»
L'Oiseleur, l'Auteur, et l'Alouette, Paul Carvel.

Diable, mon bon ami Paul sera heureux d'apprendre qu'on lui attribue un vers de La Fontaine !!! D'ailleurs, pour vous amuser, entrez en gardant les guillemets "Les injustices du pervers" dans GOOGLE. Eh oui! vous tombez sur mon site.

À la page 511, on donne

«Ce n'est pas à la raison, mais au bon sens, qu'il eût fallu jadis élever un temple. Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.»
La Prisonnière - Gustave Le Bon.

La Prisonnière??? À ma connaissance, jamais Le Bon n'a écrit un tel livre. La citation provient plutôt de son Hier et Demain.

Petit détail : aucun index par le nom des auteurs n'est donné, ce qui est relativement surprenant et, vous le comprendrez, plutôt embêtant lorsqu'on veut vérifier les citations d'un auteur en particulier. Toujours est-il que ce bouquin possède des citations de Bernhard (elles sont toutes sur mon site), de Serge Bouchard, Bernard Arcan, Michel Serres (le Tiers-Instruit!), Marinina (et oui, même cette obscure auteur de polars russes - je suis le seul à la citer!), Ivan Illich (Une société sans école - je n'ai rien trouvé d'autres, ce qui est normal : je ne cite que ce livre), Thomas Kuhn, Gustave Thibon, et une foule d'autres qui sont, cela est évident, toutes issues de mon site.

Que faire? Pour moi, la publication de ce livre est une indécence intellectuelle. Je vais écrire un courriel à l'éditeur pointant vers ce billet.

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