Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 15 février 2005

Le livre scolaire

Les moines copistes sont à l'imprimerie de Gutemberg
ce que les éditeurs sont au numérique.


Je suis convaincu que l'objet livre disparaîtra. Il suffit d'imaginer un livre électronique avec des "e-pages" avec le même confort de lecture que procure le livre actuel. On branche ce livre dans un ordinateur et on y télécharge le contenu désiré. Du coup, les librairies deviennent obsolètes. Évidemment, je suppose qu'on nous cachera le plus longtemps possible l'invention de ces e-pages. (Voir l'encre électronique. Voir aussi ce billet.)

C'est pourquoi je pense que le monde de l'édition devrait immédiatement penser à sa survie. En fait, je ne sais pas si cette survie est possible. J'imagine plutôt qu'un auteur voudra s'acoquiner avec un puissant correcteur et publiera lui-même son oeuvre en ligne, en permettant, pour quelques dollars, le téléchargement de son oeuvre.

Je crois cependant que le livre pédagogique (destiné aux écoles) doit rapidement quitter la scène.

En effet, la grande différence entre un livre pédagogique et un roman, c'est que le livre pédagogique est essentiellement plate, et on ne le lit que par petits bouts. On peut donc se permettre de faire cette lecture sur l'écran, car l'inconfort est de très courte durée. De plus, ce contenu on-line serait certainement plus vivant qu'une version papier. Imaginons le multimédia accompagnant les explications et les exercices, les questionnaires interactifs, l'envoi possible de courriel vers des aidants pédagogiques, les forums ouverts, le clavardage, etc., et on se trouve dans un véritable univers techno-pédagogique riche et stimulant.

Il faut donc immédiatement penser à ne plus publier de livres réservés au monde de l'éducation dans la province.

Ma suggestion ? Au lieu de financer des éditeurs de contenu pédagogique format papier, le MEQ devrait conserver les subventions et investir dans du contenu numérique tenu à jour. Ce contenu ne serait pas vendu dans les écoles mais serait plutôt distribué sous licence libre - style creative commons. En fait, le MEQ devrait ouvrir sa propre maison de production, devrait embaucher quelques équipes diversifiées d'éditeurs/pédagogues et leur donner les subventions normalement réservées aux éditeurs pédagogiques.

J'appuie sur le « équipes diversifiées » de la phrase précédente car je pense qu'on pourrait produire plusieurs modèles différents issus d'un même contenu. Par exemple, deux équipes différentes pourraient travailler sur la trigonométrie. L'idée est d'offrir des façons variées d'enseigner/apprendre/illustrer/webaliser le même contenu tout en évitant le piège de la pensée unique. Idéalement, tout devrait être reconfigurable pour que l'élève puisse lui-même choisir comment il désire apprendre. Par exemple, l'élève pourrait s'accaparer de l'explication du théorème de Pythagore dans le cours X, mais choisir l'explication de la loi des sinus du cours Y. Imaginez les enseignants qui, par leurs observations/suggestions pourraient contribuer à l'amélioration du contenu.

Tout ça est un rêve, mais donnez-moi quelques millions* pour payer les auteurs/concepteurs (il est question ici de penseurs-web, non pas de penseurs-papier, car ces derniers causent une perte énorme de temps et d'énergie), les programmeurs, quelques ordinateurs et quelques années (cinq tout au plus) et je vous garantis la réalisation du rêve.

* On ne sait jamais... un mécène pourrait lire ce billet et juger l'idée intéressante.

L'autruche

[...] l’information, ce n’est pas le pouvoir. Le vrai pouvoir s’établit sur l’ignorance : le chef qui ignore ce que font ses troupes, mais est quand même (ou à cause de ça ?) chef, le décideur qui décide en toute ignorance de cause, sans se mêler au petit peuple qui applique ses décisions …
Alan Sperry, commentaire sur le billet Expérience du e-learning.

Dazibao

« Au fond, le blog n'est en fait qu'un dazibao numérique... »
Martin Lessard, Zéro seconde

jeudi 10 février 2005

Wikifil

Pour une raison que j'ignore encore, une de mes tables du wikini du site Au wikifil des mes lectures était corrompue. Un simple « repair » a redonné vie au site... Ouf !

mercredi 9 février 2005

Syndrome TdT

J'emploie le terme syndrome comme l'ensemble de signes, de comportements qui révèlent, manifestent un état d'esprit, une manière de penser, une certaine manière d'agir que présente une personne, un groupe, une collectivité. (Trésor de la Langue Française informatisé)
TdT tient ici pour Traitement de Texte, genre WordPerfect, Open Office Org, Word, Abiword, etc. À ne pas confondre avec un éditeur de texte genre EditPlus, Vi, Joe, Qedit. Voir cet article qui contient d'ailleurs, une de mes interventions.)

Par syndrome TdT, j'entends les comportements fortement généralisés dans le milieu scolaire qui font que l'utilisation de l'ordinateur passe presque invariablement par l'utilisation du traitement de texte. Ce syndrome est à mes yeux le signe d'un profond blocage qui empêche les intervenants du milieu scolaire (les enseignants, les professeurs, les directions d'école, les secrétaires, les CP, les directeurs de service) d'étendre leur rôle de modélisation.

Plusieurs élèves utilisent le courriel, le clavardage, installent des jeux, mettent à jour leurs pilotes, etc. Cependant, d'après moi, la très grande majorité d'entre eux sont incapables d'exprimer adéquatement leur pensée avec l'outil informatique. Et, à mon sens, le traitement de texte remplit fort mal cette fonction. (Lire la réflexion très intéressante de mon copain Benoît.) Or c'est à peu près le seul outil utilisé dans les classes. Il y a donc une certaine urgence à examiner un peu plus ce syndrome.

Quelques manifestations typiques du syndrome :

1) Je reçois toujours les ordres du jour dans un fichier joint (format WORD ou PDF d'abord enregistré en WORD);
2) Chaque fois qu'on me montre des travaux d'élèves, c'est toujours le format papier du travail provenant d'un TdT;
3) Récemment, j'avais besoin du logo d'une école. Je l'ai reçu dans un fichier WORD!
4) D'une conseillère TIC d'un organisme provincial, j'ai reçu, en fichier joint (.doc!) dans un courriel, l'itinéraire pour me rendre à une réunion. Le fichier, qui ne contenait qu'une image, pesait plus de 4 mégaoctets !

Le fait de penser TdT limite énormément l'efficacité qu'on peut retirer des outils informatiques. Par exemple, tous les ordres du jour, les procès-verbaux, etc. devraient être écrits dans un wiki. Cela permet à tous les membres de la réunion, de pouvoir intervenir sur ses documents avant, pendant et après ladite réunion.

J'appelle weber, écrire sur le web sans passer au préalable par le TdT. Par exemple, les travaux en équipe pourraient se réaliser sur un wiki, le portfolio scolaire de l'élève pourrait se trouver dans un portfolio électronique (Cyberfolio), son journal bord dans un blogue, ses travaux en cours, sur un Spip (car, pour chaque article, l'enseignant peut intervenir avant sa publication officielle). Les images, photos, documents sonores, etc, pourraient être conservés dans son Cyberfolio.

Il suffit ensuite de joindre à cette panoplie d'outils un dictionnaire et une grammaire électronique (genre Antidote par exemple), pour éliminer ainsi les TdT des écoles et, par le fait même, son syndrome.

vendredi 4 février 2005

Accointance

Je fréquente des blogues.

jeudi 3 février 2005

Blogodrome/Clicosphère

[...] la blogosphère française. Géant clicodrome.
Oh ! Ma femme blogue - Oh ! My Wife is blogging !

mardi 1 février 2005

Simplement Pascal

Pascal vient d'ouvrir son blogue. En voilà un autre que je rssuivrai avec plaisir.

L'acharnement

Il faut du temps pour apprendre.
Il faut tellement plus de temps
pour s'atteindre.

Christian Bobin

Je dois réfléchir au concept d'acharnement. Acharnement thérapeutique... acharnement scolaire.

Le déclencheur ? cette petite phrase sur Café pédagogique : « [...] un redoublant ne rattrape jamais son retard. » Mais qu'est-ce donc que ce retard qu'il faut à tout prix rattraper ? Ne peut-on laisser aux gens le (leur !) temps d'apprendre ?

lundi 31 janvier 2005

Blogue et sérendipité

[Le blogue est] un magnifique réservoir à sérendipité et un génial tisseur de « réseau de confiance ».
Martin Lessard, dans un commentaire d'un billet chez Ytsejamer.

Sérendipité : l'art de faire des découvertes heureuses, inattendues et utiles par hasard.

Citations : orthographe

Suite à la lecture de ce billet de François, je suis allé voir ce que ma collection offrait.

J'en viens à ceci, que les travaux d'écolier sont des épreuves pour le caractère, et non point pour l'intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s'agit de surmonter l'humeur, il s'agit d'apprendre à vouloir.
Alain (Propos sur l'éducation, p.59, P.U.F 1969)

L'orthographe est de respect ; c'est une sorte de politesse.
Alain (Propos sur l'éducation, p.114, P.U.F 1969)

Même dans son silence, il y avait des fautes d'orthographe.
Stanislaw Jerzy Lec (Nouvelles pensées échevelées, trad. André et Zofia Kozimor, p.36, Rivages poche n°306)

Orthographe n. La science qui épelle avec l'oeil à la place de l'oreille.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.201, Rivages/Étranger, n°11)

orthographe. - Y croire comme aux mathématiques. N'est pas nécessaire quand on a du style.
Gustave Flaubert (Dictionnaire des idées reçues, p.70, Librio n°175)

dimanche 30 janvier 2005

Deslaure.com

J'ai un merveilleux neveu qui a plusieurs intérêts dont la musique, l'art graphique, les technologies, les jeux du type «shooting», les jeux de guerre (wargames). De plus, il est étudiant à l'Université du Québec en Outaouais. À Noël, on a discuté de plusieurs sujets.

- Tu sais, François, tu devrais tenir un blogue.
- Un Q U O I ???
- Un blogue. C'est un genre de journal personnel sur le web. Il me semble que tu as des choses intéressantes à dire, alors pourquoi de pas les partager à la planète?

Et je lui ai donné l'adresse de mon petit blogue pour qu'il y jette un coup d'oeil. Quelques jours plus tard, je l'appelle :

- François, j'aimerais que tu penses à un nom de domaine. Je t'offre un blogue.

Et c'est ainsi que deslaure.com est né. Nous avons finalisé l'installation hier après-midi et je remarque que mon neveu n'a pas lésiné car on y lit déjà les bases de son portfolio. Reste à voir si ses profs seront prêts à s'y investir. J'ai un préjugé extrêmement défavorable envers les professeurs du département de l'éducation (peu importe l'Université) : j'ai en effet une forte tendance à penser qu'ils sont, pour la plupart, ticophobes.

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