Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

lundi 25 juin 2007

CalculeNote

Ce petit utilitaire (rien de bien fancy) permet de calculer les notes sur les bulletins des élèves de deuxième secondaire. Idéal pour les enseignants qui aimeraient bien avoir une petite idée des notes associées aux évaluations des compétences, et pour les parents qui désirent vérifier le calcul affiché pour les disciplines sur le bulletin de leur enfant.

En terminant, ce n'est pas parce que j'ai programmé ce bidule que je suis en accord avec une note associée aux compétences. En fait, je trouve cela plutôt ridicule. Mais ce billet m'aura au moins permis de le dire !

Mesurer l'amélioration

Johnny Hart

dimanche 24 juin 2007

Egloff, Chapelan et Du Ryer

Plus de 80 citations ajoutées cette semaine Au fil de mes lectures.

De Joël Egloff, « Les Ensoleillés, c'est l'histoire de ceux qui ont tant de mal à être au rendez-vous » lit-on en quatrième de couvreture. Et le livre, c'est exactement cela. Aussi à lire de cet auteur son Edmond Ganglion & fils. C'est chez Folio, c'est pas cher.

J'avais déjà parlé ici de Lire et Écrire de Maurice Chapelan. Chapelan est né en 1906. Mais saurez-vous trouver sa date de décès (s'il est bien décédé!). Sur mon site, j'ai inscrit 1992. Cependant, j'avoue n'en être absolument pas certain. De tous mes livres, seul Jérôme Duhamel dans Dictionnaire des citations du XXe siècle et dans La passion des livres mentionne cette date. Or j'ai parfois trouvé des erreurs dans les bouquins de ce monsieur.

J'ai donc parcouru le web, mais encore là, peu de sources fiables.

J'ai effectué une recherche à la Bibliothèque Nationale de France, la Bibliothèque Nationale du Québec et la Library of Congress. Tous les catalogues donnent bien 1906 en naissance, mais ils sont tous silencieux sur la date de sa mort. Sur un site espagnol, on indique qu'il serait mort le 14 mars 1992, mais comment s'y fier ? Toujours est-il que si vous avez une bonne référence qui me confirmerait cette date, j'apprécierais bien que vous me la fassiez parvenir !

Finalement, j'ai aussi lu cette semaine une pièce de Pierre Du Ryer, auteur du XVIIe siècle. Les Vendanges de Suresnes est une comédie légère. On y trouve cependant, autour de l'amour, les mêmes préoccupations qu'aujourd'hui. Ce que j'aime bien dans ces vieilles pièces de théâtre, ce sont les tournures de phrase parfois exquises. Par exemple :

L'ingrate me condamne à mourir dans la flamme
Que l'éclat de ses yeux alluma dans mon âme.


Ou encore, pour bien indiquer à l'amour de votre vie combien son absence vous fait mal, il suffit de lui lancer un :

Mon enfer est partout où ta beauté n'est pas.

Il faut, évidemment, la dire en ayant l'air sincère, et alors vous ferez un hit, c'est certain. Dans le vers original, on trouve sa au lieu de ta, mais vous pouvez certainement vous permettre des écarts de ce genre. Après tout, il n'est nul besoin de lui dire que ce n'est pas de vous !

Pour ceux d'entre vous curieux de connaître le temps nécessaire à une telle mise à jour d'Au fil de mes lectures, disons que cela m'a demandé un gros quatre heures sans interruption. Il faut en effet :
  • transcrire tous les extraits dans un fichier ;
  • imprimer les citations pour les corriger manuellement ;
  • recorriger le fichier avec Antidote ;
  • numériser la jaquette des livres ;
  • monter tout ça dans ma base de données locale ;
  • refaire une vérification sur mon serveur local ;
  • transférer le tout sur Internet.
Voili-voilà !

vendredi 22 juin 2007

Que lire à 15 ans?

La lecture est une expérience sensible qui se situe dans le monde réel, où on s'expose à des blessures, où l'âme subit des lésions. Une phrase qu'on lit peut être une semence qui pousse. Soudain de manière imprévisible, elle s'ouvre à elle-même et déchire le sol où elle est tombée au hasard du vent et peut-être de la chance.
Pascal Quignard, Les Paradisiaques, 2005


Cette semaine, mon collègue conseiller pédagogique en français m'a demandé ce que je suggérerais à des jeunes de 13-15 ans qui n'aiment pas vraiment lire. « Ce doit être des auteurs francophones non québécois car nous avons déjà une bonne liste de ces derniers. » m'a-t-il lancé.

Suggérer des lectures m'est toujours difficile : la lecture étant un plaisir intime, comment ne pas se sentir violé lorsque ces choix sont critiqués ou désavoués?

L'autre problème est relié au plaisir de la lecture à l'école. Je vois tant de gens qui n'aiment pas lire. Pas seulement des élèves : j'inclus aussi les intervenants du monde scolaire. Donc, remettre une liste à un enseignant qui n'éprouve pas le plaisir de la lecture et qui ne connaît pas les auteurs suggérés, ou qui, envers certains, est rempli d'un triste préjugé (quels sont vos sentiments en voyant Hugo ou Zola?) m'apparaît comme un grand risque. Je sens que cela paraît très bien, promouvoir la lecture, mais, dirait-on, à la condition qu'on n'ait pas soi-même à lire.

Et puis, il a aussi tout ce monde de la catégorisation. Qu'est-ce qu'un lecteur à 15 ans? La lecture n'est pas une question d'âge, c'est une question de sensibilité. Le rôle de l'enseignant est de suggérer une panoplie de lectures possibles. Pour cela, il faut soi-même avoir beaucoup lu pour pouvoir parler des livres. Sinon, cela demeure un exercice bidon, comme on en vit tant dans nos écoles.

Malgré tout, j'ai pris une petite demi-heure, passant rapidement au travers de mes auteurs sur Au fil de mes lectures pour lui proposer quelques titres.

Barjavel. Soit Ravage ou La nuit des temps ou encore Le Voyageur imprudent. C'est de la bonne SF française.

De C. Bobin, Isabelle Bruges. Cela constituerait d'ailleurs une belle lecture à haute voix que l'enseignant pourrait faire en classe.

P. Cauvin : Pythagore je t'adore.

Et puis, il faut lire La petite fille de M. Linh de Philippe Claudel.

A. Dhôtel avec Le pays où l'on arrive jamais.

Folco. Dieu et nous seuls pouvons. Imaginons un enseignant qui en fait la lecture à ses élèves, une demi-heure par jour...

Fermine avec Neige ou l'Apiculteur.

Gougaud et son Bélibaste.

Les polars de Grangé.

On dira ce qu'on voudra, mais il faut lire V. Hugo. Suggérons L'homme qui rit.

Les Rouletabille de Gaston Leroux.

Mingarelli avec, par exemple, La dernière neige.

Orsenna avec La grammaire est une chanson douce.

Toutes la série des Kamo de Pennac. Ses Malaussène aussi, évidemment.

La joueuse de go de Shan Sa.

Van Cauwelarert avec La vie interdite ou encore L'éducation d'une fée.

Les polars de F. Vargas.

Il serait sans doute pertinent de cibler un ou deux Jules Verne et, pourquoi pas, des nouvelles de Zola.

Ces livres doivent être présentés aux élèves. Et pour cela, il faut les avoir lus soi-même pour pouvoir en parler. Cette liste est donc ma liste, celle que je n'hésiterais pas à vendre aux élèves.

mardi 19 juin 2007

Andropause ?

J'allais répondre à ce billet, mais comme ma réponse est un peu longue, je préfère en faire un billet d'humeur. Il est ici question de cet article.

D'abord, je n'ai jamais entendu parler de la formation offerte aux enseignants par le MELS. Mais si c'est pour
[...] rendre les jeunes habiles avec les ordinateurs à travers leurs cours, que ce soit pour la recherche, le courrier ou la transmission de documents [...]
franchement, on repassera. À peu près tous les élèves du troisième (voire deuxième) cycle du primaire de ma commission scolaire sont capables de faire ça.

Ce dont j'ai bien hâte, c'est que les DSE des CS prennent la parole au lieu des directeurs de services informatiques... Mais ça ne semble pas être pour demain.

La grande, très grande question à se poser est la suivante : « En quoi nos élèves apprennent-ils mieux en intégrant les TIC ? », et je renvoie M. Hudon, et tous les DSI (lisent-ils les blogues ?) à mon billet écrit en janvier dernier.

Désolé, mais j'en ai un peu marre qu'on fasse la une avec des lieux communs pareils. Comme si M. Hudon dévoilait le mystère des TIC à l'école. Nous sommes en 2007, mais j'entends toujours un discours-ustensile.

Quand on dit que les TIC permettent aux élèves d'exploiter leur créativité, je me demande bien ce que M. Hudon a en tête. On peut faire des arts sans les TIC, on peut faire de la musique sans les TIC, et on peut faire de la vidéo sans les TIC... La créativité n'est pas dans les technologies, elle est dans le cerveau des gens.

Pour qu'une intégration des TIC soit réussie, il faut qu'elle transforme la manière de penser de l'utilisateur. Un cerveau connecté, voilà ce qui devrait se passer. Lire ce billet de George Siemens dont cet extrait est fort parlant :
It's the change underlying these tools that I'm trying to emphasize. Forget blogs...think open dialogue. Forget wikis...think collaboration. Forget podcasts...think democracy of voice. Forget RSS/aggregation...think personal networks. Forget any of the tools...and think instead of the fundamental restructuring of how knowledge is created, disseminated, shared, and validated.
C'est la fin de l'année scolaire. Nos élèves deviendront-ils de meilleurs apprenants en 2007-2008 ? Avec des discours à la DSI (où l'on pense que l'ordinateur est un outil miracle pour produire de la motivation scolaire), j'ai bien peur que non.

dimanche 17 juin 2007

C.a.R ou CarMetal

Depuis quelques semaines, j'explore quelques logiciels de géométrie dynamique. J'ai toujours admiré Cybergéomètre (Geometer's Sketchpad) à cause de son très grand potentiel comme aide au développement de scénarios d'apprentissage. Mais n'étant pas libre, je m'en suis détourné. Pour les linuxiens, sachez que GSP fonctionne très bien sous Wine.

Il y a quelques années, j'avais jeté un oeil sur C.a.R (Compas and Ruler) de l'allemand René Grothmann. Je viens tout juste d'y retourner, et j'avoue que la dernière version est absolument renversante. Vous n'avez qu'à passer au travers les différentes démonstrations en ligne pour vous en convaincre. Eric Hakenholz a développé une nouvelle interface (CarMetal) qui mérite le détour.

Il faut aussi visiter CARzine, un excellent site francophone consacré à C.a.R où vous trouverez de bons tutoriels.

J'ai fait rapidement un petit fichier pour voir si l'applet s'intègre bien à Dotclear. Et, comme vous pouvez le constater, c'est bien le cas. Vous pouvez donc vous attendre à quelques billets sur mes trouvailles dans les prochains mois.

En attendant, amusez-vous à déplacer le foyer ou la directrice. Je vous rappelle que la parabole est le lieu géométrique des points équidistants à une droite (la directrice) et un point (le foyer). Notez aussi que la distance d'un point à une droite est donnée par le plus court chemin de l'un à l'autre (la perpendiculaire issue du point à la droite.) Vous pouvez aussi zoomer à l'aide de la roulette de la souris.

jeudi 14 juin 2007

Babillage

Je suis de ces gens, je crois peu répandus, qui savent, non par calcul, mais curiosité et pour le plaisir, écouter les autres parler de soi, et je souris de ces bavards égoïstes qui, après m'avoir entretenu de leurs affaires pendant des heures, se rappelant tout soudain que j'existe, se mettent à me demander : « Et vous, mon cher ? » À peine répondu : « Eh bien, moi... », les voilà partis - ou repartis sur eux-mêmes !
Maurice Chapelan, Lire et Écrire, p. 114, Grasset, 1960

mercredi 13 juin 2007

Un mois après

Un mois après la publication de ce billet, trois animateurs seulement ont répondu. Qu'en conclure ?
  1. On ne lit pas les Jobineries !
  2. Les intervenants TIC n'ont pas le temps de répondre.
  3. Les questions sont mal formulées.
  4. Tout le monde s'en fiche.
  5. Aucune de ses réponses : l'intégration des TIC est une fumisterie.
La réponse facile que j'entends déjà sur la majorité des bouches : un peu tout ça !

J'avais écrit le billet suite à notre rencontre nationale. C'est-à-dire au moment où tout l'monde était gonflé à bloc. Je me disais : « Wow, c'est l'temps de démarrer une discussion, un réflexion sur nos propres pratiques en tant que personne intégrant les TIC, et, partant de là, développer une vision large sur l'intégration des TIC en salle de classe. »

Ce sera pour une prochaine fois...

samedi 9 juin 2007

Trois lectures

L'Art de philosopher : J'ai pris le temps de lire ce livre publié en 2005 aux Presses de l'Université Laval qui regroupe trois essais écrits par Bertrand Russell dans les années quarante. Dans le premier essai, on trouve :
Ce serait admirable de voir dans nos écoles un certain pourcentage de musulmans et de bouddhistes que l'on encouragerait à défendre leurs religions respectives contre la majorité des élèves d'obédience chrétienne. Voilà qui affaiblirait peut-être la force des convictions irrationnelles de chaque côté.
Le troisième essai du livre est consacré au calcul. Russell tente de démontrer toute l'importance pour un philosophe d'étudier les mathématiques. Un extrait :
Au début, tout enseignement des mathématiques devrait se faire à partir de problèmes pratiques qui seraient aussi des problèmes faciles et de nature à intéresser l'enfant. Quand j'étais jeune (il se peut que les choses n'aient pas changé à cet égard), les problèmes étaient tels que personne n'aurait pu même vouloir les résoudre. Par exemple, A, B et C se déplacent d'un point X vers un point Y. A est à pied, B est à cheval et C est à vélo. A fait un somme à divers intervalles, le cheval de B se met à boiter et C fait une crevaison. A prend deux fois plus de temps qu'il n'en aurait pris à B si le cheval de ce dernier ne s'était pas mis à boiter, et C arrive une demi-heure après que A serait arrivé s'il ne s'était pas endormi, et ainsi de suite. Il y a là de quoi dégoûter même le plus zélé des élèves.
J'ai aussi beaucoup apprécié ma lecture du petit essai de Christian Godin Nul n'est méchant volontairement, publié chez Pleins Feux en 2001. Par exemple :
Mais qui aurait le mauvais esprit de calculer tout le mal social que peut occasionner une décision de licenciement ? Tellement il est entendu de nos jours qu'une entreprise ne fait que du bien puisqu'elle existe et fait des profits... Les dirigeants ne veulent aucun mal à ceux dont ils font le désespoir, de même que les cambrioleurs ne veulent aucun mal à ceux dont ils font la détresse. Mais justement, n'est-ce pas cela aussi, la méchanceté, cette terrible incapacité à sortir du cercle de son moi (ou de celui de son petit nous, ce qui revient au même), l'incapacité a comprendre l'autre dans la totalité de l'existence et de l'ordre symbolique qui fait de la personne humaine bien autre chose qu'un individu ? Le cambrioleur et le dirigeant d'entreprise ne veulent briser aucune existence, ils ne veulent que renforcer la leur. On comprend à présent la pertinence de cette idée de Platon, que le premier mal, c'est l'ignorance.
Cependant, la lecture qui m'a le plus fait sourire est celle d'Auguste Detoeuf et son Propos de O.L. Barenton, confiseur. J'en avais déjà parlé un peu ici. J'ai retiré 78 citations dont :
On défend le consommateur en évitant d'augmenter la rémunération du salarié ; on défend le salarié en chargeant d'impôts le capitaliste ; on défend le capitaliste en vendant le plus cher possible au consommateur ; et la justice se trouve ainsi d'autant mieux satisfaite que le salarié, le capitaliste et le consommateur, c'est presque toujours le même type.
On dit : « L'Opinion est sotte, je la méprise. Je suis au-dessus d'elle. » Mais on tend l'oreille pour surprendre ce qu'elle murmure. Le plus souvent d'ailleurs, on n'entend rien. On la flatte ; on lui obéit. Mais on choisit, pour montrer son indépendance, un détail minuscule : la forme d'un chapeau, une affectation dans le langage, un paradoxe qu'on ressasse ; juste ce qu'il faut pour qu'on dise autour de soi : « C'est un original. » ; juste assez pour intéresser l'Opinion.
Toute séance du conseil d'administration comporte deux opérations importantes, et deux seulement : la signature du registre de présence et la fixation de la date de la prochaine séance.
Mais vous en trouverez beaucoup plus sur Au fil de mes lectures qui, en passant, a franchi cette semaine le cap des 17.000 citations.

jeudi 7 juin 2007

Ste-Marie, PPO, crevaison et salmonelle

Je reviens tout juste de Ste-Marie de Beauce : deux jours de formation sur le PPO (Projet personnel d'orientation), cours qui sera offert aux élèves de troisième secondaire dès septembre dans ma commissoin scolaire. Accompagné de la responsable du dossier, j'assistais en tant qu'animateur RÉCIT et, à cet effet, je n'ai pas eu grand'chose à me mettre sous la dent.

Cependant, j'ai eu une conversation agréable avec Bertin Desjardins du RÉCIT en formation professionnelle.

Retenez d'abord que le PPO est un nouveau programme consistant en 100 heures de formation. Je ne veux pas entrer dans les détails ici ; disons simplement que les élèves utiliseront énormément l'ordinateur dans ce cours. D'ailleurs, pour une classe de 32 élèves, il est suggéré d'avoir 22 ordinateurs fonctionnels. De là, vous le sentez bien, l'implication possible de l'animateur RÉCIT. Le problème, c'est qu'on ne sait pas trop quel est son rôle dans tout ça. Accompagner, bien sûr. Mais ça, on le fait déjà. Comment doit-on accompagner spécifiquement pour ce cours, telle est la question.

Avec Bertin, j'ai donc pu cerner quelques idées.
  1. Pour que le cours ait un certain succès, il faut absolument que l'enseignant possède son propre ordinateur portable.
  2. Les utilisations prévues sont actuellement du style ustensile : recherche sur le web, vidéo disponible du web, etc. Il faudrait ajouter toute la vision intégration des TIC du genre : Spip pour le portfolio de classe et lien vers la communauté, WIKI pour le travail collaboratif, BLOGUE pour portfolio personnel, etc. L'animateur RÉCIT peut devenir ici une ressource intéressante.
  3. De toute évidence, pour les animateurs RÉCIT ayant de la difficulté à intervenir au secondaire, l'implantation du PPO pourrait devenir (je dis bien pourrais, car je cherche encore où est le véritable leadership au RÉCIT) un excellent projet de groupe dans lequel on pourrait travailler ensemble! Par exemple, à informatiser des outils de consignation, à créer des espaces d'échanges sur nos pratiques d'intervention, etc.
  4. Pour assurer un succès au cours, on ne doit pas y retrouver un enseignant qui a un dégoût des technologies éducatives. Cependant, je pense qu'il ne faut pas non plus y trouver nécessairement un prof maniaque de l'informatique. Il suffit d'un enseignant ouvert à apprendre à intégrer les TIC. Le rôle de l'animateur RECIT local serait à ce moment-là de l'accompagner régulièrement en salle de classe pour lui permettre de développer pendant ses heures de cours sa compétence à intégrer les TIC. L'intervention en salle de classe est primordiale, à mon avis.
  5. Si ce travail d'intégration des TIC est bien fait, on pourrait alors s'attendre à ce que ces mêmes jeunes, arrivés en quatrième secondaire, fassent pression pour que ces mêmes outils TIC soient exploités dans leurs cours ordinaires. On créerait ainsi une certaine pression sur le système pour qu'il améliore les services en intégration des technologies à ces niveaux. Et l'année suivante, la pression serait sur la cinquième secondaire.
Le voyage de retour en Outaouais n'a pas été de tout repos. Sur la 40, on a eu droit à une terrible crevaison. Évidemment, ça prenait un homme pour sauver la situation. À preuve, cette photo.

Elle a été prise par ma collègue Lyse, qui a enfin découvert que je pouvais servir à autre chose que l'écouter me faire l'apologie de l'approche orientante.

Mais un malheur n'arrive jamais seul. Nous nous sommes arrêtés quelques kilomètres plus loin au St-Hubert de Berthierville. Nous avons passé commande, mais quel ne fut pas mon désarroi lorsque je remarquai que mon poulet n'était pas cuit. C'était bien là la première fois que la chose m'arrivait au St-Hub ! Moi qui étais affamé après avoir secouru la dame, je dus attendre patiemment le retour de mon plat pendant que je la regardais dévorer le sien...

mercredi 6 juin 2007

Deux millions

Lorsque j'ai réécrit Au fil de mes lectures en mode PHP/MySql, j'en avais profité pour ajouter un petit compteur Sitemeter. C'était en février 2001. Jusque-là, c'est-à-dire depuis 1995, je rédigeais tout en HTML.

Le compteur vient juste de franchir la barre des deux millions de visiteurs. N'ayant pas de point de comparaison, je me dis que cela doit sans doute être dans la moyenne correcte pour un site personnel.

Dans mon milieu de travail, peu de gens sont au courant que je mène depuis des années cette activité. Pour eux, je suis celui qui se bat pour l'intégration des TIC, celui qui chiale à propos de la lenteur du système d'éducation.

Mais ce que je considère comme mon oeuvre personnelle, c'est bien mon site Au fil de mes lectures. Je sais bien que toute collection a un côté quétaine, mais il demeure que j'aime profondément mon site. J'aime y naviguer. J'aime y retrouver les phrases qui m'ont fait vibrer. J'aime sa réactivité. J'aime aussi ses absences : absence de pub, absence de cadres, absence de clics interminables pour atteindre ce que l'on cherche.

Au fil de mes lectures, c'est ma mémoire de lecture, car, voyez-vous, je suis plutôt moche côté souvenance. Je ne retiens rien, exactement comme un personnage d'une nouvelle de Suskind - tiens, j'ai oublié son titre.

La beauté du web, c'est ce partage possible entre les humains. Bien sûr, le livre a aussi cette faculté mais je doute qu'un éditeur veuille bien publier ma collection. Heureusement qu'une des forces du web est de permettre l'auto-édition.

Force, mais sa faiblesse aussi. Car sans doute devrai-je penser, dans un futur assez rapproché, à la survie du site après ma mort. Un livre, une revue, ça se déposent dans une bibliothèque nationale. Mais un site web ? Si vous avez une info à ce propos, je suis preneur.

dimanche 3 juin 2007

La nouvelle ignorance



C'est un peu par hasard (en tombant sur une jolie phrase pendant que je le feuilletais) que j'ai achété ce bouquin du philosophe Thomas De Koninck, professeur à l'Université Laval. Lecture lente, j'ai pu recueillir une quarantaine de citations/extraits que j'ai bien évidemment déposés sur Au fil de mes lectures. L'incipit du livre indique bien de quoi il s'agit :
Il existe en réalité deux formes d'ignorance qu'on pourrait qualifier de « nouvelles », mais qui sont diamétralement opposées. La première ouvre et libère, la seconde emprisonne et tue. La première, qu'il faut célébrer, se traduit par de nouvelles interrogations suscitées par de nouvelles découvertes. Elle est le moteur de toutes les avancées du savoir. La seconde fait au contraire vivre dans l'illusion qu'on sait alors qu'on ne sait pas et s'apparente à ce que Platon appelait « la double ignorance ».
Et cet autre extrait, trouvé en page 57, que j'aime bien :
Les langues de bois (ou de coton, ou de circuit imprimé) de nos bureaucraties et d'un certain monde des affaires - on ne dit pas « mettre à pied », on dit « rationaliser », « consolider », « restructurer » - font chorus. Václav Havel a dénoncé avec justesse dans ces langues et dans ces autres formes de pouvoir anonyme, impersonnel, le même automatisme irrationnel et la même humanité que dans les systèmes totalitaires contemporains. La haine viscérale du langage et de la culture qui les marque tout autant ne permet d'ailleurs pas d'en douter.
On y trouve plusieurs bons mots sur l'éducation. Par exemple :
Ce qu'il s'agit de former avant tout [...] c'est le jugement critique ; lui seul rend autonome, lui seul rend libre. Ainsi le défi principal de l'enseignant est-il de susciter une autonomie culturelle suffisante chez l'étudiant pour qu'il puisse exceller en ce qu'il fera et surtout puisse vivre dans la richesse du concret - du latin concrescere, « croître avec », on ne le redira jamais assez : l'arbre concret, c'est l'arbre individuel en toutes ses composantes et ses conditions, en sa vie même - par opposition aux nuages de l'abstraction et des réductionnismes. (p. 88)
Et en pages 96 et 97, on trouve :
Paul Valéry notait : « Pour apprendre quelque chose à quelqu'un, il faut avant tout provoquer en lui le besoin de cette connaissance. Cela suffit. Le reste n'est rien. » Il ajoutait : « Le moyen capital d'un enseignement "secondaire" est : l'éveil de l'intérêt pour les choses qui demandent effort. Créer le désir - obtenir l'effort - et toujours faire sentir sa récompense. Jamais effort sans but net et désirable. » Et encore : «Tout enseignement est vicieux qui ne commence pas par exciter le besoin auquel il est destiné à répondre. » Le défaut de « l'usage obligatoire des examens » est qu'il « produit une habitude du nécessaire et suffisant - qui est contraire à la valeur ». Simone Weil exprime clairement ce principe :« L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études qu ela respiration aux coureurs. Là où elle est absente, il n'y a pas d'étudiants, mais de pauvres caricatures d'apprentis qui au bout de leur apprentissage n'auront même pas de métier. » Si l'on en croit Lewis Thomas, « la pire chose qui soit arrivée à l'enseignement de la science, c'est que tout le plaisir [the great fun] en est parti [...]. Ils deviennent tôt déroutés, et on les trompe en leur faisant croire que la déroute est simplement le résultat de ne pas avoir appris tous les faits ». On leur fait accroire que les vrais chercheurs de pointe ne sont pas tout aussi déroutés qu'eux. « Une bonne moitié de nos connaissances actuelles sera sans doute fausse dans deux ou trois ans. L'ennui est qu'on ne sait pas de quelle moitié il s'agit. » (Michel Jouvet).
Le livre de 180 pages (et 35$) est publié chez PUF.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 >