Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 4 mars 2007

SLO 2007



Je suis allé faire un tour au Salon du livre de l'Outaouais. Je suis toujours un peu déçu par cette foire. Un salon du livre, c'est comme une grande librairie bourrée de clients ajoutée de quelques tables où des auteurs signent des dédicaces.

C'est le côté non convivial du magasinage qui m'achale : on peut difficilement se déplacer sans frapper une autre personne. Et si on s'arrête devant une étagère, on est constamment dérangé par d'autres visiteurs qui nous poussent dans le dos.

J'ai trouvé quelques livres de ma liste dont : Entretiens de Cioran, De la liberté de J. Stuart Mill et L'homme ralenti de J.M. Coetzee. J'ai aussi acheté un Cossery à qui je veux bien donner une seconde chance, ma première lecture de l'auteur m'ayant laissé un étrange (dé)goût. J'essaierai donc Les couleurs de l'infamie. Je suis aussi tombé sur un petit 10|18 à couverture rigide (!) avec un titre qui m'a immédiatement attiré : De l'art de dire des conneries de H. G. Frankfurt. Le titre anglais est peut-être plus parlant : « On Bullshit ». Question de se garder dans l'atmosphère en cette période électorale !

J'ai vu énormément d'enfants farfouiller dans les livres et faire la ligne pour avoir l'autographe de leurs auteurs préférés. C'est réjouissant tout ça.

Pour ma part, j'en ai profité pour abonner Stébou à sa première revue littéraire.

samedi 3 mars 2007

Proverbe chinois

Quand un seul chien se met à aboyer à une ombre, dix mille chiens en font une réalité.

jeudi 1 mars 2007

Rethinking Mathematics

On tombe parfois sur des petits bijoux pédagogiques. Rethinking Mathematics édité par Erci Gutstein et Bob Peterson est un de ceux-là.

C'est à la suite d'un commentaire laissé par Stéphanie sur mon billet Scolaire que je l'ai commandé chez Amazon. Moins de trente-six heures plus tard, il était dans ma boîte postale. Ma première heure de lecture m'a laissé coi. On y trouve une véritable mine de situations complexes d'apprentissage et d'évaluation qui touchent directement les élèves et qui lui montrent (enfin!) que les mathématiques servent tous les jours à prendre des décisions et lui permettent de poser une regard critique sur les choix sociaux des adultes. Quelques extraits de l'introduction et du premier chapitre :
A guiding principle behind much of this work is that teachers should view students' home cultures and languages as strengths upon which to build, rather than as deficits for which to compensate.
Engaging students in mathematics within social justice contexts increases students' interest in math and also helps them learn important mathematics. Once they are engaged in a project, like finding the concentration of liquor stores in their neighborhood and comparing it to the concentration of liquor stores in a different community, they recognize the necessity and value of understanding concepts of area, density, and ratio. These topics are often approached abstractly or, at best, in relation to trivial subjects. Social justice math inplicitly tells students: These skills help you understand your own lives - and the broader world - more clearly.
A social justice approach to math is the appropriate type of math for these unjust times. Other, traditional forms of math are often too abstract, promote student failure and self-doubt, and, frankly, are immoral in a world as unjust as ours. Traditionnal math is bad for students and bad for society.
We've also been influenced by educators such as the late Brazilian educator Paulo Freire, who argued against a "banking approach" to education in which "knowledge" is deposited into the heads of students and in favor of "problem-solving" approaches in which students and teachers together attempt to understand and eventually change their communities and the broader world.
No math teaching - no teaching of any kind, for that matter - is actually "neutral," although some teachers may be unaware of this. As historian Howard Zinn once wrote: "In a world where justice is maldistributed, there is no such thing as a neutral or representative recapitulation of the facts."
For example: Let's say two teachers use word problems [...]. The first teacher presents this one:
A group of youth aged 14, 15, and 16 go to the store. Candy bars are on sale for 0.43$ each. They buy a total of 12 candy bars. How much do they spend, not including tax?
The second teacher, meanwhile, offers a very different problem:
Factory workers aged 14, 15, and 16 in Honduras make McKids children's clothing for Wal-Mart. Each workers earns 0,43$ cents an hour and works 14-hour shift each day. How much does each worker make in one day, excluding any fees deducted by employers?
While both problems are valid examples of applying multi-digit multiplication, each has more to say as well. The first example has a subtext of consumerism an unhealthy eating habits; the second has an explicit text of global awareness and empathy. Both are political, in that each highlights important social relations. [Dans le Renouveau pédagogique, on retrouve ça dans les « domaines généraux de formation » que la plupart des enseignants plaquent, c'est-à-dire en s'en foutant carrément, à leurs situations. GGJ]
Why place math and science together and not math and social studies? What are the political and pedagogical assumptions behind such an approach? Why shoudn't reformers advocate math in all subjects area? Why not have "math across the curriculum," comparable to "writing across the curriculum"?
Thus students approach math in the abstract and never are encouraged to seriously consider the social and ethical consequences of how math is sometimes used in society.
Kids are inherently interested in what if "fair," and using math to explore what is and isn't fair is a great way to interest them in all types of math concepts, from computation to fractions, percentages, ratios, averages, and graphing. [Suit un exemple où l'enseignant amena les élèves à réfléchir, durant le mois d'octobre et des activités de l'UNICEF, sur la répartition des populations et des biens de consommation. Il suffit d'imaginer que les enfants de la classe représentent, toute proportion gardée, le monde. GGJ]
Kids need every tool they can get to make this world - their world -  a better place. Mathematics is one very important tool.
Je sens déjà que ce livre, qui mériterait une traduction ou une adaptation québécoise, modifiera ma vision de l'enseignement des mathématiques.

Liane : Site web dédié au livre.

mercredi 28 février 2007

Encore Serres

« Wikipédia est un miracle d'auto-organisation. »
Michel Serres dans une entrevue radiophonique.

Sur ce même Framablog, prenez le temps de lire Que l'Estrémadure libre fasse école !. Citation extraite du billet dont on remarquera, en liens connexes, le Squeaki du RECITMST :
Si c'est juste pour laisser chaque élève dans son coin mettre en forme (certes sur OpenOffice.org) le cours magistral du prof pour faire plus joli que dans son cahier, alors c'était peut-être pas la peine de dépenser tant d'énergies. Mais si c'est pour insérer son texte dans un projet collectif de type wiki accompagné par le prof et toujours accessible sur le net, alors ça peut devenir beaucoup plus intéressant.

lundi 26 février 2007

Le scolaire

Courriel reçu ce matin :

Je me cherche des manuels reconnus par le MELS pour l'année prochaine. J'enseigne les maths en sec.1 et sec.2 et j'utilise Carrousel Mathématique ainsi que Maths 3000. Qu'en penses-tu ? L'école veut absolument un manuel plus récent pour l'année prochaine. Aurais-tu un conseil à me donner. J'ai vu tes commentaires sur Panoramath, cela me décourage.

Ma réponse :

Je n'ai malheureusement aucun manuel à te conseiller. D'après moi, ils sont tous pareils.

Il ne faut pas trop te fier à mes commentaires car :

1 - Ici, les enseignants utilisent Panoramath et ils l'aiment bien.

2 - Je croyais qu'avec le Renouveau, ce serait enfin l'élève qui ferait des maths, mais suite à une récente formation donnée par le MELS à Montréal, j'ai bien vu que, Renouveau ou pas, c'est encore le prof qui fait faire des problèmes à l'élève, problèmes qui sont tous bidons, comme avant.

3 - Je crois que pour mettre l'élève en action, il faut lui permettre de vivre des idées mathématiques. Mes recherches personnelles me poussent à penser qu'il n'y a qu'un seul moyen d'arriver à la chose, soit via la programmation informatique. Squeak est, à cet égard, absolument génial. Je mettrais donc entre les mains de chaque enfant un portable équipé de Squeak et possiblement d'autres logiciels du même genre (des tableurs, des logiciels de géométrie dynamique, etc.) qui amènent les élèves à raisonner et résoudre des vrais problèmes. M'enfin, je suis le seul dans la province qui pense ainsi... je dois être dans les patates...

Bon courage !

dimanche 25 février 2007

Eveilleau

Le chimpanzé et le chercheur

Un chercheur étudiait la capacité des chimpanzés à résoudre un problème : il suspendit une banane au centre du plafond, à une hauteur telle que même en sautant le chimpanzé ne pouvait l'atteindre. La pièce ne contenait que quelques cageots disposés çà et là. Le chimpanzé penserait-il à empiler les cageots pour grimper dessus et manger la banane ? Il attendit patiemment que le chercheur passât juste en dessous de la banane, sauta sur ses épaules et attrapa la banane ! Conclusion... un problème apparemment compliqué peut quelquefois se révéler très simple.
On peut passer plusieurs heures sur la page de Thérèse Eveilleau.

mercredi 21 février 2007

Je m'en souviendrai

lundi 19 février 2007

Poudoupoudoupoudou

À des milliers de kilomètres de l'endroit où vous vous trouvez, dans un pays, une ville, une librairie parmi tant d'autres, un libraire ouvrit les yeux.
Il venait d'entendre le poudoupoudoupoudou de la porte d'entrée de sa librairie.


Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce petit livre de Régis de Sá Moreira. Paru en 2004, le livre est maintenant disponible en format poche. Certains bouquins doivent se lire d'une traite. Le Libraire est de ceux-là. Sa librairie est toujours ouverte. Et notre libraire, qui ne vend que des livres qu'il a déjà lus, reçoit des clients, toutes sortes de clients : des témoins de Jéhova, différentes femmes, le dalaî-Lama, des enfants, un jeune homme qui rachète un livre qu'il a déjà donné pour le redonner à la même personne, un Jacques le Fataliste, un spécialiste, etc. Ces rencontres sont courtes, mais toujours étonnantes.
« De son côté, le libraire envoyait régulièrement des clients au bar-tabac d'en face.
- Bonjour, je cherche le rayon développement personnel.
- C'est de l'autre côté de la rue, juste en face... »
Le libraire a aussi une curieuse manie : il arrache parfois une page d'un livre qu'il envoie a un de ses frères ou une de ses soeurs. Sans plus. Imaginez-vous recevoir dans une enveloppe cette page, sans plus d'explication. Voici un extrait intérressant que j'ai d'ailleurs ajouté sur Au fil de mes lectures.
Il était arrivé que le libraire avait lu une page d'un livre, page qu'il avait aussitôt arrachée, et qui n'était autre qu'un des enseignements dispensés par le tsar Andrei au jeune prince Andrei, son petit-fils :

« Lorsque vous écrivez une lettre, Prince, ou un message, quoi que ce soit que vous adressez à quelqu'un, lorsque vous l'avez terminé, que vous en êtes satisfait, demandez-vous toujours si vous pourriez l'envoyer au même moment à quelqu'un d'autre. Si vous n'auriez qu'à changer le nom, l'adresse. Si oui, oubliez cette lettre. Ça n'en est pas une. Vous racontez votre vie, Prince, vous n'écrivez pas à quelqu'un. Recommencez ou abandonnez.

Lorsque vous serez bien familier de cette pratique, que plus jamais vous n'enverrez de lettres qui n'en sont pas, et cela prendra du temps, une décision s'ouvrira à vous. Pesez-la avant de la prendre car elle est de conséquence. Mais vous la soupçonnez déjà, n'est-ce pas. Déjà, vous commencez à vous dire : Et si j'agissais de même avec mes paroles ?

Imaginez, Prince. À chaque phrase que vous allez dire, que vous formulez, si vous vous demandiez : Pourrais-je la dire en ce même moment à quelqu'un d'autre ? et si, au cas où effectivement vous le pourriez, vous ne la disiez pas. Et si vous taisiez...

Rares seraient sans doute vos paroles. »

Le libraire n'avait pas même fini la lecture de la page qu'il l'avait déjà arrachée pour l'envoyer à l'un de ses frères. La page qui se terminait ainsi :

« Mais il peut se passer autre chose, mon cher Prince. Il peut se passer qu'en changeant le nom, l'adresse, ou la personne, vous vous rendiez compte par hasard que c'était à quelqu'un d'autre que vous étiez sur le point d'écrire, ou de parler. Et qu'une fois ce nouveau nom, cette nouvelle adresse, cette nouvelle personne découverte, vous ne puissiez plus en changer.

Alors là, surtout, envoyez.

Alors là, surtout, parlez.

Car vous n'aurez jamais été si courageux. »

(P.154)

dimanche 18 février 2007

Zéro zéro

Zéro Zéro est un jeu inventé par Rémi Lavoie et Max Chagnon, deux conseillers pédagogiques de la région de Montréal. En jouant, l'enfant s'approprie le plan cartésien. Voir la critique sur Tric trac.

samedi 17 février 2007

La conférence de Jean-Pierre Archambault

Vraiment intéressante cette conférence de J.-P. Archambault intitulée Les turbulences de l'édition scolaire. Quelques extraits ci-dessous, mais il vaut mieux la lire en entier.

A l’évidence, les sujets d’inquiétude et les interrogations ne manquent pas. Le paysage de l’édition scolaire se transforme. Acteurs de ce changement, les enseignants eux-mêmes qui, par milliers, mettent librement et gratuitement sur Internet leurs productions pédagogiques à disposition de leurs collègues. Si tous ne le font pas, 1 % d’entre eux qui le font représentent un vivier de 8000 auteurs. Chacun peut aisément reproduire les documents qu’il récupère, les transformer, les remettre à disposition, contribuant ainsi aux processus sans fin de création, diffusion, appropriation de la connaissance. C’est, transposée aux contenus, l’approche des logiciels libres, et le mode de fonctionnement de la recherche scientifique !
Le métier d’enseignant est à l’opposé du secret et de la fermeture, il leur est allergique. Les TIC favorisent le “ travailler ensemble ”. Elles aident à rompre un certain isolement.
Mais la production coopérative suppose de disposer d’un contexte et d’outils permettant de travailler sur des documents communs et de se les échanger, de réaliser des produits complémentaires. Cela signifie droit à la compatibilité (des fichiers texte notamment) et interopérabilité ; des plateformes neutres et libres ; des standards ouverts pour les formats de données (HTML) et les protocoles de communication (TCP/IP).
Un modèle économique pour les ressources éducatives doit intégrer l’existence d’une culture du gratuit, les interactions entre le web marchand et le web gratuit, une tendance, encore émergente et pour certains métiers seulement, à des frontières un peu poreuses entre temps de travail et temps de loisir, activité professionnelle et bénévolat, entreprises et associations.
Des siècles de fonctionnement de la recherche scientifique plaident plutôt en faveur du collectif et de l’ouverture, depuis le temps où Pythagore interdisait à ses disciples de divulguer théorèmes et démonstrations !
La connaissance fuit la clôture. Vouloir la verrouiller c’est aller contre sa nature profonde, dans ce qui semble constituer un combat d’arrière-garde car il est difficile d’aller à l’encontre d’une lame de fond.

mardi 13 février 2007

Lettre ouverte au RÉCIT

Nota : Le RÉCIT est le réseau pour le développement des compétences par l'intégration des technologies. J'en suis membre depuis 2000-2001. Nous sommes une centaine au Québec et très prochainement, les mandats du Récit doivent être revus.


Chers collègues,

Arnaud Desjardins dévoile deux conditions essentielles pour qu'un mariage réussisse : 1 - Il faut que les deux membres du couple soient assez différents l'un de l'autre; 2- il faut que les deux membres du couple soient assez semblables. Le paradoxe est levé simplement en comprenant que deux êtres presque pareils ne forment pas un couple, mais une variante l'un de l'autre alors que les différences apportent à l'autre une perspective d'enrichissement. Par ailleurs, deux êtres qui ne partageraient pas des valeurs fondamentales (valeurs sur lesquelles il est impossible de négocier) deviendraient vite insupportables l'un pour l'autre.

Un réseau tel le nôtre est un mariage. Un mariage à 100 personnes. Un mariage où la diversité des membres ajoute aux membres. Un mariage où la pluralité des réflexions nous enrichit les uns les autres.

Mais qu'en est-il de nos valeurs fondamentales?

J'aimerais partager ici ma valeur profonde, celle sur laquelle jamais je ne pourrai mettre de l'eau dans mon vin, celle qui justifie chacune de mes actions. Et ce dernier point est important, car une valeur profonde n'est pas juste un énoncé cul-cul qui fait bien paraître l'orateur. Non, une valeur fondamentale implique une adhésion complète de son porteur. C'est plus qu'une croyance, c'est une foi. C'est ce qui anime l'âme.

Cette valeur est celle-ci : je crois au plus profond de mon âme que l'intégration des technologies contribue significativement au succès de l'élève.

J'entends par succès, cette capacité qu'on a tous de devenir ce que l'on est. Bien sûr, le succès existait avant l'invention des technologies, mais depuis qu'elles ont fait leur apparition, les TIC ont modifié le rapport au savoir, ce savoir incluant, entre autres, le savoir sur soi, le savoir à soi.

Ce que j'entends par savoir sur soi dépasse le discours pédago-meta-cognitif. Je crois profondément que les TIC ouvrent de larges espaces de la personne inconnus de la personne même. À cet égard, les TIC sont aussi «adrénalitiques» que la musique, l'activité physique, le plaisir sexuel ou contemplation d'un ciel étoilé.

Et pourtant...

Mon premier contact avec l'informatique remonte à 1972. Au CEGEP de Hull. Je m'étais inscrit à un cours de Fortran. J'ai ressenti l'écoeurite profonde après 4 semaines. L'enseignant étant parfaitement incapable de transmettre la matière, j'ai abandonné le cours. Deux ans plus tard, à l'université Laval, nouvel essai. Même échec. C'est en 1976 qu'un copain allume devant moi sa TI-57. Il pitonna tant bien que mal un petit programme (STO, RCL, PSH, etc., pour ceux qui se souviennent...). J'ai eu là ma première jouissance informatique. J'avais peu de sous, mais je me suis quand même payé la calculatrice.

En 80, un copain me branche le minuscule ZX-80 sur un téléviseur noir et blanc. 1 ko de mémoire. Pour parler à la machine, on devait s'exprimer en BASIC : deuxième jouissance. En 1981, j'achète un Color Computer avec le ROM Logo. Troisième jouissance, mais cette fois à répétition, comme certaines femmes, paraît-il :-)

Et là s'est construite ma conviction profonde qu'on se devait de mettre les enfants devant cet outil. Il ne s'agissait pas d'une mode, il s'agissait d'un saut paradigmatique, un saut qu'une fois exécuté, on ne peut revenir en arrière. Bien sûr que depuis ce temps, j'ai eu moult joies et moult déceptions. Une grande déception fut de constater que plusieurs intervenants scolaires n'ont absolument pas compris l'immense potentiel pédagogique du LOGO.

Ma quatrième jouissance s'est produite en 1993-94: Mosaïc. J'étais déjà branché depuis quelques années sur le réseau universitaire Freenet de l'université Carleton et je suivais assez activement plusieurs newsgroups. Mais l'avènement du web rendait encore plus concret le fait qu'en temps que citoyen du monde, j'avais droit (le devoir?) de parole, et j'avais le droit de décider qui je voulais écouter, quand je voulais l'écouter. Les limites exigées par les médias traditionnels à sens unique (TV, radio, journaux, revues...) étaient brisées. Dorénavant, je devenais moi-même un média. Je mis en ligne Au fil de mes lectures, pour partager mon amour de la citation.

Cinquième jouissance, multiple aussi. Au GRMS autour de 1996. J'ai assisté à un atelier de Gérald St-Amand sur Cabri-Géomètre. J'étais complètement sonné. Je suis parti en croisade (en choisissant CyberGéomètre plutôt que Cabri), car je trouvais (et trouve toujours ) absolument inconcevable que nos élèves n'aient pas en permanence un tel outil dans leurs bagages. 10 ans plus tard, on trouve les blogues, les wikis, les sites web dynamiques, les folksonomies, etc.

Et pourtant...

J'en ai parlé ici, l'intégration des TIC est un échec lamentable. Je ne répéterai pas mon message, mais peu d'intervenants sont venus me contredire. Et presque tous s'accordent pour dire qu'il reste énormément de travail à faire. À cet égard, l'exemple des difficultés à se brancher au MELS est frappant. Avec mon ordinateur, je suis comme un enfant : je ne cesse d'apprendre. En m'empêchant d'utiliser mon outil, le MELS limite ma réussite. Exagération! me lancerez-vous. Nenni. Réalité. Et quiconque a vraiment compris toute la puissance de l'intégration des TIC à notre vie ne peut empêcher un humain d'accéder à ladite puissance. Notre rôle n'en est-il pas un de facilitateur? Et le rôle de nos supérieurs n'en est-il pas un aussi de facilitateur? Devenir ce que l'on est ne s'arrête pas après les heures d'école ou aux limites d'une commission scolaire : c'est le travail d'une vie.

Cette valeur (l'intégration des TIC contribuant significativement au succès des élèves) est-elle partagée dans notre réseau RÉCIT ? C'est à vous, chers collègues, d'y répondre. Mais si, comme je le suppose, elle l'est, alors gardons-la toujours présente à notre esprit, et, peut-être surtout, dans notre âme.

Si cette valeur est partagée par tous les intervenants du réseau, cela implique que nos décisions et nos interventions n'en sont pas seulement colorées, mais sont assises solidement sur ce fondement.

Si cette valeur est partagée, ne la limitons pas à notre bureau, notre établissement, nos écoles, notre cs. Propageons-la tout autour de nous, à chaque moment de notre vie professionnelle. Partageons-la avec qui veut bien nous écouter et éloignons-nous des autres. Et combattons, même au risque de paraître impertinents, tout ce qui la mine.

lundi 12 février 2007

Réseauter ou résôter

Sur la liste privée du Récit, ce message d'un collègue (j'ai eu sa permission de reproduire son texte) :
Comme plusieurs le savent, il ne nous est pas facile de se brancher sur Internet avec notre ordinateur dans les édifices du MELS soit sur Marie-Guyart à Québec ou au Fullum à Montréal ainsi que dans les bureaux des Directions régionales. Règle générale, nous ne sommes pas autorisés à nous servir de nos ordinateurs; on nous demande d'utiliser plutôt un portable d'un cadre travaillant à l'établissement dont l'appareil est configuré pour le proxy du MELS.
J'ai dû faire face à cette situation à plusieurs reprises et je trouve ça très frustrant.
J'ai donc téléphoné au responsable de la gestion du réseau au MELS [...]
Le but de mon appel était de leur faire comprendre qu'il était inacceptable que nous (personnes-ressources du RÉCIT) ne puissions pas nous brancher avec nos propres appareils lorsque nous faisons des représentations ou présentations dans les différents bureaux du Mels.
Voici ce que j'ai appris :
Sur Fullum à Montréal ou sur Marie-Guyart à Québec : Il est possible d'utiliser son portable à la condition d'aviser d'avance afin qu'un technicien vérifie que le portable en question n'ait pas de virus. Une fois notre ordi vérifié (on me dit 10 minutes) le technicien peut configurer le proxy pour nous autoriser à entrer sur le web avec notre équipement. Soucis de sécurité et de ne pas contaminer le réseau du MELS.
Dans les bureaux des Directions régionales : À Québec sur Route de l'Église, ils ont installé un fournisseur web (réseau parallèle à celui du MELS) qui nous permet de nous connecter sur le web avec nos ordinateurs.
Ailleurs, dans les DR des autres régions, il semble que ce ne soit pas si simple. Selon mon expérience, dans plusieurs DR, il n'est pas possible de se brancher sur le web avec nos ordinateurs. On doit prendre un ordinateur de quelqu'un d'autre qui travaille dans la bâtisse.
Toutefois, la coordonnatrice m'a dit que s'il y a une demande de notre part, cela justifierait des ressources pour former quelqu'un dans chaque établissement de DR pour vérifier nos ordinateurs et nous autoriser à entrer sur le web.
C'est ce que j'appelle un aberration. Notre outil de travail, à nous, animateurs du RÉCIT, c'est notre portable. Or si pour toutes sortes de raison nous nous trouvons dans un édifice du Ministère de l'Éducation, on ne peut qu'avec grande difficulté se brancher sur le web avec notre ordinateur. Pourtant, que je sois à l'une des quatre commissions scolaires voisine, je n'ai jamais eu aucune difficulté à me brancher sur Internet.

Que répondre au technicien qui nous envoie des argumentaires types virus ? Ce technicien utilise sans doute un outil déjà présent sur le réseau pour détecter un virus. S'il trouve effectivement un virus, n'est-ce pas au réseau de prendre les mesures adéquates pour rejeter cette machine ? Et s'il ne trouve pas de virus, cela signifie-t-il qu'il n'y en a pas sur l'ordinateur ? Peut-être que cette machine vient d'être infectée par un tout nouveau virus non encore détectable par les antivirus? Auquel cas, ce technicien frileux brancherait tout de même la machine au réseau et risquerait d'y amener la catastrophe du siècle. Je me demande d'ailleurs comment cette personne s'y prendrait pour vérifier mon portable Ubuntu...

Et que dire qu'à Québec, à l'édifice sur la Route de l'Église, mes taxes payent un fournisseur privé pour que les visiteurs puissent se brancher sur le web. Bien entendu, je préférerais que mes taxes servent à payer des techniciens un peu plus habiles à gérer leur propre réseau. On éviterait ainsi la formation d'une autre personne (par bâtisse, je suppose) dont le travail serait de contrôler les machines des visiteurs.

Alors qu'on peut se brancher très facilement sur le web dans une foule de lieux publics (hôtels, bibliothèques, etc.) il demeure tout à fait insensé qu'on empêche des éducateurs de le faire naturellement dans les locaux du Ministère de l'Éducation.

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