Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 8 janvier 2008

Gestion de fichiers

On trouve parfois des applications qui économisent énormément de travail. FileThingie en est une. Écrite en PHP et ne nécessitant aucune base de données, l'application permet à un administrateur de télécharger des fichiers sur le web.

Un exemple d'application ? Dans ma cs, on rend disponible le recueil de gestion pédagogique. Évidemment, je ne veux pas m'occuper de gérer la chose. Cette application permet donc à une responsable administrative du service de s'en occuper de manière autonome.

La traduction française ne fonctionne actuellement pas très bien, car le javascript ouvrant la possibilité de renommer, supprimer, etc., semble dépendant de certaines mots anglais utilisés dans le texte. Un peu de triturage dans l'unique fichier de l'application devrait régler le problème. Vive le PHP !

vendredi 4 janvier 2008

Hasbro et Cranium

Selon cette dépêche, Hasbro, l'une des plus importantes compagnies de jeux et de jouets au monde, ferait l'acquisition de Cranium.

Ça bouge beaucoup dans le monde ludique.

mercredi 2 janvier 2008

California et Hansa

California s'apprend très facilement. Le but du jeu consiste à construire le plus beau manoir californien. Par ce faire, on amasse de la monnaie, on choisit des pièces rénovées et de l'ameublement. La partie de joue en 12 tours qui, somme toute, se déroulent très rapidement. En 45-60 minutes, on a un gagnant ! Et puis, il est toujours assez comique de voir les voisins passer d'un manoir à l'autre en apportant de petits cadeaux.

California de Michael Schacht est publié chez Abacusspiele.


Hensa, du même auteur, est d'un autre genre. En suivant certaines routes de navigation, on doit vendre des marchandises dans des ports de la Baltique au 143 siècle. En une quinzaine de minutes, on comprend le mécanisme du jeu et on peut, sans problèmes, naviguer à notre aise. Une partie se déroule en 45 minutes et on peut jouer de 2 à 4 joueurs.
La seule faiblesse du jeu est son très grand déterminisme : on attend notre tour pour jouer des coups qui sont quasi évidents. Malgré cette faiblesse, j'aime bien, et je me suis bien amusé dans les trois parties que j'ai disputées.


Hansa de Michael Schacht est publié chez Abacusspiele.


Ces jeux, à moins de 25 $, ne sont pas dispendieux et trouveront certainement preneurs dans vos soirées ludiques. Ils sont disponibles chez Jeux-Triboulet, évidemment.

jeudi 27 décembre 2007

Factuxerie

Des tonnes de Tux à télécharger.

mercredi 19 décembre 2007

Une visite racontée

Sur le blogue de Fortrel, Nathalie et Alexandre podcastent leur visite chez Jeux-Triboulet !

Cela vous donnera certainement le goût de passer chez nous.

mardi 18 décembre 2007

Wiris

Lors d'une rencontre régionale, Charles Antoine a mentionné l'application web Wiris, une plateforme pour l'enseignement des maths. C'est en Java. Tout à fait extraordinaire ! À mettre de toute urgence entre les mains des enseignants et des élèves.

vendredi 7 décembre 2007

Kernan

Musique et cinéma réunis, s'ajoutant au pouvoir exceptionnel des images sur la vie intime, augmentent d'autant l'impact, auprès de la jeunesse tout spécialement, de ce qui pourrait être un grand art. Dans les faits toutefois, ainsi que le constate Alvin Kernan [In Plato's Cave, 1999] l'image télévisuelle est restée simplette : what you see is what you get. Cinquante ans de télévision n'ont pas rendu jusqu'à présent « un seul écrivain, ni même aucun directeur, célèbre - elle n'a fait que des stars. Ses oeuvres sont éphémères, vues un instant sur l'écran et puis, sauf pour les reprises, disparues pour toujours, jamais appelés à vivre de longues vies sur des rayons de bibliothèque. Sa substance est l'image visuelle et l'oralité, non le mot imprimé plus abstrait, et elle n'encourage dès lors pas la complexité intellectuelle - l'ironie, l'ambiguïté, le paradoxe - ni la structure élaborée des idées qui caractérise les livres imprimés. »
Thomas De Koninck, La crise de l'éducation, Fides 2007

dimanche 2 décembre 2007

L'ADIGECS se manifeste enfin

J'avais déploré le silence béat de plusieurs intervenants du scolaire, entre autres les directeurs généraux des CS, au regard des propos déplorables de notre Ministre de l'Éducation.

Mais l'ADIGECS (l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires) vient de faire parvenir une lettre à la Ministre dans laquelle l'association réaffirme haut et fort les principes du renouveau pédagogique. Une lecture que je vous suggère fortement. C'est ici. J'ai bien hâte de voir la réplique de Mme Courchesne.

Finkielkraut

Extrait d'une entrevue d'Alain Finkielkraut accordée au quotidien Le Devoir :
L.D. Vous avez entre autres une formation de professeur de français. Vous enseignez à l'École polytechnique, mais si vous exerciez votre profession auprès d'adolescents, au secondaire par exemple, que feriez-vous pour appliquer les idées arendtiennes ?

A.F. Je ferais ce que d'autres professeurs tentent déjà de faire. J'enseignerais la littérature.

L.D. À partir de quel âge ?

A.F. Il ne faut pas l'enseigner avant le collège, soit vers l'âge d'onze ou douze ans, même si on peut, dans l'enseignement primaire, leur faire toucher du doigt la beauté.

L.D. Apprendre certains poèmes et des fables, par exemple ?

A.F. Oui. Et par les dictées où se déploie une belle langue. Cela me fait penser à une phrase de Leo Strauss: « Les Grecs avaient une belle expression pour désigner la vulgarité. Ils l'appelaient apeirokalia : manque d'expérience des belles choses. » J'essaierais donc, si j'étais professeur dans l'enseignement secondaire, de donner à mes élèves l'expérience des belles choses. Pour cela, je devrais résister à cette espèce de relativisme culturel devenu dominant, qui consiste à dire que tout est opinion et que la beauté ne relève que du jugement subjectif. Non, le sens de l'enseignement, c'est de résister à ce que j'appelle l'absolutisme égalitaire. Il est très important, dans un monde toujours plus enlaidi, de donner très tôt aux élèves l'expérience des belles choses, de leur rappeler notamment que, demain, ils seront des travailleurs et des consommateurs mais qu'ils ne seront pas que cela.

vendredi 30 novembre 2007

Vive les formations !

Je reviens de la rencontre de formation des personnes ressources donnée par le MELS.

Découragement.

Imaginez une heure d'informations que 90% d'une salle de 600 participants connaissent déjà.

On se déplace ensuite, par petits groupes, vers notre atelier sur l'Écriture à l'école. On devait y apporter notre devoir qui consistait à représenter sur un support papier l'importance que prend l'écrit dans notre vie. À part le deux animatrices, je pense que seulement deux participants avaient fait ce devoir.

Ce dernier servant de brise-glace, on passa ensuite à l'activité. «Prenez 15 minutes rendre compte par écrit de votre engagement envers le renouveau pédagogique. Utilisez votre journal de bord pour ce faire (série de feuilles avec des cases à remplir).» On s'est tous docilement exécutés et on a "blablaé" le tout entre nous. Nous sommes ensuite passés à une autre activité du genre : «Voyez ce que les autres ont écrit à propos des traces écrites, et blablaez encore sur le sujet...».

Puis, petite vidéo avec Aline Buron qui nous conte fleurette sur le bulletin chiffré.

Dîner. (Ouf, je vais pouvoir faire un tour en librairie. J'ai d'ailleurs acheté le dernier Philippe Claudel, un magazine littéraire sur les grandes querelles en philosophie, le petit traité d'irrévérence et un recueil de citations compilées par Lucien Jerphagnon.) Retour en après-midi.

La tâche. «Imaginez que vous devez intervenir au niveau des plans d'intervention et de l'approche orientante, comment vous préparez-vous. Prenez quinze minutes pour écrire tout ça. Et discutez-en entre vous par la suite.»

J'ai réagi un peu en disant que je ne voulais pas cette tâche qui ne faisait pas sens pour moi. Malaise de l'animatrice qui prend 30 secondes pour me convaincre du bien-fondé de la tâche. Bon joueur, je la rassure en lui disant que ce n'est pas grave, que je comprends et que je ne m'opposerai pas à cette tache, et que je voulais juste manifester mon total désintéressement pour cette tâche complètement déconnectée de ma réalité.

Fin de la journée ? Pas tout à fait. Une des animatrices vint s'asseoir près de moi.

- Je peux vous parler quelques minutes.
- Certainement.
- Vous ne semblez pas trop heureux des tâches qu'on suggère.
- En effet.
- Pourquoi.
- Vous savez, c'est ma quinzième session, et c'est toujours la même chose, toujours l'approche classique. On nous dit quoi faire (ce qui se limite généralement à des cases à remplir sur des feuilles en couleur), on le fait, et on en discute ensuite entre nous. C'est vraiment passionnant.
- Vous savez qu'il y a des gens qui en sont à leur première session...
- Bien sûr. Mais dans notre salle, nous ne sommes même pas vingt, et vous n'arrivez pas à faire de la différenciation. Or différencier n'est-il pas une grande caractéristique du renouveau pédagogique? Si la chose semble impossible avec 20 participants convaincus, comment peut-on demander à des enseignants de le faire, eux qui ont souvent plus de 30 élèves dont certains très démotivés devant eux?
- Vous avez des suggestions?
- Nous permettre de construire ensemble. Il y a actuellement des moyens technologiques qui peuvent nous aider : les Spip, les wikis, les blogues.
- Vous savez qu'il y a une salle où l'atelier se déroule avec un wiki.
- Oui, je sais.
- C'est une première tentative. Il faut bien commencer quelque part.
- Mais les wikis fonctionnent déjà depuis des années ! Pourquoi diable faire un essai??? Vous êtes tellement lents, au MELS.
(Mes lecteurs savent très bien que je ne crois pas aux petits pas.)
- Tous les animateurs se rencontrent tantôt. J'apporterai vos préoccupations.

Je souris et terminai la conversation en assurant l'animatrice que je n'avais pas l'intention de faire obstruction aux ateliers.

Lendemain.

Excellente conférence de M. Diet sur la place de l'écriture en éducation. Une heure plus tard, reprise des activités sur le même modèle que la veille.

Au début de mes participations, je me faisais un devoir de remplir l'évaluation de la session. Mais depuis le temps, je me suis bien aperçu qu'on ne les lisait pas...

Des suggestions pratiques ? J'en ai quelques-unes :

1- Exiger que tous les participants apportent leur portable.
2- Ne plus distribuer de papier, mais mettre tous les documents sur support électronique seulement.
3- Faire l'effort de différencier dans les ateliers de manière à permettre à tous les participants d'apprendre quelque chose.
4- Offir un menu varié où les animateurs auraient du jeu. Actuellement tout le monde fait la même chose en même temps. Les formations du MELS sont une espèce de Wal-Mart de l'éducation avec un seul choix en magasin et une gang de vendeurs mal à l'aise avec le produit.
5- Permettre aux gens de coconstruire à partir de leurs intérêts communs.
6- On peut tous lire, donc éliminons les points d'informations plates à 600 personnes où la moitié de la salle dort. Que la session en soit une de formation et non d'informations.

Jamais le MELS ne suivra mes suggestions. Voici ce que probablement il répondrait aux points ci-haut :

1- Leur portable? Mais TOUS les participants n'en ont pas nécessairement un alors que l'hôtel fournit les crayons pour tous...
2- Documents sur support électronique seulement? Mais la plupart des gens sont encore papier. Il ne faut pas les frustrer...
3- Différencier? Qu'ossé-ça? On doit amener tout le monde au même niveau : voilà notre rôle. Le meilleur moyen de s'en assurer est de faire tous la même tâche en même temps.
4- Un menu varié ? Cher monsieur Jobin, si vous saviez comme nous avons de la misère à trouver une seule idée originale...
5- Coconstruire. Ben voyons donc ! C'est nous, au MELS qui avons la vérité... Soyez heureux qu'on vous la distribue... Il suffit de remplir les petites cases pour la voir émerger.
6- Mais ces rencontres en grand groupe sont nécessaires pour que tous les conseillers pédagogiques qui n'ont pas eu le temps de lire ce qu'on envoie puissent au moins l'entendre ici.

Ma conclusion ? Le MELS est le pire exemple à donner au niveau d'une pratique du renouveau pédagogique. J'ai l'impression qu'il devrait trouver des spécialistes en pédagogie (je parle de la pédagogie associée au Renouveau) pour organiser ces formations. Le MELS écrit les programmes, mais je ne suis pas sûr qu'il les comprenne.

En terminant, si jamais les gens du MELS me lisent, ce billet n'est-il pas un bel exemple de trace ?

lundi 26 novembre 2007

Le feu par le feu

« Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercice de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte, et l'habitude de ne pas réfléchir par le calme renfort d'une raison strictement limitée à l'objet qui nous occupe, ici, maintenant, dans cette classe, pendant cette heure de cours, tant que nous y sommes.
[...]
La conviction m'est restée qu'il fallait parler aux élèves le seul langage de la matière que je leur enseignais. Peur de la grammaire ? Faisons de la grammaire. Pas d'appétit pour la littérature ? Lisons ! Car, aussi étrange que cela puisse vous paraître, ô nos élèves, vous êtes pétris des matières que nous vous enseignons. Vous êtes la matière même de toutes nos matières. Malheureux à l'école ? Peut-être. Chahutés par la vie ? Certains, oui. Mais à mes yeux, faits de mots, tous autant que vous êtes, tissés de grammaire, remplis de discours, même les plus silencieux ou les moins armés en vocabulaire, hantés par vos représentations du monde, pleins de littérature en somme, chacun d'entre vous, je vous prie de me croire. »
D. Pennac, Chagrin d'école, pp. 124-126.

dimanche 25 novembre 2007

Pensée pour moi-même

Le bulletin scolaire est une arnaque pédagogique.

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