Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

lundi 16 juillet 2007

En voiture !

Petite excursion en train à vapeur, en ce beau dimanche de juillet.





samedi 7 juillet 2007

Miscellanées 7

Si j'avais des sous (plus de 1000$ la licence), j'achèterais Mathematica 6. Je sais qu'en mettant un outil pareil entre les mains des élèves, on transformerait leur vision des mathématiques. Si j'étais au gouvernement, je débloquerais des sommes pour engager des programmeurs qui développeraient un clone libre de ce logiciel.


Trouvé sur ce forum : « Ici au Québec, on a un beau pays, il est juste mal isolé. »


« Simple things should be simple, complex things should be possible » - Alan Kay


Je ne connais pas la source, mais c'est une belle citation : « On n’a pas inventé l’ampoule en améliorant la bougie ! »


Dure, dure cette critique de l'Express Livres.


« L’autodidaxie, recouvre la démarche pédagogique qui consiste à assurer soi-même l’acquisition de connaissances choisies en principes hors des systèmes éducatifs, donc sans enseignant. Elle représente les apprentissages par soi-même sans la présence d’un professionnel de la formation. L’autodidaxie se révèle un mode d’apprentissage existentiel ou cognitif dans lequel le sujet social apprenant conserve toute la responsabilité sur son action formative. » LE LEUR, G. 1998. Les nouveaux audidactes. Néoautodidaxie et formation. Québec, Les Presses de l’Université Laval ; Lyon, Chronique Sociale.
Définition trouvée ici.


Excellent billet chez Affordance.info sur ce que l'on sait des réseaux sociaux.

07-07-07

La superstition porte malheur.
Paul Carvel, Jets d'encre (46), Éd. Laetoli, 2000.

Les superstitions sont à la religion ce que la fable est à la poésie.
Joseph Joubert, Carnets t.1, p.171, nrf/Gallimard, 1994.

Les histoires personnelles, outre qu'elles se passent, disent-elles aussi quelque chose ? Malgré tout mon scepticisme, il m'est resté un peu de superstition irrationnelle, telle cette curieuse conviction que tout événement qui m'advient comporte en plus un sens, qu'il signifie quelque chose ; que par sa propre aventure la vie nous parle, nous révèle graduellement un secret, qu'elle s'offre comme un rébus à déchiffrer, que les histoires que nous vivons forment en même temps une mythologie de notre vie et que cette mythologie détient la clé de la vérité et du mystère. Est-ce une illusion ? C'est possible, c'est même vraisemblable, mais je ne peux réprimer ce besoin de continuellement déchiffrer ma propre vie.
Milan Kundera, La plaisanterie, trad. Marcel Aymonin rev. par Claude Courtot et Kundera, p.247, Folio n°638)

La superstition [...] porte quelque image de pusillanimité.
Michel de Montaigne, Essais 2.1, p.21, Folio n°290.

[...] la vénération est une superstition de la nature humaine, dont le seul but est d'asservir les hommes.
Rabindranath Tagore, À quatre voix, trad. Madeleine Rolland, p.90, Éd. Rombaldi , 1961.

Un argument se discute, une superstition ne se discute pas.
Amin Maalouf, Le Périple de Baldassare, p.79, Livre de Poche, n°15244.

[...] le propre d'un conseiller est de réduire ses risques de se tromper afin d'assurer sa clientèle. Or ce qui minimise le risque, c'est la norme. Lorsqu'on a oublié les traditions qui sont à l'origine des codes, la communauté ne tient plus que par la superstition et la tyrannie de la norme.
Pascal Jouxtel, Comment les systèmes pondent, p.278, Éd. Le Pommier, 2005.

Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
Voltaire, Lettres philosophiques, p.85 Éd. Garnier-Flammarion n° 15.

Nous sommes tous prisonniers du système scolaire, si bien qu'une croyance superstitieuse nous aveugle, nous persuade que le savoir n'a de valeur que s'il nous est imposé, puis nous l'imposerons à d'autres - production et reproduction du savoir.
Ivan Illich, Une société sans école, trad. Gérard Durand, p. 85, Éd. du Seuil, coll. Points n° 117.

O superstition ! tes rigueurs inflexibles
Privent d'humanité les coeurs les plus sensibles.
Voltaire, Mahomet (Zopire), acte 1 sc. 2, p. 230, in Théâtre de Voltaire, Garnier-Frères.

mercredi 4 juillet 2007

Réalité

Chaque jour, l'élève pénètre, qu'il le veuille ou non, dans un prétoire où il comparaît devant ses juges sous l'accusation présumée d'ignorance. À lui de prouver son innocence en régurgitant à la demande les théories, règles, dates, définitions qui contribueront à sa relaxation en fin d'année.
L'expression « mettre en examen », c'est-à-dire procéder, en matière criminelle, à l'interrogatoire d'un suspect et à l'exposition des charges, évoque bien la connotation judiciaire que revêt l'épreuve écrite et orale infligée aux étudiants.
Nul ne songe ici à nier l'utilité de contrôler l'assimilation des connaissances, le degré de compréhension, l'habileté expérimentale. Mais faut-il pour autant travestir en juge et en coupable un maître et un élève qui ne demandent qu'à instruire et à être instruit ?
Raoul Vaneigem, Avertissement aux écoliers et lycéens, p.31, Mille et une nuits, n°69.

dimanche 1 juillet 2007

La fin de l'alphabet

La fin de l'alphabet de C. S. Richardson est un bijou. Je suis tombé dessus au hasard de ma dernière visite chez le libraire, alors que je ne désirais, finalement, que flâner parmi les livres.

L'auteur est directeur du département graphique de la maison d'édition Random House à Toronto et ce petit livre de 150 pages est son premier roman.

Et quel roman ! À classer tout près de La petite fille de M. Linh (P. Claudel) ou Isabelle Bruges (Bobin) ou Ensemble c'est tout (Gavalda) ou encore Effroyables jardins (Quint).

Pour vous donner un peu le goût, la quatrième de couverture est ici. Je n'en dis pas plus car je parle très mal des livres, mais courez vite l'acheter à la librairie du coin.

Mat en ?

Dans un problème d'échecs, il faut toujours imaginer Dieu affrontant Dieu. Autrement dit, on assume que les joueurs jouent parfaitement bien.

Cela posé, voyez la position ci-contre.

Les Blancs sont au trait. Il ne fait pas de doute qu'ils gagneront facilement la partie. La question est cependant de savoir le nombre minimum de coups nécessaires pour mater l'adversaire. Évidemment, je m'attends aussi à ce que vous me donniez la séquence de jeu.

Ça, c'est le premier problème.

Le second est pour vous exercer à chercher sur le web. Qui a inventé ce problème ?

vendredi 29 juin 2007

Premier exercice C.a.R Metal

En essayant de comprendre comment créer des exercices dans CaRMetal, j'ai pondu celui-ci qui est, ma foi, très très simple.

Il faut construire, à l'aide des outils donnés, le centre du cercle. Il est en orange dans la figure. En réussissant, un beau bravo sera affiché à l'écran. Super, non?

Si votre géométrie est un peu loin, sachez que la médiatrice d'une corde passe toujours par le centre du cercle.

lundi 25 juin 2007

CalculeNote

Ce petit utilitaire (rien de bien fancy) permet de calculer les notes sur les bulletins des élèves de deuxième secondaire. Idéal pour les enseignants qui aimeraient bien avoir une petite idée des notes associées aux évaluations des compétences, et pour les parents qui désirent vérifier le calcul affiché pour les disciplines sur le bulletin de leur enfant.

En terminant, ce n'est pas parce que j'ai programmé ce bidule que je suis en accord avec une note associée aux compétences. En fait, je trouve cela plutôt ridicule. Mais ce billet m'aura au moins permis de le dire !

Mesurer l'amélioration

Johnny Hart

dimanche 24 juin 2007

Egloff, Chapelan et Du Ryer

Plus de 80 citations ajoutées cette semaine Au fil de mes lectures.

De Joël Egloff, « Les Ensoleillés, c'est l'histoire de ceux qui ont tant de mal à être au rendez-vous » lit-on en quatrième de couvreture. Et le livre, c'est exactement cela. Aussi à lire de cet auteur son Edmond Ganglion & fils. C'est chez Folio, c'est pas cher.

J'avais déjà parlé ici de Lire et Écrire de Maurice Chapelan. Chapelan est né en 1906. Mais saurez-vous trouver sa date de décès (s'il est bien décédé!). Sur mon site, j'ai inscrit 1992. Cependant, j'avoue n'en être absolument pas certain. De tous mes livres, seul Jérôme Duhamel dans Dictionnaire des citations du XXe siècle et dans La passion des livres mentionne cette date. Or j'ai parfois trouvé des erreurs dans les bouquins de ce monsieur.

J'ai donc parcouru le web, mais encore là, peu de sources fiables.

J'ai effectué une recherche à la Bibliothèque Nationale de France, la Bibliothèque Nationale du Québec et la Library of Congress. Tous les catalogues donnent bien 1906 en naissance, mais ils sont tous silencieux sur la date de sa mort. Sur un site espagnol, on indique qu'il serait mort le 14 mars 1992, mais comment s'y fier ? Toujours est-il que si vous avez une bonne référence qui me confirmerait cette date, j'apprécierais bien que vous me la fassiez parvenir !

Finalement, j'ai aussi lu cette semaine une pièce de Pierre Du Ryer, auteur du XVIIe siècle. Les Vendanges de Suresnes est une comédie légère. On y trouve cependant, autour de l'amour, les mêmes préoccupations qu'aujourd'hui. Ce que j'aime bien dans ces vieilles pièces de théâtre, ce sont les tournures de phrase parfois exquises. Par exemple :

L'ingrate me condamne à mourir dans la flamme
Que l'éclat de ses yeux alluma dans mon âme.


Ou encore, pour bien indiquer à l'amour de votre vie combien son absence vous fait mal, il suffit de lui lancer un :

Mon enfer est partout où ta beauté n'est pas.

Il faut, évidemment, la dire en ayant l'air sincère, et alors vous ferez un hit, c'est certain. Dans le vers original, on trouve sa au lieu de ta, mais vous pouvez certainement vous permettre des écarts de ce genre. Après tout, il n'est nul besoin de lui dire que ce n'est pas de vous !

Pour ceux d'entre vous curieux de connaître le temps nécessaire à une telle mise à jour d'Au fil de mes lectures, disons que cela m'a demandé un gros quatre heures sans interruption. Il faut en effet :
  • transcrire tous les extraits dans un fichier ;
  • imprimer les citations pour les corriger manuellement ;
  • recorriger le fichier avec Antidote ;
  • numériser la jaquette des livres ;
  • monter tout ça dans ma base de données locale ;
  • refaire une vérification sur mon serveur local ;
  • transférer le tout sur Internet.
Voili-voilà !

vendredi 22 juin 2007

Que lire à 15 ans?

La lecture est une expérience sensible qui se situe dans le monde réel, où on s'expose à des blessures, où l'âme subit des lésions. Une phrase qu'on lit peut être une semence qui pousse. Soudain de manière imprévisible, elle s'ouvre à elle-même et déchire le sol où elle est tombée au hasard du vent et peut-être de la chance.
Pascal Quignard, Les Paradisiaques, 2005


Cette semaine, mon collègue conseiller pédagogique en français m'a demandé ce que je suggérerais à des jeunes de 13-15 ans qui n'aiment pas vraiment lire. « Ce doit être des auteurs francophones non québécois car nous avons déjà une bonne liste de ces derniers. » m'a-t-il lancé.

Suggérer des lectures m'est toujours difficile : la lecture étant un plaisir intime, comment ne pas se sentir violé lorsque ces choix sont critiqués ou désavoués?

L'autre problème est relié au plaisir de la lecture à l'école. Je vois tant de gens qui n'aiment pas lire. Pas seulement des élèves : j'inclus aussi les intervenants du monde scolaire. Donc, remettre une liste à un enseignant qui n'éprouve pas le plaisir de la lecture et qui ne connaît pas les auteurs suggérés, ou qui, envers certains, est rempli d'un triste préjugé (quels sont vos sentiments en voyant Hugo ou Zola?) m'apparaît comme un grand risque. Je sens que cela paraît très bien, promouvoir la lecture, mais, dirait-on, à la condition qu'on n'ait pas soi-même à lire.

Et puis, il a aussi tout ce monde de la catégorisation. Qu'est-ce qu'un lecteur à 15 ans? La lecture n'est pas une question d'âge, c'est une question de sensibilité. Le rôle de l'enseignant est de suggérer une panoplie de lectures possibles. Pour cela, il faut soi-même avoir beaucoup lu pour pouvoir parler des livres. Sinon, cela demeure un exercice bidon, comme on en vit tant dans nos écoles.

Malgré tout, j'ai pris une petite demi-heure, passant rapidement au travers de mes auteurs sur Au fil de mes lectures pour lui proposer quelques titres.

Barjavel. Soit Ravage ou La nuit des temps ou encore Le Voyageur imprudent. C'est de la bonne SF française.

De C. Bobin, Isabelle Bruges. Cela constituerait d'ailleurs une belle lecture à haute voix que l'enseignant pourrait faire en classe.

P. Cauvin : Pythagore je t'adore.

Et puis, il faut lire La petite fille de M. Linh de Philippe Claudel.

A. Dhôtel avec Le pays où l'on arrive jamais.

Folco. Dieu et nous seuls pouvons. Imaginons un enseignant qui en fait la lecture à ses élèves, une demi-heure par jour...

Fermine avec Neige ou l'Apiculteur.

Gougaud et son Bélibaste.

Les polars de Grangé.

On dira ce qu'on voudra, mais il faut lire V. Hugo. Suggérons L'homme qui rit.

Les Rouletabille de Gaston Leroux.

Mingarelli avec, par exemple, La dernière neige.

Orsenna avec La grammaire est une chanson douce.

Toutes la série des Kamo de Pennac. Ses Malaussène aussi, évidemment.

La joueuse de go de Shan Sa.

Van Cauwelarert avec La vie interdite ou encore L'éducation d'une fée.

Les polars de F. Vargas.

Il serait sans doute pertinent de cibler un ou deux Jules Verne et, pourquoi pas, des nouvelles de Zola.

Ces livres doivent être présentés aux élèves. Et pour cela, il faut les avoir lus soi-même pour pouvoir en parler. Cette liste est donc ma liste, celle que je n'hésiterais pas à vendre aux élèves.

mardi 19 juin 2007

Andropause ?

J'allais répondre à ce billet, mais comme ma réponse est un peu longue, je préfère en faire un billet d'humeur. Il est ici question de cet article.

D'abord, je n'ai jamais entendu parler de la formation offerte aux enseignants par le MELS. Mais si c'est pour
[...] rendre les jeunes habiles avec les ordinateurs à travers leurs cours, que ce soit pour la recherche, le courrier ou la transmission de documents [...]
franchement, on repassera. À peu près tous les élèves du troisième (voire deuxième) cycle du primaire de ma commission scolaire sont capables de faire ça.

Ce dont j'ai bien hâte, c'est que les DSE des CS prennent la parole au lieu des directeurs de services informatiques... Mais ça ne semble pas être pour demain.

La grande, très grande question à se poser est la suivante : « En quoi nos élèves apprennent-ils mieux en intégrant les TIC ? », et je renvoie M. Hudon, et tous les DSI (lisent-ils les blogues ?) à mon billet écrit en janvier dernier.

Désolé, mais j'en ai un peu marre qu'on fasse la une avec des lieux communs pareils. Comme si M. Hudon dévoilait le mystère des TIC à l'école. Nous sommes en 2007, mais j'entends toujours un discours-ustensile.

Quand on dit que les TIC permettent aux élèves d'exploiter leur créativité, je me demande bien ce que M. Hudon a en tête. On peut faire des arts sans les TIC, on peut faire de la musique sans les TIC, et on peut faire de la vidéo sans les TIC... La créativité n'est pas dans les technologies, elle est dans le cerveau des gens.

Pour qu'une intégration des TIC soit réussie, il faut qu'elle transforme la manière de penser de l'utilisateur. Un cerveau connecté, voilà ce qui devrait se passer. Lire ce billet de George Siemens dont cet extrait est fort parlant :
It's the change underlying these tools that I'm trying to emphasize. Forget blogs...think open dialogue. Forget wikis...think collaboration. Forget podcasts...think democracy of voice. Forget RSS/aggregation...think personal networks. Forget any of the tools...and think instead of the fundamental restructuring of how knowledge is created, disseminated, shared, and validated.
C'est la fin de l'année scolaire. Nos élèves deviendront-ils de meilleurs apprenants en 2007-2008 ? Avec des discours à la DSI (où l'on pense que l'ordinateur est un outil miracle pour produire de la motivation scolaire), j'ai bien peur que non.

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