Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 7 septembre 2007

New Baricco

Wow, je viens d'apprendre que Baricco publie un nouveau livre en cette rentrée littéraire 2007.
Anticipation d'un pur plaisir...

Qui suis-je?

Énigme composée par Claude-Carloman de RULHIÈRE (1735-1791), historien de la Russie et de la Pologne.

Devine-moi, lecteur, je suis dans l'univers,
Sans paraître en Europe, en Asie, en Afrique,
Encore moins en Amérique;
Si tu veux refuser, doublement je te sers
Et doublement encore lorsque quelqu'un te donne;
Sans être en Portugal, je me trouve à Lisbonne,
Toujours dans les prisons et jamais dans les fers;
J'occupe le milieu du monde,
Mais par un contraste nouveau,
Je nage dans le sein de l'onde
Et je fuis toujours l'eau.

samedi 1 septembre 2007

L'improbable

Assurément, voilà un livre que je vais commander. Comment je l'ai découvert ? En lisant ce matin ce très bon résumé de Thierry Crouset dont je retiens la phrase :
Taleb (l'auteur du livre) ne cesse de donner des raisons, souvent mathématiques, pour ne plus s’informer mais préférer se cultiver.

vendredi 31 août 2007

On s'en fout

J'ai assisté hier à la conférence de Sylvain Boudreau (moi.inc). C'était dans le cadre de la journée d'accueil à la commission scolaire.

Évidemment, c'était pour nous charger d'énergie positive, en ce début d'année.

Évidemment, c'était pour nous dire que si on est bien dans notre peau, alors on fait un meilleur travail.

Évidemment, c'était pour nous indiquer que le travail avec le sourire, même quand c'est pas drôle, voilà l'attitude à avoir.

C'était aussi pour nous bien faire comprendre que TOUT LE MONDE SE FOUT DE TOUT LE MONDE.*

Évidemment, c'était pour nous dire qu'on a deux pitons : le on (Yé ! tout le monde est beau, tout le monde il est gentil, Yé, vive le travail.) et le off (maudit que c'est plate, qu'ossa donne?, etc.)

Mais surtout, je pense, c'était pour nous dire que si on n'est pas capable de donner l'illusion du bonheur au travail, le boss aimerait bien qu'on crisse notre camp...

Oups, je vais mettre mon bouton « on »...


* L'exemple donné par Boudreau était frappant. Dans un restaurant, vers les 13 h, avant de commander, il demande à la serveuse comment elle va. Elle lui répond qu'elle a eu une heure du dîner rushée, et qu'elle est fatiguée. Réponse du conférencier. « On s'en fout. Fais ta job, c'est tout ce qu'on te demande. » S'il s'en fout, faudrait peut-être pas qu'il lui demande si elle va bien...

lundi 27 août 2007

L'art de l'appropriation

On n'appartient qu'à soi-même et c'est à soi-même qu'on doit la fidélité la plus importante.
Robert Blondin



On me demandait récemment mon avis sur une politique d'une CS qui exige que tout ce qui se publie sur un site d'école par des enfants ou des enseignants devienne propriété de la commission, c'est-à-dire que le droit d'auteur appartienne à ladite CS.

La commission a sans doute ses raisons de procéder ainsi, mais j'avoue que je trouve la chose aberrante. Imaginez un enfant qui expose ses oeuvres dans la galerie virtuelle du site de son école. L'oeuvre devient alors la propriété de la cs. Idem pour un texte écrit par un enfant. R_I_D_I_C_U_L_E.

Comme cela va à l'encontre de mes valeurs profondes, je suggérerais à cet enfant de s'ouvrir, avec l'aide de ses parents, son propre site web.

Une telle politique de cs est la manière idéale de dire aux enseignants de ne pas faire de site scolaire. Ce qui, évidemment, fait l'affaire des services informatiques : moins de sites, moins de problèmes...

Les TIC scolaires en 2007-2008 ? Bof !

samedi 25 août 2007

Comme au premier regard

Voyages

Moi aussi
comme les peintres
j'ai mes modèles


Un jour
et c'est déjà hier
sur la plate-forme de l'autobus
je regardais les femmes
qui descendaient la rue d'Amsterdam
Soudain à travers la vitre du bus
j'en découvris une
que je n'avais pas vue monter
Assise et seule elle semblait sourire
À l'instant même elle me plut énormément
mais au même instant
je m'aperçus que c'était la mienne
J'étais content.
Jacques Prévert, Histoires, Folio °119, p.233


Bonne fête ma chérie !

jeudi 23 août 2007

Quant ça pue...

Il règne toujours une odeur spéciale dans les endroits où la police est passée [...]. Chaque métier laisse des traces olfactives.
Henning Mankell, Le retour du professeur de danse, trad. Anna Gibson , p.53, Seuil/Policiers, 2006

mardi 21 août 2007

La Touche

« Où l'innocence périt, c'est un crime de vivre. »

On a quelquefois de ces obsessions dont on doit absolument se délivrer. Cette citation, ou plutôt la recherche de son origine obscure est de cette catégorie.

Le web ne nous avance pas tellement. Via Google, on apprend que H. Heine cite l'extrait dans son Memoiren. Heine cite la phrase en français, mais j'avoue n'y comprendre pas grand'chose au contexte amenant Heine à la citer. Il n'en mentionne pas la source.

Alors, d'où provient cette phrase ? Si vous fouillez dans le très sérieux Dictionnaire de citations chez Robert, vous n'en trouverez aucune trace. Rien non plus chez Dupré (Encyclopédie des citations, 1959) ou l'excellent Guerlac (Les citations françaises, 1931). Silence encore très éloquent dans les quatre recueils de Genest (Où est-ce donc - 2 vol.; Les citations françaises - 2 vol.) Et dans le Grand Robert, aucune citation de La Touche.

Mais... mais... Léonard Gallois la donne dans son Citateur dramatique (5e édition, 1829). Or Gallois l'attribue à Guimond de La Touche (1723-1760) dans sa pièce Iphigénie en Tauride, acte 1, scène 5. C'est d'ailleurs en voulant vérifier la référence donnée par Gallois qu'a débuté mon obsession.

Je possède cette pièce et n'ai trouvé nulle trace de cette citation à l'endroit donné. De plus, j'ai pris très souvent ce cher M. Gallois en flagrante erreur de transcription ou d'attribution... Pourtant, il me semble que cette phrase pourrait très bien se trouver dans une Iphigénie, cette pauvre sacrifiée pour plaire aux dieux.

Que faire ?

Une stratégie, souvent efficace, consiste à utiliser Google books, car, voyez-vous, on y trouve des milliers de livres numérisés en PDF avec la possibilité d'y rechercher du texte.

J'entre donc la phrase en question mais, tristement, Google ne trouve rien, sinon l'extrait, pas même visualisable, du Gallois.

Je décide donc de modifier un peu la recherche et j'y entre tout simplement c'est un crime de vivre, et, ô joie! je tombe justement sur la pièce de La Touche, scène 5 !!! En retournant dans ma version papier, je constate que les deux actes ne correspondent pas. La Touche, pourtant mort assez jeune, aurait-il écrit deux versions de sa pièce ? Or j'ai bien retrouvé dans ma version la dizaine de citations extraites de cette pièce données par Gallois dans son livre. De plus, dans la numérisation GOOGLE, ce n'est pas innocence qui est dans le vers, mais bien innocent! Heine aurait mal transcrit le vers, à moins qu'il n'ait pris sa référence dans ledit Gallois !?

En observant un peu plus la version de Google, je m'aperçois qu'il manque plusieurs pages : la fin de l'acte 1 et le début de l'acte 2... Le vers se trouve donc à l'acte 2 et non l'acte 1. Ce qui est bien confirmé dans mon propre livre.

Gallois avait donc deux erreurs : acte erroné et un mot modifié. Donc :

« Où l'innocent périt, c'est un crime de vivre. »
Guimond De La Touche, Iphigénie en Tauride, acte 2, sc. 5 dans une réplique d'Iphigénie.

vendredi 17 août 2007

Bribe : Freire

[...] our task il not to teach students to think - they can already think - but to exchange our ways of thinking with each other and look together for better ways of approaching the decodification of an object.
Paulo Freire, cité par Marilyn Frankenstein dans Rethinking Mathematics.

mercredi 15 août 2007

Bonne fête Aurélie!

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.
Khalil Gibran.


Aurélie, ma p'tite dernière, a vingt ans aujourd'hui.

J'ai trois merveilleuses enfants. Andréanne est née en 1978, Marie-Élaine, vingt et un mois plus tard, en 80.

Aurélie, 1987.

Pourquoi avoir attendu 7 ans ?

À cause de moi, qui, après deux enfants, n'en voulait plus vraiment. Non pas que qu'elles fussent difficiles, c'était même tout le contraire. Brillantes, intelligentes, belles, sensibles, elles étaient et sont encore tout ça. Tout simplement, j'aimais bien mon temps personnel. Or les enfants en bouffent pas mal.

Mais Marie en désirait encore un autre. Moi, je « buckais ».

Puis, un jour, on lavait la vaisselle, - la vaisselle peut être un bon moment de partage - Marie m'a lancé la phrase-choc :

-Gilles, on est heureux n'est-ce pas ?
-Oui, c'est le bonheur avec toi.
-Alors pourquoi on n’en fait pas profiter une autre vie ?

Et c'est ainsi qu'Aurélie a vu le jour.

Cette conversation m'est toujours restée en mémoire. Aujourd'hui, quand j'entends « Je ne veux pas d'enfants », je raconte cette histoire. Bien entendu, je comprends que si on est malheureux, on ne désire pas avoir d'enfants. Mais si on est bien dans sa peau, si on est bien avec l'autre, si on vit un bonheur quotidien, comment peut-on refuser cette possibilité à une autre vie ?

Notre planète a tant besoin de gens heureux.

Andréanne, Marie-Élaine, Aurélie, je suis tellement fier de vous et je vous aime tant. Merci d'être là.

samedi 11 août 2007

Volé/Voilé... Violé

Une lectrice attentive d'Au fil de mes lectures (merci Sylviane!) a relevé une erreur de transcription dans mon Thibon. La citation 15 était en effet :

« Sois dissimulé, tu paraîtras mystérieux, et ton prestige croîtra en fonction de ta réserve, car les hommes imaginent des merveilles derrière toutes les portes fermées. Tout vide volé leur fait l'effet d'un trésor caché. » (L'ignorance étoilée, p.39 Fayard)

Or voilé est ici une erreur qu'il faut remplacer par voilé.

Ce genre de coquille est intéressant car il permet de trouver assez aisément qui a copié/collé la citation pour l'intégrer dans leur propre base de données.

Si vous faites une recherche dans Google sur «tout vide volé», vous tomberez sur l'immense banque de Dicocitations (désolé, pas de lien, car ils ont tellement pigé dans mon site que je préfère ne point leur faire de pub...). Voici une copie partielle de l'écran :



D'ailleurs, si vous fouillez dans « leurs » citations de Thibon, vous remarquerez sans doute que la presque totalité des citations provient de mon site.

samedi 4 août 2007

Mème en 1819

Les mots sont des choses, et une petite goutte d'encre tombant, comme un rosée, sur une pensée, la féconde et produit ce qui fait penser ensuite des milliers, peut-être des millions d'hommes.
Lord Byron, 1819

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