mardi 26 juin 2012
Finale de pions : Aronin - Smyslov
Par Gilles Jobin, mardi 26 juin 2012 :: Échéphileries
Aronin - Smyslov,
Ch. URSS, Moscou, 1951.
Commentaires de Smyslov tirés de son Endgame Virtuoso, Cadogan, 1977.
mardi 26 juin 2012
Par Gilles Jobin, mardi 26 juin 2012 :: Échéphileries
Par Gilles Jobin, mardi 26 juin 2012 :: Barratineries
lundi 25 juin 2012
Par Gilles Jobin, lundi 25 juin 2012 :: Barratineries
dimanche 24 juin 2012
Par Gilles Jobin, dimanche 24 juin 2012 :: Échéphileries
Par Gilles Jobin, dimanche 24 juin 2012 :: Barratineries
Par Gilles Jobin, dimanche 24 juin 2012 :: Mietteries
Du temps où il y avait manants et seigneurs, ceux-ci prenaient leur tranquillité ou leurs plaisirs aux dépens de ceux-là.
Pour assurer le repos des nuits seigneuriales, les vilains battaient les fossés des châteaux afin d'en écarter les grenouilles et leurs coassements.
Pour égayer les journées oisives, ils se livraient à des exercices d'adresse ou de maladresse et, entre autres, à celui-ci :
On creusait un fossé ; les côtés, d'abord très rapprochés, s'éloignaient au fur et à mesure pour se trouver, à l'extrémité, très écartés l'un de l'autre.
Le fossé rempli d'eau, les manants étaient invités à le sauter d'un seul bond.
On commençait par le bout le plus étroit et, graduellement, on continuait jusqu'à l'autre bout. La distance à franchir devenant trop grande pour l'effort des sauteurs, ceux-ci tombaient immanquablement à l'eau dans des poses plus ou moins grotesques et imprévues : ce qui ne manquait pas d'exciter l'hilarité des assistants;
au bout du fossé
s'accomplissait l'inévitable culbute.Depuis qu'il n'y a plus de manants et plus de seigneurs, et que la grande Révolution a proclamé tous les hommes égaux, ce genre de farce n'en a pas moins été conservé dans nos fêtes de campagne. Ce n'est plus les seigneurs châtelains que l'on cherche à amuser, mais bien le peuple souverain.
Un baquet rempli d'eau est suspendu à une tige transversale sur laquelle il peut tourner. Les amateurs doivent, en passant dessous, lui imprimer un mouvement de rotation qui le fait basculer et renverse l'eau. La difficulté consiste pour le coureur à n'être pas éclaboussé; ordinairement il est architrempé, toujours aux éclats de rire de l'assemblée.
C'est un peu changé, mais à peu près la même chose. Au lieu de s'asseoir dans l'eau, on la reçoit sur la tête; l'important est qu'en amusant les uns on bafoue les autres; ce double résultat est obtenu ; voilà le principal.
Dans les deux cas, il faut bien prendre son élan, ou bien viser pour n'être pas gratifié d'un bain de siège ou d'une douche intempestive.
Au cours des événements de votre existence il convient également de
Consulter longtemps votre esprit et vos forces,1
d'apprécier la résistance de vos épaules et ce qu'elles se refusent à porter,
Quid valeant humeri, quid ferre récusent.2
Si vous n'avez pas songé à cette sage précaution, vous courez aux déceptions, aux ennuis, aux chagrins, au ridicule.
Ayez donc grand soin de toujours bien prendre votre élan pour ne pas trouver au bout du fossé... la culbute.
Il avait mal pris son élan ce fanfaron qui poursuivait de ses lazzis et de ses gasconnades un jeune officier aussi patient que brave. À un moment, le militaire, trouvant que le jeu avait suffisamment duré, allongea une maîtresse gifle à son persifleur.
Celui-ci, interloqué et voyant trente-six chandelles :
« Est-ce sérieux, Monsieur, ce que vous faites ?
— Oui, morbleu! reprend l'officier en mettant la main sur la garde de son épée.
— À la bonne heure, car je n'aime pas des plaisanteries comme celle-là. »
On s'en tire comme on peut; mais pour une culbute, avouez-le, c'est une jolie culbute.
1 Boileau, Art poétique, chant I, vers 3.
2 Horace, Art poétique, vers 39.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
samedi 23 juin 2012
Par Gilles Jobin, samedi 23 juin 2012 :: Mietteries
Chaque fois qu'il est question de moutarde, la pensée se dirige involontairement sur la ville de Dijon, à laquelle on fait gloire de la qualité de ce condiment. Nous nous garderons bien de chercher à retirer un fleuron de sa couronne à la noble ville, mais nous pouvons signaler qu'elle possède en ses armes de quoi s'enorgueillir davantage ; on peut le rappeler, sans crainte de froisser les braves Dijonnais, braves dans tous les sens du mot.
Les Gantois s'étaient révoltés en 1582 contre Louis II, comte de Flandre. Son gendre, Philippe, duc de Bourgogne, surnommé le Hardi, pour sa courageuse conduite à la bataille de Poitiers, vint à son secours ; et la ville de Dijon leva à ses frais mille hommes pour renforcer l'armée de leur duc; cet appoint lui donna la victoire. En reconnaissance, Philippe accorda à la ville de Dijon le privilège de porter ses armes et lui donna son cri : moult me tarde, qui, par abréviation, devint moult tarde, promptement converti, par corruption d'orthographe, en « moutarde ».
Maintenant que nous sommes en règle avec la capitale de la Bourgogne et sa double renommée de gloire et de gastronomie, arrivons à notre moutardier du pape. Ce pape était le pape avignonnais Jean XXII qui, tout savant qu'il était dans la jurisprudence et la médecine, n'en professait pas moins pour la moutarde un véritable culte ; il ne pouvait s'en passer dans aucun de ses mets, si bien qu'à une époque où les seigneurs avaient leur maison montée, comprenant grand pannetier, grand échanson, écuyer tranchant et autres officiers de bouche, il crut de sa dignité pontificale de créer la fonction de « grand moutardier » en faveur d'un de ses neveux. Celui-ci, « glorieux d'une charge si belle », ne regardait les autres qu'avec le plus profond mépris ; il se fit remarquer par une telle arrogance et un dédain si persistant qu'on le prit comme type pour désigner les gens insolents et vaniteux assimilés, en son ridicule souvenir, au « premier moutardier du pape ».

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
Par Gilles Jobin, samedi 23 juin 2012 :: Barratineries
vendredi 22 juin 2012
Par Gilles Jobin, vendredi 22 juin 2012 :: Mietteries
C'est l'inconstante Renommée
Qui, sans cesse les yeux ouverts.
Fait sa revue accoutumée
Dans tous les coins de l'univers ;
Toujours vaine, toujours errante,
Et messagère indifférente
Des vérités et de l'erreur,
Sa voix, en merveilles féconde,
Va chez tous les peuples du monde
Semer le bruit et la terreur.
Mais la déesse de Mémoire,
Favorable aux noms éclatants,
Soulève l'équitable histoire
Contre l'iniquité du Temps ;
Et dans le registre des âges
Consacrant les nobles images
Que la gloire lui vint offrir,
Sans cesse en cet auguste livre
Notre souvenir voit revivre
Ce que nos yeux ont vu périr.1
« L'opinion est si bien la reine du monde, a dit Voltaire, que, quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à la mort.
Il faut qu'elle renaisse vingt fois de ses cendres pour chasser enfin tout doucement l'usurpatrice.
L'opinion a changé une grande partie de la terre. Non seulement des empires ont disparu sans laisser de traces, mais les religions ont été englouties dans ces vastes ruines. »
Le philosophe de Ferney, qui ne partageait pas précisément toutes les idées de Bossuet, se trouve cependant d'accord sur ce point avec le grand orateur chrétien qui a développé la même vérité :
« Qui dispense la réputation, qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux grands, sinon l'opinion?
Combien toutes les richesses de la terre sont-elles insignifiantes sans son consentement?
L'opinion dispose de tout; elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout du monde. »
On a dit que l'une des plus grandes victoires que l'on puisse remporter est celle que l'on remporte sur soi-même; combien plus grande serait celle que l'on remporterait sur l'opinion!
« L'histoire du monde n'est autre chose que la lutte du pouvoir contre l'opinion générale. Lorsque le pouvoir suit l'opinion, il est fort : lorsqu'il la heurte, il tombe.2
« Le vulgaire, c'est-à-dire presque tout le monde, reçoit ses opinions toutes faites. Quand la fabrique est mauvaise, on les reçoit mauvaises, c'est-à-dire fausses, sottes, peu favorables au bien-être de la société. Nous vivons encore en grande partie sur des opinions, fabriquées dans des temps de barbarie, nous les usons jusqu'au bout. »3
Devant cette terrible adversaire, si l'on ne peut agir par la force on peut recourir à la ruse, et la flatter pour en triompher.
L'opinion gouverne en mille circonstances :
Au lieu de la fronder, feignons ses apparences.
Avec ce stratagème, on voit plus d'un esprit
Adorer le veau d'or sans perdre son crédit.
1 J.-B. Rousseau, Ode à M. le prince Eugène de Savoie.
2 Alfred de Vigny.
3 Jean-Baptiste Say.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
Par Gilles Jobin, vendredi 22 juin 2012 :: Échéphileries
Par Gilles Jobin, vendredi 22 juin 2012 :: Barratineries
jeudi 21 juin 2012
Par Gilles Jobin, jeudi 21 juin 2012 :: Barratineries
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