Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 11 février 2006

RSS - AFDML



Depuis plusieurs mois, je tournais autour de la création d'un fil RSS pour Au fil de mes lectures. C'est maintenant chose faite. Le fil permet à mes visiteurs de suivre les mises à jour du site.

Je me suis largement inspiré de cet excellent tutoriel : Créer un fichier RSS pour mutualiser du contenu. Cela m'a demandé à peine une petite heure pour réussir cette syndication. J’emploierai cette même technique pour mutualiser les situations d'apprentissages du Cyberfolio.
MAJ 12 février : En modifiant le site (entre autres, par l'affichage, au hasard - le premier visiteur du jour procédant à la création aléatoire - de 5 citations quotidiennes), je viens d'ajouter un second fil pour donner accès à ces aphorismes du jour.

vendredi 10 février 2006

J.T.

Ah ! voilà enfin l'explication ... Il a les cheveux tellement longs qu'il ne voit plus les rondelles. J'espère que son médecin aura une autre solution à lui proposer.

lundi 6 février 2006

En Verve

Je viens tout juste de recevoir un nouvel arrivage : six livres de la collection En Verve (éd. Horay). Chacun contient 125 pages remplies de citations d'un auteur spécifique. On trouve aussi une courte présentation dudit auteur par le citateur (celui qui choisit les citations), un index indiquant l'origine des citations et une table des matières. Les citations sont regroupées par thèmes. Véritablement des petis bouquins d'excellente qualité !

Glanages

Faire la charité, c'est bien. La faire faire par les autres, c'est mieux.
On oblige ainsi son prochain, sans se gêner soi-même.
Alphonse Allais

Aimez-vous les inventeurs ? Moi, j'en raffole, alors même qu'ils n'inventent rien, ce qui est le cas de presque tous les inventeurs.
Alphone Allais

- Le mystère de la Sainte-Trinité...
- Dis.
- Ça manque de femmes !
Alphonse Allais

Monsieur Junius Black était cependant assez beau garçon, jeune encore et très propre pour un savant.
George Sand

Il suffit de tromper son mari, il ne faut pas le calomnier.
George Sand

Il faut plus de courage pour vivre en lâche que pour mourir en héros.
Hugo Pratt

Je ne peux pas changer le monde... alors j'essaie d'éviter les injustices et les malentendus qui le gouvernent...
Hugo Pratt

Entre le sarcasme et l'ironie, il y a la même distance qu'entre un rot et un soupir.
Hugo Pratt

L'amour fait des fous, le mariage des cocus, le patriotisme des imbéciles malfaisants.
Paul Léautaud

Ceci encore, également de je ne sais qui : « Les hommes couverts de croix font penser un cimetière. »
Paul Léautaud

Personnellement, je ne sais pas du tout ce qui est beau, mais je sais ce que j'aime et je trouve ça amplement suffisant.
Boris Vian

Militaire : variété d'homme amoindri par le procédé de « l'uniforme » qui est une préparation à l'uniformité du cercueil.
Boris Vian

Le désert est la seule chose qui ne puisse être détruite que par construction.
Boris Vian

Le journalisme est un talent que tout homme de talent a ; le journaliste est une homme qui n'a que le talent du journalisme.
Les Goncourt

L'anecdote, c'est la boutique à un sous de l'Histoire.
Les Goncourt

La femme excelle à ne pas paraître stupide.
Les Goncourt

Notre livre lu avec intérêt par les imbéciles, - un grand symptôme. C'est le succès...
Les Goncourt

dimanche 5 février 2006

L'image du maître

La pire façon de condamner certaines idées est de les imputer à crime. Un crime est un crime et une opinion n'est pas un crime, quelque influence qu'on lui impute. Interdire un propos sous le prétexte qu'il peut être nocif ou choquant, c'est mépriser ceux qui le reçoivent et les supposer inaptes à le rejeter comme aberrant ou ignoble. C'est en fait, selon la méthode du clientélisme politique et consumériste, les persuader implicitement qu'ils ont besoin d'un guide, d'un gourou, d'un maître.
Raoul Vaneigem, Rien n'est sacré, tout peut se dire, p.28, Éd. La Découverte, 2003)

vendredi 3 février 2006

Qalculate

Si vous êtes sous Linux, assurément un petit utilitaire mathématique tout à fait extraordinaire :


Pour télécharger, c'est ici.
, quelques captures d'écran.

dimanche 29 janvier 2006

Relooking

Aujourd'hui, j'ai passé plusieurs heures au « relooking » d'Au fil de mes lectures. Cela devait bien faire quatre ou cinq ans que l'allure du site n'avait pas changé.

En gros, j'ai utilisé deux outils. D'abord, les CSS du WebProducer. Il s'agit là d'un excellent gabarit généraliste facile à personnaliser. De plus, IE et Mozilla ne s'en plaignent pas !

Ensuite, l'astuce utilisée lorsqu'un internaute choisit un auteur est une adaptation d'un article que j'ai écrit sur LinuxÉduQuébec en août 2004 : Un puissant menu expliqué pas à pas. Il fallait aussi trouver un moyen de conserver la sélection alphabétique du visiteur : un joyeux problème PHP-CSS-Javascript !

dimanche 22 janvier 2006

La politique

Demain, c'est jour d'élection au Canada. Petit florilège de citations tirées d'Au fil de mes lectures.

Diego : Mentir est toujours une sottise.
Nada : Non, c'est une politique.
Albert Camus (L'État de siège, p.44, Folio/théâtre n°52)

Quand vous écoutez un discours politique, il faut, comme à la chasse, tenir compte du vent.
Anonyme

[...] je ne discute jamais, ni sur la politique ni sur l'amour. Ce sont des sujets sur lesquels on s'est tu, pendant des siècles, et c'est depuis que tout le monde s'en mêle que rien ne va plus ! Autrefois, la politique, c'était l'affaire des ministres, et l'amour l'affaire des putains. C'étaient elles, les conseillers conjugaux, et permettez-moi de vous dire qu'elles en savaient un peu plus long que les vôtres ! Aujourd'hui, tout le monde veut être ministre et tout le monde veut être putain !
Jean Anouilh (Les poissons rouges, p.75, Folio n°6)

Mais, feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler les plumes, et paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure !
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (Le mariage de Figaro, Presses-Pocket n° 6168, p.178)

Ah ! [la politique] est l'art de créer des faits ; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l'intérêt est son but ; l'intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit.
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (La mère coupable,, Presses-Pocket n° 6168, p.281)

Il y a deux façons de se laisser corrompre en politique : la première, se laisser corrompre tout simplement ; l'autre, fréquenter les politiciens.
Robert Brisebois (L'Amour c'est tout, le hasard c'est autre chose, p.132, Éd. Stanké)

Les idées politiques, ce sont celles qu'adoptent les gens qui n'ont pas d'idées à eux.
Fréderic Dard (Les pensées de San-Antonio, p.59, Éd. Pocket n°10342, 1996)

Dans ce monde qui se voudrait cynique à force de réalisme, un des moteurs principaux de la politique est l'irrationnel désir de ne pas perdre la face.
Robert Escarpit (Lettre ouverte au diable, p.115 Éd. Albin Michel 1972)

Le principal ressort du pouvoir, qu'il soit religieux ou politique : sécréter la culpabilité dont il prétend nous libérer.
Roland Jaccard (Dictionnaire du parfait cynique, p.116, Livre de Poche/biblio n°4138)

Il faut savoir être un citoyen, c'est-à-dire « faire de la politique ». Certes, en faire c'est courir le risque de se tromper ; mais ne pas en faire est être sûr de se tromper.
Albert Jacquard (Petite philosophie à l'usage des non-philosophes, p. 82, Éd. Québec-Livres)

[...] les mouvements politiques ne reposent pas sur des attitudes rationnelles mais sur des représentations, des images, des mots, des archétypes dont l'ensemble constitue tel ou tel kitsch politique.
Milan Kundera (L'insoutenable légèreté de l'être, trad. François Kérel, p.373, Folio n°2077)

[...] il faut que celui qui pense ne s'efforce pas de persuader les autres de sa vérité ; il se trouverait ainsi sur le chemin d'un système ; sur le lamentable chemin de l'homme à conviction ; des hommes politiques aiment se qualifier ainsi ; mais qu'est-ce qu'une conviction ? c'est une pensée qui s'est arrêtée, qui s'est figée, et l'homme à conviction est un homme borné ; la pensée expérimentale ne désire pas persuader mais inspirer ; inspirer une autre pensée, mettre en branle le penser ; c'est pourquoi un romancier doit systématiquement désystématiser sa pensée, donner des coups de pied dans la barricade qu'il a lui-même érigée autour de ses idées.
Milan Kundera (Les testaments trahis, p.212, Folio n°2703)

Certains souffrent d'une hypertrophie des glandes politiques.
Stanislaw Jerzy Lec (Nouvelles pensées échevelées, trad. André et Zofia Kozimor, p.99, Rivages poche n°306)

En politique, nous passons le plus clair de notre temps à parler des absents, il arrive que leur présence n'y change pas grand-chose.
Daniel Pennac (La petite marchande de prose p.126, Folio n° 2342)

En politique, on ne flétrit le mensonge d'hier que pour flatter le mensonge d'aujourd'hui.
Jean Rostand (Pensées d'un biologiste, Éd. J'ai Lu, n° D5, p. 157)

En politique on n'est pas ce qu'on est ; on est ce qu'on paraît être. La déconsidération, une fois acquise, ne se perd plus.
Charles Augustin Sainte-Beuve (Pensées et maximes, p.216, Grasset 1954)

Les hommes politiques et les chefs de section, les militaires et les capitaines d'industries, les aigles de bureaux et les bâtisseurs d'entreprise sont des personnages qui me font rigoler, me paraissent infiniment ridicules avec leurs certitudes de jongler avec le monde alors qu'ils ne manient en réalité que des bulles de savon et qu'ils sont eux-mêmes des bulles de savon.
Jacques Sternberg (Vivre en survivant, p.32, Éd. Tchou)

Politique n. Lutte d'intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite d'affaires publiques pour un avantage privé.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.216, Rivages/Étranger, n°11)

La politique, ou l'art (ou le don) de connaître et de mener la multitude ou la pluralité. La gloire de cet art est de mener cette multitude, non pas où elle veut ni où l'on voudrait soi-même, mais où elle doit aller.
Joseph Joubert (Carnets t.2, p.523, nrf/Gallimard, 1994)

La politique, pour lui, c'était un peu comme une chouette cabane dans les arbres : une fois à l'intérieur avec les petits caïds du voisinage, il suffisait de retirer l'échelle pour laisser en bas tous les crétins.
Dennis Lehane (Ténèbres prenez-moi la main, trad. Isabelle Maillet , p.94, Rivages/noir, n°424)

[...] Monsieur Neandertal, avec trente grognements signifiants, dix consonnes et trois voyelles, pourrait aujourd'hui faire une carrière politique.
Boris Cyrulnik (L'Ensorcellement du monde, p.64, Odile Jacob n°67)

La politique est un chapitre de la météorologie.
La météorologie est la science des courants d'air.
Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)

En politique, il vaut mieux avoir tort avec ses amis que raison avec ses adversaires.
Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)

Quand un discours politique a de l'élévation, de la vigueur, de l'élégance, de la tenue, détrompons-nous ! ce n'en est pas un.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.178, Fides, 1978)

La plupart des gens qui se passionnent pour les luttes électorales ne portent ordinairement aucun intérêt à la vie politique dans son cours normal. En cela, ils suivent l'exemple de bon nombre de politiciens qui s'agitent avec fureur durant un ou deux mois que dure la campagne électorale. On les trouve abîmés dans un sommeil comateux pour les trois ou quatre ans qui précèdent le prochain match.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.186, Fides, 1978)

En politique, s'expliquer c'est mentir, mais en beaucoup plus de mots.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.189, Fides, 1978)

Campagne électorale : Hostilités portées sur la place publique par les partis politiques, et menées avec les armes conventionnelles du mensonge, du vol, de la haine, du préjugé, du fanatisme, de la calomnie, de la bassesse et de la canaillerie. La lutte se termine ordinairement par la victoire du parti qui a su faire le plus éclatant usage de ces vertus démocratiques.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.227, Fides, 1978)

Élection : Dans les démocraties évoluées, c'est-à-dire décadentes, expression du désenchantement politique de la collectivité, caractérisé par la tendance du peuple à l'aboulie que, par un retournement de sens, on appelle volonté.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.231, Fides, 1978)

La politique est l'art de gouverner la cité : ainsi parlaient les anciens.
Mais, hier, un homme d'État, qui est aussi un penseur et un lettré, a trouvé cette définition incomplète. Il a écrit : « La politique, c'est l'art, la volonté, la passion de gouverner. »
Ainsi a-t-il mis sur le même rang l'art et la passion du pouvoir, c'est-à-dire la capacité et l'ambition. Au vrai, l'ambition suffit, de nos jours, à un homme politique, et l'on a vu souvent, dans les plus hauts postes, des incapables.
Louis Latzarus (La politique, p.7, Librairie Hachette, 1928)

En démocratie, la politique est l'art de faire croire au peuple qu'il gouverne.
Louis Latzarus (La politique, p.7, Librairie Hachette, 1928)

Certains hommes politiques se vantent d'être des hommes tout court. Ne les croyez pas. S'ils n'étaient que des hommes, la politique les écoeurerait.
Louis Latzarus (La politique, p.9, Librairie Hachette, 1928)

Il n'en va point dans la lutte politique comme à la guerre. Le parti vaincu devient plus redoutable après sa défaite. Il lui suffit de ramasser les armes que les vainqueurs ont dû troquer contre les insignes du pouvoir.
Louis Latzarus (La politique, p.22, Librairie Hachette, 1928)

L'exercice de la démocratie directe implique le principe : l'humain prime le nombre. La mathématique appelée à trancher dans le vif des décisions politiques n'a que trop tendance à transformer chacun en élément statistique, à en faire l'objet aveugle d'une comptabilité providentielle, qui finit toujours par régir le malheur.
Raoul Vaneigem (Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.102, Rivages poche n°480)

J'ai vu, un soir d'élection, pleurer un vieux député battu. Vingt ans auparavant, il avait écrasé son prédécesseur. Il ne pensait pas que le même destin pût jamais l'atteindre.
Louis Latzarus (La politique, p.27, Librairie Hachette, 1928)

- J'ai été sept fois ministre ! disait, dans une réunion publique, un député qui briguait sa réélection.
- Dire que c'est vrai ! cria un interrupteur.
Aussitôt, tout le monde rit.
Louis Latzarus (La politique, p.53, Librairie Hachette, 1928)

Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.
Albert Camus (La chute, p.142, Folio n°10)

La démocratie est chose trop sérieuse pour être confiée aux électeurs.
Arthur Koestler (Les call-girls, trad. Georges Fradier, p.246, Livre de Poche n°. 4101)

Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le coeur à critiquer une démocratie.
Jean Rostand (Inquiétudes d'un biologiste, p.103, Livre de Poche n°3634)

Dictature : pouvoir absolu d'un seul.
Démocratie : pouvoir absolu de quelques'uns.
Paul Carvel (Sel d'esprit (696), Laetoli, 2005)

Dictature : pays où les citoyens veulent voter mais ne peuvent pas.
Démocratie : pays où les citoyens peuvent voter mais ne veulent pas.
Paul Carvel (Sel d'esprit (856), Laetoli, 2005)

Tous les hommes sont en faveur de la démocratie comme tous les vers sont en faveur des pommes.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.177, Fides, 1978)

C'est la forme la plus exquise du comportement politicien, qui consiste à utiliser un fait vrai pour en faire un mensonge.
René Barjavel (Demain le paradis, p. 138, Denoël)

Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu'il lui faut oublier.
Fréderic Dard (Les pensées de San-Antonio, p.73, Éd. Pocket n°10342, 1996)

Conservateur n. Politicien qui affectionne les maux existants, qu'il ne faut pas confondre avec le Libéral qui souhaite les remplacer par d'autres.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.59, Rivages/Étranger, n°11)

Phare n. Construction élevée sise au bord de la mer, dans laquelle le gouvernement entretient une lampe et l'ami d'un politicien.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.210, Rivages/Étranger, n°11)

Pour les politiciens en campagne il y a des chers concitoyens. Une fois élus, il n'y a plus que des citoyens chers et cons.
Paul Carvel (Sel d'esprit (721), Laetoli, 2005)

Tous les politiciens sont opportunistes ; les plus habiles le sont au moment opportun.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.184, Fides, 1978)

On sait ce que promettre veut dire. Les promesses électorales ressemblent aux serments d'amour. Elles sont un accompagnement obligé du jeu. Pour cette raison, si l'on pardonne l'aveuglement du politicien, l'amoureux a une excuse qui manque à celui-là, celle de n'abuser qu'une personne à la fois.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.188, Fides, 1978)

Il est bien admis que les politiciens pratiquent couramment le mensonge. Si l'un d'eux prend l'habitude de dire la vérité, le peuple peut aller jusqu'à se demander si cet original ne manque pas à son devoir professionnel.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.192, Fides, 1978)

samedi 21 janvier 2006

Des robots

Qui éduquera les éducateurs ?
Marx


Quand je vois ce genre de bidule, j'ai l'impression qu'on ne forme pas des enseignants, mais plutôt des portraits-robots d'enseignants. Je n'y trouve que la plus grande démotivation possible à embrasser la carrière. Où diable s'en va-t-on si les éducateurs d'éducateurs restent toujours enfoncés dans une approche scolastique de l'apprentissage ? Donnez-moi 30 compétences (ou douze, c'est quasi pareil), quatre ans, un local avec cent étudiants et je vous forme cent enseignants compétents. Quelle folle thèse foutaise !

jeudi 19 janvier 2006

Mon nébuloscope

Le Nébuloscope est un outil qui permet de visualiser sous forme de nuage le « monde lexical » d'une requête sur le Web francophone.

Nuage de Gilles Jobin

Pas si « nouvelles » que ça...

Michel Serres est un éminent penseur français. Sa conférence (1 h 38 min) intitulée Les nouvelles technologies, que nous apportent-elles ? redonne espoir. À écouter de toute urgence.

Liane : Au fil de mes lectures de Michel Serres.

dimanche 15 janvier 2006

Le «mal/bien-penser»

Éthique est le sixième et dernier volume de la célèbre Méthode d'Edgar Morin. Comme mentionné en quatrième de couverture, faire son devoir n'est souvent ni simple ni évident, mais incertain et aléatoire : c'est pourquoi l'éthique est complexe. Et ce livre explore justement cette complexité. Sa lecture est relativement facile et, à mon avis, peut être une bonne introduction à La Méthode, même s'il en constitue le point d'arrivée. N'est-ce pas là un merveilleux signe que la compréhension est complexe et peut s'aborder de plusieurs façons ?
Vous trouverez plusieurs citations sur Au fil de mes lectures, mais je ne peux vous laisser sans ce large extrait qui résume bien, à mon avis, la complexité du bien-penser. Je suggère de vous en faire une jolie copie papier que vous pourrez garder tout près : sa relecture, avant d'entamer une discussion, ne peut être que bénéfique !

Extrait des pages 64, 65 et 66 :

Le « mal-penser »

- morcelle et cloisonne les connaissances,
- tend à ignorer les contextes,
- fait le black-out sur les complexités,
- ne voit que l'unité ou la diversité, mais non l'unité de la diversité et la diversité de l'unité,
- ne voit que l'immédiat, oublie le passé, ne voit qu'un avenir à court terme,
- ignore la relation récursive passé/présent/futur,
- perd l'essentiel pour l'urgent, et oublie l'urgence de l'essentiel,
- privilégie le quantifiable et élime ce que le calcul ignore (la vie, l'émotion, la passion, le malheur, le bonheur),
- étend la logique déterministe et mécaniste de la machine artificielle à la vie sociale,
- élimine ce qui échappe à une rationalité close,
- rejette ambiguïtés et contradictions comme erreur de pensée,
- est aveugle au sujet individuel et à la conscience, ce qui atrophie la connaissance et ignore la morale,
- obéit au paradigme de simplification qui impose le principe de disjonction ou/et le principe de réduction pour connaître, et qui empêche de concevoir les liens d'une connaissance avec son contexte et avec l'ensemble dont elle fait partie,
- mutile la compréhension et handicape les diagnostics,
- exclut la compréhension humaine.

Le « travailler à bien penser »

- relie,
- décloisonne les connaissances,
- abandonne le point de vue mutilé qui est celui des disciplines séparées et cherche une connaissance polydisciplinaire ou transdisciplinaire,
- comporte une méthode pour traiter les complexités,
- obéit à un principe qui enjoint à la fois de distinguer et de relier,
- reconnaît la multiplicité dans l'unité, l'unité dans la multiplicité,
- dépasse le réductionnisme et le holisme en liant
- reconnaît les contextes et les complexes et permet donc d'inscrire l'action morale dans l'écologie de l'action,
- inscrit le présent dans la relation circulaire
- n'oublie pas l'urgence de l'essentiel,
- intègre le calcul et la quantification parmi ses moyens de connaissance,
- conçoit une rationalité ouverte,
- reconnaît et affronte les incertitudes et contradictions,
- conçoit le dialogique qui intègre et dépasse la logique classique,
- conçoit l'autonomie, l'individu, la notion de sujet, la conscience humaine,
- opère ses diagnostics en tenant compte du contexte et de la relation local-global,
- s'efforce de concevoir les solidarités entre les éléments d'un tout, et par là tend à susciter une conscience de solidarité. De même sa conception du sujet le rend capable de susciter une conscience de responsabilité ; il incite donc à ressourcer et régénérer l'éthique,
- reconnaît les puissances d'aveuglement ou d'illusion de l'esprit humain, ce qui conduit à lutter contre les déformations de la mémoire, les oublis sélectifs, la self-deception, l'auto-justification, l'auto-aveuglement.

samedi 14 janvier 2006

Vaneigem

« Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l'insupportable violence faite aux individus alors qu'ils la suscitent sciemment, dès l'enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l'argent, confits dans la peur de l'échec, infestés par l'arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu'à se venger sur elle de leurs infortunes.
Les collectivités d'enseignants, de parents et d'élèves n'ont-elles pas le pouvoir d'imposer des normes scolaires répondant, non à la rentabilité des malversations budgétaires, mais au souci de confier à un grand nombre d'accompagnateurs d'apprentissage, aussi avides d'enseigner que de s'instruire, de petits groupes d'enfants et d'adolescents à qui rien de ce qui est humain ne demeurera étranger ?
Si elles ne l'ont pas, qu'elles le prennent ! Qu'elles exigent, à contre-courant des coupes et des concentrations opérées par l'économie parasitaire, la multiplication de petites écoles, permettant à l'enseignant d'individualiser son enseignement et de propager jusque dans le milieu familial et social cette intelligence sensible du vivant, seule capable de décourager la barbarie ! »
Raoul Vaneigem, Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.108, Rivages poche n°480.

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