Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 22 juillet 2012

Chemin faisant, page 214

Il est des sentiments qu'il faut savoir jouer quand on ne les a pas.

Il faut être dans son corps comme devant toujours en sortir, et dans son âme comme devant toujours y rester.

Quand nous touchons aux choses éternelles, Dieu se charge de nous rappeler qu'elles ne nous appartiennent pas.

L'uniforme, une apparence d'égalité.

Un des bonheurs de l'infériorité est de ne rien trouver difficile.

Venger l'ordre, c'est faire respecter ton droit et le mien.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Biel : tournoi blitz en exhibition

Tournoi Blitz (Exhibition)

Biel, 22 juillet 2012


Plus de détails ici.


Source des parties : Twic.

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samedi 21 juillet 2012

COQ section Invitation Ronde 1

Championnat Ouvert du Québec

Section Invitation


Toutes les parties de la première ronde
21 juillet 2012.

Cadence : 40c/90m+30 m/mat avec 30 sec. d'incrémentation depuis le 1er coup.
Source des parties.

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Mise à jour du dimanche 22 juillet : Gilles Groleau m'a fait remarquer que sur la planche de résultats du COQ, la partie Hansen-Kraiouchkine est donnée nulle. Mais le pgn du source indique bien 0-1. J'ai modifié en local le pgn, mais j'ai écrit au responsable du COQ pour m'assurer qu'il faut bien remplacer le 0-1 par la nulle.

Encore une mise à jour : Finalement, Hugh Brodie (grand merci à lui) a déposé sur Chess Talk ce qui semble être la «bonne partie.» Elle s'est terminée au... 125e coup. Ah ! ces finales de Dames...

Chemin faisant, page 213

Un protestant comprendra toujours mal une vierge : témoin, Schiller devant Jeanne d'Arc.

Toutes les craintes sont comme la fièvre, sujettes à des accès.

Les promesses sont gaillardes comme les maîtresses d'auberge.

L'entrain est une qualité de l'esprit qui rejaillit sur le corps.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 20 juillet 2012

Miette 59 : Il est comme le paon qui crie en voyant ses pieds

La fierté

Il est comme le paon qui crie en voyant ses pieds.

Sommaire. - Junon a sa police secrète. - Jupiter agacé. - Mercure vengeur. - La flûte complice du crime. - Métamorphose. - Les yeux de l'homme sur la queue de l'oiseau. - Réclamation mal accueillie. - Pas d'épines, rien que des roses.

Junon, la digne épouse du Maître de l'Olympe, avait sa police secrète représentée par Argus, doué de cinquante paires d'yeux.

Cela déplut un jour à Jupiter qui dépêcha son fidèle Mercure avec mission de supprimer incontinent cet importun personnage. Le divin messager endormit Argus au son de la flûte et le tua. Voyez comme c'est simple et expéditif. Mais Junon avait pris son cher Argus sous sa protection et, pour le consoler, le transforma en paon.

Je vous ai conté cette petite histoire mythologique pour vous exposer la venue du paon sur terre et la présence sur ses plumes de cette quantité d'yeux qui ne sont autres que ceux d'Argus, passés de la tête de l'homme à la queue de l'oiseau.

Se sentant ainsi dans les bonnes grâces de la Grande Déesse, à laquelle il devait sa naissance, le paon se crut tout permis et devint exigeant ; il commença par se plaindre de son chant. Junon n'aimait pas les récriminations et le reçut de façon à le décourager. En quels termes, La Fontaine nous le confie :

Oiseau jaloux et qui devrais te taire,
Est-ce à toi d'envier la voix du rossignol;
Toi que l'on voit porter à l'entour de ton col
Un arc-en-ciel nue de cent sortes de soies ;
Qui te panades, qui déploies
Une si riche queue et qui semble à nos yeux
La boutique d'un lapidaire?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Cesse donc de te plaindre; ou bien, pour te punir,
Je t'ôterai ton plumage.1

Il n'aurait plus manqué que cela : le paon conservant son cri et perdant ses plumes ! Si son cri ne lui plaisait pas, il y avait autre chose qui le contrariait dans son académie ; ses pieds lui déplaisaient davantage ; il les trouvait lourds et patauds, et aurait été bien aise d'en changer; mais, après l'accueil plutôt froid de sa protectrice, et devant une pareille menace, il préféra se retirer en silence, se contentant de crier en voyant ses pieds. Ce fut la punition de cet oiseau glorieux et vantard ; on y fait allusion quand on montre ses défauts à un vaniteux. L'allusion n'est pas nouvelle puisqu'on la trouve déjà dans une chanson de troubadour du XIIe siècle.

Le paon, de même que le vaniteux, ferait bien mieux de prendre les choses du bon côté et d'accepter défauts et qualités, tels que le sort les a répartis, en se conformant à la douce philosophie d'Alphonse Karr :

Vous vous plaignez de voir des rosiers épineux; Moi je m'en réjouis et rends grâces aux dieux Que les épines aient des roses.


1 Le Paon se plaignant à Junon, livre II, fable 17.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Miette 58 : Monter sur ses grands chevaux

L'orgueil

Monter sur ses grands chevaux.

Sommaire. - Palefroi et destrier. - Vaincre ou mourir. - Équitation compliquée.

Au temps où la reine Berthe filait, les chevaliers avaient à leur disposition plusieurs catégories de chevaux ; les chevaux de parade et les chevaux de bataille.

Le cheval de parade, autrement dit palefroi, fin, élégant et fringant, permettait au seigneur de « parader », et à la dame « d'étaler ses grâces ».

Le cheval de bataille, communément appelé destrier ou dextrier, parce que l'écuyer le tenait de la main droite, de la dextre, avait une taille élevée et ne servait que pour le combat. Aussi quand le chevalier l'enfourchait, il n'envisageait que la lutte, vaincre ou mourir. C'était donc fini de rire quand il montait sur son grand cheval.

On a dit monter sur ses grands chevaux, je n'ai jamais bien su pourquoi; car il me paraît difficile de monter plusieurs chevaux, de même que de courir plusieurs lièvres à la fois.

Aujourd'hui, bien qu'on ait tendance à abandonner le cheval et à ne plus vouloir monter qu'en automobile ou en aéroplane, on n'en dit pas moins encore d'une personne qui s'emporte, le prend de haut et parle avec violence, qu'elle monte sur ses grands chevaux... au figuré.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 210

L'honneur pour soi, la réputation pour les autres.

La dissimulation est un art que nous apprend la vie.

La prudence est une grand'mère dont nous n'aimons pas à ramasser les lunettes.

Une limite sera toujours une tentation.

Rien n'est moins à nous que notre humeur.

Ce n'est pas assez de voir avec ses yeux, il faut voir avec ceux du sens commun.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 19 juillet 2012

Chemin faisant, page 209

On parle esprit aux gens avec lesquels on ne peut parler coeur.

Il est doux de montrer au monde qu'on n'est pas sa dupe.

Les grands horizons provoquent l'interrogation.

La banalité fera toujours la guerre à l'originalité.

Ronge tes poings si tu le veux, c'est ton droit, mais souffre sans témoins.

Ah! la belle chose que le repentir! On est si convaincu de ne plus recommencer !

Quand toutes nos joies sont déjà dans la bière, il n'est pas difficile d'y coucher notre corps.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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4 à 2...

J'ai initié Estéban à Mémoire 44...

Il mène 4 à 2...



mercredi 18 juillet 2012

Chemin faisant, page 208

Il faut souffler plus d'une fois sur un désir pour l'éteindre.

Que de méprises on commet envers ceux qu'on appelle heureux et envers ceux qu'on appelle fous!

L'adjectif suit la mode comme le ruban.

Un homme qui a rendu sa femme heureuse peut mourir avec une certaine paix.

Il faut toujours être prêt, et pouvoir, comme le soldat, dire à la mort : Présent!

On est drôle pour les autres, quand on l'est; on ne l'est jamais pour soi-même.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Miette 57 : C'est un frondeur

L'orgueil

C'est un frondeur.

Sommaire. - Richelieu et le duel. - Mazarin et la Fronde. - Canzonetta. - Portrait du frondeur. - Polichinelle et le commissaire. - Fermez boutique. - Frondeur et bon coeur.

Richelieu, le grand cardinal, n'aimait pas les duellistes ; il en coûtait cher à ceux qu'on surprenait l'épée à la main.

Le cardinal Mazarin, plus débonnaire, s'en prenait aux garçons de boutique et autres jeunes gens qui se battaient à coups de fronde ; les archers mis à leur poursuite avaient du mal à tenir ces frondeurs en respect.

Bachaumont, conseiller au Parlement, mit le mot à la mode quand il dit en parlant du Cardinal : « Je le fronderai bien. »

L'opposition aux volontés du ministre de Louis XIV enfant était désormais baptisée ; elle s'appelait la Fronde, nom devenu historique, et chansonné à l'époque par Barillon l'aîné :

Un vent de fronde
S'est levé ce matin.
Je crois qu'il gronde
Contre le Mazarin.

Celui-ci ne s'en émotionnait pas autrement et dans son insouciance italienne zézayait tranquillement en réponse : « S'ils cantent la canzonetta, ils payaront.» Et, pour lui, le principal était qu'on déliât fréquemment les cordons de la bourse à son profit.

Voici un poète qui n'est pas l'ami du frondeur, c'est Royou :

Le masque du frondeur cache un ambitieux,
Suivant les lieux, les temps, il sait changer de style
Et flatter à la cour comme il fronde à la ville.
On dedaigne l'encens qu'il y va prodiguer,
Et c'est toujours sans fruit qu'on le voit intriguer.
De n'être point aimé faut-il donc qu'il s'étonne ?
Personne ne lui plaît, il ne plaît à personne.

Royou était sans doute d'humeur morose, car généralement le frondeur bénéficie de la sympathie du public, qui ne déteste pas faire de l'opposition à l'autorité. Les enfants n'applaudissent-ils pas Polichinelle rossant le commissaire?

En l'an VII de la République Française, où le mépris de la religion chrétienne et de son culte était de commande, un bonnetier avait fermé sa boutique le jour de Pâques. Une affiche placardée dans tout Paris informa le peuple qu'une rigoureuse amende avait été infligée à cet audacieux.

Dès le lendemain, les acheteurs affluèrent chez lui en signe de protestation et firent sa fortune. Il lui fut loisible alors de se retirer avec de bonnes rentes et ferma définitivement boutique.

Le Parisien a toujours été frondeur et... « bon coeur ».

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

mardi 17 juillet 2012

Miette 56 : Après lui, il faut tirer l'échelle

L'orgueil

Après lui, il faut tirer l'échelle.

Sommaire. - Appréciation hasardée. - L'attrait d'un spectacle. - À qui l'honneur? Au dernier. - L'échelle n'est plus utile. - Souvenir de supériorité. - Les extrêmes se touchent.

Les criminalisles, les justiciers, tous ceux qui sont préposés à la défense de la société et à la punition des forfaits, ont estimé qu'il était plus pénible pour un criminel de voir exécuter son ou ses complices que d'être exécuté le premier.

Se sont-ils bien rendu compte de la mentalité des coquins, ou n'ont-ils pas plutôt raisonné comme des honnêtes gens, en se plaçant à leur point de vue personnel ? L'aspect du sang, de la torture, du supplice, inspire le dégoût, l'horreur et l'effroi à vous ou à moi, je le veux bien; mais à des misérables qui ont tué, brûlé, assassiné, je m'imagine que la sensation est tout autre et que, bien au contraire, ils doivent éprouver un malin plaisir à assister à la cérémonie ; après tout, c'est un spectacle gratuit; et comme, pour eux, c'est le dernier qui leur soit offert, ils entendent en jouir complètement et en avoir « pour leur argent ».

L'usage n'en a pas moins existé et subsisté de procéder, pour les exécutions de plusieurs complices, dans l'ordre inverse de l'importance présumée de la culpabilité de chacun.

Quand, autrefois, on avait recours à la pendaison, l'échelle était posée contre la potence; et lorsque tous les criminels étaient attachés au gibet, y compris le dernier, c'est-à-dire le plus gredin, l'échelle n'était plus utile; il fallait la retirer.

Je ne crois pas indispensable de vous glisser dans le tuyau de l'oreille que, eu égard aux circonstances au milieu desquelles on la prononçait, cette expression n'était pas prise en très bonne part. Comment en est-elle venue à s'appliquer à contre-sens et à signifier qu'après telle ou telle supériorité en art, en sciences, en courage, on ne pouvait trouver mieux, on n'avait plus rien à faire sinon à tirer l'échelle? j'avoue n'en rien savoir; ma surprise égale la vôtre et la dépasse au besoin; mais pourquoi s'insurger? le fait est là, brutal, indéniable. Comme explication, je puis vous soumettre qu'on n'a conservé dans son esprit qu'un souvenir de supériorité, sans maintenir l'idée de honte qui y était primitivement accolée :

Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés;1

on a oublié ces premiers degrés qui conduisaient au paroxysme du vice ; on les a gardés pour mener au summum de la gloire et de la vertu.

Les extrêmes se touchent !


1 Racine, Phèdre, acte IV, scène II.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

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