Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 7 janvier 2005

Le piratage est un impôt progressif

Le piratage est un impôt progressif et autres réflexions sur le futur de la distribution en ligne est un excellent article de Tim O'Reilly, célèbre éditeur de livres informatiques. Voici quelques extraits, mais je suggère une lecture complète et attentive de l'article.

Leçon 1 - L’obscurité est une menace bien plus grave que le piratage pour les auteurs et créateurs.
    Les auteurs pensent qu’être publiés sera la réalisation de leur rêve, mais pour tant d’entre eux, ce n’est que le début d’une longue désillusion.
Leçon 2 - Le piratage est un impôt progressif.
    Pour tous les créateurs, qui travaillent pour la plupart dans l’obscurité, être assez connu pour être piraté serait le couronnement de leur carrière. Le piratage est une sorte d’impôt progressif, qui peut raboter quelques pour cent des ventes d’artistes connus (et je dis peut car ceci est loin d’être prouvé), en échange de bénéfices massifs pour les créateurs bien plus nombreux à qui une visibilité plus grande peut apporter des revenus supplémentaires.
Leçon 3 - Les consommateurs ne demandent pas mieux que de respecter la légalité, s’ils le peuvent.
    La façon la plus simple d’obtenir que les consommateurs arrêtent d’échanger des copies numériques illicites de contenus musicaux ou de films est de leur donner une alternative licite, à un juste prix.
Leçon 4 - Le vol a l’étalage est une menace plus grave que le piratage.
    J’ai souvent demandé à un libraire pourquoi il n’avait pas d’exemplaires d’un de mes livres, pour me faire dire, après une brève vérification dans l’inventaire : « Mais nous en avons. L’inventaire dit que nous avons encore un exemplaire en stock, et nous n’avons pas vendu depuis des mois, donc il n’y a pas de raison d’en recommander. » Il faut insister pour convaincre l’interlocuteur qu’il se peut que l’absence de vente soit due à l’absence dans les rayons.
    Comme une copie en ligne n’est jamais épuisée, on a au moins l’occasion d’une vente, au lieu d’être soumis aux énormes efficacités et aux goulots d’étranglement arbitraires du système de distribution.
Leçon 5 - Les réseaux de partage de fichiers ne menacent pas les livres, la musique ou l’édition de films. Ils menacent les éditeurs existants.

Leçon 6 - Ce qui est gratuit finit par être remplacé par un service payant de meilleure qualité.
    Pourquoi est-ce que vous paieriez un morceau que vous pourriez avoir gratuitement ? Pour la même raison que vous achèterez un livre que vous pourriez emprunter dans une bibliothèque publique, ou achèterez un film sur DVD que vous pourriez regarder à la télévision ou louer pour le week-end. Parce que ce sera pratique, facile à utiliser, à cause du choix, de la facilité de sélection, et pour les enthousiastes à cause du simple plaisir de posséder quelque chose auquel vous tenez.
Leçon 7 - Il y a plusieurs façons d’y arriver.
    [...] nous publions un vaste réseau de sites « gratuits » financés par la publicité dans O’Reilly Network. Nous avons publié un certain nombre de livres sous des licences de publication ouverte, où la redistribution libre et gratuite [8] est explicitement autorisée. Nous le faisons pour plusieurs raisons : pour promouvoir des produits qui pourraient autrement être ignorés, pour construire la fidélité des membres de communautés en ligne, et parfois, parce qu’un produit ne peut plus être vendu économiquement par les canaux traditionnels, et nous préférons le rendre disponible gratuitement plutôt que de le voir disparaître complètement du marché.
    Nous publions aussi beaucoup de nos livres sur CD-Rom, dans un format baptisé « bibliothèque sur CD », qui contient typiquement une demi-douzaine de livres sur un CD.
    Et bien sûr nous continuons de publier des livres imprimés. L’existence de copies en lignes gratuites est parfois utilisée pour promouvoir un sujet ou un auteur (des livres comme La Cathédrale et le Bazaar ou The Cluetrain Manifesto devinrent des best-sellers en version papier suite à leur forte présence en ligne)


Article original en anglais.

mardi 4 janvier 2005

Livres et librairies

Je suis allé en librairie hier. Et j'ai acheté plusieurs livres : deux Brautigan, un Morin (Edgar!), deux polars (Deon et Meyer), deux Pessoa, une autobiographie de la pianiste Hélène Grimaud, 66 Haiku de Buson et finalement le Lundi Perdu de Michel Quint. Comme c'était à la librairie du Soleil, j'en ai profité pour prendre Le Libraire, qui est un journal bimestriel publié et distribué gratuitement par quelques librairies indépendantes.

- Vous n'êtes toujours pas sur Internet, n'est-ce pas?, ai-je demandé au commis à la caisse.
- Non. Ça coûte cher, et pour seulement deux librairies...
En effet, la librairie du Soleil a deux points de vente, un à Gatineau, l'autre à Ottawa. J'étais à Ottawa.
- Pourtant, rétorquais-je, j'achète beaucoup chez Pantoute à Québec, et ce n'est que deux succursales. Je préférerais acheter dans ma région, c'est bien certain...
Indifférence du vendeur qui a continué à poinçonner les prix de mes livres.

De retour à la maison, j'ai feuilleté Le Libraire et à la page 27, lecture de l'article Cri d'alarme face à concentration dans la librairie. On y dénonce une concentration abusive (Chapters-Indigo, Renaud-Bray, Archambault) dans le domaine du livre. Dans l'article, on lit :« Quel sera notre choix lorsqu'une ou deux entreprises (qui doivent avoir une bonne rentabilité pour leurs investisseurs) décideront de proposer aux lecteurs du Québec entier un nombre restreint de titres commerciaux, à forte rentabilité, au détriment de la littérature québécoise? Que l'on ait du mal à se procurer des livres plus "culturels" dans certaines chaînes de librairies est un problème grave, mais si ces chaînes devaient contrôler 40%, 50% ou plus du marché, la situation deviendrait catastrophique. »

Qu'est-ce en fait qu'un livre plus culturel? J'en ai aucune idée. Dans ma liste d'achats, il est vrai, il n'y a aucun auteur québécois. Il y a des Américains, des Français, un Japonais, un Portugais, un Africain du Sud. De plus, que ce soit chez Renaud-Bray ou Archambault ou Pantoute, j'aurais sans doute obtenu les mêmes titres en magasin sans difficulté. Si je me fie à l'extrait, je n'ai sans doute pas fait l'acquisition de livres plus culturels.

Je sais qu'un 15e Archambault ouvrira ses portes aux Promenades de Gatineau dans quelques semaines. Tout à-côté du petit Renaud-Bray. Je me vois très bien visiter les deux librairies même si je sais que j'y trouverai à peu près les mêmes titres au même prix. L'avantage du Archambault sera dans la vente de musique en feuille (enfin, je souhaite qu'il y ait une telle section, comme à Ste-Foy ou à Montréal ).
Continuerais-je d'aller faire mon tour à la Librairie Du Soleil ? Bien sûr, lorsque je serai dans le secteur Hull : l'avantage est que cette librairie est tout à côté du seul bouquiniste (Le Loisir des Usagers) dans la région de l'Outaouais !

Ai-je lieu de me réjouir de la venue d'Archambault? Oui, s'ils offrent de la musique en feuille. Sinon, ça ne changera absolument rien à mes habitudes. Car, voyez-vous, avec Internet, on peut commander à peu près tous les livres qu'on veut. Et c'est livré directement à la maison ! C'est pour cela qu'il faut absolument qu'une librairie telle du Soleil soit sur le web. Pour offrir au moins la possibilité d'acheter chez eux directement de l'Internet. Pour le reste c'est-à-dire les livres moins « ordinaires », il y a toujours Abebooks.fr.

Webtrouvailles

« L’élève de demain travaillera à l’aide d’un ordinateur portable, d’un PDA (assistant numérique personnel), d’un téléphone cellulaire ou d’un iPod. Il n’aura que faire d’un cahier d’exercices. Or, un livre qu’on ne range pas dans sa bibliothèque personnelle ne vaut pas un clou. »
François Guité, Relief, janvier 2005

« May your coming year be filled with magic and dreams and good madness. I hope you read some fine books and kiss someone who thinks you're wonderful, and don't to forget make some art -- write or draw or build or sing or live as only you can. And I hope, somewhere in the next year, you surprise yourself. »
Neil Gaiman, Journal
[À lire absolument ce web log d'un écrivain. -GGJ]

« Il est évident qu’un travail fondamental de l’éducation est d’apprendre à se distancier de sa propre culture, de la regarder tout en se regardant. »
Edgar Morin, Conférence, 2001 Format PDF

dimanche 2 janvier 2005

CaféSalé

Quand je passe plus d'une heure sur un site web, cela signifie que je l'ai trouvé très intéressant.

Hier, je suis tombé sur CaféSalé. Ce n'est pas vraiment un site web mais plutôt plusieurs forums regroupés sous le thème des arts. Je cite le début des généralités, pour vous illustrer un peu le but du site :
Le forum CaféSalé est destiné à l’échange, l’entraide et l’information concernant les domaines de l’art en général, et plus particulièrement de l’art numérique, pour les professionnels, et les amateurs. Chacun est libre d’apporter ou non sa contribution. Il n’existe aucune obligation pour les membres, excepté la lecture et le respect de cette charte.
Le forum CaféSalé n’est pas une démocratie. Nous gérons tous les aspects pénibles de ce forum, nous définissons donc des règles pour que tout se passe au mieux, nous attendons que les membres les respectent, ou qu’ils ne soient pas membres. [...]
Ces forums sont donc modérés. J'avoue que j'aime bien les forums modérés : je suis un peu tanné de lire des messages qui ne sont que des inepties/insultes/sophismes envers les auteurs de précédents messages. Sur CaféSalé, tout est bien géré et on sent le respect entre les différents membres sans doute parce que tout ce qui est irrespectueux est automatiquement rejeté. Les règles de participation sont claires et, en ce sens, sont un modèle à suivre.

Je visite très peu les forums justement parce qu'il y a une énorme perte de temps à sauter par dessus les messages non pertinents d'une part et, d'autre part, à décortiquer une écriture à peine lisible. Pour moi, lire doit être rapide. Si je passe mon temps à décoder une écriture au son, je débarque immédiatement : la vie est trop courte pour que je perde mon temps à lire une personne qui n'a pas pris le temps d'écrire un message me permettant d'économiser du temps (ouf... belle phrase...).

J'ai refilé l'adresse à ma cégépienne d'Aurélie car, inscrite en Arts, il me semble qu'elle pourrait y « tester » ses œuvres.

Je me dis aussi que les forums de ce genre pourraient être utiles dans les écoles. Cela existe sans doute déjà — je n'ai pas fouillé le web à cet effet — mais je pense qu'une commission scolaire pourrait par exemple ouvrir/offrir à ses élèves un forum modéré où ces derniers déposeraient leurs poèmes, leurs problèmes de maths, leurs recherches, etc. Le but? Partager ce qu'ils font. Mais aussi, surtout, les offrir à une critique (positive) autre que leur enseignant leur permettant ainsi de bonifier/améliorer/parfaire leur travail grâce à des points de vue variés.

Ah ! le web...

Dans un dernier billet, je disais combien j'adore le web. Mais il reste que parfois, on peut y trouver quelques frustrations. Par exemple ici, quelques dizaines de pages intégralement copiées de mon ancien site (mise en page, background inclus !). J'ai envoyé un courriel au responsable du site lui demandant instamment de retirer les pages fautives.

J'ai aussi trouvé une copie quasi exacte de mon fichier sur Kundera sur un site américain de la Cary Academy. J'ai envoyé ce courriel le 11 novembre dernier, mais il est resté sans réponse. (MISE À JOUR : la page en question a été retirée le 6 janvier.)
Madame,
Ici : web1.caryacademy.org/french/F4/cont/2/kundera/citations.htm se trouve une copie conforme de ma page : www.gilles-jobin.org/citations/index.php?au=203#a203 Il me semble qu'il aurait mieux valu faire une lien vers ma page, ou, tout au moins, me demander la permission de la copier intégralement comme vous l'avez fait sur votre site
.

samedi 1 janvier 2005

GoboLinux

GoboLinux is an alternative Linux distribution which redefines the entire filesystem hierarchy. In GoboLinux you don't need a package manager because the filesystem is the package manager: each program resides in its own directory, such as /Programs/Xorg/6.7.0/ and /Programs/KDE/3.2.2. lit-on en page d'accueil. Tout ça semble bien intéressant. Je suis en train de télécharger l'iso et comme ce dernier est aussi un LiveCD, je fébrile à l'idée d'essayer la chose.

Ajouté plus tard dans la journée : Pour les fans de la hiérarchie chez Linux, il faut absolument lire ce document.

Projets 2005

Pas vraiment des résolutions, plutôt des projets pour l'année.

[Littérature] Relire l'oeuvre de Kafka.
[Citations] Mettre (enfin!) en ligne ce que je crois être le premier recueil de citations publié au Québec dans les années 20. Il est maintenant du domaine public. Il me reste à faire toutes les corrections de la numérisation OCR et décider si j'ajoute le livre comme une rubrique d'Au fil de mes lectures ou si j'en fais un site web à part.
[Mathématique] Je cagole depuis longtemps un rêve relativement à la géométrie euclidienne : j'aimerais rendre disponible sur le web un cours qu'on pourrait suivre si on a le goût d'apprendre cette partie des maths. Évidemment, l'idée est d'illustrer/commenter/enseigner le tout avec des liens vers des esquisses dynamiques. J'ai commencé à écrire quelque chose en WIKI, mais je n'en suis pas tellement satisfait. Sans doute jetterais-je les bases structurelles de ce cours pendant l'année.
[Collection] J'aimerais bien mettre en ligne une collection de problèmes de géométrie tirés de livres du domaine public. Je vais sans doute commencer avec les Éléments de Géométrie de Legendre.
[Musique] Apprendre une fugue de Bach (pas encore décidé laquelle... je les aime toutes...) et amener à un bon niveau la Passacaille en sol mineur de Handel.
[Pédago-informatique] Fouiller/dégager/approfondir des liens entre l'apprentissage et le langage objet.

Très dommage qu'on doive passer huit heures par jour au travail...

jeudi 30 décembre 2004

L'horloge

Au hasard de mes pérégrinations sur le web, je suis tombé sur ce beau poème de Baudelaire :
L'Horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: « Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

« Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

« Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

« Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

« Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

« Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »
Les Fleurs du Mal, LXXXV in Œuvres complètes, Robert Laffont Bouquins, p.59

mis en Flash ici.

La beauté du montage m'a ramené à ce constat que je ne cesse de me faire : ô combien j'aime le web !

Si j'étais le moindrement original/artiste/compétent/explorateur, il me semble que je me lancerais à l'étude de ce macromédia Flash. L'imagination du concepteur est la seule limite avec un tel outil. Et c'est tellement... tellement... web. Un art nouveau et à la portée d'à peu près tout le monde.

Je me rappelle avoir vu (je remonte autour de 1997,1998) de merveilleuses choses en mathématique qui utilisaient Director. J'avais été transporté par le potentiel artistico/pédagogique de l'outil. Mais c'était tout à fait inaccessible au commun de mortel à cause du coût élevé du logiciel. Dommage.

C'est comme la mise en route de l'ASP : le potentiel du langage était (et est toujours) absolument extraordinaire. Mais en 1996 ou 1997, lorsque j'ai demandé à mon fournisseur la possibilité de l'utiliser, sa réponse était négative, non pas à cause de la gestion de la chose, mais bien par les différents coûts que cela lui engendrait. Heureusement, depuis 1999 certains hébergeurs (surtout en France) permettent à leurs clients une utilisation quasi sans limites de PHP jumelé à MySql. Depuis, même les «pauvres» comme moi peuvent enfin prétendre à une utilisation riche et créative des bases de données sur le web. Les wikis, les blogues et les CMS (Content Management System, genre SPIP) sont d'ailleurs nés, à mon avis, grâce à cette démocratisation des BDD sur le web.

Curieux comment, d'un poème de Baudelaire, un esprit dérive parfois...

mercredi 29 décembre 2004

Le temps

Ce n’est pas le passe-temps qui m’intéresse,
C’est le dépasse-temps.
Claude Roy (Citation trouvée ici.)

mardi 28 décembre 2004

Deux lectures, deux impressions

Je viens de terminer deux petits livres.

Les Chevaliers du Subjonctif d'Erik Orsenna et Histoire d'une Mouette et du Chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda.

Comme j'avais bien apprécié La Grammaire est une chanson douce d'Orsenna, c'est avec beaucoup de joie que j'entrepris la lecture des Chevaliers. J'ai cependant été fort déçu. J'ai trouvé l'histoire mal ficelée et je ne sais pas du tout où voulait en venir l'auteur. Il y a cependant plusieurs jolies phrases qui se retrouveront sur Au fil de mes lectures au courant de la semaine.

Quant au Sepúlveda, chapeau ! Ce conte, car c'est véritablement un conte, est d'une construction impeccable. On tombe en amour avec les «personnages » (des chats, des mouettes, un poète...) mais surtout, on apprécie le message sur la différence : « Il est très facile d'accepter et d'aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu'un de différent c'est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver. » (p.88) Un excellent livre sur la communication, la coopération et l'importance de respecter ses engagements.

lundi 27 décembre 2004

Einstein

Je prends parfois le temps de consulter l'origine des visiteurs de mes différents sites. Ici, par exemple, on signale ma page sur les citations d'Einstein. Dans ce message, l'auteur juge douteuses certaines des citations et, pour appuyer ce jugement, il cite un passage en anglais. Or, le livre d'où sont tirées les citations est une traduction de l'allemand. Il eût été pour le moins plus rigoureux de citer le « vrai » passage en allemand.

Ce qui est intéressant dans ce message d'une liste dont le thème est le créationnisme, c'est qu'on semble vouloir faire dire à Einstein qu'il croyait en Dieu. Ce qui, à mon avis, est tout à fait faux. Einstein avait un profond sentiment religieux. Religieux en ce sens qu'il considérait la création, la nature comme une vaste mécanique compréhensive mais dont cette compréhension, d'une très grande beauté, est susceptible de nous transporter au-delà de soi-même.

Quand Einstein parle de Dieu ne jouant pas aux dés avec le monde, il signale tout simplement qu'il est profondément déterministe. En fait, je pense qu'il fut le dernier physicien déterministe. Au 19e siècle, on croyait que si on pouvait obtenir avec précision toutes les variables de l'univers, on pourrait déterminer son futur et son passé. La mécanique quantique a démoli cette idée. Mais Einstein, têtu, n'a jamais voulu démordre de cette conception de l'univers.

Cela fera déjà 50 ans, ce 18 avril 2005, qu'Einstein est décédé. J'ai hâte de voir tous les livres qui sortiront sur celui qui fut l'un des plus grands génies que la Terre ait connus.

Créatures fascinantes

Pour vous amuser pendant des heures, Sodaplay !

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