Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 13 février 2007

Lettre ouverte au RÉCIT

Nota : Le RÉCIT est le réseau pour le développement des compétences par l'intégration des technologies. J'en suis membre depuis 2000-2001. Nous sommes une centaine au Québec et très prochainement, les mandats du Récit doivent être revus.


Chers collègues,

Arnaud Desjardins dévoile deux conditions essentielles pour qu'un mariage réussisse : 1 - Il faut que les deux membres du couple soient assez différents l'un de l'autre; 2- il faut que les deux membres du couple soient assez semblables. Le paradoxe est levé simplement en comprenant que deux êtres presque pareils ne forment pas un couple, mais une variante l'un de l'autre alors que les différences apportent à l'autre une perspective d'enrichissement. Par ailleurs, deux êtres qui ne partageraient pas des valeurs fondamentales (valeurs sur lesquelles il est impossible de négocier) deviendraient vite insupportables l'un pour l'autre.

Un réseau tel le nôtre est un mariage. Un mariage à 100 personnes. Un mariage où la diversité des membres ajoute aux membres. Un mariage où la pluralité des réflexions nous enrichit les uns les autres.

Mais qu'en est-il de nos valeurs fondamentales?

J'aimerais partager ici ma valeur profonde, celle sur laquelle jamais je ne pourrai mettre de l'eau dans mon vin, celle qui justifie chacune de mes actions. Et ce dernier point est important, car une valeur profonde n'est pas juste un énoncé cul-cul qui fait bien paraître l'orateur. Non, une valeur fondamentale implique une adhésion complète de son porteur. C'est plus qu'une croyance, c'est une foi. C'est ce qui anime l'âme.

Cette valeur est celle-ci : je crois au plus profond de mon âme que l'intégration des technologies contribue significativement au succès de l'élève.

J'entends par succès, cette capacité qu'on a tous de devenir ce que l'on est. Bien sûr, le succès existait avant l'invention des technologies, mais depuis qu'elles ont fait leur apparition, les TIC ont modifié le rapport au savoir, ce savoir incluant, entre autres, le savoir sur soi, le savoir à soi.

Ce que j'entends par savoir sur soi dépasse le discours pédago-meta-cognitif. Je crois profondément que les TIC ouvrent de larges espaces de la personne inconnus de la personne même. À cet égard, les TIC sont aussi «adrénalitiques» que la musique, l'activité physique, le plaisir sexuel ou contemplation d'un ciel étoilé.

Et pourtant...

Mon premier contact avec l'informatique remonte à 1972. Au CEGEP de Hull. Je m'étais inscrit à un cours de Fortran. J'ai ressenti l'écoeurite profonde après 4 semaines. L'enseignant étant parfaitement incapable de transmettre la matière, j'ai abandonné le cours. Deux ans plus tard, à l'université Laval, nouvel essai. Même échec. C'est en 1976 qu'un copain allume devant moi sa TI-57. Il pitonna tant bien que mal un petit programme (STO, RCL, PSH, etc., pour ceux qui se souviennent...). J'ai eu là ma première jouissance informatique. J'avais peu de sous, mais je me suis quand même payé la calculatrice.

En 80, un copain me branche le minuscule ZX-80 sur un téléviseur noir et blanc. 1 ko de mémoire. Pour parler à la machine, on devait s'exprimer en BASIC : deuxième jouissance. En 1981, j'achète un Color Computer avec le ROM Logo. Troisième jouissance, mais cette fois à répétition, comme certaines femmes, paraît-il :-)

Et là s'est construite ma conviction profonde qu'on se devait de mettre les enfants devant cet outil. Il ne s'agissait pas d'une mode, il s'agissait d'un saut paradigmatique, un saut qu'une fois exécuté, on ne peut revenir en arrière. Bien sûr que depuis ce temps, j'ai eu moult joies et moult déceptions. Une grande déception fut de constater que plusieurs intervenants scolaires n'ont absolument pas compris l'immense potentiel pédagogique du LOGO.

Ma quatrième jouissance s'est produite en 1993-94: Mosaïc. J'étais déjà branché depuis quelques années sur le réseau universitaire Freenet de l'université Carleton et je suivais assez activement plusieurs newsgroups. Mais l'avènement du web rendait encore plus concret le fait qu'en temps que citoyen du monde, j'avais droit (le devoir?) de parole, et j'avais le droit de décider qui je voulais écouter, quand je voulais l'écouter. Les limites exigées par les médias traditionnels à sens unique (TV, radio, journaux, revues...) étaient brisées. Dorénavant, je devenais moi-même un média. Je mis en ligne Au fil de mes lectures, pour partager mon amour de la citation.

Cinquième jouissance, multiple aussi. Au GRMS autour de 1996. J'ai assisté à un atelier de Gérald St-Amand sur Cabri-Géomètre. J'étais complètement sonné. Je suis parti en croisade (en choisissant CyberGéomètre plutôt que Cabri), car je trouvais (et trouve toujours ) absolument inconcevable que nos élèves n'aient pas en permanence un tel outil dans leurs bagages. 10 ans plus tard, on trouve les blogues, les wikis, les sites web dynamiques, les folksonomies, etc.

Et pourtant...

J'en ai parlé ici, l'intégration des TIC est un échec lamentable. Je ne répéterai pas mon message, mais peu d'intervenants sont venus me contredire. Et presque tous s'accordent pour dire qu'il reste énormément de travail à faire. À cet égard, l'exemple des difficultés à se brancher au MELS est frappant. Avec mon ordinateur, je suis comme un enfant : je ne cesse d'apprendre. En m'empêchant d'utiliser mon outil, le MELS limite ma réussite. Exagération! me lancerez-vous. Nenni. Réalité. Et quiconque a vraiment compris toute la puissance de l'intégration des TIC à notre vie ne peut empêcher un humain d'accéder à ladite puissance. Notre rôle n'en est-il pas un de facilitateur? Et le rôle de nos supérieurs n'en est-il pas un aussi de facilitateur? Devenir ce que l'on est ne s'arrête pas après les heures d'école ou aux limites d'une commission scolaire : c'est le travail d'une vie.

Cette valeur (l'intégration des TIC contribuant significativement au succès des élèves) est-elle partagée dans notre réseau RÉCIT ? C'est à vous, chers collègues, d'y répondre. Mais si, comme je le suppose, elle l'est, alors gardons-la toujours présente à notre esprit, et, peut-être surtout, dans notre âme.

Si cette valeur est partagée par tous les intervenants du réseau, cela implique que nos décisions et nos interventions n'en sont pas seulement colorées, mais sont assises solidement sur ce fondement.

Si cette valeur est partagée, ne la limitons pas à notre bureau, notre établissement, nos écoles, notre cs. Propageons-la tout autour de nous, à chaque moment de notre vie professionnelle. Partageons-la avec qui veut bien nous écouter et éloignons-nous des autres. Et combattons, même au risque de paraître impertinents, tout ce qui la mine.

lundi 12 février 2007

Réseauter ou résôter

Sur la liste privée du Récit, ce message d'un collègue (j'ai eu sa permission de reproduire son texte) :
Comme plusieurs le savent, il ne nous est pas facile de se brancher sur Internet avec notre ordinateur dans les édifices du MELS soit sur Marie-Guyart à Québec ou au Fullum à Montréal ainsi que dans les bureaux des Directions régionales. Règle générale, nous ne sommes pas autorisés à nous servir de nos ordinateurs; on nous demande d'utiliser plutôt un portable d'un cadre travaillant à l'établissement dont l'appareil est configuré pour le proxy du MELS.
J'ai dû faire face à cette situation à plusieurs reprises et je trouve ça très frustrant.
J'ai donc téléphoné au responsable de la gestion du réseau au MELS [...]
Le but de mon appel était de leur faire comprendre qu'il était inacceptable que nous (personnes-ressources du RÉCIT) ne puissions pas nous brancher avec nos propres appareils lorsque nous faisons des représentations ou présentations dans les différents bureaux du Mels.
Voici ce que j'ai appris :
Sur Fullum à Montréal ou sur Marie-Guyart à Québec : Il est possible d'utiliser son portable à la condition d'aviser d'avance afin qu'un technicien vérifie que le portable en question n'ait pas de virus. Une fois notre ordi vérifié (on me dit 10 minutes) le technicien peut configurer le proxy pour nous autoriser à entrer sur le web avec notre équipement. Soucis de sécurité et de ne pas contaminer le réseau du MELS.
Dans les bureaux des Directions régionales : À Québec sur Route de l'Église, ils ont installé un fournisseur web (réseau parallèle à celui du MELS) qui nous permet de nous connecter sur le web avec nos ordinateurs.
Ailleurs, dans les DR des autres régions, il semble que ce ne soit pas si simple. Selon mon expérience, dans plusieurs DR, il n'est pas possible de se brancher sur le web avec nos ordinateurs. On doit prendre un ordinateur de quelqu'un d'autre qui travaille dans la bâtisse.
Toutefois, la coordonnatrice m'a dit que s'il y a une demande de notre part, cela justifierait des ressources pour former quelqu'un dans chaque établissement de DR pour vérifier nos ordinateurs et nous autoriser à entrer sur le web.
C'est ce que j'appelle un aberration. Notre outil de travail, à nous, animateurs du RÉCIT, c'est notre portable. Or si pour toutes sortes de raison nous nous trouvons dans un édifice du Ministère de l'Éducation, on ne peut qu'avec grande difficulté se brancher sur le web avec notre ordinateur. Pourtant, que je sois à l'une des quatre commissions scolaires voisine, je n'ai jamais eu aucune difficulté à me brancher sur Internet.

Que répondre au technicien qui nous envoie des argumentaires types virus ? Ce technicien utilise sans doute un outil déjà présent sur le réseau pour détecter un virus. S'il trouve effectivement un virus, n'est-ce pas au réseau de prendre les mesures adéquates pour rejeter cette machine ? Et s'il ne trouve pas de virus, cela signifie-t-il qu'il n'y en a pas sur l'ordinateur ? Peut-être que cette machine vient d'être infectée par un tout nouveau virus non encore détectable par les antivirus? Auquel cas, ce technicien frileux brancherait tout de même la machine au réseau et risquerait d'y amener la catastrophe du siècle. Je me demande d'ailleurs comment cette personne s'y prendrait pour vérifier mon portable Ubuntu...

Et que dire qu'à Québec, à l'édifice sur la Route de l'Église, mes taxes payent un fournisseur privé pour que les visiteurs puissent se brancher sur le web. Bien entendu, je préférerais que mes taxes servent à payer des techniciens un peu plus habiles à gérer leur propre réseau. On éviterait ainsi la formation d'une autre personne (par bâtisse, je suppose) dont le travail serait de contrôler les machines des visiteurs.

Alors qu'on peut se brancher très facilement sur le web dans une foule de lieux publics (hôtels, bibliothèques, etc.) il demeure tout à fait insensé qu'on empêche des éducateurs de le faire naturellement dans les locaux du Ministère de l'Éducation.

jeudi 8 février 2007

Le savoir en vidéo

Quand je vois ce genre de bidules, je me mets à rêver...

Je rêve que nos commissions scolaires mettent chacune 10000 $ dans la libération d'enseignants. Cela correspond grosso modo à 50 jours de libération. Pendant ces journées, sans pression, ces enseignants produiraient des séquences vidéo qui enseignent du contenu (je sais, je sais, ce n'est plus très in de dire ça au Québec...). Sans coordination (sauf un site web qui pourrait facilement être un wiki) ces enseignants déposeraient librement leur oeuvre.

Seule exigence : les enseignants devront faire des séquences sur des sujets qui les animent (qui les animent eux - pas les élèves!). Autrement dit, on s'en fout si on trouve 15 vidéos sur Pythagore ou 10 sur l'accord du participe passé avec avoir... Plus il y a de versions différentes, plus on est susceptible de toucher des élèves.

Imaginez un peu 70 commissions scolaires qui se donnent la main pour créer des vidéos de ce type. Imaginez tous les élèves qui profiteraient en faisant leurs devoirs, en tenant de trouver une autre explication que celle de leur prof, etc. Et ce, pour 10000 $ par CS... une peanut.

Ce projet n'est pas génial, mais il a au moins le mérite d'être réalisable. Le problème, c'est qu'en haut (lire le MELS, la fédération des CS, etc.), on ne semble pas avoir l'imagination pour proposer (et encore moins initier) ce genre de chose.

Ce n'est qu'un rêve, un simple rêve.

dimanche 4 février 2007

2 + 3 X 5

Si vos élèves ont une calculatrice, demandez-leur d'y entrer l'expression arithmétique suivante :

2 + 3 x 5.

Affichez au tableau les résultats obtenus. La majorité des élèves auront sans doute 25; les autres auront 17. J'ai d'ailleurs constaté que le nombre de calculatrices affichant 25 est généralement supérieur à celui qui affiche 17. En fait, les calculatrices du genre « Abonnez-vous à notre revue et vous obtiendrez en prime une fantastique calculatrice » affichent habituellement 25.

Vous aurez alors tout en place pour une jolie discussion mathématique. Quelle calculatrice a raison ? Y a-t-il une vérité ? Comment s'entendre sur la réponse ? Etc.

Si vos élèves ont accès à un ordinateur, demandez-leur de pitonner l'expression dans l'outil calculatrice. Est-ce le même résultat dans une calculatrice Linux ? Windows ? Mac ? Comment se fait-il que le résultat est immanquablement 17 ? L'ordinateur aurait-il toujours raison ?

Continuez à ébranler vos élèves : entrez dans Squeak et demandez-leur de calculer l'expression. (Voir l'animation ci-dessus.) Le résultat est 25 ! L'ordinateur n'est même pas cohérent...



Les mathématiques, c'est aussi discuter de mathématique. Évidemment, on sait fort bien que la calculatrice dite scientifique connaît la priorité des opérations. Le calculatrice type « Châtelaine » calcule de gauche à droite. Mais Squeak, le fameux Squeak, comment se fait-il qu'il nous donne ce 25 qu'on sait arithmétiquement erroné ? Encore ici, on a un beau sujet d'exploration. Pour Squeak, l'addition, la multiplication, etc. ne sont pas des opérations. Ce sont des messages envoyés à un objet. Dans Squeak, un objet peut recevoir trois types de message. Les messages unaires, binaires et à mots-clés. Par exemple, l'expression

'Gilles' reverse

envoie le message unaire reverse à l'objet 'Gilles'. Le résultat sera quelque chose comme selliG (renversement de l'ordre des lettres). Autre exemple de message unaire :
4 negated
envoie le message negated à 4 et le résultat sera -4.

Les messages binaires sont du type 3 + 5 où le message + est envoyé avec l'argument 5 à l'objet 3.

Les messages à mots-clés peuvent avoir plusieurs arguments. Par exemple, le message copyFrom:to:

'Jobineries' copyFrom:3 to:6

donnera la chaîne de caractères 'bine' soit les caractères 3 à 6 de Jobineries. (Dans Squeak, le premier caractère est 1 et non 0 comme dans la majorité des autres langages de programmation.)

La convention dans Squeak est la suivante : si on a une expression complexe, on doit, de gauche à droite, d'abord réaliser les messages unaires, puis les messages binaires pour terminer avec les messages à mots-clés. Évidemment, des parenthèses (comme en arithmétique) doivent toujours être exécutées en premier. Donc, dans le cas qui nous occupe, l'expression 2+3*5 est composée de deux messages unaires. On doit donc effectuer d'abord le message + et ensuite le message *.

J'entends déjà ici des gens me dire : « Mais les élèves seront tous mêlés. ». En fait, ils seront surtout à l'affût des conventions. Et c'est ce qui importe. Il faut absolument qu'un élève qui entre dans un système arrive à comprendre les conventions du système. Or pour qu'il puisse comprendre le sens du terme « convention », il faut qu'il puisse en comparer plusieurs qui utilisent les mêmes symboles. Des élèves mêlés? Mais non ! des élèves conscients.

vendredi 2 février 2007

Joli truc

mercredi 31 janvier 2007

Tuto 3 : Une animation simple

Comment faire une toute petite animation en Squeak. Les principes y sont.

J'en profite pour remercier particulièrement Pierre Lachance du RécitMST qui a su donner au Québec une merveilleuse adaptation du Wikini.

mardi 30 janvier 2007

À Télé-Québec

C'est en décembre que j'ai été interviewé pour l'émission Méchant Constraste. J'ai pu voir ce que cela a donné hier soir. On est toujours un peu craintif du choix des extraits retenus par un journaliste, mais je suis finalement satisfait.

Dans la section EXTRAS du site, on peut m'entendre un peu plus longuement qu'à l'émission même.

À lire aussi les notes de mon copain Pierre.

lundi 29 janvier 2007

Réponse à un édito d'Infobourg

Je réponds ici à un éditorial paru aujourd'hui sur l'Infobourg. En citation, les propos de l'Infobourg.
[M. Bibeau] n’est pas d’accord avec la dichotomie que monsieur Jobin fait des TIC, à savoir qu’il y aurait des TIC « ustensiles » (traitement de texte, chiffrier, logiciel de présentation) et des TIC « pour changer le rapport de l’élève au savoir » (blogue, wiki). « Comme s’il y avait des TIC honteuses et d’autres tout à fait dans le vent; des TIC antipédagogiques et d’autres intrinsèquement pédagogiques, comme si ceux qui utilisent les premières étaient dans l’erreur et faisaient fausse route », soutient-il.
Je n'ai jamais parlé de TIC honteuses et antipédagogiques. Je dis qu'utiliser l'informatique comme ustensile est bien différent de l'utiliser comme extension et amplification de la pensée. À l'école, tout le monde fait de la bureautique à des niveaux adaptés aux jeunes. Est-ce honteux? Certainement pas, et je trouve très malheureux que M. Bibeau croit que je le pense. Quant au mot antipédagogique, je ne l'ai jamais mentionné. Je ne l'ai même jamais pensé.
Bien sûr que je crois qu'il y a des différences importantes entre l'utilisation d'un traitement de texte et l'utilisation d'un blogue. Mais que ce soit pour l'un ou pour l'autre, on peut en faire un acte pédagogique ou non. Je crois cependant que l'utilisation d'un blogue est beaucoup plus intégrateur que l'utilisation de Word. C'est tout.
D’ailleurs, n’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui ont besoin d’apprendre à se servir d’outils comme le traitement de texte puisqu’ils auront pratiquement tous à les utiliser au cours de leur vie professionnelle à venir.
Bien sûr ! Mais 11 ans de Word et de PowerPoint, c'est un peu long, non?
Par exemple, il précise qu’un blogue sans lecteur et surtout sans commentateur n’arrivera pas à ses fins, notamment l’interaction entre les élèves. Il faut donc une certaine animation, un suivi pédagogique. Un projet où les élèves prépareraient un document PowerPoint ou Impress, puis le présenteraient à d’autres élèves par le biais de la vidéoconférence pourrait aussi les amener à interagir.
Un blogue sans lecteurs? Diable, le web est un véritable cimetière de blogues et de sites. Comment savoir si un blogue est sans lecteur? Il ne faut pas oublier que bloguer, c'est d'abord écrire. Que ce soit à la suite de la lecture d'un livre, du visionnement d'un film, d'une participation à l'harmonie de l'école, etc. il faut bien attendu un suivi pédagogique ! Qui dirait le contraire ?

Un blogue scolaire doit-il être différent d'un vrai blogue? À chacun de répondre. Pour ma part, le blogue est un outil extraordinaire de développement de la personne, de la structuration de la pensée, et de bien d'autres choses encore. Pour moi, un élève qui blogue, c'est d'abord être un humain qui blogue. Voilà pourquoi j'aime bien l'approche de Rochebelle ou celle de Mario Cyr (Philoblogue) : on laisse l'élève libre d'utiliser ou non l'outil. Et on l'entoure d'une aura pédagogique.

Bien sûr que l'utilisation ustensile d'un outil (comme PowerPoint) peut amener les élèves à interagir. Mais cela demeure une utilisation ustensile. Est-ce de l'intégration des technologies? Si on répond oui, alors mea culpa, ça va très bien au Québec.
« Il faut se mettre au niveau de chaque enseignant et chercher à répondre à ses besoins particuliers. Il faut lui demander : qu’est-ce que tu veux faire? Et après, on lui présente les possibilités. Si c’est un blogue qui répond le mieux, on y va pour le blogue. Mais il se pourrait aussi qu’une présentation PowerPoint fasse l’affaire. Alors là, il ne faut pas dénigrer cette option ».
Mais loin de moi l'idée de dénigrer cette option. La semaine dernière, j'ai répondu à une demande de toute une école qui voulait une formation OpenOffice. Cette semaine, je rencontre des enseignants qui veulent en savoir plus sur Scribus. Mais, et j'y reviens, c'est là de l'informatique ustensile. En tant que conseiller pédagogique, je prends certainement les gens où ils sont, mais mon rôle est de les amener beaucoup plus loin. Or, depuis 25 ans, comment se fait-il qu'on en soit encore à de l'informatique ustensile? N'y aurait-il pas lieu de questionner fortement nos formations? À petits pas, nous stagnons. C'est tout.
« Attention », répond monsieur Bibeau, qui a déjà évalué qu’une telle opération coûterait entre 1 et 2 milliards de dollars au Québec. « Il faut se demander quels seront les bénéfices tangibles et réels compte tenu de l’ampleur de la dépense? Est-ce qu’il s’agit du besoin le plus urgent dans le monde de l’éducation? »
La réponse est simple et évidente. D'ailleurs elle est dans mon billet : NON, ce n'est pas un besoin urgent. Voilà pourquoi tout le monde s'en fout. Bien sûr qu'à Québec on voit ma proposition comme une dépense. Pour moi, c'est un investissement. Mais investir sans avoir la foi que cela sera rentable est effectivement suicidaire. Moi, je crois en la rentabilité de cet investissement. De toute évidence, nos élus et les fonctionnaires ne sont pas de cet avis.
Par ailleurs, ce n’est pas tout de posséder un ordinateur, encore faut-il savoir en tirer profit pédagogiquement… « Je connais des écoles où des ordinateurs dorment dans des boîtes parce que personne ne sait quoi en faire », affirme-t-il.
Je connais des dizaines et des dizaines d'enseignants qui voudraient bien faire quelque chose de pédagogique avec les TIC mais qui n'ont même pas d'ordinateur. Si des ordinateurs dorment dans des boîtes, cela veut dire que le leadership pédagogique de cette école est absent. Qu'on y change la direction de l'école, ça presse!
« Il ne faut pas penser que les élèves pensent à apprendre quelque chose aussitôt qu’ils ouvrent l’ordinateur. Il faut les guider dans leur utilisation pour que celle-ci devienne instructive et donc pédagogique », rappelle monsieur Bibeau.
C'est vrai pour un ordinateur. Mais c'est aussi vrai pour n'importe quel livre, n'importe quelle ressource. Mais pour que l'enseignant puisse guider un élève avec un ordinateur, ne faut-il pas au moins que cet enseignant et cet élève aient un ordinateur ???

Sur l'Infobourg...

Nouvel article sur l'Infobourg qui interview Robert Bibeau à propos de mon billet sur l'intégration des TIC dans les écoles. Je trouve dommage que M. Bibeau ne soit pas intervenu en laissant un commentaire à la suite de mon billet (évidemment, c'est son droit), mais je prendrai sans doute le temps de répliquer à ses propos d'ici quelques heures...

dimanche 28 janvier 2007

Deuxième tutoriel : la voiture classique


J'avais besoin d'un tutoriel pour les élèves qui veulent apprendre à contrôler une voiture à partir d'un volant. Basé sur l'excellent Drive a car, j'ai décidé de le rédiger à ma manière, c'est-à-dire en m'appuyant sur des vidéos Flash.

Pour les élèves, j'ai l'impression que ce tutoriel est assez facile à suivre. Quant aux parents ou aux enseignants qui désirent l'utiliser, j'ai ajouté quelques notes permettant d'ajuster les intentions pédagogiques et les interventions auprès de l'enfant. Tous les autres trouveront tout au moins une très bonne idée de ce qu'on entend par les Etoys dans Squeak.

Squeak au colloque de l'Aquops 2007

Avec Pierre Couillard du Recit MST, j'animerai deux ateliers au prochain colloque de l'Aquops. L'atelier 3209 - Etoys : plus que des jouets initiera les participants à la puissance pédagogique des objets Etoys. Nous aurons sans doute l'occasion de suggérer aux gens d'enrichir notre Squeaki. Le second atelier (4108 - Introduction à Squeak) s'adresse à un public un peu plus averti, car nous voulons éveiller les participants à cet environnement pour le moins surprenant. Nous tenons donc pour acquis qu'ils ne paniqueront pas en entendant prononcer des mots tels que language objet et programmation. En éducation - tout au moins au Québec, parler de programmation est presque tabou. J'ai bien hâte de voir s'il y aura suffisamment d'inscriptions !
Squeak existe depuis 1996, mais je crois que c'est la première fois qu'il fera l'objet d'une communication dans un colloque provincial.

samedi 20 janvier 2007

Un premier tutoriel

Je viens d'écrire mon premier tutoriel Etoys. J'y montre une façon assez élémentaire de réaliser un questionnaire à choix multiple. Étape par étape, l'élève doit mener à terme ce petit projet. Plutôt que de décrire tous les détails, j'ai préféré illustrer l'étape par une vidéo en Flash (de 1 à 4 mégaoctets).

Je mettrai ce tutoriel à l'essai cette semaine dans certaines classes de ma CS.

Si tout fonctionne bien, je poursuivrai avec la notion de variable. Il est en effet tout à fait logique d'améliorer le projet en y ajoutant un compteur de bonnes réponses et d'essais infructueux.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 >