Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 10 avril 2012

Chemin faisant, page 105

Comme le silence de certains amis vaut mieux que leurs louanges! 0 silence! salut à ta bouche close.

Voir en grand, faire en large, construire en beau avec la bourse des autres, que de gens sont généreux a ce prix-là !

Quand on est logique, on est toujours fort : c'est être botté pour la descente et pour la montée.

Les gens qui n'en savent pas plus long, peut-on leur en demander plus large ?

Oh! que c'est commode, un bavard, quand on en sait tirer parti ! On peut lui faire dire tant de choses qu'on n'aimerait pas à dire soi-même, et en apprendre tant d'autres qu'on n'aimerait pas à demander !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 9 avril 2012

Études : Collection H. Mattison (37 - 42)

Études 37 à 42

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Magyar Sakkvilág
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Shakhmatny Listok
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Magyar Sakkvilág
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Un grand merci au superbe script PGN-VIEWER trouvé sur Chess Tempo.

Chemin faisant, page 104

Testament de l'amour : Je lègue tout à la dernière.

Les caresses ont des griffes : jeunes gens, approchez!

Les illusions auront toujours des joues de quinze ans.

L'homme qui n'a jamais pleuré, l'enfant qui n'a jamais brisé son jouet, la femme qui n'a jamais menti, sont les débiteurs de l'occasion.

Dieu ne demande pas de la patience à ceux qui en ont, mais à ceux qui n'en ont pas.

Quand un être ne sait pas parler, essayez de le faire chanter et vous lui trouverez de la voix; la nature ne boude aucun de ses enfants.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 8 avril 2012

Miette 30 : S'agiter comme une corneille qui abat des noix

Le travail

S'agiter comme une corneille qui abat des noix.

Sommaire. - Au jardin des Plantes. - Souvenir d'enfance. - La guenon de Florian.

Je vais vous faire un aveu dépouillé d'artifice; je n'ai jamais aperçu de corneille abattant des noix; mais j'ai souvent, étant enfant, contemplé le singe du Jardin des Plantes qui secouait un arbre dépourvu de feuilles mais pourvu d'une cloche; il fallait voir comme l'animal, cramponné de ses quatre « mains » à une branche, l'agitait fébrilement ; el la cloche de sonner, de carillonner, et moi de rire et de rire, et je n'étais pas le seul. Eh bien ! l'ardeur que ce singe apportait à son carillon n'a d'égale que l'impétuosité de la corneille dans l'abatage des noix.

Il paraît qu'elle en est très friande et se livre dans les noyers à une gymnastique effrénée pour en détacher les fruits ; moins bête que la « jeune guenon »1 de Florian, elle sait les « ouvrir » en les précipitant violemment sur le sol. Finalement elle est récompensée de son zèle, et sa peine a trouvé son salaire.

Malgré cela, l'homme, qui a de l'intelligence et de l'esprit, a décidé que « s'employer à quelque chose avec zèle, mais avec un empressement irréfléchi », c'était agir comme la corneille qui abat des noix.

L'homme doit avoir raison, car il n'a pu arriver à ce rapprochement désobligeant pour la corneille qu'après saine et mûre méditation.


1 Florian, La Guenon, le Singe et la Noix, livre IV, fable 12.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 103

Dans le rêve d'un ami unique, il y a plus de besoin d'amour que de besoin d'amitié.

Ma dernière coquetterie sera pour mon courage, car il sera mon dernier ami ici-bas.

La justice a plus de droits à notre reconnaissance que la générosité.

La critique est comme la toux ; pour s'en impressionner, il faut savoir d'où elle vient.

Nos sacrifices sont comme nos folies ; ils nous entraînent.

On peut arriver à se passer de bonheur pour soi, mais pour ceux qu'on aime que c'est difficile !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 7 avril 2012

Chemin faisant, page 102

Le noble se hausse sur ses quartiers, le millionnaire sur ses sacs, le sage sur ses réflexions.

Ce n'est pas tout de prendre le galop, il faut le soutenir.

Douter n'est pas plus un crime que mal digérer ; ce qui ne nous dispense pas de lutter contre le doute et contre la mauvaise digestion.

Rappelons-nous que chaque approbation est un encouragement.

Un ami en moins me peinera toujours, un ennemi en plus ne me fait plus rien.

Le port du malheur s'appelle résignation.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Le pourcentage

Dans Le Soleil de ce matin :

Il serait intéressant de connaître comment la journaliste est arrivée à ce 5 % !

vendredi 6 avril 2012

Miette 29 : Il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints

Le travail

Il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints.

Sommaire. - À qui s'adresser. - D'après Voltaire. - Les gardes font leurs conditions. - Des coups d'étrivière, s'il vous plait. - Part à deux. - Orthographe et prononciation.

Il est préférable de s'adresser au roi plutôt qu'à ses ministres ; à un ministre plutôt qu'à son secrétaire et, en général, à un homme puissant plutôt qu'à ses subordonnés.

Bien que l'origine en soit plus ancienne, Voltaire, qui n'était pas ennemi d'une douce gaîté, s'est plu à rattacher ce proverbe au conte plaisant que l'on va lire :

« Il y avait autrefois un roi d'Espagne qui avait promis de distribuer des aumônes considérables à tous les habitants d'une ville qu'une guerre avait totalement ruinés. Confiants dans la parole royale, ces malheureux vinrent aux portes du palais ; mais les gardes ne voulurent les laisser entrer qu'à condition de partager avec eux ce qu'ils recevraient.

Le bonhomme Cardero se présenta le premier au monarque, se jeta à ses pieds et lui dit : « Grand roi, je supplie Votre Majesté de faire donner à chacun de nous cent coups d'étrivière.

- Voilà une plaisante requête ! pourquoi m'adresser une semblable prière ?

- C'est, dit Cardero, que vos gens veulent absolument avoir la moitié de ce que vous nous donnerez.

Le roi rit beaucoup et fit un présent considérable à Cardero qui s'applaudit de son stratagème. »

Mieux vaut le souverain que ses gardes ; mieux vaut Dieu que les saints.

À propos de saints, tout le monde sait que pendant la Révolution on avait substitué à l'ancien calendrier un nouveau, duquel tous les « saints » avaient été supprimés sans pitié.

Un particulier est convoqué à la commune, on lui demande son prénom.

« Symphorien, répond-il.

- Il n'y a plus de saint, dit brusquement le farouche sans-culotte, tu t'appelleras Phorien.

- Ah ! reprend le pétitionnaire, c'est gulier, ça ! »

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 101

Il y a des non qu'il faut prendre pour des oui, des oui pour des non : à nous de deviner.

L'audace c'est le courage en colère.

Les tyrans ribotent avec le sang.

Une dangereuse lassitude, celle de soi-même.

Les faiblesses de nos amis, quand elles restent orthodoxes, quelle charmante occasion pour nous de leur complaire !

Sainte Thérèse se régalait de la souffrance : puissions-nous seulement nous en contenter !

Même dans l'armoire les uniformes allemands sont des personnages.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 5 avril 2012

Chemin faisant, page 100

Près d'une affection, la seconde place n'est pas facilement acceptable quand on a eu la première.

La retraite est une solution silencieuse.

L'amitié repose sur deux colonnes : la franchise et la discrétion.

On lutte avec son esprit en l'amusant, avec son coeur en le berçant, avec son corps en le domptant.

Il y a des mots qui valent tout un poème, et des poèmes qui ne valent pas un mot.

Quand la vie dit : « Je ne veux pas, » que répondre? faire la révérence et accepter.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 4 avril 2012

Chemin faisant, page 99

Les plus honnêtes des tyrans sont dangereux comme les plus innocentes des coquettes.

On peut être maître et tendre, comme on peut être esclave et digne.

Ta langue c'est le lion de la ménagerie ; qu'elle ne t'échappe pas !

Ton malheur fait des heureux ; auras-tu jamais la générosité d'en souffrir moins?

Il y a des gens qui ont l'air mystérieux pour ne rien dire et ne rien penser; c'est un des mille refuges de la bêtise.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 3 avril 2012

Chemin faisant, page 98

Otez la justice à la bonté, vous en faites une passion.

On ne reconnaît malheureusement pas le menteur à la lèvre comme le travailleur à l'échiné.

Apprendre à ne se désintéresser de personne, voilà la vraie charité.

Il y a souvent autant de fierté que de générosité à payer généreusement ce qu'on doit.

Quand on est tête de ligne, il faut savoir être tête de courage.

C'est un succès de bon ton que de céder devant un entêté.

Si les vrais amis doivent nous chercher dans la peine, ils doivent savoir nous attendre dans la joie.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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