Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 26 octobre 2014

Discussion

Discussion

Une discussion est un duel de poumons : la victoire est aux plus robustes.
Louis Veuillot

Note du transcripteur.

Le sénat mit aux voix cette affaire importante,
Et le turbot fut mis à la sauce piquante.
Berchoux La Gastronomie

Note du transcripteur.
On trouve une explication dans les notes :

La sauce piquante est ici une fiction poétique. Voici comment cela s‘est passé :
« Domitien convoqua un jour le sénat pour savoir en quel vase on cuirait un turbot monstrueux dont on lui avait fait présent. Les sénateurs examinèrent gravement cette affaire. Comme il ne se trouva point de vase assez grand, on proposa de couper le poison par morceaux : cet avis fut rejeté. Après bien des délibérations, on décida qu'il fallait construire un vase exprès; et il fut réglé que, quand l‘empereur irait à la guerre, il aurait toujours à sa suite un grand nombre de potiers de terre. Ce qu‘il a de plus plaisant, c'est qu’un sénateur aveugle parut extasié à la vue du turbot, et ne cessa d’en faire l’éloge, en fixant les yeux du côté où le poisson n’était pas. »

À mauvaise cause, force paroles.


Note du transcripteur.
Proverbe.
La contradiction est le sel de la pensée.


Note du transcripteur.
Origine inconnue.
Ne faut-il que délibérer?
La cour en conseillers foisonne:
Est-il besoin d'exécuter?
L'on ne rencontre plus personne.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Conseil tenu par les Rats.
La France a beaucoup d'hommes d'esprit. Combien en a-t-elle qui, sur une question un peu relevée, soient capables de discuter cinq minutes sans perdre le fil et sans changer de sujet.
R. P. Longhaye

Note du transcripteur.
Théorie des belles-lettres.
La citation exactes :
«La France a beaucoup d'hommes d'esprit. Combien en en a-t-elle qui, sur une question un peu relevée, soient capables de discuter cinq minutes, sans perdre le fil et changer d'objet le plus innocemment du monde?»
Arrière ceux dont la bouche
Souffle le chaud et le froid.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Le Satyre et le Passant.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

samedi 25 octobre 2014

Renard et la religion

« La religion est l'excuse de leur pensée paresseuse. Vous leur donnez, de l'univers, une explication toute faite, bien médiocre. Ils se gardent d'en chercher une autre, d'abord parce qu'ils sont incapables de chercher, ensuite parce que ça leur est bien égal.
Il n'y a rien de plus bassement pratique que la religion.
Vous dites que je suis athée, parce que nous ne cherchons pas Dieu de la même façon ; ou, plutôt, vous croyez l'avoir trouvé. Je vous félicite. Je le cherche encore. Je le chercherai dix ans, vingt ans, s'il me prête vie. Je crains de ne pouvoir le trouver : je le chercherai quand même, s'il existe. Il me saura peut-être gré de mon effort. Et peut-être qu'il aura pitié de votre confiance béate, de votre foi paresseuse et un peu niaise. »
Jules Renard, Journal, 14 septembre 1903.

Discrétion

Discrétion

Rien n'est plus désagréable qu'un homme qui se cite lui-même à tout propos.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions diverses.
Se taire et laisser comprendre son silence, c'est l'éloquence des situations difficiles.
Lamartine

Note du transcripteur.
Mémoires inédits de Lamartine (1790-1815).
Il suffit souvent de paraître ignorer ce que l'on sait pour avoir la réputation de savoir ce qu'on ignore.
Vauvenargues

Note du transcripteur.
Cette citation se trouve un peu partout, et est toujours attribuée à Vauvenargues. Cependant, je n'en ai trouvé nulle trace dans son oeuvre.
Un homme indiscret est une lettre décachetée; tout le monde peut la lire.
Chamfort

Note du transcripteur.
«Ce que Chamfort a écrit de mieux» lit-on dans La littérature française : depuis la formation de la langue jusqu'à nos jouers, t. 2, 1869, «ce sont ses sentences détachées, dont quelques-une sont encore citées aujourd'hui.
SENTENCES DETACHEES.
On fausse son esprit, sa conscience, sa raison, comme on gâte son estomac.
L'ambition prend aux petites âmes plus facilement qu'aux grandes, comme le feu prend plus aisément à la paille, aux chaumières, qu'aux palais.
La générosité n'est que la pitié des âmes nobles.
Il n'y a point de repos plus doux que celui qui s'achète par le travail.
Dans les grandes choses, les hommes se montrent comme il leur convient de se montrer; dans les petites, ils se montrent comme ils sont.
Il y a une sorte de plaisir attaché au courage qui se met au-dessus de la fortune : mépriser l'argent, c'est détrôner un usurpateur.
Le plus riche des hommes, c'est l'économe; le plus pauvre, c'est l'avare.
Un homme indiscret est une lettre décachetée : tout le monde peut la lire.
Il y a des sottises bien habillées comme il y a des sots bien vêtus.
Vivre est une maladie que le sommeil soulage, mais que la mort seule guérit.
Il n'y a point de plaisir que l'on fasse plus volontiers à un ami que celui de lui donner un conseil.»

Cependant, je n'ai pas trouvé directement cette citation dans une oeuvre de Chamfort!
Londres en une heure sait ce qu'on dit tout haut,
Et ce qu'on dit tout bas se sait un peu plus tôt.
Delavigne

Note du transcripteur.
La Popularité, acte 3, sc. 6 (Caverly)

La citation exacte est :
«Londre en une heure ou deux sait ce qu'on dite tout haut,
Et ce qu'on dit tout bas se sait un peu plus tôt.»

Dans toutes les versions que j'ai consultées, Delavigne n'a pas mis le «s» à Londres.
On admire toujours quelqu'un qui s'abstient de dire ce qui ne doit pas être dit.


Note du transcripteur.
Sans doute une pensée originale de Blanchard.
Une once de discrétion vaut une livre d'esprit.


Note du transcripteur.
Proverbe anglais : «An ounce of discretion is worth a pound of wit.»
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

vendredi 24 octobre 2014

Dieu

Dieu

La science sans Dieu n'est qu'un instrument inu­tile. Il est trop triste d'être incliné sur un grain de sable pour le décomposer, sur une fleur pour la dessécher. Il me faut plus que dénombrer les étoiles, il me faut des battements d'aile venant de mon âme et m'élevant jusqu'à Dieu.
Card. Mermillod

Note du transcripteur.
Source non trouvée. Cette citation fut supprimée des éditions subséquentes.
O Maître, j'ai placé votre image au foyer,
Devant elle j'irai souvent m'agenouiller.
Je veux que vous soyez l'ami de la famille,
Que le petit garçon et la petite fille
Balbutient votre nom avant de s'endormir.
Hugo

Note du transcripteur.
Je suppose que Blanchard a copié cette citation placée en épigraphe au chapitre «Les images de piété» du Catéchisme de l'Éducation de l'abbé René Bethléem. Elle n'est pas de Hugo et la seule référence donnée par Bethléem est «Le Noël, 5 oct. 1916». La confusion de Blanchard viendrait du fait que la citation précédente dans le Cathéchisme est de Hugo.
... Malgré moi, l'infini me tourmente.
Je n'y saurais songer sans trouble et sans espoir;
Et, quoi qu'on on ait dit, ma raison s'épouvante
De ne pas le comprendre et pourtant de le voir.
De Musset

Note du transcripteur.
L'Espoir en Dieu.
Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure.
Vous qui souffrez, venez à Lui, car il guérit.
Vous qui tremblez, venez à Lui, car il sourit.
Vous qui passez, venez à Lui, car il demeure.
Hugo

Note du transcripteur.
Les Contemplations.
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
Que cet horloge existe, et n'ait point d'horloger.
Voltaire

Note du transcripteur.
Vers 111 et 112 de la satire intitulée les Cabales.
Celui qui met un frein à la fureur des flots
Sait aussi des méchants arrêter les complots.
Soumis avec respect à sa volonté sainte,
Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte.
Athalie Racine

Note du transcripteur.
Acte 1, sc. 1 (Joad).
De mon temps on avait Dieu.
Emile Augier

Note du transcripteur.
Les Effrontés, acte 1, sc. 8 (Le Marquis).
Il n'y aurait qu'un seul brin d'herbe sur la terre, que ce serait assez pour obliger l'homme à dire: Il y a un Dieu.
Guy Dupréhault

Note du transcripteur.
Référence non trouvée. Je fais l'hypothèse que cette citation se trouve dans son «Pointes de feu».
La plus irréfutable démonstration de l'existence de Dieu, c'est la vie et la mort d'un juste.
Jules Simon

Note du transcripteur.
Dans sa préface au «Le Devoir» (1854).
L'amour des peuples pour le souverain diminue en même proportion que leur amour pour Dieu. Sous l'influence de la philosophie, les nations passent nécessairement de la ré­volte contre Dieu à la révolte contre le pouvoir.
Lamennais

Note du transcripteur.
Mélanges religieux et philosophiques.

La citation exacte : «L'amour des peuples pour le souverain diminue en même proportion que leur amour pour Dieu. Voilà pourquoi il y a plus d'amour du Roi dans les pays catholiques que dans les pays protestants. Sous l'influence de la philosophie, les nations passent nécessairement de la ré­volte contre Dieu à la révolte contre le pouvoir.»
Le Dieu que nous servons est un Dieu de bonté.
Chénier

Note du transcripteur.
Charles IX, acte 2, sc. 2. (Le Cardinal)
O père qu'adore mon père!
Toi qu'on ne nomme qu'à genoux!
Toi dont le nom terrible et doux
Fait courber le front de ma mère!
Lamartine

Note du transcripteur.
Septième Harmonie : Hymne de l'enfant à son réveil.
Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles?
Louis Racine

Note du transcripteur.
Blanchard n'a pas mentionné le prénom. C'est tiré du poème "La Religion, Chant premier.»
Si on m'avait appris à connaître et à aimer le bon Dieu, je ne monterais pas aujourd'hui sur l'échafaud.
Ravachol

Note du transcripteur.
Ravachol aurait dit cette phrase le jour de sa mort.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

jeudi 23 octobre 2014

Dévouement

Devouement

Si j'avais fait pour Dieu ce que j'ai fait pour mon roi, je serais sauvé dix fois.
Colbert

Note du transcripteur.
Ayant refusé de recevoir Louis XIV sur son lit de mort, officiellement parce que son état ne le lui permettait pas, il disait, selon ses proches : « J'ai tout donné de moi au roi ; qu'il me laisse au moins ma mort » et « si j'avais fait pour Dieu tout ce que j'ai fait pour cet homme, je serais sauvé dix fois ! ». -Wikipédia
Choisir, c'est préférer un être à tous les autres; se dévouer, c'est le préférer à soi-même.
Lacordaire

Note du transcripteur.
«L'amour cependant ne s'arrête pas à l'acte de choix, il exige le dévouement à l'être choisi. Choisir, c'est préférer un être à tous les autres; se dévouer, c'est le préférer à soi-même. Le dévouement est l'immolation de soi à l'objet aimé. Quiconque ne va pas jusque-là, n'aime pas.» (Conférence : De l'homme en tant qu'être moral.)
On est toujours bien là où on se dévoue.
Georges Sand

Note du transcripteur.
Tamaris.
C'est une lourde tâche de se dévouer à faire du bien à ceux qui s'obstinent à se faire incessamment du mal à eux-mêmes.
Strafford

Note du transcripteur.
Dans Le Magasin Pittoresque (1852), la citation est rapportée ainsi : «C'est une lourde tâche de se dévouer et faire du bien à ceux qui s'obstinent à se faire incessamment du mal eux-mêmes.»
Mais je n'ai pu vérifier dans un texte de Strafford.
Ce qui rend touchant le dévouement du chien, c'est qu'il ne l'exprime que par des preuves.


Note du transcripteur.
C'est une citation de la comtesse Diane tirée de ses «Maximes de la vie.»
A la bataille de Rocoux ou de Lawfeld, le jeune M. de Thyange eut son cheval tué sous lui, et lui-même fut jeté fort loin; cependant il n'en fut point blessé. Le maréchal de Saxe lui dit : Petit Thyange, tu as eu une belle peur ? - Oui, monsieur le maréchal, dit celui-ci; j'ai craint que vous ne fussiez blessé. »


Note du transcripteur.
C'est tiré des «Caractères et Anecdotes» de Chamfort.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mercredi 22 octobre 2014

Devoir

Devoir

L'homme véritablement vertueux remplit ses devoirs dans leur ordre et fait céder les petits aux grands.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.
Il ne suffit pas d'être disposé à faire son devoir, il faut le connaître.
François Guizot

Note du transcripteur.
Épigraphe à l'ouvrage d'Henri Marion : Leçons de morale, Paris, Armand Colin, 1901. Je n'ai cependant pas trouvé la citation dans un ouvrage de Guizot.
Il y a des affections qui sont des devoirs.
Lamennais

Note du transcripteur.
«Pendant que nous sommes sur cette pauvre terre, nous ne saurions en détacher tout à fait nos pensées et nos affections, et même nous ne le devons pas, car il y a des affections qui sont des devoirs.» dans une lettre à la baronne Cottu du 13 juillet 1825.
Nous apprendre notre devoir n'est rien, si on ne nous le fait aimer.


Note du transcripteur.
La citation est d'Alexandre Vinet dans son livre «L'éducation, la famille et la société.»
Dans son environnement : «Qu'est-ce, en morale, qu'un système? Un ensemble bien lié de notions, dont la cohérence peut plaire à l'esprit, mais qui, par lui-même, n'a aucune prise sur la volonté. Nous ne sommes, qu'on s'en souvienne bien, jamais modifiés par nos convictions seules. Qui veut nous porter à un acte quelconque, qui veut surtout soumettre à une règle notre vie entière, doit, au préalable, trouver dans notre âme une affection correspondante à ses préceptes, ou l'y créer. Sans un tel introducteur, un système ne pénétrera point de notre esprit dans notre âme. Nous apprendre notre devoir n'est rien, si on ne nous le fait aimer. Tel est le vice radical de tous les systèmes de morale humaine.»
Un devoir rempli laisse quelquefois dans l'âme un senti­ment qui ressemble au remords, celui de n'avoir point fait assez.
Goethe

Note du transcripteur.
Blanchard a sans doute transcrit cette citation du Magasin Pittoresque de 1860. Mais je n'ai pas trouvé la source exacte chez Goethe.
Tout ce qui s'est fait de grand dans le monde s'est fait au cri du devoir ; tout ce qui s'y est fait de misérable s'est fait au nom de l'intérêt.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférence : «De l'épreuve.»
C'est quelquefois pénible de faire son devoir, ça ne l'est jamais autant que de ne pas l'avoir fait.
A. Dumas

Note du transcripteur.
Cette citation est souvent attribuée à Rivarol. Mais je n'en ai trouvé aucune trace que ce soit chez ce dernier ou chez Dumas.
Sans le devoir, la vie est molle et désossée; elle ne peut plus se tenir.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.
Chacun doit faire son devoir sans considérer si tous le font.
Lacordaire

Note du transcripteur.
La citation exacte se trouve dans une lettre de Lacordaire à Montalembert du 21 juillet 1843 : «Chacun doit faire son devoir sans consulter si tous le font.»
Dès qu'un devoir nous paraît trop lourd, nous ne pouvons l'alléger qu'en l'observant avec plus de scrupule.
Goethe

Note du transcripteur.
Je n'ai pas trouvé la référence exacte. Blanchard l'aurait peut-être copiée de la «Revue politique et littéraire» de 1895.
Il y a de la grandeur à s'occuper constamment des moindres devoirs.
Fléchier

Note du transcripteur.
Almanach Hachette, 1925.
Je n'ai pas trouvé la source exacte.
Allons toujours au delà des devoirs tracés, et restons toujours en deçà des plaisirs permis.
Mme Swetchine

Note du transcripteur.
Airelles.
Sachons mettre le devoir et la dignité avant tout.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférences : «Sur l'importance des doctrines.»
Rien n'est plus dur que le devoir en concurrence avec l'affection ; car il faut que le devoir l'emporte.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Correspondance, 4 octobre 1854.
Aimez votre devoir d'un amour généreux, aimez-le jus­qu'au dévouement, jusqu'à l'abnégation, aimez-le jusqu'au sacrifice.
R. P. de Ravignan

Note du transcripteur.
Source inconnue.
La véritable science pour nous rendre heureux, c'est d'aimer son devoir et d'y chercher son plaisir.
Mme de Motteville

Note du transcripteur.
Mémoires.
Un devoir à accomplir, une douleur à porter, un apostolat à exercer voilà, en trois mots, le secret de toute vie.
Card. Mermillod

Note du transcripteur.
« À la lueur des clartés de la foi, il nous est donné de comprendre que la vie n'est qu'un chemin , un passage , une lutte ; la foi donne en trois mots le secret de toute existence : C'est un devoir à accomplir, une douleur à porter , un apostolat à exercer. » (De la vie surnaturelle dans les âmes, 1866)
Le devoir, le devoir d'abord. Puis, après, viendra le bonheur, ou le malheur, peu importe; car vous aurez fait ce que vous aurez dû.
Dumas père

Note du transcripteur.
Louise Bernard, acte 2, sc. 8 (Antoine.)
Il n'est pas vrai qu'en aucun temps le devoir soit impos­sible; quand il devient difficile, l'héroïsme est obligatoire, voilà tout.
Louis Veuillot

Note du transcripteur.
Non pas de Louis Veuillot mais de Mgr. Hulst dans ses «Conférences de Notre-Dame.»
Lorsque vous serez tenté de faire ce que la loi divine dé­fend, dites-vous: Il y a ici la consigne de Dieu, on ne passe pas.
Mgr Gerbet

Note du transcripteur.
Source inconnue.
Aimez vos devoirs, si vous voulez les remplir.
Madame de Maintenon

Note du transcripteur.
À Mme de La Lande, 1695.
L'uniformité dans la pratique du devoir est la source d'une égalité d'humeur que rien n'altère.
Jean-Baptiste Massillon

Note du transcripteur.
«Cette sage uniformité dans la pratique des devoirs, qui paraît si triste aux yeux du monde , est la source de leur joie , et de cette égalité d'humeur que rien n’altère : jamais embarrassées du temps présent, que des devoirs marqués occupent : jamais en peine sur le temps a venir, pour lequel de nouveaux devoirs sont marqués : jamais livrées à elles-mêmes par la variété des occupations qui_se succèdent les unes aux autres: les jours leur paraissent des moments , parce que tous les moments sont à leur place : le temps ne leur pèse pas , parce qu’il a toujours sa destination et son usage; et elles trouvent dans l’arrangement d’une vie uniforme et occupée, cette paix et cette joie que le reste des hommes cherche en vain dans le dérangement et dans une agitation éternelle.» (Sermons pour le Carême.)
Celui qui fait toujours ce qu'il veut fait rarement ce qu'il doit.
Fénelon

Note du transcripteur.
Rien de tel dans Fénelon. Cette citation est plutôt d'Edme-Pierre Chauvot de Beauchêne dans ses Maximes, réflexions et pensées diverses (1819).
Encore une fois, voilà une citation sans doute retranscrite d'une source (ici, il s'agirait du Bréviaire des éducateurs et des pères de famille, 1903) sans en vérifier l'exactitude.
Le devoir ne fronce les sourcils que tant que vous le fuyez. Suivez-le, il vous sourit.
Carmen Sylva

Note du transcripteur.
Pensées d'une reine.
C'est dans la négligence des petits devoirs qu'on fait l'apprentissage des grandes fautes.
Mme Necker

Note du transcripteur.
Référence inconnue.
Quoi qu'en pense le libertinage, il y a toujours un avantage infini à faire son devoir.
Bourdaloue

Note du transcripteur.
De la vraie et de la fausse dévotion.
L'homme vivant en société ne peut pas plus se passer de devoirs que de droits.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférence : «De l'homme en tant qu'être social.»
Pour les âmes de bonne volonté, il n'est pas une minute dans la vie qui n'ait son devoir.
Jules Lemaître

Note du transcripteur.
L'Aînée, acte 1, sc. 9 (Lia).
Plus on a de lumières, plus on a de devoirs à remplir.
Duclos

Note du transcripteur.
Différence de la Probité et de la Vertu.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mardi 21 octobre 2014

Dettes

Dettes

Si tu es pauvre, n'ajoute pas à ta misère l'angoisse d'emprunter et de devoir.
Amyot

Note du transcripteur.
Dans la première édition, Blanchard avait omis l'adverbe «pas». La citation est tirée du Bréviaire de Jacques Amyot.
On devrait toujours régler sa dépense sur ses revenus: cette habitude constitue l'essence même de l'honnêteté.
Samuel Smiles

Note du transcripteur.
«Self-Help» ou Caractère, conduite et persévérance, Paris, 1865.
Si vous faites des dettes, vous serez obligés d'avoir des secrets pour les personnes de votre famille, de les tromper, de leur mentir; vous vivrez dans de perpétuelles alarmes.
Th. H. Barrau

Note du transcripteur.
Conseils aux ouvrires sur les moyens d'améliorer leur condition, Paris, 1864
Les dettes faites dans la jeunesse sont la ruine de l'homme mûr.
Johnson

Note du transcripteur.
Dans le livre de Samuel Smiles (Self-help, 1865), on lit :

«Le docteur Johnson était d'avis que les dettes faites dans la jeunesse sont la ruine de l'âge mûr. Les paroles qu'il prononça à ce sujet ont du poids et sont dignes de mémoire. « Ne vous accoutumez pas, » disait-il, « à ne considérer les » dettes que comme un inconvénient; vous vous apercevrez bien vite qu'elles sont une calamité. La pauvreté nous prive de tant de moyens de faire le bien et produit une telle impuissance de résister au mal, physique et moral, que par tous les moyens honnêtes il faut l'éviter.... Que votre premier soin soit donc de ne devoir jamais rien à personne. Prenez la résolution de ne pas être pauvre; et pour cela, quoi que vous ayez, dépensez moins. La pauvreté est le grand ennemi du bonheur : elle détruit à coup sûr la liberté, rend certaines vertus impraticables et d'autres extrêmement difficiles. La frugalité n'est pas seulement la base de la tranquillité, mais celle de la bienfaisance : nul ne peut secourir les autres qui a lui-même besoin d'être secouru; il faut avoir de quoi se suffire à soi-même avant d'avoir de quoi épargner pour autrui.»
Les dettes font d'un homme un véritable esclave.
Wellington

Note du transcripteur.
Il s'agit du duc de Welligton. Encore une fois, on trouve cette citation dans le livre de Samuel Smiles : Self help.
En toute chose, considérons l'utilité et non l'éclat.
Sénèque

Note du transcripteur.
Dans la traduction de M. Nisard (1838), cela donne :
«Habituons-nous à repousser le faste, et en toutes choses consultons l'utilité et non l'éclat.» (De la tranquillité de l'âme.)
Qui dettes a, peine a.


Note du transcripteur.
Sans doute un proverbe ou un dicton.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

lundi 20 octobre 2014

Désir/Détails

Désir

Le ciel sur nos désirs ne règle pas les choses.
Corneille

Note du transcripteur.
Cette citation est incorrecte. Il faut lire : «Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses.» C'est tiré de Pompée, acte 5, sc.2 (Cléopatre).
Les bons mouvements ne sont rien s'ils ne deviennent de bonnes actions.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.

Détails

Quelqu'un demandait à un paysan : « Avez-vous vu Paris - Non, répondit l'homme des champs. J'y suis allé une fois, mais les maisons m'ont empêché de voir la ville... » - Les détails empêchent de voir l'ensemble.


Note du transcripteur.
Probablement du cru de l'abbé Blanchard.
Il faut se garantir du tourment des petites choses: c'est la maladie des gens heureux.
Mme Necker

Note du transcripteur.
Mélanges extraits des manuscrits de Mme. Necker, t.1, Paris, 1798.
Le texte se poursuit ainsi : «Elle les poursuit comme ces insectes éphémères qui ne nous laissent pas jouir tranquillement d'un beau jour.»
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

dimanche 19 octobre 2014

Député/Désintéressement

Député

La chenille rampante,
Dans son premier état,
Végète sur la plante:
Voilà le candidat.
Sorti de la chenille
Sur des ailes porté,
Un beau papillon qui brille:
Voilà le député.


Note du transcripteur.
Dictionnaire des Calembours et des Jeux de Mots, Paris, 1860.

Désintéressement

Le motif fait le mérite des actions des hommes, et le désintéressement y met la perfection.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Les Caractères.

La citation exacte est : «Le motif seul fait le mérite des actions des hommes, et le désintéressement y met la perfection.»
L'intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui du désintéressement.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Maximes.

Pourtant, voici ce qu'écrit Bourdaloue (1632-1704) dans son sermon pour le troisième dimanche de l'Avent (Sur la sévérité évangélique) :

«[...] car l'intérêt, dit saint Augustin, parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé : mais trompons-nous Dieu ? et avec toute notre prudence, trompons-nous même les hommes?»

Alors ? Saint Augustin ou La Rochefoucauld ?
Rien ne nous procure plus d'estime de nous-même que la certitude d'avoir fait une action désintéressée.
Adolphe Thiers

Note du transcripteur.
Citation non vérifiée.
Le dévouement n'a tout son prix qu'autant qu'on l'ignore et qu'il n'a pas de témoins pour l'applaudir.
Francis Garnier

Note du transcripteur.
Citation non vérifiée.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

18 octobre

Et bien, Jésus n'aurait jamais existé. En tout cas, s'il a bel et bien existé, ce qu'on rapporte sur lui reste de l'ordre du complètement farfelu.

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Dans Gift Trap ! Diable qu'on a eu du fun.

samedi 18 octobre 2014

Démocratie/Dent/Dépit

Démocratie

La vraie démocratie est celle qui permet à chaque individu de donner son maximum d'efforts.
Louis Pasteur

Note du transcripteur.
Réponse au discours de réception de Joseph Bertrand, 10 déc. 1885.
Voici la citation exacte :
«La vraie démocratie est celle qui permet à chaque individu de donner son maximum d’efforts dans le monde.» Et Pasteur continue ainsi : «Un commis de pharmacie d’Alais s’élevant par son travail, à la présidence des savants du monde entier, quel grand exemple ! Pourquoi faut-il qu’à côté de cette démocratie féconde, il eu soit une autre stérile et dangereuse qui, sous je ne sais quel prétexte d’égalité chimérique, rêve d’absorber et d’anéantir l’individu dans l’État ? Cette fausse démocratie a le goût, j’oserais dire le culte de la médiocrité. Tout ce qui est supérieur lui est suspect. En renversant le sens d’une phrase célèbre du général Foy, on pourrait définir cette démocratie : la ligue de tous ceux qui veulent vivre sans travailler, consommer sans produire, arriver aux emplois sans y être préparés, aux honneurs sans y être dignes.»
Un état purement démocratique est le pire des états, lorsqu'il faut combattre un ennemi puissant.
Chateaubriand

Note du transcripteur.
Itinéraire de Paris à Jérusalem.

Encore une fois, Blanchard a tronqué la citation qui doit se lire ainsi : «Un État purement démocratique est le pire des États lorsqu'il faut combattre un ennemi puissant, et qu'une volonté unique est nécessaire au salut de la patrie.»

Dent

Pour mes fils quand ils auront vingt dents...
Dédicace d'un ouvrage de Miguel Zamacoîs

Note du transcripteur.
L'ouvrage en question est : «Redites-nous quelque chose ! (1926)»
La citation a été retirée des éditions subséquentes.
Ah! n'arrachez jamais même une dent qui tombe!
Qui sait si quelque jour l'homme adroit qui la plombe
N'aura pas réparé, soit en haut, soit en bas,
Cet attrait au sourire et cette aide au repas ?
Edouard Pailleron

Note du transcripteur.
Le Monde où l'on s'ennuie, acte 3, sc. 2 (Paul).

Dépit

Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.
La Fontaine Le Renard et les Raisins

Note du transcripteur.
Le goujat est un valet employé dans l’armée. On le jugeait de goût grossier, voire vulgaire.
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

vendredi 17 octobre 2014

Délicatesse

Délicatesse

Les délicats sont malheureux.
Rien ne saurait les satisfaire.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Contre ceux qui ont le goût difficile.
Quand la délicatesse s'en va, la probité se lève pour la suivre.
Lamennais

Note du transcripteur.
Discussions critiques et pensées diverses.
La citation exacte : La délicatesse en affaires est le point d'honneur de la probité. Ne pensez pas qu'elles puissent être séprées longtemps. Quand la première s'en va, l'autre se lève pour la suivre.
La grâce n'appartient guère qu'aux natures délicates.
Diderot

Note du transcripteur.
Pensées détachées.
La citation exacte : La grâce n'appartient guère qu'aux natures délicates et faibles.
Une pensée délicate est comme la fleur de l'esprit.
Rollin

Note du transcripteur.
Charles Rollin était un historien français (1661-1741). La citation exacte est : «On peut dire qu'une pensée délicate est la plus fine production et comme la fleur de l'esprit... Il faut, à mon avis, raisonner de la délicatesse des pensées qui entrent dans les ouvrages d'esprit par rapport à celles des ouvrages naturels.» (Traité des études.)
Ètienne Blanchard, Recueil d'idèes, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

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