Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 11 novembre 2006

Quatre jours

Le système de livraison postale m'intriguera toujours. Le lundi 6 novembre, j'ai commandé chez la librairie Paroles d'Avignon en France le Lire et Écrire de Maurice Chapelan. Il était dans ma boîte vendredi.


C'est dans ce livre qu'on trouve la citation très connue :
Instruction : des pierres dans un sac. Culture : une graine dans un pot.
Peu savent toutefois qu'elle continue ainsi :
Si grand le sac et nombreuses les pierres, rien n'y pousse. Si modeste la graine et petit le pot, cela germe, croît et fleurit. Et c'est parce que les esprits sont ou des sacs ou des pots, qu'il arrive qu'on rencontre plus de culture chez un cordonnier de village que sous la toque d'un professeur en Sorbonne.
Glanés dans le bouquin, ces quelques autres extraits :
Je lis, élis, relie et relis.
Les meilleurs livres sont ceux que nous choisissons parce que nous avons le sentiment que leur auteur nous a choisis : ils nous parlent à l'oreille.
J'écris pour me surprendre, c'est-à-dire à la fois pour me découvrir et pour m'étonner.
Le plus difficile est de faire sourire, surtout de ce sourire des yeux qui est la marque du contentement de la raison.
Presque rien n'a été assez bien dit.

jeudi 9 novembre 2006

Ceux qui sont assez fous...


Les fous
Les marginaux
Les rebelles
Les dissidents
Les anticonformistes
Tous ceux qui voient les choses différemment
Qui ne respectent pas les règles
Vous pouvez les approuver ou les désapprouver
Les glorifier ou les dénigrer
Mais vous ne pouvez pas les ignorer
Car ils changent les choses
Ils inventent
Ils imaginent
Ils explorent
Ils créent
Ils inspirent
Ils font avancer l'humanité
Nous créons des outils pour ces gens-là
Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde, y parviennent.


Publicité d'Apple Computer dans Le Monde du 6 février 1998.
Rendons hommage à tous les illuminés
Les rebelles
Les agitateurs
Les originaux
Ils ont permis de voir les choses autrement
Aucune règle ne les régit
Aucun statu quo ne les satisfait
Vous pouvez les citer, les dénoncer, les admirer ou encore les détester
Mais jamais vous ne pouvez les ignorer
Puisque ce sont eux qui changent les choses et poussent la race humaine au dépassement

Certains voient en eux la folie; nous, nous y voyons du génie.

Parce que ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde
Sont souvent ceux qui le changent.

Publicité d'Apple à l'occasion des 25 ans de l'Aquops.
(Merci à M. Jean Sylvestre pour le lien.)

100%

Très bel article que celui d'Audrey Miller sur l'Infobourg.

Mon seul questionnement porte sur cette petite phrase du chapeau : « Voici un projet des plus originaux et 100 % réforme [...] » qui laisse, à la lecture du texte, sous-entendre qu'un projet qui intègre plusieurs matières est « réforme ». Comment juger qu'un projet est 100 % réforme ? Quelle(s) différence(s) y a-t-il avec les projets qui intégraient plusieurs matières avant l'adoption du renouveau pédagogique ? D'après moi, pour juger si un projet respecte l'esprit de la réforme, il faut, entre autres, s'assurer que les critères d'évaluation du programme ont bien été activés en cours d'apprentissage, et non pas seulement sur les productions des élèves. Aussi, il serait intéressant de jeter un oeil sur les portfolios d'apprentissage de ces enfants pour voir, par rapport à leurs compétences au départ du projet, ce qu'ils ont développé.

L'article décrit bien le projet, comme nous l'aurions fait il y a 7 ou 8 ans, mais nous laisse, réformement parlant, un peu sur notre faim.

lundi 6 novembre 2006

Le droit de lire


Réclamons la lecture comme instrument de pouvoir personnel,

formation de l’esprit, mobilisation du rêve,
une lecture qui ne recherche ni note de passage, ni objectifs, ni performance, mais qui soit libre et gratuite activité, perte de temps nécessaire et délicieuse pour recharger les neurones et combattre l’insipidité.

Le Manifeste

dimanche 5 novembre 2006

Mes vieilleries

La plupart de mes dimanches matin sont réservés à la mise à jour d'Au fil de mes lectures. Difficile sans doute d'imaginer le boulot que cela implique : je viens d'ajouter 53 citations/extraits, et cela m'a demandé un gros cinq heures.

Cette maintenance est toujours fastidieuse : transcrire les citations, corriger les erreurs, recorriger les erreurs, numériser les jaquettes, installer le tout dans la base de données, vérifier, revérifier, et finalement officialiser les ajouts...

Mais la joie de voir le résultat sur le web compense largement le côté ennuyeux de la mise à jour.

Aujourd'hui, j'ai ajouté des citations de très vieux livres.

D'abord, la pièce Pénélope de l'Abbé Genest, publié dans une très belle collection (que j'ai acquis très récemment - 38 livres qui ont vu le jour en 1810) des pièces du second ordre publiées au 17e et 18e siècle. À une ou deux pièces par semaine, cela devrait me prendre deux ans à passer au travers...

Ces auteurs tels Genest, Chénier, Arnault, De Belloy, Soumet, Poinsinet, Saurin, La Harpe, etc. sont quasi oubliés aujourd'hui. Ils n'ont peut-être pas écrit des chefs d'oeuvres (pensez à Racine, Corneille, Molière, Voltaire), mais certains vers méritent certainement de ne pas sombrer dans un total oubli.

Lecture aussi d'un bouquin publié en 1883 : L'art de former une bibliothèque, de Jules Richard. J'en avais parlé un petit peu ici. 160 pages délicieuses qui contiennent quelques jolis mots :
Au jeu, on ne gagne pas toujours ; avec les femmes la vieillesse arrive avant la satiété. Il y a bien aussi la table ! Mais quand on a bu et mangé pendant deux heures, il faut s'arrêter. La pêche ! La chasse ! dira-t-on. - Pour la pêche, il faut de la patience et... du poisson ; pour la chasse, il faut des jambes et du gibier.
Pour le livre, il ne faut que le livre.
ou encore :
Voici bientôt trente ans que j'aime les livres, que je m'en occupe, que je les palpe et que j'en achète. [...] Je ne suis pas un savant, je suis un fervent.
Je me sens un peu comme ce monsieur Richard relativement aux citations : non pas savant. Fervent.

Finalement, et cela est une grande découverte, le livre très difficile à trouver d'Édouard Fournier (1819-1880) L'esprit des autres, 438 pages. Je possède la huitième édition chez E. Dentu parue en 1886. Ma copie est extrêmement mal en point, le livre ayant selon toutes les apparences survécu de peu à un incendie. Les pages sont inégalement coupées, et elles tiennent tout juste à la reliure.

Mais quel livre ! Tout à fait génial pour quiconque s'intéresse à l'art de la citation, et la rigueur que cela demande. Écoutons Fournier, vers la fin du livre :
Les citateurs, quelquefois, dénaturent les phrases de manière à les rendre complètement méconnaissables. Joignez à cela qu'ils ne disent jamais où ils les ont prises pour les défigurer ainsi, et par là jugez des peines sans nombre qu'il faut se donner pour faire ce que je tente ici, c'est-à-dire pour restituer avec bons certificats le signalement de ces pauvres estropiées, dresser leur état civil et les renvoyer clopin-clopant à leur adresse.
Et ici :
[...] quoi qu'on fasse, tout ce qu'on dit a toujours été dit déjà. On le dit mieux quelquefois, souvent plus mal ; voilà tout. Il n'est pas d'idée sans famille, de pensée orpheline, de même qu'il n'est pas d'enfant sans père ni sans mère, prolem sine matre creatam, comme Ovide le dit encore (Metam., lib. II).
J'ai relevé plusieurs extraits et les plagiaires sauront en reprendre quelques-uns. Ce texte contient cependant une mine de renseignements dont je n'ai pas fini de me repaître. À lire les notes associées à plusieurs choix d'Othon Guerlac dans ses Citations Françaises (1930), je ne suis pas le premier qui s'inspirera des trouvailles d'Édouard Fournier.

samedi 4 novembre 2006

Que dire ?

Même si elle croit que la majorité du corps professoral de Montréal fait preuve de professionnalisme, Mme de Courcy a averti l'Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, membre de la FAE, que les mécanismes de supervision des enseignants seront accentués. Les directions d'école les rencontreront plus régulièrement, et les écoles de Montréal seront appelées à vérifier les connaissances des élèves plus souvent, en donnant des examens institutionnels.
Cyberpresse
Hé, hé... Deux observations.

1- La présidente de la CSDM veut vérifier « les connaissances ». Pourtant, les enseignants sont tenus de développer des compétences. Fait-elle la différence ? En fait, par son propos, la présidente approuve les enseignants « délinquants ». En effet, ces enseignants ne croient pas au developpement des compétences, et continuent d'enseigner seulement des connaissances. Le ministre remettra-t-il à l'ordre madame la Présidente ?
2- Pendant que les conseillers pédagogiques feront des « examens institutionnels », ils ne trouveront certainement pas le temps d'accompagner les enseignants dans l'implantation du renouveau pédagogique. Et hop ! les années quatre-vingt qui nous reviennent subito presto. Donc, pour vérifier le travail des enseignants, on fera passer des tests aux élèves. Ah ! la logique des gestionnaires...

On n'est pas près de s'en sortir...

jeudi 2 novembre 2006

Challenge ABC 2007

Voilà une bonne idée : en 2007, lire un auteur par lettre de l'alphabet, auteur que préférablement vous n'avez jamais lu. Et bloguer la chose !

L'initiative est intéressante et je suis excité juste à l'idée de construire ma liste ! La plupart des gens s'accordent sur l'importance de la lecture. Alors, pourquoi ne pas relever ce défi ? Il vous amènera à lire au moins vingt-six livres dans l'année.

On pourrait sans doute étendre jusqu'à l'école ce concept : demander à tous les intervenants scolaires et aux élèves de se constituer une liste. On pourrait compiler le tout sur un blogue collectif de l'école.

Mais... Mais j'ai tellement peur d'entendre des trucs du genre

- C'est beaucoup pour les enfants, 26 livres !
Il ne faut jamais sous-estimer les enfants. D'ailleurs, ils peuvent choisir de petits livres ! Et, il me semble qu'aider les élèves à choisir un auteur serait une activité délicieuse.

- J'ai peu le temps à accorder à la lecture.
On a tous peu de temps. Une demi-heure par jour (au couché, par exemple) vous permet de lire environ 25 pages. Ce qui, en un an, nous amène à 9000 pages. Un roman ordinaire en compte 250. Ce qui donne 36 livres... Allez! cette petite demi-heure que vous perdez à suivre Virginie ou le Loft, investissez-la dans quelques livres.

- Un blogue collectif sur la lecture ? Non merci.
Pourtant, consulter la liste des lectures du directeur d'école, de la secrétaire, des enseignants, du concierge, des responsables en garderies, etc. permettrait de mieux connaître les collègues, et de parler d'autres choses que de Star Académie dans la salle du personnel.

Allez mes amis, un petit effort : en 2007, donnez-vous le plaisir de lire. Et partagez-le !

J'ai découvert ce Challenge grâce au blogue d'Allie.

dimanche 29 octobre 2006

Citation du jour

Cet enfant joue. À partir de quel instant a-t-il des opinions qui vaillent la mort ?
Antoine de Saint-Exupéry, Carnets, p.64, Éd. Gallimard, 1953.

samedi 28 octobre 2006

Danser avec les livres

Je possède plusieurs DVD qui enseignent l'art de la danse et j'y reviendrai certainement. Cependant je ne possède aucun livre sur la danse sociale. Alors en voici deux que le père Noël (hint, hint, mes filles !) pourrait peut-être m'apporter s'il me juge assez sage.

D'abord le classique Ballroom Dancing, 10e édition d'Alex Moore. Et puis Let's dance de Paul Bottomer.

jeudi 26 octobre 2006

Les choses sont simples

Les choses sont simples.
Il y a la vie et il y a la mort.
On se trouve soit dans un bord, soit dans l'autre.
Jamais dans les deux en même temps, même si la vie et la mort sont liées.

Alors vérifiez vos gestes, dans votre manière d'envisager demain, vérifier de quel coté vous êtes, et si vous ne surprenez pas de désirs, d'envies, d'illusions et de rêves, de peurs et de tendresse, si vous ne pouvez pas vous regarder en face sans vous raconter d'histoires ou accuser quelqu'un, si vous n'avez pas d'amis parmi les femmes les hommes les enfants et quelques animaux, si vous n'êtes pas capables de vous courber pour aimer, d'honorer sans trembler, de donner sans attendre, de vous réjouir sans jalouser, c'est que vous êtes du coté de la mort…

Si vous êtes du coté de mort, alors inventez-vous des dieux qui vous laissent libres, des rêves qui vous élèvent, des peurs qui enseignent l'exigence, des peuples et des amis qui vous donnent l'exemple et le courage.
Parlez aux fleurs, aux rivières et aux vents comme si c'était vous même.
Regardez les hommes comme de petits soleils, ayez des émotions et des admirations, laissez-vous emporter par la bonté et le désir d'offrir, aimez ce qui est vivant, qui rit, qui pleure, qui chante et chantez avec eux.

Ne soyez pas tendres avec votre corps, soyez bienveillant avec tout le monde, ne vous apitoyez jamais sur vous-même, prenez la douleur comme signe de vie, les ennuis comme l'écume de l'action.
Les larmes ne servent qu'à nettoyer les yeux et utilisez les pour dégager votre cœur.
Dites-vous que personne ne peut rien pour vous, que personne n'est la cause de vos manques et souffrances, que vous êtes seul à décider si vous êtes du manger pour la mort ou du manger pour la vie.

Créez-vous une richesse qui n'a rien à voir avec les biens de ce monde, faites battre votre cœur et votre esprit.
Aimez la solitude comme on va vers les autres, conservez le silence comme on prend la parole.
Tombez quand il le faut, mais ne rester jamais à terre.
Changez tous les jours, et rester ce que vous êtes dans ce changement qui va.
Chercher chaque jour quelque chose à apprécier, quelque chose à célébrer, quelque chose à construire.

Là où il n'y a pas d'hommes, soyez des hommes.
Là où il y a des hommes, soyez des frères.
Là où il y a des frères, soyez des pairs.
Soyez dans rien pour être dans tout.
Là où l'on prie, écoutez ce qui monte, là où on ne prie pas, voyez ce qui se fait.
Là où l'on aime, aimez plus que tout au monde.
Là où on n'aime pas , chérissez la beauté, gardez un œil sur vous, un œil qui doit vous trouver beau !

Faites de manière impeccable ce que vous pouvez faire, et ça vous le pouvez !
Et je vous le dis, sacrés morpions ! La mort n'aime pas ces manières-là !
Patrick Chamoiseau, Biblique des derniers gestes.

C'est Rémi qui m'a laissé ce texte dans la section commentaire d'Au Fil de Mes Lectures. Merci à lui !

Salamandre aventureuse



Ubuntu 6.10 vient de sortir. Je télécharge... aussitôt que les serveurs se calment un p'tit peu !

mercredi 25 octobre 2006

Soupirs

Évidemment, on ne peut commenter sur toutes les niaiseries que nos éminents ministres nous servent régulièrement. Mais voyez celle-ci :
Si vous étalez la hausse de la valeur, vous ne percevez donc pas une taxe sur 100 pour 100 de la valeur. Vous la percevez sur le tiers, la première année, sur le deux tiers, la deuxième. Fondamentalement, ce que cela donne comme résultat, c'est un compte de taxe qui baisse par rapport à ce qu'il aurait été si on n'avait pas ce projet de loi-là.
Le ministre Fournier, responsable du MELS.
À croire qu'il nous prend vraiment pour des imbéciles. Notez que cette augmentation de taxes n'ajoute aucun service en éducation. Ce que la CS gagne par la taxe scolaire, le gouvernement le retire par la peréquation. Quelle merde que cette administration gouvernementale !

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