Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 28 décembre 2011

Problème 7




Peter Kniest
1er Prix, «Die Schwalbe 9. TT»
1946

Les Blancs jouent
et matent en 2 coups

Citations quotidiennes 28.12.11

[...] creativity, far from being a gift granted to a few, is rather a learned process, a way of cultivating a good idea and bringing it to fruition.
Peter Engel (Folding the Universe, p.52 Vintage Books)

[...] ce "grand triste" [en parlant du Diable] est un rebelle qui doute.
Emil Michel Cioran (La tentation d'exister, in Oeuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 829)

Je crois profondément que nos civilisations humaines sont à la recherche, parce qu'elles en ont avidement besoin, d'une attitude permettant à chacun de mieux se situer dans l'immense aventure cosmologique, en mettant en harmonie ce qu'elles savent avec ce qu'elles sentent.
Jean E. Charon (L'esprit cet inconnu, p.21, Éd. Albin-Michel)

[...] an excellent diplomat: he told the truth and yet avoided the whole issue.

En traduction libre:
[...] un excellent diplomate: il disait la vérité tout en évitant la vraie question.
Orson Scott Card (Speaker for the Dead, p.354, Tor 1986)

L'amour est-il jamais né de la violence ?
Et le don de mon coeur est-il en ma puissance ?
Charles-Claude Genest (Pénélope, acte 1 sc. 4 (Pénélope), p.99, in Théâtre du Second Ordre, tragédies tome 1, 1810)

Voir Au fil de mes lectures.

mardi 27 décembre 2011

Citations quotidiennes 27.12.11

Une femme peut-elle jamais aimer un homme qu'elle aura vu grossier une fois ? Les premières impressions ne s'effacent pas [...]
Prosper Mérimée (La Vénus d'Ille, p. 303, in Colomba et autres nouvelles, éd. Classiques Français)

Connaître quelque chose, ce n'est pas seulement savoir un mot, c'est aussi, forcément, faire une expérience.
Roger-Pol Droit (La philosophie expliquée à ma fille, p.14, Seuil, 2004)

Toute l'existence est un éternel essai de mise en bière et d'enterrement.
Thomas Bernhard (Gel, trad. Boris Simon et Josée Turk-Meyer, p.164, Gallimard/nrf 1967)

Lire, c'est d'abord [...] donner - ou plutôt restituer - au texte sa dimension musicale.
Hubert Nyssen (Éloge de la lecture, p.15, coll. Les grandes conférences, éd. Fides 1997)

Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprend pas : la solitude, l'indifférence, la patience, le silence.
Georges Perec (Un homme qui dort, p.53, Folio Plus n°44)

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lundi 26 décembre 2011

À la recherche de Michelle de Saint-Antoine

De toutes ses feuilles mobiles, un petit tremble riait dans la brise.
Adjutor Rivard


C'est grâce au défunt site Petit musée de la pensée du jour du Québécois Paul-Henri Fortin que j'ai appris l'existence d'un livre intitulé « Au fil de mes lectures ».

Clairement, il m'était impossible de rester indifférent. Et je me suis donc mis à rechercher le bouquin. Après près de quinze ans, et grâce à un vendeur ebay, j'ai pu enfin obtenir un exemplaire pour moins de 10$ !

On y trouve une photo de l'auteure et quelques-uns de ses dessins.

Début de sa préface : « Au fil de mes lectures, j'ai choisi pour vous, chers lecteurs, des ailes, des algues et des âmes.
Des pensées élevées, grandissantes pour l'esprit ailé ; plus près de nous, plus près de la réalité, des pensées de terre, de mer, de vie de tous les jours, des pensées issues de nobles et généreux coeurs qui ne battirent que pour éclairer, embellir le monde des hommes.
 »

Jolie, n'est-ce pas ?

Son livre de 96 pages a été publié à Ottawa en 1970 à compte d'auteur. Il doit y avoir environ 500 citations classées par thème. Les références ne sont pas données, mais la dernière page contient la liste des livres qu'elle a consultés : De Marcelle Auclair à Gustave Thibon en passant par G. Duhamel, H. Massi, etc. ; en tout 35 livres.

Je sais peu de choses de madame de Saint-Antoine :

Sur cette page de la Bibliothèque Nationale du Québec, on la catégorise comme artiste-écrivain. Et sur cette image, on trouve son adresse : 295, rue Alleyn, Québec. Cette même adresse est d'ailleurs donnée à la page de dos du livre. Si je me fie à Google, la maison existe toujours. Y habite-t-elle ?

Toujours à la BNQ, sur la fiche du livre, on apprend qu'elle est née en 1939 mais sans date de décès, ce qui est assez encourageant ! Vous remarquerez la seule possibilité de consulter l'oeuvre sur place.

Je ne sais trop quand j'aurai l'occasion de retourner à Québec, mais je me promets bien d'aller cogner à cette porte. Sait-on jamais ? Nous aurions sans doute une intéressante conversation. Et puis, j'aimerais bien lui demander la permission de publier sur mon site l'intégralité de son livre.

Quant à vous, chers lecteurs, n'hésitez pas à me contacter si vous avez des informations sur cette charmante dame.

Citations quotidiennes 26.12.11

Les leçons de l'expérience doivent prouver éternellement aux hommes de tous les pays à combien de malheurs on expose sa patrie, lorsqu'on l'abandonne, et à quelles erreurs on se livre lorsqu'on se fie aux promesses trompeuses et à la protection intéressée de l'étranger.
Louis-Philippe de Ségur (Pensées, maximes, réflexions (CCLXXXI), p.90, Alexis Eymery, 1823)

Le monde matériel est plein d'analogies exactes avec l'immatériel, et c'est ce qui donne une couleur de vérité à ce dogme de rhétorique, qu'une métaphore ou une comparaison peut fortifier un argument aussi bien qu'embellir une description.
Edgar Allan Poe (Histoires extraordinaires, Folio n° 310)

Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l'esclavage : on en changera tout au plus le nom.
Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien, p.129, Folio n°921)

Eh! que devient des rois la majesté sacrée,
Si leur foi ne peut pas rassurer les mortels,
Si leur trône n'est pur autant que les autels?
Antoine Houdar de La Motte (Inès de Castro, acte 2, sc. 2 (Alphone), 1723)

Elle était aussi pointue qu'une équerre.
Monique LaRue (La gloire de Cassiodore, p.18, Boréal, 2002)

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dimanche 25 décembre 2011

Citations quotidiennes 25.12.11

- [...] Ça veut dire quoi « philosophe » ?
[...]
- Des hommes qui ont appris à parler des choses qui nous préoccupent... des questions importantes de la vie et de la mort.
- Comme les curés, en somme.
- Les curés ne cherchent pas la vérité : ils croient la connaître déjà. C'est même le contraire des philosophes. Eux, ils savent les réponses. Les philosophes ne savent pas, ils cherchent. Ils se posent les questions. Même que le plus difficile est de savoir quelles questions il faut poser et comment les poser.
Henri Cueco (Dialogue avec mon jardinier, p.136, Seuil/Points P1234)

Comme Solon pleurait la mort de son fils et que quelqu'un lui disait : «Tes larmes n'y changeront rien», il répondit : «C'est justement parce que je ne peux rien y changer que je pleure.»
Elias Canetti (Le coeur secret de l'horloge, trad. Walter Weideli, p.19, Éd. Livre de Poche - Biblio n°3287)

Il en est du plaisir comme de l'argent : on trime beaucoup pour en gagner peu et on dépense tout pour ne jouir de rien.
Roland Jaccard (La tentation nihiliste, p.16, Quadrige/PUF,n°126)

Ainsi l'on remet toujours naïvement l'heure de la séparation [...]. La séparation apparaît tellement fatale qu'il est doux de gagner quelques heures et n'importe quelle histoire, si vous y songez bien, n'est jamais qu'une histoire de gens qui s'entretiennent, se querellent ou se saluent longuement pour prolonger leur réunion sur une terre où tout semble passager et où tout s'enfuit au fond du temps.
André Dhôtel (Le pays où l'on n'arrive jamais, p.137, Librio n°276)

J'aime sortir du cinéma dans un état second, ébloui par la lumière du jour, presque étonné que le monde ait continué sa ronde sans moi.
Mikaël Ollivier (Celui qui n'aimait pas lire, p.118, De La Martinière, 2004)

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samedi 24 décembre 2011

Problème 6

J. C. Evans
BCM, 1914

Les Blancs jouent
et matent en 2 coups

Citations quotidiennes 24.12.11

[...] la particule [élémentaire] doit être pensée comme ÉTANT son histoire, et non pas comme une entité métaphysique AYANT une histoire.
Bertrand Russell (ABC de la relativité, trad. Pierre Clinquart, p.171 , 10|18 n° 233)

Je ne sais point rougir d'être juste et sincère.
Jean-François Marmontel (Les Héraclides, acte 4, sc. 5 (Olympie), 1752)

Il est curieux de voir combien l'excellence adopte fréquemment les manières simples, alors que les manières simples passent si souvent pour un signe de médiocrité.
Giacomo Leopardi (Pensées, trad. Joël Gayraud, p.87, Éd. Allia, 1994)

Finir un livre est comme fermer une porte. On n'est jamais certain que le moment soit venu de sortir.
Bernard Pingaud (Mon roman et moi, p.41, Joëlle Losfeld, 2003)

Qui t'a dit qu'une forme est plus belle qu'une autre ?
Est-ce à la tienne à juger de la nôtre ?
Jean de La Fontaine (Les Compagnons d'Ulysse, p.319, in Fables complètes, France Loisirs/Garnier Frères, 1962)

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vendredi 23 décembre 2011

Citations quotidiennes 23.12.11

Quel poids, la présence de Dieu, quand on ne la désire pas!
Dino Buzzati (Le chien qui a vu Dieu, trad. Michel Breitman, p.53 in L'écroulement de la Baliverna, Folio n° 1027)

[...] qu'elle soit bonne ou mauvaise, ta vie, il n'y a pas deux façons de quitter sa mère.
Marguerite Duras (Des journées dans les arbres, p.92, in Théâtre II, Gallimard nrf 1968)

Nous sommes faits d'universel. L'un des sens de la poésie, c'est d'accomplir cette incarnation, de la réaliser manifestement. De montrer que l'universel fait partie du particulier. De rapatrier l'universel. De le contraindre à avouer qu'il n'est d'autre universel que de réalité.
Pierre Vadeboncoeur (L'humanité improvisée, p.24, Éd. Bellarmin, 2000)

« La liberté, écrit Épictète, consiste à vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent. » La liberté du sage est une maîtrise du moi intérieur. L'enseignement des stoïciens peut être ramené à cette idée : nous sommes tous sur un navire qui sombre. Nous sommes mortels et nous n'y pouvons rien. Toutefois, il est possible d'être libre et heureux sur le pont de notre embarcation.
Jean-Marie Frey (Le moi n'est pas maître dans sa propre maison (Freud), p.37, Pleins Feux coll. Variations, n°13)

Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir...?
Michel Quint (Effroyables jardins, p.10, Éd. Joëlle Losfeld, 2000)

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jeudi 22 décembre 2011

Citations quotidiennes 22.12.11

«Les événements actuels ont, avec les précédents, une liaison fondée sur le principe évident qu'une chose ne peut pas commencer d'être sans une cause qui la produit. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'Univers et ceux du plus léger atome, rien ne serait incertain pour elle et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux.»
LAPLACE

Il n'y aurait donc pas de hasard. Comment expliquer alors cette joie qui annonçait au mathématicien et philosophe Descartes qu'il allait gagner au jeu ? Descartes vivait au XVIIe siècle. Sa pensée, encore imprégnée du christianisme, était à la charnière du Moyen Âge et des temps modernes. Elle gardait sa part à l'inconnaissable. Laplace, savant du XVIIIe et du début du XIXe, appartenait à l'âge où la science, grisée d'elle-même, prétendait tout expliquer. D'ailleurs, pourquoi l'allégresse de Descartes, dans la science, ne serait-elle pas la récompense de son obéissance aux lois ? L'esclave obéit en grognant. L'homme libre exulte. Il retrouve sa liberté en acceptant les règles.
Paul Guth (La chance, p.75, Hachette (Coll. Notes et maximes), 1963 )

Les soupirs sont comme les éclairs : ils annoncent la pluie.
Carlo Goldoni (Arlequin valet de deux maîtres, trad. Michel Arnaud, p.86, Éd. L'Arche)

Quand les autos penseront, les Rolls Royce seront plus angoissées que les taxis.
Jacques Sternberg (citée par J.Sternberg dans Toi ma nuit, p.54, Folio n° 1251)

[...] La haine elle-même, en consultant l'honneur,
Muette et sans espoir reste au fond d'un grand coeur.
Louis-Grégoire Le Hoc (Pyrrhus, acte 2, sc. 4 (Néoclès), 1807)

L'homme qui tombe, rien ne lui permet de sentir qu'il touche le fond. Il tombe et il ne cesse pas de tomber. C'est ce qui arrive aux hommes qui, à un moment ou à un autre durant leur vie, étaient à la recherche de quelque chose que leur environnement ne pouvait leur procurer. Du moins voilà ce qu'ils pensaient. Alors ils ont abandonné leurs recherches. Avant même d'avoir vraiment commencé.
Jerome David Salinger (L'attrape-coeurs, trad. Annie Saumont, p.226, Livre de Poche n°2108)

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mercredi 21 décembre 2011

Citations quotidiennes 21.12.11

[...] il n'y a pas de remède plus efficace aux excès délirants de l'amour... que le mariage.
Donna Leon (Mort à La Fenice, trad. William Olivier Desmond, p.126, Quebecor, 1997)

[Je ne veux pas finir] dans un hôpital. À gueuler comme tout le monde, à pisser le sang, en sentant la panique monter alors que tu perçois la mort imminente. Entouré de gens dévoués certes, mais qui n'en restent pas moins des professionnels pour qui ta mort ne sera qu'une de plus dans le Grand Anonymat. Je veux une mort personnelle, égocentrique tu vois. Un truc vraiment centré sur ma petite personne, avec des gens qui prendraient conscience avec moi que c'est fini, que je m'en vais. Je veux pas d'une mort professionnelle comme on en fait aujourd'hui, ça dédramatise tellement tout.
Maxime Chattam (L'âme du mal, p.281, Michel Lafon, 2002)

De quel prix est le monde auprès de la vie ? et de quel prix est la vie, sinon pour la donner ?
Paul Claudel (L'Annonce faite à Marie, p.198, Livre de Poche no980)

[...] la lucidité est une passion aveugle.
Roger Nimier (Histoire d'un amour, p.154, Folio n°233)

Car les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur; les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables. Ce ne sont pas les philosophes, mais bien ceux qui s'adonnent au bois découpé et aux collections de timbres, qui constituent l'armature de la société.
Aldous Huxley (Le meilleur des mondes, trad. Jules Castier , p.30, Livre de poche, n°346|347)

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mardi 20 décembre 2011

Problème 5

N. A. MacLeod
5th HM Ring Ty, 1962

Les Blancs jouent
et matent en 2 coups

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