Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 27 février 2010

Pair et impair

Une personne a un nombre pair de jetons dans une main et un nombre impair dans l'autre. Vous pouvez deviner dans quelle main est le nombre pair en procédant ainsi :

  1. Faites multiplier le nombre de la main droite par un nombre pair au hasard, et le nombre de la main gauche par un nombre impair quelconque ;
  2. Faites ajouter les résultats, et demandez le chiffre des unités de la somme;
  3. S'il est impair, le nombre pair est dans la main droite et l'impair dans la gauche; s'il est pair, impair est à droite et pair à gauche.

Exemples.

1° Il y a 4 jetons à droite et 7 à gauche. On multiplie 4 par 2, ce qui fait 8 ; 7 par 5, 35, et 8, 43, nombre qu'on vous dit. Il est impair, c'est le premier cas ; pair à droite, impair à gauche.

2° Il y a 5 jetons à droite et 2 à gauche. On multiplie 5 par 4, ce qui donne 20; 2 par 3, 6, et 20, 26. Le résultat est pair, c'est le deuxième cas ; impair à droite, pair à gauche.

À vous de justifier cette procédure ou encore, si vous êtes enseignant, de demander à vos élèves d'expliquer pourquoi cela fonctionne.

Réf : J. Vinot, Récréations mathématiques, Ed. Larousse et Boyer, 1860

vendredi 26 février 2010

Androgyne

J'aime beaucoup le Tango. Sur cette musique de Quartango, ce couple est magnifique.

lundi 22 février 2010

Egocasting

« Ce qui est fascinant ici, c’est le fait que l’on conspue les médias de masse de nous imposer l’uniformité, alors que, individuellement, nous nous imposons une sélection cognitive importante au détriment d’une ouverture cognitive importante. Ici, il n’est plus question d’uniformité, mais de diminution du spectre cognitif auquel il est possible d’avoir accès, et c’est là où est tout le paradoxe de l’abondance d’informations et de médias auxquels nous avons aujourd’hui accès. La sélection est devenue le maître mot qui dicte nos choix. Le grand philosophe américain George Santayana a déjà eu une réflexion intéressante à ce sujet : “ Les Américains aiment la camelote, et ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas la camelote, mais le verbe aimer. ” Et nous les aimons tout particulièrement nos technologies qui nous permettent de nous sentir confortables en sélectionnant ce qui nous fait plaisir tout en évitant ce qui nous dérange. »
Egocasting – Le pivot de la conscience numérique

dimanche 21 février 2010

Gestion axée sur les résultats (suite)

Pierre Collerette est un homme brillant, au fait de toutes les recherches dans le domaine de la GAR (gestion axée sur les résultats) et très expérimenté. C’est aussi un fin communicateur.

Voici donc ce que j’ai pu retenir de la session de formation (d’information?) de vendredi.

Évidemment, il a commencé par la mise en garde traditionnelle du genre «ce n’est pas une panacée», «ce n’est pas une religion », etc.

Il nous a ensuite mis au fait de plusieurs éléments de la Loi 88 qui, dit-il, a été votée pour contrecarrer la suggestion de l’ADQ d’abolir les commissions scolaires. En gros, cette loi ajoute un élément d’imputabilité aux gestionnaires. Par gestionnaires, on entend ici les DG des commissions scolaires et les directeurs d’école. Cette caractéristique est importante : ce sont ces gestionnaires qui sont redevables de donner des comptes, et non les autres intervenants du système (enseignants, cp, etc.).

La GAR est une espèce de théorie qui permet justement aux gestionnaires qui y adhèrent de faire cette reddition de comptes.

Rendre des comptes sur quoi ? Sur les résultats des élèves !

«Fondée en grande partie sur la notion de régulation, elle consiste à diriger l’attention des membres de l’organisation sur les résultats recherchés et obtenus, pour ensuite déterminer les pratiques qu’il faudrait corriger en vue d’améliorer ces résultats.
C’est donc une approche qui s’intéresse à la performance, en fonction des résultats poursuivis, c’est-à-dire les objectifs.
Elle suppose que les gestionnaires interviennent auprès des membres de la communauté éducative pour obtenir une amélioration de leurs pratiques en fonction des résultats des élèves. Elle s’inscrit dans une perspective de régulation d’un système.»
P. Collerette, transparent #8


«La régulation dans le monde scolaire
On entretenait une hypothèse implicite : l’utilisation adéquate des moyens alloués et le respect des processus établis, devraient tout naturellement produire de bons résultats.
Les préoccupations ont évolué, et certains se sont inquiétés devant des taux de réussite et de persévérance qui ont plafonné. L’hypothèse implicite ne se vérifiait plus.
Beaucoup d’explications ont été proposées : manque de moyens, profils de la clientèle, ratio trop élevés, etc.
Mais peu d’emphase sur la responsabilité de l’école pour les résultats obtenus (effet école).»
P. Collerette, Transparent #13


Il est bien important de comprendre que la GAR porte sur les résultats et non les moyens ou le processus.

«Sans entrer dans les détails, retenons que selon cette approche:
• Les dirigeants de la Commission scolaire doivent établir les résultats d’ensemble attendus en termes de réussite et de persévérance et ensuite pour chacun des établissements.
• On le fait surtout par rapport aux zones de non-performance à partir des standards que l’on s’est définis.
• On fait ensuite un monitorage périodique des résultats des élèves pour vérifier s’ils correspondent aux attentes.
• On le fait à l’échelle de la Commission scolaire et à l’échelle de chaque établissement.»
P. Collerette, transparent #38


M. Collerette nous a bien signalé que la GAR s’insinue non pas dans une perspective évaluative mais dans une perspective diagnostique. Une de ses suggestions serait, par exemple, de prendre des mesures (un examen de 10-15 minutes) tous les 3 mois des élèves. On les compare à des classes semblables, et on ajuste ! L’autre possibilité est d’utiliser les résultats des étapes pour faire les ajustements qui s’imposent.

Il nous a aussi répété plusieurs fois que l’approche ne se veut absolument pas punitive, mais s’inscrit dans une perspective développementale.

Ce que j’en pense

Vous connaissez cette histoire d'une homme qui cherche un objet perdu près d'un lampadaire parce que la lumière y est ? J'ai l'impression qu'administrativement parlant, on fait un peu la même chose. L'école a perdu beaucoup de ses attraits et on cherche à résoudre ce problème en focussant sur ce qu'elle a toujours bien fait : mesurer les performances des élèves. L'approche est classique : on vise des résultats, et on s’arrange pour y arriver, les moyens important peu. Malgré le fait que M. Collerette a lancé plusieurs mises en garde, j’ai bien peur que nos gentils administrateurs ne prennent que ce qui fait seulement leur affaire. C’est humain : quand on est imputable et que la situation est critique, on fait payer ceux qui se trouvent en dessous de nous dans la hiérarchie. M. Collerette a beau nous rappeler qu’il n’est pas question d’une approche punitive dans la GAR, j’ai bien l’impression que cela peut rapidement y sombrer.

Étant donné cette Loi 88, je comprends bien les administrateurs de rechercher une espèce de recette (même si «la GAR n’est pas une recette» - Collerette) pour compenser leur manque d’imagination.

Je ne suis pas directeur d’école, mais si je l’étais voici ce que je ferais :

1 - Établir beaucoup de communication (tous les enseignants auraient leur portable, et une initiation aux outils web 2.0)
2 - Établir un travail d’équipe en vue de partager et résoudre les problèmes soulevés dans l’école.
3 - Si nécessaire à l’aide des services éducatifs, établir et financer un plan de formation continue de tout le personnel.

Tout cela est à suivre, car j'ai une deuxième journée de formation en avril.

jeudi 18 février 2010

Gestion axée sur les résultats

Sans trop de gaieté de coeur, je dois assister demain à une première journée de formation sur la gestion axée sur les résultats. Elle est donnée par un professeur de l'UQO, M. Pierre Collerette. Tous les gestionnaires qui m'en ont parlé n'avaient que des éloges à son égard.

Je viens de recevoir une copie des acétates (au nombre de 63 !!!) qui seront sans doute présentés demain. En voici un :

Quand je vois des trucs semblables, je me dis qu'il est temps que nos gestionnaires passent en mode 21e siècle. Et puis, une gestion interventionniste, lorsque le gestionnaire est incompétent, c'est extrêmement dangereux. Combien de directeurs d'écoles, dites-moi, comprennent profondément la réforme ? En tout cas, lorsque madame la ministre lançait toutes sortes de niaiseries sur le renouveau, je n'en ai pas entendu plusieurs s'insurger contre la chose ! Imaginez, par exemple, un directeur d'école qui, croyant bien faire, demande à l'enseignant de la maternelle de modifier ses pratiques pour qu'il enseigne explicitement et systématiquement l'alphabet aux élèves. C'est interventionniste all right, mais complètement en l'encontre du programme de formation. Qui donc va ramener à l'ordre ce directeur ?



Le dernier paragraphe de cet acétate est pour le moins... insultant. Ne pas chercher à punir ? Ah non ? Un gestionnaire qui a le trip du pouvoir est très dangereux. En tout cas, à moi, ça me fait drôlement peur. Et puis, la dernière phrase laisse entendre qu'on ne dépistait pas les élèves en difficulté. Diable ! - je rage - ON LES DÉPISTE. Le problème c'est qu'on n'a pas les ressources pour leur venir en aide. Croit-on vraiment qu'en fixant des résultats, on aura plus de ressources? Cela relève de la pensée magique.

Bref, faudra que je garde mon calme demain... Je ne sais si Internet sera accessible de la salle de formation, mais si c'est le cas je vais tenter de twitter mes impressions au fur et à mesure de la rencontre.

lundi 15 février 2010

Deux vidéos

Sébastien Tremblay a déposé, sur son blogue, deux vidéos. Dans la première, on me voit en action en classe Scratch. Dans la deuxième, il m'interviewe sur l'intérêt pédagogique du logiciel. Le tout se déroule à l'école St-Michel de Gatineau dans la classe de Christine Osborne. Tous ses élèves ont un notebook Dell sur leur bureau.

samedi 13 février 2010

Pour une vraie mobilisation retentissante

C’est bien connu, les syndicats manquent complètement d’imagination lorsque vient le moment de choisir des moyens de pression.

En vue des prochaines négociations, voici ce que je propose.

Que tous les enseignants d’une seule commission scolaire de la province fassent la grève.

Explications.

a) Je choisirais une CS d’environ 6000 élèves et 450 enseignants.

b) Les enseignants des autres CS toujours au travail fourniraient un certain montant (faut le calculer, mais imaginons quelque chose comme $10 par paye) pour compenser pour le manque à gagner des grévistes.

c) Le syndicat mettrait sur pied une plateforme éducative (genre Moodle) à laquelle les élèves de la cs choisie pourraient se brancher pour continuer leurs études. Ce serait des enseignants grévistes qui répondraient aux questions des élèves.

Ainsi :
  • Aucun élève ne serait privé des services (vraiment) éducatifs pendant le conflit.
  • Les parents pourraient s’impliquer positivement dans l’éducation de leur enfant au lieu de passer leur temps à jouer aux gérants d’estrade.
  • La société prendrait conscience que le service le plus grand que rend l’école n’est pas le service éducatif, mais le service de garderie. Or, si on veut que nos enfants RÉUSSISSENT, il faut d’abord miser sur l’éducation et non sur du «dumpage» d’enfants dans un immeuble.
  • Le syndicat pourrait s’offrir comme une alternative intéressante à l’école traditionnelle.
  • Personne ne pourrait accuser le syndicat de prendre en otage les enfants, car les services éducatifs (la transmission des connaissances, vive la Ministre !) seraient assurés par des enseignants compétents via Internet.

Objections potentielles :

(Parent), Mais je fais quoi avec mon enfant : je travaille moi !
Réponse. Parent, votre enfant n’est en aucun cas privé des connaissances si essentielles que le gouvernement juge prioritaires. Pour ce qui est de la garde de vos enfants, effectivement, vous devez vous tourner vers un autre service. À vous d’y voir, car là n’est certainement pas le rôle des enseignants de garder vos enfants.

(Parent) J’ai pas Internet à la maison.
Réponse. Dommage en effet. Mais votre enfant peut sans doute aller à la bibliothèque municipale où des ordinateurs sont disponibles. Et, pourquoi pas, demandez aux administrateurs de votre école d’ouvrir les laboratoires informatiques : il faut bien que les équipements servent !

(Syndicat) C’est difficile à mettre en place.
Réponse. So what ? Si en tant qu’administrateur du syndicat, vous ne vous sentez pas capable de gérer ça, laissez votre place à d’autres qui le feront à votre place. Une bonne grève, ça se prépare !

(Ministre) Bla-bla-bla-bla-bla-bla
Réponse : J’m’en câl.... (bip, bip, bip et rebip).

dimanche 7 février 2010

Balade du dimanche

Soleil magnifique sur Gatineau en ce beau dimanche après-midi. Marie et moi en avons profité pour marcher avec nos pitous.










samedi 6 février 2010

Ortograffe?

Voici le chapeau d'un billet du journaliste S. Laporte de La Presse :

«Le gouvernement québécois songe à réformer le calendrier scolaire. Tant qu'à réformer, réformons jusqu'au bout. On a déjà réformé l'enseignement, le bulletin et même l'ortograffe (je vous assure que l'on peut écrire ça comme ça maintenant). Il ne restait plus qu'à jouer avec le calendrier.»

Ma foi, c'est bien la première fois qu'on m'assure que le mot orthographe peut s'écrire autrement. Espérons qu'il corrigera son erreur. De plus, associer la réforme de l'orthographe à la réforme de l'éducation dans une même phrase frise la malhonnêteté intellectuelle. C'est, tout au moins, extrêmement maladroit.

jeudi 4 février 2010

Entier en classe

Sur invitation de deux enseignantes de maths de la première secondaire, je suis retourné, pour quelques heures, en mode enseignant. Intéressées par mon approche sur les opérations sur les nombres entiers, j'ai illustré ma méthode à leurs groupes. L'expérience fut on ne peut plus enrichissante.

Ci-dessous, je suis en train d'ajouter des entiers.





Sur la photo ci-dessus, je demande à un élève d'enlever des billes blanches (+) d'une poignée des billes rouges (-) de la main d'une autre élève.
- Impossible, me lance-t-il, car il n'y a pas de billes blanches dans sa main.
- Si, si, si tu peux !
- Non, j'peux pas...
- (En criant) SI TU PEUX.
Je pense que toute la classe m'a pris pour un vieux fou...

J'aime aussi envoyer les élèves au tableau.





Là, une feuille de travail d'un jeune.

mardi 2 février 2010

Ma liseuse idéale

Ma liseuse idéale :
  • Accepte les fichiers de divers formats tels EPUB, PDF, TXT, RTF, etc. ;
  • Permet une belle intégration avec un logiciel du type Calibre ;
  • Epaper et Eink (pas de fatigue pour l’oeil) ;
  • Possibilité d’annoter (et surligner) le texte et de collecter ces notes dans un fichier ;
  • Possibilité de consulter un dictionnaire à la volée sur un mot du livre ;
  • Grande possibilité de stockage (je veux ma bibliothèque avec moi !) ;
  • Pouvoir la tenir comme un livre ;
  • Possibilité de pouvoir lire deux livres en même temps (pour comparer par exemple un original et sa traduction ou deux traductions d’une même oeuvre.)
Connaissez-vous une liseuse qui fait tout ça ?

dimanche 31 janvier 2010

Comment faire simple

Frustration...

« Malgré les ajustements importants qui seront apportés, il n’y a pas lieu de mettre un frein à la réforme et de faire marche arrière, prévient la ministre de l’Éducation, soulignant que l’approche par compétences demeurait pertinente une fois les connaissances acquises. » lit-on dans cet article. Les connaissances à acquérir étant quasi infinies, ça va prendre un boutte avant d'arriver aux compétences.

Mais j'entends déjà l'argument de notre chère ministre :

- Mais non voyons ! L'élève va apprendre quelques connaissances, puis les exercera dans des compétences. Puis, il apprendra d'autres connaissances qu'une fois acquises (dictées, examens...) appliquera aussi dans des compétences. C'est tout simple !

Ah bon ! On revient donc comme avant : Faire apprendre des bidules à l'élève, lui demander des les régurgiter et, bien entendu, il les oubliera immédiatement après. Vous ne me croyez pas ? Essayez ce ridicule petit problème : Factorisez x2 - 16. Si vous avez un secondaire 3 en poche, vous devriez être capable de le résoudre. Mais je me mets ma main au feu que vous n'avez absolument plus aucune idée de ce que je vous demande de faire. Ne vous en faites pas, c'est normal. Dans le temps où on vous le demandait, vous ne deviez l'apprendre que pour réussir un examen qui assurait au système que vous connaissiez la factorisation. Le système s'est bien rassuré. Vous avez eu votre diplôme, et au foutoir la factorisation !

La ministre devrait venir voir mes élèves dans Scratch. Ils ne savent rien du plan cartésien, des nombres négatifs, du concept de variables, etc., mais au travers leurs projets (très souvent fort complexes), ils développent ces importantes connaissances pour les réaliser. Ils vivent au pays de la Mathématie, et y exerce le langage pour s'y faire comprendre. Avec la ministre, il faudra d'abord enseigner le langage aux élèves pour qu'ils puissent espérer voyager en Mathématie.

La réforme de l'éducation au Québec n'en finissait plus de mourir. Et bien là, je vous le dis, elle est bien morte !

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