Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 7 juin 2006

La passion

La passion est, dans l'ordre affectif, ce que l'idée fixe est dans l'ordre intellectuel.
Ribot, Psychologie des sentiments.


Marie : De plus en plus, je déteste ce mot.

Marie tricotait. J'étais devant l'ordinateur portatif. Aurélie écoutait la télévision.

Moi : Quel mot ?

Marie : Passionné. On l'entend partout.

Deux annonces venaient tout juste de passer à la TV. Et, coup sur coup, on y utilisait le terme « passionné ». Le premier commercial incitait les jeunes à s'inscrire à une institution dans laquelle ils pourraient vivre leur passion. L'autre était une annonce de tourisme en Abitibi.

Moi : C'est identique pour moi : il m'exaspère.

Marie : Il est utilisé à toutes les sauces; ça l'affadit. On en a fait un véritable cliché. Or, passion, étymologiquement, veut dire douleur.

Moi : Oui, oui. D'ailleurs, juste ici on dit « Qu'on se réfère au grec ou au latin, l'affaire est claire : une passion, c'est d'abord quelque chose que l'on souffre, subit, -ce dont, par suite, on pâtit. Ainsi, en grec, Pathos signifie ce qu'on éprouve, en opposition à ce qu'on fait, mais aussi tout ce qui affecte le corps ou l'âme, en bien ou en mal, quoique surtout en mal. C'est aussi l'état de l'âme agitée par des sentiments extérieurs, tels que la pitié, le plaisir, l'amour, le chagrin, l'affliction, la colère, la haine..., en somme, la résultante de ce qu'on éprouve. »

Marie : C'est exactement ça. On ne choisit pas volontairement une passion, on se laisse emporter par elle malgré nous ou bien on y résiste tant bien que mal. Aujourd'hui on se cherche des passions pour se distraire. C'est comme si on valorisait le manque de contrôle et la folie au lieu de la sagesse et la volonté. Ça m'inquiète...parfois je me demande si les gens sont avides de sensations fortes juste pour se désennuyer et s'intéresser un peu à la vie. Me semble qu'on pourrait trouver un meilleur mot pour exprimer un intérêt sain pour une chose. J'sais pas, moi...on pourrait dire impliqué, dévoué à la cause, énergique, généreux de son temps, amateur de belles choses, enthousiaste ou mordu de, connaisseur de, dilettante. On ne manque quand même pas de vocabulaire dans notre belle langue.

Je réfléchissais. Cela m'a rappelé un événement pas très lointain.

Moi : Je passe souvent pour un passionné. Cela m'agace. On pense même que je suis possédé. Par exemple, dans une conversation avec mon supérieur, je lui disais que je pourrais peut-être laisser le RÉCIT pour me concentrer, par exemple, sur les mathématiques. Tout à fait incrédule, il m'a lancé : « Toi, te passer d'informatique ? C'est impossible ! » Je l'ai regardé droit dans les yeux pour lui dire « Try me. » Et en appuyant sur chaque mot, j'ajoutai : « L'informatique scolaire, je n'aurais absolument aucun problème à ne plus en faire ». Mon non verbal était clair : j'étais très sérieux. Quel désagrément que cette d'image simpliste qu'on accole aux gens qui s'impliquent fortement dans certains dossiers ! On les juge passionnés : comme si, chez eux, ce n'était pas un choix, mais un état tout à fait hors de contrôle de la personne. Assurément, comme toi, j'en ai marre de ce mot.

mardi 6 juin 2006

Dotclear et l'impression

J'ai eu récemment besoin d'imprimer quelques billets. Or, dans DC, il n'y a pas de bouton « version imprimable ». Heureusement, avec les CSS, nul besoin de cet ajout.

Donc, créez une feuille de style que vous nommerez print.css. La mienne contient :
h1 a span {display : none; }
a { text-decoration : none; }
#sidebar, #prelude, #footer, #comment-form { display : none; }
Enregistrez-la dans le dossier de votre thème.

Dans le fichier themes/default/template.php, trouvez la ligne suivante :
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="<?php dcInfo('theme'); ?>/style.css" media="screen" />

Juste en dessous, ajoutez celle-ci :
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="<?php dcInfo('theme'); ?>/print.css" media="print" />

Et l'tour est joué ! Dorénavant, en imprimant un billet de votre fureteur, le formatage conviendra beaucoup mieux au papier.

dimanche 4 juin 2006

Talentum

Je n'ai pas de talents particuliers. Je suis juste passionnément curieux.
A. Einstein dans une lettre à Carl Seelig en 1952.
Pensées intimes, éd. du Rocher, p.43.


Marie : On devrait interdire le mot talent dans les écoles.

Moi : Pourquoi ?

Marie : Parce que cela n'aide personne. C'est même nuisible de penser en termes de talent.

Moi : Explique !

Marie : Quand tu as du talent, tu n'as aucun mérite car, justement, tu es talentueux. Même si tu étudies, fais des efforts, etc., on ne te reconnaîtra aucun mérite pour ton travail car ... tu as du talent. Et si tu en es démuni, pauvre de toi, c'est pas de ta faute si tu ne réussis pas aussi bien que les autres car tu n'es pas talentueux. Ce qui signifie que, probablement, tu n'es pas à ta place.

Moi : Donc, le terme talent déresponsabilise.

Marie : C'est platonicien : le talent, c'est inné. Tu en as ou tu n'en as pas. Cela catégorise l'individu.

Et de continuer :

Marie : Mais il y a aussi la vision judéo-chrétienne des choses.

Moi : C'est-à-dire ?

Marie : Tu te rappelles la parabole des talents ?

Moi : Pas vraiment.

Marie : Je te la résume. Un maître donne des talents (c'est de l'argent) à des serviteurs. À l'un, il donne 10 talents, à un autre 5 et au dernier 1 talent. (Je ne suis plus certaine du nombre!). Il part en voyage. En investissant, ceux qui ont reçu 10 et 5 talents doublent leurs talents. L'autre va l'enterrer pour le mettre en sécurité. En revenant de son périple, les deux premiers sont fiers d'annoncer qu'ils ont fait des talents à partir des talents. Mais le maître tombe sur le dos du troisième en le traitant d'incapable...

Moi : Morale : toujours faire fructifier ses talents... N'est-ce pas ce qu'on cherche en éducation? Ne veut-on pas que les élèves atteignent le maximum de leurs capacités ?

Marie : Bien sûr. Mais pas au prix de la culpabilité. En pensant talent, si un élève ne réussit pas, on a juste à lui dire de faire plus d'efforts. Et à celui qui réussit, on lui dit qu'il peut faire mieux, avec des efforts supplémentaires. Mais sur le comment, rien n'est dit. Note que la parabole est absolument silencieuse à propos du comment les serviteurs ont investi. Et on ne sait pas du tout ce que le maître aurait pensé s'ils avaient fait de mauvais placements ! Le fond est toujours platonicien, sauf que le talent n'est pas inné ici, mais bien donné par Dieu, ce qui revient au même.

Moi : Et l'apprentissage dans tout ça ?

Marie : Faire fructifier ses talents = travailler à la sueur de son front et enfanter dans la douleur après avoir goûté au fruit de la connaissance du bien et du mal. Le hic c'est qu'il ne suffit pas de courir en rond en arrosant ses talents de sa sueur. Si on croit ça, on dira à l'élève, ce faible pêcheur présumé coupable de paresse : «Allez, étudie plus, lis plus, écris plus!», toutes des consignes vagues, des moyens qui n'ont jamais rien donné pour qui ne sait comment s'y prendre ou pour celui qui ne sait qu'il lui manque un outil ; encore faut-il apprendre comment s'y prendre pour étudier, comprendre ce qui lui manque et connaître des ressources pertinentes dans la situation d'apprentissage donnée. Si l'enseignant croit aux talents qui se développent naturellement avec seulement de l'effort, il aura tendance à se dégager de l'acte pédagogique : «j'enseigne à trente élèves. C'est à eux de faire des efforts. Et ces efforts les amèneront là où ils peuvent aller : le reste ne m'appartient pas.»

Moi : Mouais...

Marie : Nous ne sommes pas encore dans le paradigme des Lumières. Liberté : tu es libre d'apprendre ou pas. Égalité : la notion de talents supprime l'égalité. Fraternité : tu peux apprendre avec les autres et des autres. Nous avons encore un pied dans le moyen âge mon chéri. Qu'en penses-tu?

Moi : Ce que j'en pense ? Que tu as toujours raison, ma chérie !

samedi 3 juin 2006

Un livre sans prix

Vous ne trouverez pas ce petit livre en librairie, et si vous l'y trouviez, il serait sans prix. À la toute dernière page, on lit :
« La présente édition a une vocation strictement privée. Elle n'est pas destinée au commerce et elle n'a pas de prix ! Les exemplaires sont remis à titre gracieux dans le seul but de partager un chef-d'oeuvre de la littérature russe entré dans le domaine public. »
Ce sont mes bons amis Benoit et Pierre qui me l'ont remis lors du colloque de l'AQUOPS. Une manière bien à eux de saluer mon implication dans le domaine du logiciel libre. Car, voyez-vous, ce livre de 135 pages a été réalisé avec Scibus, logiciel libre de mise en page. Il fut imprimé sur du papier écologique Enviro100 fabriqué par l'usine Rolland de Cascades Groupe Papiers Fins inc. à Saint-Jérôme. Sachez aussi que ce papier est fabriqué avec une énergie verte, les biogaz récupérés d'un site d'enfouissement, et à partir de pâte non blanchie au chlore et sans acide. On apprend aussi que seules les fibres 100% recyclées post-consommation entrent dans la fabrication du papier.

Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine (PDF ici) est un recueil de cinq nouvelles de Pouchkine publié pour la première fois en Russie en 1831. L'édition française, dans une traduction d'André Gide et Jacques Schiffrin date de 1935. La traduction fait partie du domaine public car 1935 + 70 < 2006. Et cela fait plus de cinquante ans que Gide et Schiffrin sont décédés.

Ces récits, de lectures fort agréables, donnent le goût de plonger un peu plus dans l'univers de Pouchkine, père de la littérature moderne russe. Pouchkine est mort très jeune, à 38 ans, suite à un duel. C'est d'ailleurs le thème d'une des nouvelles du livre.

J'ai relevé 3-4 citations du livre qui seront bientôt sur Au fil de mes lectures. Un gros merci à Benoit et Pierre, mes amis du LL !

vendredi 2 juin 2006

Petit matin heureux

Lire ce dernier billet de Thierry Crouzet me fait un immense bien ce matin. Quelques citations :
« Je crois que plus nous nous interconnectons, plus nous devenons heureux, plus nous nous sentons capables d'entreprendre et de changer ce qui nous déplait dans le monde. »
« [...] l'imprévisibilité n'implique pas l'impuissance. »
« Dire que l'auto-organisation est possible, c'est privilégier les actions locales par rapport aux actions globales. En fait, le global résulte de l'auto-organisation d'une multitude d'actions locales. Les choses partent du bas, remontent, s'élèvent. »
« Nous devons abandonner la raison cartésienne au profit d'une approche plus artistique. Plutôt que d'essayer de décomposer les problèmes en problèmes plus simples ce qui s'avère impossible, nous devons essayer de faire évoluer les choses, de les cultiver. »
« Vivre dans un monde complexe n'implique pas que le monde soit compliqué. C'est un grand paradoxe. »
Dommage que je ne puisse être à Genève le 7 juin prochain. Mais j'ai tout de même le livre que je peux relire en tout temps.

mardi 30 mai 2006

MUEQ

En lisant le commentaire de Sacco, il m'est venu une idée toute simple...

Cela fait déjà plusieurs années qu'on s'évertue à former les conseillers pédagogiques, les directions d'école, les enseignants au nouveau programme de formation de l'école québécoise. Clairement, il y a encore beaucoup de boulot à faire. Nous savons tous que le renouveau pédagogique a été mis en place pour favoriser les apprentissages des élèves et qu'il est fondé sur l'axiome qu'un élève actif est un élève qui apprend mieux. Ceci dit, posons-nous la question suivante : toutes ces formations ont-elles été données aux bons intervenants?

Ne pourrait-on pas former par le bas au lieu de par le haut? Nous savons que les élèves sont, pour la très grande majorité, intelligents. Donc, n'y aurait-il pas lieu de les former sur l'essence même du programme de manière à ce qu'ils puissent assister, encourager et appuyer les enseignants dans le changement? Ne seraient-ils pas les meilleurs agents du renouveau pédagogique, faisant ainsi basculer le paradigme de l'enseignement vers le paradigme de l'apprentissage?

De là, il n'y qu'un pas vers l'idée suivante : écrire un Manuel à l'Usage des Éleves du Québec. Dans ce manuel (libre, évidemment!), l'élève y retrouverait tout ce qu'il doit savoir pour affronter avec succès ses études secondaires dans le respect du programme, des trucs pour aider ses enseignants à appliquer le programme, etc.

Je sais qu'il y a plusieurs intervenants du monde scolaire parmi mes lecteurs : votre expertise est précieuse. Alors, pourquoi ne pas contribuer généreusement au MUEQ? J'ai mis en place un Wiki prêt à accueillir vos textes, vos idées, vos commentaires, vos suggestions. Évidemment, seul, cela me prendra un temps fou à rédiger le Manuel. Ensemble, on pourrait peut-être y arriver en quelques mois. Par ailleurs, si vous intervenez au secondaire, pourquoi ne pas demander à vos élèves d'aller y faire un tour, d'y poser des questions, etc. Il serait aussi judicieux que vous et vos élèves contributeurs lisiez le Petit Livre Rouge à L'Usage des Élèves et des Lycéens.

Prière de prendre note que pour rédiger dans le Wiki, vous devez au préalable vous y inscrire en cliquant sur ParametresUtilisateur. Si vous avez des difficultés, n'hésitez pas à m'en faire part dans les commentaires.

lundi 29 mai 2006

Pour un Québec LL

« Apprendre aux élèves à utiliser les produits Microsoft, c’est comme leur apprendre à fumer. C’est leur donner une habitude coûteuse, dangereuse et dont ils se déferont difficilement. »
Richard Stallman
C'est une jolie citation de Stallman dont, malheureusement j'ignore la source. Dans quelques jours, on aura droit à un Québec sans fumée. Quand obligera-t-on nos institutions publiques à utiliser d'abord le logiciel libre?

Déresponsabilisation

Nota : Épouseries, car j'ai souvent d'extraordinaires conversations avec Marie. Cette section tente d'en garder une certaine trace.


Moi : J'ai écrit deux billets récemment. Un sur les notes au secondaire, et l'autre est un large extrait d'un petit livre publié en 71. L'extrait parle des examens...

Marie : Un billet sur les notes? Pourquoi?

Moi : C'est suite à un conférence de presse du ministre Fournier. Il a annoncé le retour aux notes dans les bulletins et je voulais juste montrer la manière dont probablement cela allait se faire. Le ministre veut des notes car il doit, d'après moi, répondre aux désirs de bien des parents, c'est-à-dire les votants.

Marie : Les notes déresponsabilisent certains parents au regard de l'éducation de leurs enfants.

Moi : ???

Marie : C'est évident. Si ton enfant a 65%, tout ce que tu as à lui dire c'est que tu veux dans le prochain bulletin qu'il améliore ce score. Il a ainsi l'illusion d'avoir fait son devoir parental. La phrase magique du parent est : JE VEUX que tu t'améliores. Et la note lui permet de savoir si l'enfant a bien écouté la demande. Après tout, il faut bien que son enfant se la mérite sa bicyclette de fin d'année, ou son inscription à son cours de conduite, ou sa nouvelle console de jeux vidéos ! La note est le critère objectif/sécuritaire/absolu qui lui permet de savoir si son enfant s'est amélioré sans que lui, le parent, ait eu autre chose à faire que de formuler cette exigence.

Moi : Ouais, c'est pas bête ce que tu dis là...

Marie : D'ailleurs, j'me rappelle quand j'allais aux rencontres de bulletin pour nos filles au secondaire. Les profs voulaient toujours me donner d'abord la note des petites. Mais avant qu'ils n'aient eu le temps de sortir cette info, je leur disais : « Monsieur, je ne veux rien savoir des notes. Je veux savoir si mon enfant est heureuse à l'école, si elle y apprend quelque chose, et comment je peux l'aider dans ses difficultés, si elle en a. Le reste n'est pas important. »

Moi : Et?

Marie : Ils étaient toujours surpris de mon approche. Et ils étaient bien obligés de fouiller dans autres choses que les examens pour me répondre !

dimanche 28 mai 2006

Encore Mankell

La lecture d'un bon polar fait toujours du bien. Le retour du professeur de danse d'Henning Mankell vient tout juste de paraître en français et, comme pour tous ses livres, je m'y suis précipité.

Les connaisseurs de cet auteur suédois savent qu'il a publié une série dont le héros est le commissaire Wallender. Mais ici, point de Wallender : on y trouve plutôt le commissaire Stefan Lindman, 37 ans, à qui on annonce qu'il est atteint d'un cancer de la langue. Au même moment, il apprend qu'un de ses anciens collègues de travail, à la retraite depuis une dizaine d'années, a été sauvagement assassiné.

Évidemment, un polar, c'est d'abord pour se détendre. Mais Mankell a l'art de confectionner des personnages solides et crédibles. Et quelques questions sont intéressantes : comment réagir lorsqu'on se sait atteint d'un cancer ? L'étonnement qu'on peut ressentir quant, après avoir travaillé pendant des années avec un collègue, on se rend compte qu'on ne le connaissait pas du tout ? Mankell explore la collaboration de la Suède durant la Seconde Guerre mondiale. Et, plus actuel, de l'expansion des réseaux néo-nazis.

Si nous n'avez jamais lu de Mankell, c'est là une excellente introduction à son style et sa méthode. Vous ne serez pas déçu et vous aurez passé un bon moment. Si vous êtes déjà fan, je n'ai pas à vous convaincre : ce livre vous plaira certainement.

Dernier détail, sans doute insignifiant, mais qui a attiré mon attention. Tous les personnages se tutoient : même quand un policier interroge pour la première fois un personnage, il le tutoie. La réceptionniste de l'hôtel tutoie les clients, etc. La traductrice du livre est Anna Gibson. Elle a déjà traduit plusieurs de ses bouquins et, après vérification parmi ceux-ci, il semble bien que c'est la première fois qu'elle ait pris ce partie. Je ne connais évidemment rien au suédois, mais je me demande si c'est vraiment son choix, comme traductrice, de procéder ainsi où si c'est Mankell qui a employé systématiquement le tutoiement. D'ailleurs, y a-t-il, en suédois, une marque distinctive comme en français qui indique le tutoiement ?

vendredi 26 mai 2006

Les examens

« Les examens et les compositions servent, comme les notes, à vous faire peur pour que vous travailliez davantage.

Il y a encore pas mal d'écoles où l'on pense que les examens et les compositions permettent de mesurer vos connaissances et votre niveau. C'est faux ! Jamais un examen ne permettra de déterminer ce que vous savez.

Aux examens et aux compositions, on vous donne le plus souvent à faire des faux devoirs. Ils sont faux parce que vous ne pouvez les faire dans les mêmes conditions que les devoirs ordinaires. Les examens montrent ce que vous avez appris par coeur ou ce qu'on vous a enfoncé dans la tête. Mais ils montrent bien rarement si vous êtes capables de réfléchir et de trouver vous-mêmes la solution d'un problème.

Il est impossible et absurde de se fier aux résultats des examens et compositions. D'abord, on vous donne à faire des faux devoirs, ensuite il y a toujours quelques élèves qui sont nerveux, angoissés et d'autres aussi qui n'ont pas de chance ; vous n'avez pas le droit de discuter des sujets avec vos camarades, et, que ce soit un examen oral ou écrit, vous n'avez qu'un temps de réflexion limité avant de répondre.

Dans les écoles ou les classes où il y a sans arrêt des examens et des compositions (compositions trimestrielles, semestrielles, examens blancs, examens de passage, examens de fin d'études, BEPS, Bac ou autres), la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage est très gravement compromise.

Les professeurs n'enseignent pas une matière, mais à passer des examens, et les élèves n'apprennent pas grand-chose, sauf dans certains cas à passer des examens l'enseignement devient nécessairement faux et réciproquement.

Ça peut changer

II y a encore beaucoup d'écoles et de lycées qui ont des examens de fin d'année ou des examens de passage jusqu'en terminale. Ces examens font perdre un temps considérable aux élèves et aux professeurs. Il faudrait essayer de les supprimer. Ça ne sera pas facile, parce que c'est attaquer tout le système d'enseignement français, qui repose sur la sélection, la répression, l'exclusion.

Les examens académiques, comme le BEPS ou le Bac se déroulent presque toujours de façon stupide. Il y a des centres où l'on vous fouille ou presque avant de vous laisser entrer dans les salles d'écrit ; pour l'oral, on vous fait attendre une heure ou deux, puis on vous fait tirer un petit bout de papier et vous devez répondre presque tout de suite.

Il y a de quoi devenir nerveux ! Beaucoup d'élèves se sentent complètement bloqués à cause de ça au moment d'écrire ou de répondre.

Ce qu'il faudrait, c'est que les examens se déroulent d'une autre façon : que les élèves aient le droit d'apporter des livres et pour certains examens écrits des notes ; que l'examen puisse avoir lieu dans une bibliothèque pour que vous puissiez consulter tous les livres dont vous avez besoin ; que pour préparer votre réponse à l'examen oral, on vous accorde un délai de quelques heures ou d'une journée (ou peut-être simplement d'un quart d'heure).

Des examens qui se dérouleraient comme ça seraient bien plus significatifs. On saurait au moins si les élèves savent se documenter sur un sujet et le présenter.

Compositions et examens trimestriels avec classement ont tendance, depuis quelques années, à disparaître dans certains établissements. S'ils sont encore en vigueur dans le vôtre, engagez la bataille sans oublier de vous assurer de l'appui effectif du plus grand nombre possible de professeurs.

Il vous sera difficile de lutter contre les examens de passage, et les grands examens comme le BEPS ou le Bac, parce que c'est le ministère et non la direction de votre établissement qui décide. Envoyez au ministère des projets de réforme que vous aurez élaborés avec certains de vos professeurs et qui seront signés aussi par eux.

Contre les compositions et examens de toute sorte, vous pouvez toujours, si tous les autres moyens se sont révélés inefficaces, faire la grève : remettre une copie blanche, refuser d'entrer dans les salles d'examen. Mais il ne faut pas le faire seul, ça ne servirait à rien ! Il faut que toute une classe, ou toute une école ou tous les élèves d'une ville se mettent d'accord pour faire la grève des examens. »

Bo Dan ANDERSEN, Soren HANSEN et Jesper JENSEN, Le petit livre rouge des écoliers et des lycéens, 1969-1970.

La version française, publiée en 1971, a été interdite en France par le Ministère de l'intérieur.

jeudi 25 mai 2006

Les notes au secondaire

Je ne veux pas trop m'éterniser sur le sujet car, comme vous le savez sans doute, les notes données au bulletin sont le moindre de mes soucis. Mais pour bien comprendre ce que le MELS veut dire lorsqu'il est question de mettre de notes, voici deux pages tirées de la formation donnée par le ministère à l'hiver 2006. Le document PowerPoint est disponible ici. Pour obtenir le code d'accès, contactez le service éducatif de votre CS.
Le première illustration indique comment on pourrait attribuer une cote aux compétences. Par exemple, si 4-5-4 sont les niveaux atteints par l'élève dans les trois compétences d'une discipline. L'enseignant attribuerait alors la cote B-TRÈS BIEN à cet élève.

Dans le cas des notes, le calcul est vraiment brillant. Regardez le tableau ci-dessous. Notez que c'est un exemple car chaque compétence aura son propre tableau.
Si l'enseignant situe l'élève au niveau 5 pour la première compétence, au niveau 2 pour la deuxième et au niveau 3 pour la troisième, la note attribuée sera 40% + 14% + 15% soit 69%.

lundi 22 mai 2006

CA

Les automates cellulaires (connus sous l'acronyme CA pour cellular automata) sont fascinants. Le Web fourmille d'informations au regard de ces petites bêtes : une courte recherche dans Google vous lancera dans une belle aventure les entourant. Toujours est-il que ce matin, je suis tombé sur ce site. Le monde cablé est un type d'automate simulant entre autres, des circuits électriques.

Une simulation très simplifiée de l'activité d'un cerveau donne une petite idée du potentiel du Wireworld.


Mais c'est cette autre qui m'a le plus impressionné. Le simulateur compte, en binaire, jusqu'à 16 avant de laisser une retenue. Cette image vous permettra de bien suivre l'évolution du calcul.


Les électrons arrivent en bas à gauche dans l'ordre (de 1 à 16) sous forme de nombre binaire : 0001, 0010, 0011, etc. Sur l'image, ils en sont au nombre 0101 équivalent au nombre 5. En arrivant au nombre 1111, un électron sortira tout en haut de l'applet. Extraordinaire, n'est-ce pas ?

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 >