Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 23 novembre 2004

Néologie, 1801

Louis-Sébastien Mercier, Néologie, ou vocabulaire de mots nouveaux à renouveler, ou pris dans des acceptions nouvelles, 1801 :

« Il en est d'une langue comme d'un fleuve que rien n'arrête, qui s'accroît dans son cours, et qui devient plus large et plus majestueux, à mesure qu'il s'éloigne de sa source. Mais plus un despotisme est ridicule, plus il affecte de la gravité et de la sagesse. Et qui ne rirait d'un tribunal qui vous dit : je vais fixer la langue. Arrête, imprudent! tu vas la clouer, la crucifier. »

« Il n'y a personne qui ne soit charmé de vouloir se rendre raison à lui-même du plaisir que lui donne une expression qui le frappe, un tour original, un trait inattendu; notre imagination aime qu'on lui parle d'une manière neuve, parce qu'elle est douée elle-même d'une grande vivacité pour tout ce qui porte ce caractère. Or on peut être audacieux dans l'expression, tout en révérant la langue. La Néologie peut se marier à la plus grande clarté. Vous ne pouvez m'empêcher de sentir; pourquoi voulez-vous m'empêcher de m'exprimer? Quand vous aurez senti dans votre âme toutes les délices que la méditation y verse, vous aurez alors quelque idée de la langue neuve et rapide qui peut-être est encore à créer. Laissez-moi libre; mes idées ne tariront point. »

www.chass.utoronto.ca/epc/langueXIX/mercier/neologie.htm

dimanche 21 novembre 2004

brique-à-brac

« Que dire en effet à un enfant qui vous donne comme réponse à l'addition suivante :
1 + 1 = 11
Que c'est un imbécile, un idiot? Que cette réponse est une horreur? Alors qu'à la question d'additionner des briques, le professeur répondra :
[] + [] = [] [] »
Franck Villaume sur Linux.fr
« En fait, Anne Imbert est journaliste, c'est à dire quelqu'un qui se contente de rapporter les réflexions des autres à défaut d'en avoir. »
Isabelle Hontebeyrie sur miss-information.net
Sur le forum de citations de Zazieweb :
« C'est en riant que je me suis fait une entorse à la joue. »
« J'ai sombré dans un coma profond pendant au moins dix secondes. »
« Mes bras sont normaux puisqu'ils font toute la longueur de mon corps. »
« Mon mari souffre de la même maladie que Marcel Proust, il dort toute la journée. »
« Tous mes muscles s'opposent à ce que je fasse le moindre effort. »
« J'ai sans doute une peau imperméable qui empêche la guérison de rentrer. »
« Les vaisseaux de mon coeur ne sont même plus navigables... »
« Même quand je hurle de douleur je ne me plains jamais. »
« Mon médecin m'ayant déconseillé le sport, c'est donc ma femme qui fait les courses... »
« J'ai le corps couvert de champignons qui ne sont même pas comestibles. »
Jérôme Duhamel, Les perles de la médecine, Albin Michel, 2003.

samedi 20 novembre 2004

Dur, dur de perdre son accent

L'absurdité de notre orthographe qui est en vérité une des fabrications les plus cocasses du monde est bien connue. Elle est un recueil impérieux ou impératif d'une quantité d'erreurs d'étymologie artificiellement fixées par des décisions inexplicables.
Valéry

Je suis sans doute en retard dans les nouvelles : je viens juste de prendre connaissance de la recommandation de la nouvelle orthographe. Environ 2000 mots doivent maintenant être écrits selon cette norme. En parcourant la liste, je me rends compte combien sera difficile pour moi de m'habituer à ne plus voir des accents circonflexes : ils disparaissent en effet sur les lettres i et u : paraitre, maitre, croitre, chaine, connaitre, buche, flute, cout, bruler, gout, dument, ile, et la liste s'allonge, s'allonge...

On voit aussi des pluriels étonnants : des maximums, des minimums, des mass médias...

Des trémas passent d'une lettre à l'autre : ambigüe, exigüe, cigüe ...

Et la règle concernant les numéraux devient extrêmement (ouf, je garde l'accent circonflexe dans celui-là !) simple : ils sont systématiquement reliés par des traits d'union : deux-cents, vingt-et-un-mille-six-cent-deux, etc. Cela a certains avantages. Par exemple : 1120/7 devient : mille-cent-vingt septièmes et 1100/27 devient mille-cent vingt-septièmes et mille cent-vingt-septièmes signifie (1000/127). Quant à mille-cent-vingt-septième cela donne 1127e.

Bon, il y a de nombreuses autres modifications mais tout est bien expliqué sur le site.

Notre propre réaction devant ces changements devient un objet intéressant à observer. Choqué ? Soulagé ? Ambivalent ? Pourquoi donc suis-je déçu/insulté/choqué de voir flute sans accent circonflexe ? Pourquoi cela me fait-il mal d'écrire connaitre et non connaître ? Est-ce cela qu'on appelle la résistance au changement ? J'ai aussi hâte de voir comment tout cela prendra forme dans les écoles !

Ici, on nous promet pour bientôt la liste complète des mots révisés.

Vadémécum

mercredi 17 novembre 2004

Gödel

La collection « Les génies de la science » (Pour la Science) est très bien faite. Il vient tout juste de paraître un numéro sur Gödel. Je l'ai rapidement feuilleté et je suis tombé sur l'article dans lequel on apprend que Gödel, au cours des années 40-50 a développé un modèle cosmologique original.

Un extrait :

En étudiant les équations de la relativité d'Einstein, Gödel a remarqué que parmi les solutions de ces équations, certaines étaient des modèles d'espace-temps dont les lignes d'univers étaient fermées. [...] Que signifie une ligne d'univers fermée dans l'espace-temps ? Une telle ligne est une trajectoire où l'on revient au point initial (d'espace-temps), c'est-à-dire non seulement aux coordonnées spatiales initiales, mais à la coordonnées temporelle initiale : un personne empruntant une telle trajectoire remonterait le temps simplement en la suivant... « Si nous voyageons à bord d'un vaisseau spatial suivant une courbe suffisamment grande, explique Gödel, il est possible, dans ces univers, de se rendre dans n'importe quelle région du passé, du présent ou du futur et d'en revenir, exactement comme il est possible dans d'autres univers de se rendre dans des parties éloignées de l'espace.» (pages 81-82)

En lisant cela, ça me désole de ne pouvoir être là dans 200 ans. Il me semble que toutes ces idées risquent de trouver une niche technologique intéressante dans le futur. D'un autre côté, il faut garder espoir : peut-être que mon petit-petit-petit-fils viendra me visiter un jour ou l'autre !

Chocs

L'esprit humain est ce qu'il est en partie à cause des chocs auxquels il a été exposé et de son aptitude à utiliser ces chocs. L'interaction du choc et de l'esprit détermine la qualité de la personnalité.
Idries Shah

lundi 15 novembre 2004

Les p'tits pas

Force m'est de le constater, je ne crois pas du tout aux apprentissages par petits pas. Ça me rappelle beaucoup l'apprentissage par objectifs (vous vous souvenez ? les terminaux, les intermédiaires, les sous-objectifs, etc.) où on pensait - et certains le pensent toujours - qu'il vaut mieux diviser la connaissance en bouchées minuscules puisque cette somme de petits morceaux donne le plat complet. C'est voir l'apprentissage sur une droite continue. Le problème avec la droite continue, c'est qu'on peut toujours faire la moitié du chemin, puis la moitié du chemin qui reste (Zénon). Tout au contraire, je m'aperçois que j'apprends à la sauce quantique : l'apprentissage est une question de sauts paradigmatiques. Donc, pour apprendre, il faut sauter et non avancer à petits pas. Quand on apprend, on sent une «vibration/fébrilité» : c'est le gain d'énergie, celui qui nous permettra de sauter et de ne jamais revenir en arrière.

Prenons l'exemple du saut paradigmatique le plus connu. Ptolémée nous disait : « Vous le voyez bien, le Soleil tourne autour de la Terre ». Copernic est arrivé et un peu avant de mourir (il ne voulait pas avoir de problèmes avec ses boss) il nous annonce : « Voilà, c'est évident, j'ai les chiffres qui le prouvent, la Terre tourne autour du Soleil. Adieu ! ». Mais peut-être faut-il entendre « À Dieu (de jouer) ». C'est, si je ne m'abuse, ce qui est enseigné encore aujourd'hui. Cependant, autour de 1915, Einstein nous a dévoilé la vraie vérité : « On ne peut prouver que la Terre tourne autour d'elle-même et autour du Soleil. Pas plus qu'on ne peut prouver que le Soleil tourne autour de la Terre. Tout ça est une question de point de vue ! ». Pourtant, posez la question autour de vous, plein de gens croient vraiment que la Terre tourne autour du Soleil. C'est-à-dire qu'ils croient vraiment que la chose est prouvée ! Demandez alors de voir la preuve. Vous serez surpris des réponses. L'une de celle-ci est du genre « Ben, vous savez, l'aplatissement des pôles... ». Répondez alors : « L'aplatissement des pôles ? Mais les équations d'Einstein démontrent que la puissance rotative de l'Univers autour de la Terre crée justement l'aplatissement des pôles! ». Et on vous regardera comme si vous étiez un fou...

On ne peut apprendre ça par petits pas. L'apprentissage est un choc. Un douloureux choc. Mais un choc libérateur. Bien sûr, on entend aussi dans l'expression « petits pas » une espèce de douceur, de ouate entourant l'apprenant. Mais ça, c'est le rôle du pédagogue, certains auteurs le réalisant très bien aussi, de faire passer la pilule le moins douloureusement possible. Mais éviter la douleur est, à mon avis, impossible. À moins d'endormir le patient mais alors la douleur vient au réveil...

Portables, petits pas, etc.

Je pense qu'un problème important est ce concept, faux à mon avis, de la «plus-value» apportée par les TIC.


Un exemple : je n'ai absolument pas besoin des TIC pour enseigner les maths. Je m'installe au tableau, écris les formules à digérer, envoie quelques problèmes de vie aux élèves, leur donne quelques minutes pour y répondre, et on corrige le tout. C'est fini. Et on répète cette technique pédagogique au prochain cours. Dites-moi un peu : que peut m'apporter mon beau portable tout neuf là-dedans ? Ah oui : j'envoie un courriel d'encouragement aux élèves, et, si le temps me le permet, je vais faire un petit «Powerpoint» pour leur indiquer le contenu du cours , et pourquoi pas, je vais rédiger mes examens sur mon traitement de texte. Wow, la «plus-value» ! C'est plus de «troubles» que d'autres choses...

En fait, l'idée EST DE NE PLUS penser comme ça : le prof dispensateur de la connaissance, l'élève le gobeur et le recracheur de cette belle connaissance. Or SI on ne pense plus comme ça, les TIC sont indispensables : plus question d'enseigner sans un logiciel de géométrie dynamique, sans un langage de programmation, sans la construction d'animation pour illustrer les concepts, sans la création de robots, sans l'utilisation de logiciels à calculs symboliques, etc. Non pas parce que J'ENSEIGNE avec ça, mais parce que l'élève APPREND avec ça. D'un portable, on doit absolument équiper ce prof qui vit dans un autre monde, un autre paradigme. Lui, il saura l'utiliser intelligemment.

À mon avis, le gros problème avec les TIC dans la province de Québec vient de cette ex-ministre Marois qui nous a demandé il y a quelques années d'écrire des plans TIC qui justifieraient l'achat d'équipement. J'en ai écrit, un plan. Parce que je croyais bien qu'elle les lirait. Foutaise. Je suis convaincu qu'elle ne sait même pas ouvrir un ordinateur. Je suis convaincu qu'elle ne les a jamais lu : l'objectif était juste d'amener TOUT LE MONDE à un ratio de 1 ordi pour 10 élèves. Dans le centre où je travaillais, on y était déjà. La réponse de la Ministre : Rien chez vous, car vous avez déjà le ratio. J'étais furieux et le suis toujours d'ailleurs.

J'en ai marre de nos dirigeants incompétents qui font avant tout de la politique (on donne un «minimum» à tout le monde, donc on sera réélu) au lieu de prendre des risques intelligents : donner aux innovateurs, aux créateurs, aux penseurs qui sont dans le système pour que les changements s'installent en provenant du terrain. Donner enfin à ces gens la structure nécessaire pour qu'émerge le changement. Mais on ne comprend pas ça dans la province.

Je suis donc tout à fait contre le don à tous de portables, voire d'ordinateur dans la classe. C'est évident que ça ne donne rien. Je suis pour le don d'un portable (et de tonnes de machines pour les élèves de la classe) à ceux qui ont fait le saut, ceux qui pensent autrement. Il est tout à fait ridicule de penser qu'en donnant à tous, ils feront un saut quantique. Ils ne réussiront qu'à faire des petits pas qui ne les amèneront pas bien loin.

dimanche 14 novembre 2004

Les sept mythes au regard de l'innovation

Ideas are often serendipitous. Innovation is not. You should give employees the freedom to imagine, but then provide them with the structure to act. (Mohanbir Sawhney et Robert C. Wolcott)

Petit résumé d'un article lu ici.

Myth: You need more new ideas.
Reality: You need more homes for ideas.

Myth: Innovation is a department.
Reality: Innovation is a company-wide competency.

Myth: Let people loose to innovate.
Reality: Enable people through structure and process.

Myth: Innovation is a radical departure from the past.
Reality: Innovation often creatively combines pieces of the past.

Myth: Mistakes are costly.
Reality: Early mistakes are profitable.

Myth: Avoid the detours.
Reality: Detours may be the destination.

Myth: Innovation is about creating new things.
Reality: There are many paths to innovation.

J'ai été assez content de lire ce paragraphe qui ressemble beaucoup à l'idée que j'avais exprimée là.

« A popular belief, fostered by legendary innovators such as 3M, the diversified manufacturer, is that you should let employees moonlight on the job by giving them free time to work on innovative projects. Google, the internet search company, encourages its people to spend one day a week working on pet projects - 20 per cent of company time. »

Une autre piste

Découverte d'un autre site que je RSSuivrai, celui de Sébastien Bailly. Surtout qu'ici, on y mentionne épigraphe. Et comment ne pas consulter un blogue qui possède une rubrique consacrée aux citations ? J'ai aussi suivi les pistes de ce billet qui intéressera la plupart des blogophiles.

lundi 8 novembre 2004

Épigraphe

En fin de semaine, j'ai enfin mis en ligne ma nouvelle idée : Épigraphe, site consacré, comme son nom l'indique, à toutes ces phrases que les auteurs mettent en tête de livre ou de chapitre.

Mon amour de la citation vient probablement des quelques épigraphes lues dans mes jeunes années. Je me rappelle particulièrement l'émotion ressentie en lisant celles que Jean E. Charon avaient posées en tête de chacun de ses chapitres dans son livre Connaissance de l'Univers.

« Un beau désordre est une oeuvre d'art » est une épigraphe dont je ne me souviens absolument pas l'auteur (et du livre, et de l'épigraphe... !) Je l'énonce de mémoire n'étant pas convaincu de son exactitude. D'après moi, cette épigraphe provient d'un livre de vulgarisation scientifique. Mais à plus de 30 ans de mon espace-temps, j'ai peine à me souvenir lequel.
epigraphe Collectionner est probablement ridicule ou, tout au moins, un peu simplet/quétaine. Mais c'est un plaisir que je m'accorde malgré toute son inutilité. Ramasser ces phrases que certains auteurs ont choisies avec soin pour illlustrer l'idée de leurs livres, de leurs chapitres me rapproche un peu d'eux. Puisque dans Au fil de mes lectures, je ramasse aussi des phrases tirées de mes propres lectures - là est toute l'idée de mon site de citations - je me sens un peu complice de ces écrivains qui ont, à un moment ou l'autre, fait la même chose.

Et puis, il y a de véritables trouvailles dans ces épigraphes. Par exemple :
« Je ne t'ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d'autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t'ai placé, tu te définis toi-même. Je t'ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t'ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d'un bon peintre ou d'un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme. »
de Pic de la Mirandole, épigraphe utilisée par Yourcenar dans son Œuvre au Noir, un grand roman !

Et cette autre :
« ... rien de plus ne peut être tenté
que d'établir le commencement et la direction d'une route
infiniment longue.
Prétendre à n'importe quel achèvement,
systématique et définitif,
serait à tout le moins une illusion personnelle.
La perfection peut être obtenue ici
par le chercheur individuel
dans la seule hypothèse, subjective,
qu'il communique tout ce qu'il a été capable de voir.
 »
de Georg Simmel posée en épigraphe du livre L'herbe du diable et la petite fumée de Carlos Castaneda.

Collectionner est assurément une douce folie.

samedi 6 novembre 2004

Après trois mois

Ce blogue a trois mois. Qu'en dire ?

D'abord, je l'ai mentionné ailleurs, ce blogue a nécessairement des tendances au nombrilisme. Après tout, c'est une des forces de l'outil : se permettre d'approfondir un peu plus sa pensée. Nombriliste parce que l'on écrit pour être lu. Je ne crois pas beaucoup à l'utilité des textes qu'on laisse cachés dans nos tiroirs en pensant qu'on est un grand écrivain. (Même Kafka, qui n'a pratiquement rien publié de sa vie, lisait à haute voix ses écrits à ses copains.) Je pense qu'il faut offrir nos idées, les soumettre aux critiques et ... espérer. Espérer en apprendre un peu plus. Sur soi. Sur les autres. Sur ce monde dont on a un ticket gagnant : celui de la vie.

Qu'ai-je appris ?

En société, je suis très silencieux. C'est simple : je n'ai à peu près rien à dire d'intéressant. Découverte majeure pour moi, je me rends compte, à 49 ans, que c'est probablement faux. Ce blogue m'a fait prendre conscience que j'ai mes propres idées. Je sais, c'est un peu grotesque tout ça car il est évident que chaque être humain génère ses propres idées. Le problème, en tout cas pour moi, est de croire un tant soi peu à l'originalité des miennes et, peut-être surtout, à leur quelconque intérêt pour les autres. Il me semblait en effet qu'on répète toujours ce qui a déjà été dit et que, dans le fond, personne ne s'intéresse à personne. Or les blogues ont cette puissance très particulière : celle de pouvoir creuser dans ses propres fondements à partir de constructions étrangères. En liant nos idées à celles des autres, on découvre, parfois, la brique unique provenant de son propre cerveau dans l'échafaudage des connaissances. C'est ce que j'appelle la pensée « socio-hypertextuelle » : un pensée liante dans le chaordre social qu'est Internet

J'ai appris aussi que, hiérarchie ou pas, tout être humain a droit à ses opinions et que l'ironie est l'arme du pauvre. Ce pauvre qu'on renvoie du revers de la main quand ce n'est pas avec un coup de pied au c.. parce qu'il ne fitte pas dans le décor socio-politico-correct. Ce pauvre aussi à des idées. Et il peut maintenant les soumettre au monde entier. Il n'a pas à attendre qu'on lui fasse la charité d'un espace-temps pour les exprimer. C'est évidemment là la force du web. Le blogue vient ajouter la facilité de publication.

Mes idées ont beaucoup changé relativement à l'impact pédagogique du blogue. Juste à lire ce blogue publié par une petite fille de première année du troisième cycle (10 ans) du cours d'Anglais de Marie (cette dernière m'a assuré que trois autres blogueurs arriveraient très bientôt), j'ai été sous le charme. Par les commentaires, toute la famille s'y met. La petite est lu, sans aucune frontière. Suite à ce charme, j'ai contacté cette semaine un enseignant de quatrième et cinquière secondaire pour lui offrir, à lui et à ses élèves, un dotclear. J'ai bien hâte de voir ce qu'ils en feront ! J'espère juste que tout cela ne deviendra pas trop «scolaire» : la force de la publication sur le web, c'est la liberté. Si l'école (le système) contrôle tout, on passera à côté de l'objectif : permettre à nos jeunes de s'exprimer le plus clairement possible à l'aide de l'écrit. Je dis bien permettre et non obliger. Car, je ne l'oublie pas, l'écriture n'est qu'un moyen parmi bien d'autres de s'exprimer. On peut faire de la musique, jouer au badminton, danser, programmer une ordinateur, faire de la mécanique automobile, jardiner. L'écriture s'inscrit dans le même esprit. Et les blogues socio-facilitent ce moyen.

samedi 30 octobre 2004

Paradigme

Lu sur Zazieweb cette belle citation : « On ne combat pas une idée en la détruisant, mais en donnant vie à une autre idée capable de la surclasser. ». -G. St Bonnet.

J'ai cherché à en savoir un peu plus sur ce St-Bonnet, mais le web est plutôt silencieux à son égard. À la librairie Pantoute où j'achète beaucoup via Internet, rien. Pas plus de succès chez Gallimard-Montréal où, cependant, on vend plusieurs livres genre « psychologie » d'un certain Gérard Bonnet ; ce monsieur semble être très prolifique.

Google nous amène vers une page inaccessible qu'on peut cependant voir en cache. On y indique un G. St-Bonnet, auteur d'un polar : Les enquêtes du commissaire Vasseur. Vous l'avez lu ?

Abebooks.fr n'aide pas beaucoup. On y trouve cependant Réussir est un devoir de G. SAINT-BONNET, Paris-A.G.I.-1957 avec en probable sous-titre : Être quelqu'un ou comment se forger une personnalité « gagnante ». Diable ! Se forger, en 1957, une personnalité gagnante. Clairement, nos baby-boomers n'ont pas lu le bouquin ! À moins que, justement, ils ne l'aient que trop lu... Par ailleurs, aucun bouquiniste n'a porté à la base de données d'Abebooks un titre comprenant les mots commissaire Vasseur.

Ma recherche, pour l'instant, s'arrête ici. Mais je chercherai à en savoir un peu plus sur ce mystérieux St Bonnet auteur d'une si jolie citation.

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