Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 29 décembre 2004

Le temps

Ce n’est pas le passe-temps qui m’intéresse,
C’est le dépasse-temps.
Claude Roy (Citation trouvée ici.)

mardi 28 décembre 2004

Deux lectures, deux impressions

Je viens de terminer deux petits livres.

Les Chevaliers du Subjonctif d'Erik Orsenna et Histoire d'une Mouette et du Chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda.

Comme j'avais bien apprécié La Grammaire est une chanson douce d'Orsenna, c'est avec beaucoup de joie que j'entrepris la lecture des Chevaliers. J'ai cependant été fort déçu. J'ai trouvé l'histoire mal ficelée et je ne sais pas du tout où voulait en venir l'auteur. Il y a cependant plusieurs jolies phrases qui se retrouveront sur Au fil de mes lectures au courant de la semaine.

Quant au Sepúlveda, chapeau ! Ce conte, car c'est véritablement un conte, est d'une construction impeccable. On tombe en amour avec les «personnages » (des chats, des mouettes, un poète...) mais surtout, on apprécie le message sur la différence : « Il est très facile d'accepter et d'aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu'un de différent c'est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver. » (p.88) Un excellent livre sur la communication, la coopération et l'importance de respecter ses engagements.

lundi 27 décembre 2004

Einstein

Je prends parfois le temps de consulter l'origine des visiteurs de mes différents sites. Ici, par exemple, on signale ma page sur les citations d'Einstein. Dans ce message, l'auteur juge douteuses certaines des citations et, pour appuyer ce jugement, il cite un passage en anglais. Or, le livre d'où sont tirées les citations est une traduction de l'allemand. Il eût été pour le moins plus rigoureux de citer le « vrai » passage en allemand.

Ce qui est intéressant dans ce message d'une liste dont le thème est le créationnisme, c'est qu'on semble vouloir faire dire à Einstein qu'il croyait en Dieu. Ce qui, à mon avis, est tout à fait faux. Einstein avait un profond sentiment religieux. Religieux en ce sens qu'il considérait la création, la nature comme une vaste mécanique compréhensive mais dont cette compréhension, d'une très grande beauté, est susceptible de nous transporter au-delà de soi-même.

Quand Einstein parle de Dieu ne jouant pas aux dés avec le monde, il signale tout simplement qu'il est profondément déterministe. En fait, je pense qu'il fut le dernier physicien déterministe. Au 19e siècle, on croyait que si on pouvait obtenir avec précision toutes les variables de l'univers, on pourrait déterminer son futur et son passé. La mécanique quantique a démoli cette idée. Mais Einstein, têtu, n'a jamais voulu démordre de cette conception de l'univers.

Cela fera déjà 50 ans, ce 18 avril 2005, qu'Einstein est décédé. J'ai hâte de voir tous les livres qui sortiront sur celui qui fut l'un des plus grands génies que la Terre ait connus.

Créatures fascinantes

Pour vous amuser pendant des heures, Sodaplay !

dimanche 26 décembre 2004

« Ma » fille !


Aurélie, 2004

Bibliopathie

Sur ma liste des prochains achats : Ajouté, au courant de la journée :
  • Parce qu'ici, on en parle, La structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn. Je n'aurai sans doute pas besoin de le commander car il est en librairie au Renaud-Bray de Gatineau.

jeudi 23 décembre 2004

Ma citation quotidienne

« Un véritable système éducatif devrait se proposer trois objectifs. À tous ceux qui veulent apprendre, il faut donner accès aux ressources existantes, et ce à n'importe quelle époque de leur existence. Il faut ensuite que ceux qui désirent partager leurs connaissances puissent rencontrer toute autre personne qui souhaite les acquérir. Enfin, il s'agit de permettre aux porteurs d'idées nouvelles, à ceux qui veulent affronter l'opinion publique, de se faire entendre. »
I. Illich, Une société sans école, trad. Gérard Durand, p. 128, Éd. du Seuil, coll. Points n°117

Le temps d'un bac... du plaisir à l'écoeurite

En lisant un résumé des débats autour de la Réforme, curieusement, un souvenir m'est revenu. C'était à la toute fin de mon bac. J'étais avec une douzaine de mes copains de classe, et nous «fêtions», désabusés, notre diplôme. Puis, Brigitte s'approcha de moi, et me souffla à l'oreille :
- Te rends-tu compte, Gilles, de ce qu'ils ont fait de nous?
- Que veux-tu dire ?
- Tu te rappelles, quand nous sommes entrés à l'Université?
- Quoi ?
- Ben, on les aimait, les maths.
- Ouais.
- Pis là, nous en sommes tous écoeurés...

Alors
    pour moi
        l'enseignement explicite
                je regrette
        mais c'est de la merde.

Je suis profondément convaincu que ce qu'on apprend (disciplinairement parlant) au secondaire est absolument sans aucune importance. Ce qui compte, ce qui compte vraiment, c'est qu'en terminant son secondaire, l'élève, en franchissant la porte de sortie de son école, prenne une grande respiration et se dise : «Que la vie est belle ! Mais j'ai tant de choses encore à apprendre.» Je suggère donc l'abandon complet de l'enseignement des matières. Je suggère qu'on ne garde du programme que les compétences transversales. Le reste, on s'en balance.

mercredi 22 décembre 2004

Citation quotidienne

J'ai lu avec grand plaisir le petit dernier de Pennac, Merci, publié chez Gallimard/nrf. J'en retiens quelques citations dont celle-ci :
« C'est vrai, il faut attendre de dépiauter les cadeaux de Noël pour mesurer à quel point nos plus proches nous ont perdu de vue ! À l'heure du choix, dans les magasins, nous ne leur rappelons personne. Pas la moindre idée de nos goûts, aucun soupçon de nos envies, ni le plus petit souci de nos besoins réels... Ce n'est même pas comme si nous étions quelqu'un d'autre, c'est comme si nous étions n'importe quel autre. » (p.86)
Heureusement, je n'ai pas du tout l'impression d'être un inconnu pour ma famille très immédiate. Cette année, j'ai particulièrement hâte à la Noël car ce sera la première fois en 30 ans que je fêterai chez nous, entouré des seuls miens : Marie, mes trois filles et les conjoints respectifs, et mon superbe petit-fils.

Éternelle question

Ce qui est fait pour tout le monde n'est fait pour personne.
C. Bobin


Des ordis dans un laboratoire ou dans les classes? Cette question lancée sur la liste (privée) des animateurs de RÉCIT, étonnament, me laisse à peu près indifférent. Comment analyser chez moi cette désertion de la question?

Première observation/commentaire. Une enseignante d'anglais m'a aujourd'hui mentionné qu'elle avait amené ses élèves de première année du 3e cycle en laboratoire informatique. Et que c'était la première fois de l'année que ces élèves touchaient à un ordinateur !!! À mon avis, il est certain que le titulaire de cette classe aura de la difficulté à évaluer la compétence transversale TIC. Et clairement, ce titulaire se fiche éperduement de cette transversale.

Deuxième observation/commentaire. C'est au pédagogue de choisir ses outils de travail.

Troisième observation/commentaire. On ne demande jamais à l'élève ce qu'il désire vraiment. Il doit entrer dans un moule. Que ce soit le moule de la Réforme, le moule de l'enseignement privé, le moule de l'enseignement par objectifs, le moule de l'enseignement internationnal, c'est jamais lui qui décide!

Ces trois observations sont pour moi très liées à mon indifférence. D'abord, la responsabilité de « passer le programme » revient à l'enseignant. S'il ne fait pas son travail, c'est à son superviseur (généralement un directeur d'école débordé because gestion administrative) d'aider/supporter/encourager cet enseignant à se fixer des objectifs d'apprentissage propres à lui-même et à suivre cet enseignant dans ses démarches. Le fait que les ordis soient en classe ou en labo n'y change absolument rien. Il y a un minimum à assurer au niveau des interactions humaines : aider/partager/construire ses propres conceptions/valeurs pédagogiques.

Par ailleurs, si un enseignant est mal à l'aise avec l'idée de la gestion de classe en laboratoire (c'était mon cas) je vois très mal qu'une décision «externe» vienne forcer cet enseignant à vivre une situation qu'il juge infernale et intenable. C'est à l'enseignant (le professionnel en lui) de juger comment et avec quels outils il doit/espère amener les élèves à développer les compétences transversales. Je le répète, lui, et lui seul, doit en juger. S'il a des difficultés à porter ce jugement, son directeur d'école, ses collègues ou un conseiller pédagogique pourraient sans doute lui venir en aide à ce moment-là. Si la décision des ordinateurs en classe ou en laboratoire ne vient pas de lui, rien n'y changera.

L'élève.

- Que préfères-tu, des ordis en classe ou en labo?
Sa réponse sera presqu'invariablement :
- Chez moi, je préfère chez moi, car là, au moins, ça marche bien et je fais ce que je veux.
- Oui, mais apprends-tu quelque chose?
- ???
- Est-ce que ça t'aide dans tes études?
- ???
- Tu réponds pas?
- Bien, m'sieur, que voulez-vous que je vous réponde? Chez moi, je «tchatte», je fais du courriel, je «download» de la musique, je joue à des jeux super-le-fun. Pis des fois, je m'amuse à faire du dessin avec un bon logiciel que mon père a acheté, pis je construis aussi des «wads» pour Quake, pis...
- Oui, oui, mais apprends-tu quelque chose?
- ???
D'après moi, cet enseignant questionneur vient d'une autre planète et ne touche à peu près jamais à un ordinateur.

Pour cet élève, des ordis en classe ou en labo, il n'en a fichtrement rien à faire...

vendredi 17 décembre 2004

Ma citation quotidienne

[...] seule la mise en place d'un modèle de travail actif assure l'existence d'un loisir actif. En devenant responsables dans leur travail, les individus peuvent devenir des créateurs actifs pendant leurs loisirs.
L'absence de passion pendant les loisirs est doublement tragique. Elle résulte d'un manque de passion pendant les heures de travail et la vie centrée autour du Vendredi est de plus en plus absurde. Gérés de façon externe dans leur travail, les gens attendent le Vendredi pour avoir plus de temps pour regarder la télévision et être divertis de façon externe. Les hackers, en revanche, utilisent leur temps libre - le Dimanche - comme une opportunité pour réaliser leurs passions personnelles différentes de celles qu'ils poursuivent dans leur travail.
Pekka Himanen, L'éthique hacker, trad. Claude Leblanc, p.110, Exils Éditeur, 2001

jeudi 16 décembre 2004

C'est peu de chose, dis-tu...

Je suis de plus en plus content de mon site Épigraphe. Je m'aperçois que les épigraphes d'un livre peuvent vraiment donner le goût de le lire. C'est ainsi que suite à une contribution de Patrick Druart, j'ai effectué une petite recherche sur le livre La Résistance et ses poètes de Pierre Seghers et je suis tombé sur cette page. On y trouve :
[...] Jean Paulhan, autre figure centrale de la lutte intellectuelle. En quelques pages magnifiques, il résume l’enjeu de la Résistance, dérisoire et indispensable. À ceux qui affirment que beaucoup sont morts pour peu de chose – « un renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça » – il répond: « Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
En quelques mots, Paulhan décrit toute la misère, mais aussi toute la grandeur de cette vie. Je vais acheter ce livre...

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