Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 6 janvier 2006

HP4

Je suis allé voir le quatrième Harry Potter hier après-midi.

Sachez d'abord que je n'ai pas lu les romans. Et je ne suis pas du genre cinéphile. J'ai cependant apprécié les trois premiers films et, bien sûr, j'ai assisté à plusieurs conversations familiales autour de l'histoire.

Je suis sorti extrêmement déçu de cette représentation.

D'abord, j'ai trouvé qu'il n'y avait aucune, mais absolument aucune, intrigue. C'est l'histoire d'un tournoi où la compétition est à peu près absente.

Au début du film, on assiste à une destruction du site d'un championnat mondial. Harry Potter se trouve au sol, inconscient. Il y a toute cette désolation, et HP qui se relève. Il est dirait-on le seul survivant d'une espèce de catastrophe nucléaire, et là, ses copains l'appellent au loin avec les effluves du tu n'as rien?, etc. Quelle scène ridicule. D'abord, comment se fait-il qu'il ne soit rien arrivé à HP pendant son inconscience? Comment se fait-il qu'il soit seul étendu dans cette grisaille avec absolument aucun mort autour de lui? Comment se fait-il que ses copains le retrouvent si facilement? Je sais, je sais, ce n'est qu'un film, mais il doit y avoir au moins un peu de cohérence...

On se retrouve à l'école, et on assiste à l'entrée des visiteurs. D'accord, celle de l'école du nord était très réussie. Mais quand les filles sont arrivées, on aurait dit une parade d'hôtesses de l'air. C'était vraiment quétaine.

Et puis, on voit une scène avec la journaliste. Diable, lorsqu'elle a pris HP à part, j'étais convaincu qu'elle allait lui "faire une passe" (ce qui m'aurait évidemment surpris, dans un film pour enfants...). On retrouve cette journaliste niaiseuse juste avant la première épreuve d'HP. Ma question : que diable vient-elle faire dans ce film? Je suppose qu'elle joue un certain rôle dans le livre, mais, avouez-le, couper ces scènes n'aurait rien changé au film.

Dans le combat final avec le gros méchant, j'ai trouvé HP tellement.... tellement... timide. Il tient la baguette comme s'il éloignait le plus possible de lui une cuillère contenant un remède dégueulasse. C'est, à mon avis, assez raté.

Dans ce film (mais peut-être est-ce le cas dans le livre aussi), Rob et Herminone sont de pâles caractères non-joueurs. Avez-vous remarqué la scène (assez ridicule aussi) où Rob envoie Herminone à HP pour lui livrer un message? Comment se fait-il que R. soit là? Je le croyais en chicane avec HP...

Un film absolument sans intrigue qu'il faut voir juste si on aime observer les dragons s'accrocher à des toitures. Ma cote : 4.5/10 !


dimanche 1 janvier 2006

Accoucher de mèmes

Le mème est à la culture ce que le gène est à la vie.


Il est à peu près impossible que les lecteurs de ce blogue trouvent inintéressante cette introduction à la mémétique. La quatrième de couverture est ici. Profitez-en pour parcourir, sur cette même page, la liste des suggestions de lectures. Attention cependant : il est certain qu'après avoir terminé ce bouquin, vous dévouvrirez des mèmes tout autour de vous. Et, consciemment, vous deviendrez un « réplicateur ».

Lianes :
Citations tirées de ma lecture
Le blogue de Pascal Jouxtel
Le site francophone de la mémétique
Pascal Jouxtel : « l’internet, nouveau terrain de réplication »
La mèmerie

vendredi 30 décembre 2005

Des goûts et des couleurs

« L'ennemi de toute peinture est le gris » (Delacroix). « Vous avez parfaitement raison de parler du gris, cela seul règne dans la nature, mais c'est d'un dur effrayant à attraper » (Cézanne). « Il faut respecter le noir » (Odilon Redon). « Rejetez le noir » (Gauguin). « Le noir, mais c'est la reine des couleurs » (Renoir). « Que c'est beau, le jaune ! » (Van Gogh). « Le bleu conserve sa propre individualité... alors que le jaune noircit dans les ombres et s'éteint dans les clairs » (Raoul Dufy). « Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge » (Picasso).
Henri Perruchot, La peinture, p. 30, Hachette (Notes et Maximes), 1965

jeudi 29 décembre 2005

Le Maître et Marguerite

Vous avez quelques heures devant vous ? Pourquoi ne pas lire le chef-d'oeuvre de Boulgakov. Un correspondant m'a indiqué que le roman (disponible en format poche) était porté au petit écran russe. Il ne reste plus qu'à espérer une diffusion occidentale.
Liane : Au fil de mes lectures de Boulgakov.

mercredi 21 décembre 2005

Lettre ouverte au Premier Ministre du Québec

Monsieur Jean Charest,

Depuis plus de 25 ans maintenant, j'oeuvre dans le milieu de l'éducation. Bien sûr, vous ne me connaissez pas. J'ai enseigné pendant plus de 20 ans les mathématiques et je suis conseiller pédagogique depuis cinq ans. Je crois pouvoir dire sans me tromper que j'ai toujours dégagé une certaine énergie et un grand enthousiasme pour mon travail. Plusieurs me prêtent le qualificatif de passionné.

Monsieur le Premier Ministre, vous venez de passer un décret fixant mes conditions de travail. Quoique mon sentiment n'ait sans doute pas tellement d'importance dans cette vaste ré-ingénérie que vous avez entreprise, je tiens tout de même à vous dire que je ne vois pas comment je pourrai continuer à sentir un engouement, une excitation ou une joie pour mon travail. J'ai l'impression d'avoir été traité comme un vulgaire chiffon que l'on tasse dans un coin sans lui demander son reste.

Bien sûr, je comprends vos grands principes. Je comprends aussi que le Québec semble avoir bien peu de moyens de se payer un système d'éducation de qualité. Cependant, il m'est d'avis que lorsque vous disiez que vous et votre parti étiez "prêts", cela signifiait, entre autres, prêts à trouver des solutions innovatrices, des stratégies originales pour permettre à ce système d'offrir encore un meilleur service éducatif à nos enfants qui, vous en conviendrez probablement, en ont bien besoin. Bien sûr, je vais continuer de travailler dans ce système, mais, Monsieur le Premier Ministre, je n'y crois plus. Vous venez de m'enlever une grande partie de mon ardeur au travail. Vous venez de créer chez moi, l'irréparable : je ne pourrai plus, avec cette loi, croire que l'éducation a une quelconque importance aux yeux des politiciens. Même votre adversaire politique, Monsieur Boisclair, a indiqué qu'il ne reviendrait pas sur cette loi.

Entre autres, il est stipulé dans la loi que les enseignants seront contraints de participer aux activités étudiantes culturelles, sportives ou sociales. Monsieur le Premier Ministe, on ne peut commander l'enthousiasme, mais on peut le tuer. Or l'une des grandes forces de notre système d'éducation était justement ces enseignantes et enseignants qui, par dévouement et avec zèle, organisaient et animaient ces activités. Cette loi détruit ce zèle et ce dévouement. Bien sûr, ils seront contraints de participer. Mais croyez-vous vraiment que cet asservissement serve l'éducation? Oh, je sais que tous agiront avec professionnalisme. Mais un professionnel sans enthousiasme est comme un médecin qui ne distribuerait que des pilules.

Monsieur le Premier Ministre, en vous écoutant, vous semblez fier de cette loi. J'aurais préféré, bien évidemment, que vous soyez fier du système d'éducation de cette province et de l'immense énergie que vous auriez pu apporter à l'amélioration de ce système.

Je termine en vous disant que vous venez d'éteindre chez moi le feu sacré. Cela ne fait qu'une seule personne, me direz-vous. Et en effet, je ne parle que pour moi. Sachez cependant que même si je ne suis qu'un électeur parmi tant d'autres, j'en suis un qui l'avait, ce feu sacré. J'étais de ceux qui croyaient qu'en vivant mes convictions, je participais à l'amélioration de l'environnement éducatif provincial. Je continuerai à faire mon travail, mais vous venez de détruire chez moi toute espérance.

Gilles G. Jobin

lundi 19 décembre 2005

Le Patron

Découvert via La Feuille, ce correcteur orthographique et grammatical en ligne.


dimanche 18 décembre 2005

Livres «superstars»

Je suis toujours tourmenté par ce « tant à lire » et ce « si peu de temps ». Je n'ai lu aucun des 50 livres « superstars » de Cyberpresse. Curieusement, cette liste ne m'inspire pas. La seule suggestion qui est dans ma mire est le Sylvie Germain.


samedi 17 décembre 2005

Les boeufs de Newton

La tradition attribue à Newton ce curieux problème, dont la solution n'exige aucun calcul différentiel.

Soixante-quinze boeufs ont besoin de douze jours pour brouter l'herbe d'un pré de 60 ares, tandis que quatre-vingt-un boeufs ont besoin de quinze jours pour brouter l'herbe d'un pré de 72 ares. Combien faut-il de boeufs pour brouter en dix-huit jours un pré de 96 ares?

(On suppose que l'herbe croît uniformément et qu'elle est dans les trois prés, à la même hauteur au début du problème.)

Source : P. Berloquin, Le jardin du Sphinx, Dunob, 1981.

jeudi 15 décembre 2005

Jean (Wal-Mart) Charest

Entendu aujourd'hui :
« Il n'y a aucune différence entre le premier ministre du Québec et un dirigeant de Wal-Mart. »

mercredi 14 décembre 2005

La moyenne

Dans une classe de 35 élèves, les filles ont eu une moyenne de 12 à la dernière composition et les garçons une moyenne de 9,5. La moyenne générale était de 10,5. De combien le nombre de garçons excède-t-il alors le nombre de filles dans cette classe ?

Réf : Jeux & Stratégie, n°3, juin-juillet 1980.

lundi 12 décembre 2005

Cyberfolio : des questions à poser

Vous savez sans doute qu'avec Nathalie Lehoux, je suis le concepteur du Cyberfolio. Voir www.cyberfolio.org.
Cet outil est dans le paysage pédagogique québécois depuis quasiment quatre ans maintenant. Mais voilà que l'Université de Sherbrooke utilise le nom Cyberfolio pour leur nouveau projet de portfolio professionnel. Inutile de dire que je ressens une certaine frustration. Demain, madame France Lacourse recevra un coup de fil de ma part lui demandant des explications.

samedi 10 décembre 2005

[...] infinis m'effraie. (Pascal)


En zieutant ma bibliothèque, je suis tombé sur Imagining the Universe d'Edward Packard que j'avais acheté il y a déjà une dizaine d'années. J'ai pris un immense plaisir à le refeuilleter.

Packard nous fait voyager de l'infiniment grand à l'infiniment petit en procédant par des comparaisons. Son outil de base est le stade de baseball Candelstick Park à San Francisco.

Pour bien nous faire comprendre le système solaire, il place la planète Terre dans ce stade. À cette échelle, il nous indique où se trouve la lune, le soleil, etc. On apprend par exemple que Mars (deux fois plus petite que le stade) se trouve dans le Golfe de l'Alaska. Vénus, quant à elle, navigue près de El Paso, au Texas. Aussi, le Soleil se trouve au Costa Rica et fait plus de 43 km de diamètre...

Au chapitre deux, Packard ramène la Terre à la dimension d'une balle de baseball. Il la place au marbre du stade. À cette échelle, le Soleil est à 1,2 km et son diamètre fait près de 9 mètres !

Pour aller au niveau stellaire, il compare ensuite la Terre à un grain de sable, etc.

Packard explore aussi l'infiniment petit en commençant par ramener une balle de baseball à la dimension du stade. À cette échelle, au marbre (voir illustration ci-dessous)



on verrait bien un globule rouge (1), un globule blanc (2), un Pinnularia (algue unicellulaire) (3), un ovaire et les spermatozoïdes (4), un péridinium (organisme unicellulaire) (5) et un «Nutmeg Pollen» (6).

Pour entrer dans le monde des molécules, il suppose une balle de baseball grosse comme la planète. Et pour passer au monde des atomes, il imagine une balle de baseball qui rejoint la Terre et la Lune. Comme cela n'est pas suffisant pour explorer les particules élémentaires, c'est de la Terre au Soleil que prendra le diamètre de la balle. À cette dernière échelle, un proton fait une toute petite tache au centre du marbre !

Fascinant, ce bouquin m'a donné une idée. Pourquoi ne pas demander aux élèves de faire la même chose, mais à partir d'un endroit qui leur est plus familier comme le stade Olympique de Montréal, par exemple. Ils pourraient faire tout cela dans un beau tableur de manière à pouvoir changer les objets de références. Il me semble aussi que cela ferait un beau site web...

Référence complète : Edward Packard, Imagining the Universe - A Visual Journey, Perigree Books, 1994.

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