Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 17 janvier 2012

Citations quotidiennes 17.01.12

Le fond du nihilisme contemporain, je le surmonte en disant que s'il n'existe pas de fondement de certitude à partir duquel on puisse développer une connaissance vraie, alors on peut développer une connaissance comme une symphonie. On ne peut pas parler de la connaissance comme d'une architecture avec une pierre de base sur laquelle on construirait une connaissance vraie, mais on peut lancer des thèmes qui vont s'entre-nouer d'eux-mêmes.
Edgar Morin (Le complexus, qui est tissé ensemble, p.25, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)

Fais-toi pardonner ta puissance par ta douceur : mérite d'être aimé ; redoute d'être craint.
Chilon (Le Lacédémonien) (Moralistes anciens, p.530, choix de Louis Aimé-Martin, Lefèvre et Chapentier, Paris, 1844)

Se contenter d'être heureux, c'est plafonner. Peut-être plafonner un peu bas.
Marcel Aymé (Les Maxibules (Ludovic, première partie), p.70, Gallimard/nrf, 1962)

[...] se montrer original, c'est en quelque sorte souligner la médiocrité des autres [...].
Ernesto Sabato (Le tunnel, trad. Michel Bibard, p.91, Éd. du Seuil, 1978)

Non, les divers fléaux, tant de maux nécessaires,
Dont le ciel en naissant nous rendit tributaires,
Dont l'homme ne peut fuir ni détourner les traits,
Ne sont rien près des maux que lui-même il s'est faits.
Antoine Marin Lemierre (La Veuve du Malabar, acte 1, sc. 3 (Le jeune Bramine), 1780)

Voir Au fil de mes lectures.

lundi 16 janvier 2012

Estéban et Gmail

Estéban a maintenant son adresse Gmail. Ça m'a permis de clavarder un peu ce matin, avant son départ pour l'école.
À sept ans et demi, j'espère qu'il pourra un jour avoir un accès permanent à l'Internet pendant qu'il est à l'école. Auquel cas, nous, ses magnifiques grands-parents, pourrons lui donner un coup de main à distance si jamais il le juge utile !

Inverser la formation

Dernier paragraphe trouvé dans un billet chez Thot Cursus :

Alors, faut-il former les enseignants aux Tice ou les laisser se former eux-mêmes ? Les deux, mon capitaine. la formation formelle pour un socle commun de compétences, l'autoformation pour la créativité, le goût de l'expérimentation, le partage d'expériences. Et, bien sûr, le développement de l'envie d'en savoir toujours plus.


À mon avis, c'est l'inverse qu'il faut faire : laisser les gens apprendre par eux-même comment mettre du gras dans un traitement de texte, comment se créer un compte Twitter, comment joindre une pièce à un courriel, etc. tout ça s'apprend très bien seul. Les livres pour les nuls (pédagogiquement bien faits) le démontrent.

Comme formateur au TICE, ce qu'il faut, c'est amener les apprenants à utiliser leur créativité, les amener à partager leurs expériences et leur donner le temps d'expérimenter. C'est directement en lien avec mon précédent billet sur la fonction enseignante.

C'est ce que je reproche aux formations sur le TBI : on «enseigne» où trouver la bibliothèque d'images, comment lever ou descendre le rideau, comment changer les couleurs du crayon... alors que tout ça, on le trouve dans la documentation. Pourquoi diable perdre un temps fou avec ces peccadilles ? Il me semble que l'apprenant pourrait prendre une journée pédagogique pour auto-apprendre le fonctionnement de base, non ?

Mais l'argument1 est toujours le même : comment voulez-vous apprendre à peindre si vous ne connaissez pas vos couleurs ? Et bien, continuez à apprendre vos couleurs ; moi je préfère peindre, partager ma peinture, et m'associer à des personnes que je juge assez compétentes pour m'aider à progresser dans ce que je suis ou dans ce que je pourrais être comme artiste.

1 J'entends aussi très souvent cet autre argument : « Lire la documentation ? Yack...! j'aime pas vraiment lire.... viens me l'expliquer à la place, ça va aller plus vite. »

Chemin faisant, page 17

Il n'est pas de grand cœur sans abandon, ni de grand caractère sans retenue.

Deux choses difficiles aux artistes, forcer le silence par le succès ou savoir s'en passer.

Pourquoi ne pas appeler le sexe masculin le sexe-loi ?

Un niais vit sans voir, un sot voit sans comprendre.

La justice a le droit de me faire souffrir et ne me laisse que celui de l'en louer.

Le souvenir est un cimetière où les morts se tiennent debout.

Ce qui glorifie le talent c'est qu'il est synonyme de persévérance.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Citations quotidiennes 16.01.12

[...] lorsqu'on nous assène une vérité, si nous n'en doutons pas, elle n'est plus une vérité.
Le doute fonde la vérité. Et ce fait paradoxal est fondamental.
Gérard Israël (Le mal d'incertitude (Marie de Solemne), p.47, Éd. Dervy, 2002)

De même que la notion de liquide, de solide ou de gaz est une notion macroscopique - avec un petit nombre de molécules, quelques unités, la question de savoir si elles forment un gaz ou un liquide n'a aucun sens -, de même la notion de mémoire perd sans doute son sens quand on a affaire à un petit nombre de neurones.
Bernard Derrida (Transitions de phases, p.226, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)

[...] en proportion de leur nombre, les Écossais et les Irlandais - les Celtes - fournissent plus d'artistes. Mais c'est peut-être que , leur pays étant plus pauvre, ils consacrent plus de temps à penser au lieu de gagner de l'argent.
Pierre Mille (dans la préface du livre de Chesterton Le club des métiers bizarres, éd. Gallimard)

Mon coeur est fait comme celui de tout le monde. De quoi le vôtre s'avise-t-il de n'être fait comme celui de personne ?
Marivaux (Le jeu de l'amour et du hasard, p.17, Éd. des Loisirs, 1947)

La femme la plus vertueuse est disposée favorablement pour ceux qui sont sensibles à sa beauté, la plus dévote pour ceux qu'elle induit en tentation.
Sénac de Meilhan (Considérations sur l'esprit et les moeurs in OEuvres philosophiques et littéraires, Vol. 1, p.207, Graphie moderne par Gilles Jobin, 1795)

Voir Au fil de mes lectures.

dimanche 15 janvier 2012

Miette 6 : Jeter des perles à un pourceau

La vue

Jeter des perles à un pourceau

Sommaire. — Gardez vos joyaux et vos fleurs. — Un goût contestable. — Il faut être impartial.

Voyez-vous de jolies perles mises en présence de ce gros, gras et sot animal, que l'on appelle pourceau ? Jugez un peu des idées que ce spectacle pourra bien éveiller dans son esprit.

Il perderoit bien ses joiaux
Qui les jetroit entre pourciaux.

Un bouquet composé des fleurs les plus belles et les plus odoriférantes n'aurait pas plus d'action sur son âme :

C'est folie de semer les roses aux pourceaux.

Qu'on l'appelle cochon, porc, ou pourceau, ses préoccupations sont autres que de charmer sa vue ou son odorat ; à tout il préfère la fange et va vous en donner la raison :

« Que fais-tu donc en ce bourbier
Où je te vois vautré sans cesse ?
Au pourceau disait le coursier.
— Ce que j'y fais ? Parbleu j'engraisse !1a »

Donner à quelqu'un une chose qu'il ne peut apprécier, mettre une oeuvre d'art sous les yeux d'un être grossier, traiter devant des ignorants de sujets qu'ils ne sauraient comprendre, faire des traits d'esprit devant des imbéciles, c'est « jeter des perles aux pourceaux ».

C'est donner des fleurs aux pourceaux2.

Les Romains disaient : margaritas ante porcos ; margarita signifie perle en latin.

Les Anglais ne pensent pas différemment :

" You must not throw pearls before the swine ".
« Vous ne devez pas jeter des perles devant les porcs. »

Tout écrivain qui se respecte, ayant le devoir d'être complet et impartial, rendons au pourceau ce qui appartient au pourceau et donnons de lui un portrait d'ensemble comprenant également ses qualités, celles-ci dussent-elles ne se révéler qu'après son trépas.

Quadrupède vorace et non moins indolent
Broie, à demi couché, la châtaigne et le gland :
Satisfait s'il se roule, et s'il gronde et s'il mange;
Et, mort, fait oublier qu'il vécut dans la fange !
Cet objet de dégoût est l'honneur, à la fois,
Et des banquets du pauvre et des festins des rois3.

1 Arnault.
a [GGJ] C'est tiré de la fable Le cheval et le pourceau de Antoine-Vincent Arnault
2 Scarron, Virgile travesti, livre VI.
3 J.-B. Lalanne, Les Oiseaux de la ferme.

Chemin faisant, page 16

Un titre ressemble à une perruque ; il faut qu'il soit posé droit.

Il est bien difficile d'être adroit dans le malheur, mais il n'est pas rare d'être maladroit dans le bonheur.

Comme toutes les courses, la vie est surtout difficile à finir.

Vous êtes un original pour tous ceux qui ne peuvent vous suivre.

On espère devant une jeune figure, mais on pense devant une vieille.

J'aime la fleur qui cherche son terrain, le baiser qui choisit sa joue.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Citations quotidiennes 15.01.12

Le libraire pensait que croire c'était créer.
Régis de Sá Moreira (Le Libraire, p.59, Livre de Poche n°30619, 2004)

L'expérience prouve que les livres les plus sérieux se réduisent, quand on les analyse, à quelques citations de quelques phrases.
Edmond Lablénie (Montaigne auteur de maximes (Au lecteur), p.5, Société d'édition d'enseignement supérieur, 1968)

Le livre est la matérialisation précieuse d'une émotion, ou une chance d'en avoir une un jour, et s'en séparer ferait courir le risque d'un grave manque. Là où le collectionneur s'inquiète jusqu'à l'obsession des livres qu'il n'a pas encore, le lecteur enragé s'inquiète de ne plus avoir les livres, traces de son passé ou espoirs de son futur, qu'il a lus et qu'il relira peut-être un jour.
Jacques Bonnet (Des bibliothèques pleines de fantômes, p.33, Denoël, 2008)

[Le pendu] était froid, avec des taches vineuses à la racine des cheveux, et les bottes au bout de ses jambes [...] m'ont semblé vides comme des souliers de mendiants.
Antonio Lobo Antunes (L'ordre naturel des choses, trad. Geneviève Leibrich, p.216, coll. Points n° P691)

Ce qui importe, c'est de se connaître et de s'accepter ; c'est d'avoir sondé sa puissance, comme s'il s'agissait de celle d'un appareil, c'est de savoir le degré de son attention, les moments du jour où elle est dans son plein, les moments où elle cesse et où elle doit se refaire dans le repos, l'alternance ou la diversion. Cette courbe de notre durée intime devrait nous être présente, comme le sont les renseignements de la météo au pilote transocéanique.
Jean Guitton (Le Travail intellectuel, p.42, Aubier, 1951)

Voir Au fil de mes lectures.

samedi 14 janvier 2012

Qu'est-ce qu'un enseignant?

Il n'y a pas de troubles mathématiques. Il n'y a que des enfants troublés.
Stella Baruk



Ce billet de Missmath m'a donné à réfléchir. A-t-on besoin d'un enseignant classique pour enseigner la connaissance ? Le rôle d'un l'enseignant ne serait-il pas, tout simplement, d'aider un élève qui n'a pas compris une explication qui, elle, peut venir d'un peu partout ?

Il y a confusion des rôles et on doit, je crois, établir une distinction entre enseigner des connaissances et « faire comprendre ». Le didacticien fait abstraction de l'enfant-individu. Mais l'enseignant, qui a le p'tit Alex devant lui, doit comprendre pourquoi il ne comprend pas, alors même qu'il a reçu une explication universelle et didactiquement parfaite !

Je pense à mes récentes vidéos sur les opérations sur les entiers. J'y «enseigne» les concepts, mais à aucun moment je ne vérifie que l'auditeur a bien compris. En réalité, s'il n'a pas compris, j'ose espérer qu'il aura la bonne idée de venir me poser sa question ! Si vous avez un enfant de 8 ans à la maison, essayez de lui faire suivre la vidéo sur l'addition. Puis, posez-lui quelques questions pour vérifier ce qu'il a compris. Croyez-moi, c'est fascinant de suivre le raisonnement d'un enfant qui teste sa compréhension !

Pour ma part, j'ai eu la chance d'enseigner pendant 20 ans à l'éducation des adultes. Enseigner ? Non, pas vraiment. Car les élèves devaient lire la même théorie dans le livre ; mon rôle était de répondre à leurs questions. Oui, oui, pendant 20 ans, j'ai répondu à des questions. Bien sûr, quand tous les élèves viennent nous poser une question rendue à la même page du même bouquin, on se dit que l'explication du bouquin est pourrie ; auquel cas, on compense.

Généralement, la beauté de la chose vient du fait que c'est souvent à des endroits bien différents du livre que les élèves accrochent.

Et alors, le plaisir d'enseigner survient : pourquoi diable mon élève ne comprend-il pas l'explication pourtant didactiquement bien apportée dans son livre ? Le défi pédagogique n'est pas dans l'enseignement de la matière - ça, tout le monde peut le faire... parfois bien... parfois mal - mais dans la possibilité de « détroubler » un élève « troublé ».

C'est ainsi que je me suis rapidement aperçu que l'enseignement mathématique-trucs (du genre quand tu multiplies deux moins, ça donne un plus) ne fonctionne absolument pas. Répondre une telle ineptie à un élève qui ne comprend pas, c'est le violenter intellectuellement. C'est lui dire : « TA raison ne peut comprendre ça, alors tu n'as qu'à me croire. D'autant plus que je ne comprends absolument pas pourquoi tu bloques là ! La règle est tellement évidente ! ».1 Le rôle de l'enseignant, je le répète, est de comprendre pourquoi son élève ne comprend pas et de trouver la solution pédagogique pour l'amener à comprendre. Tout le reste est foutaise.

De comprendre le « trouble » et d'essayer de le dépasser, de le mater, voilà le plaisir de l'enseignement ! C'est d'ailleurs pourquoi j'ai toujours préféré enseigner en première ou deuxième secondaire. En effet, détroubler un élève qui ne comprend pas la loi du sinus est vraiment simple, mais détroubler un élève qui ne comprend absolument pas comment tracer les trois hauteurs d'un triangle scalène est beaucoup plus fascinant et stimulant. À mon sens, un bon pédagogue l'est pour tous les élèves, et non pas seulement pour les élèves forts !

Être capable de trouver la bonne explication pour détroubler l'élève en question, voilà le caractère remarquable d'un bon enseignant. Et c'est pourquoi je favorise grandement l'enseignement individualisé à l'enseignement de groupe. Dans le premier cas, il est clair que le prof ne peut enseigner les connaissances : il doit laisser ce rôle au livre. Dans le second cas, la matière devient de la bouffe de cafétéria où tous doivent manger à peu près la même chose dans la même heure.

J'aime bien Missmath... elle me fait réfléchir !

1 Vous voulez un autre exemple d'une horreur didactique ? Prenez un livre qui introduit les nombres entiers. Très souvent, on commence non pas par donner un sens à ces nombres, mais par les placer sur une droite numérique !
- Pourquoi diable faut-il placer les négatifs à gauche, demanderait un élève moindrement éveillé.
- Mais parce qu'ils sont plus petits, répondrait l'enseignant-truc.
- Ah oui ? et pourquoi sont-ils plus petits ?
- Et bien, parce que c'est ainsi !

Chemin faisant, page 15

Le bon désir qui ne décuple pas nos forces est comme le fruit qui sèche au lieu de mûrir.

Chaque fois que nous nous faisons servir, prenons garde d'abaisser notre semblable et d'avilir en lui notre dignité.

Ce qui est encore plus lourd que de s'ennuyer c'est de voir s'ennuyer les autres.

Quelque chose doit être plus exigeant que nous-même, c'est notre dignité.

Si notre inexactitude n'est point corrigée par l'exactitude d'autrui, elle ne le sera jamais.

Charmer, c'est conquérir sans bruit.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

vendredi 13 janvier 2012

Citations quotidiennes 14.01.12

Nous sommes tous des mystères incarnés.
Hélène Grimaud (Variations sauvages, p.250, Pocket n°12304)

L'écriture ne soulage guère. Elle retrace, elle délimite. Elle introduit un soupçon de cohérence, l'idée d'un réalisme.
Michel Houellebecq (Extension du domaine de la lutte, p.14, Éd. J'ai Lu n°4576)

Le médecin ne lui donne pas plus d'une semaine [...]. L'ennui c'est que les semaines des médecins ne dépassent jamais trois jours.
Antonio Lobo Antunes (Explication des oiseaux, trad. Geneviève Leibrich, p.34, coll. Points n° P612)

[...] je n'avais pas l'impression de travailler. Plus j'ai envie que quelque chose soit fait, et moins j'appelle ça du travail.
Richard Bach (Illusions, trad. Guy Casaril, p. 41, Éd. J'ai Lu # 2111)

Tout est science, même la conscience.
Henri Boucher (Pensées et réflexions, in Revue Moderne, vol. 39, p.135, 1866)

Voir Au fil de mes lectures.

Miette 5 : Entre chien et loup

La vue

Entre chien et loup

Sommaire. — Silence et pénombre. — Ovide et Marculphe. — La terreur des moutons et du berger. — Au loup! au loup! — Ni jour ni nuit. — Faites-moi plaisir.

Le soleil a disparu à l'horizon, les bruits de la nature s'apaisent peu à peu, le calme s'établit; l'obscurité n'a pas triomphé des dernières lueurs ; il ne fait plus jour, mais ce n'est pas encore la nuit, c'est le moment Quod tu nec tendras ncc possis dicere lucem, a dit Ovide.

Nous sommes au crépuscule, infra lioram vespertinam, entre chien et loup, inter canem et lupum, suivant l'expression même de Marculphe, moine français qui vivait aux environs du VIIe siècle.

On voit que le proverbe remonte loin ; on en rechercha l'origine.

Quand la population était clairsemée et que les forêts couvraient une grande partie du sol de la France, les bêtes sauvages pullulaient ; les loups étaient la terreur des brebis et du pâtre. Aussi, à la tombée du jour, le berger s'empressait de réunir son troupeau pour le confier à la garde vigilante de son chien, avant que le loup n'ait songé à faire son son apparition ; on se trouvait entre la garde du chien et l'arrivée du loup, entre chien et loup.

J'avoue ne pas être séduit par cette explication qui me paraît légèrement tirée par la queue... du loup ou du chien. Mon suffrage irait plutôt à celle qui désigne la minute crépusculaire où il est facile de confondre un chien avec un loup, ou, si vous préférez, quand on a de la peine à distinguer l'un de l'autre.

Lorsqu'il n'est iour (jour) ne nuit, quand le veillant berger
Si c'est un chien ou loup ne peut au vray juger.

Voilà l'explication que je vous soumets comme devant être la bonne et la vraie. Vous me ferez plaisir en l'adoptant.

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