Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 15 février 2012

Chemin faisant, page 48

Donner ! Aimer ! C'est la même chose sous un autre nom.

Que ferait le courage si la vie était facile ! Le voyez-vous vivre en se croisant les bras ?

Dans la douleur, derrière tout ce que nous pouvons dire, il y a tout ce que nous devons taire.

Une demande en mariage à un certain âge c'est le fer rouge sur notre dignité.

L'envieux est le plus pauvre de tous les pauvres ; il ne se réchauffe à aucun soleil, il ne se réjouit à aucun foyer; il est pauvre en naissant, pauvre en vivant, pauvre en mourant.

Le plus malin de tous est encore le plus soumis.

Traîner une peine c'est la porter deux fois.

Nos forces sont des témoins que nous ne consultons pas assez souvent.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Miette 15 : Sa langue va comme un cliquet de moulin

L'OUIE

Sa langue va comme un cliquet de moulin

Sommaire. — Petite définition. — Simple rapprochement. — Énigme. — Accord arabe et anglais. — Appréciations multiples. — La femme mise en cause. — Épitaphes. — Pour parler, taisez-vous.

Le cliquet est un petit levier qui empêche une roue crénelée de tourner dans un sens contraire à celui de son mouvement propre ; quand la rotation se fait normalement, le cliquet, alternativement levé et tombé sur chaque cran, rend un petit son sec d'autant plus fréquent que la roue tourne plus vite.

Les roues de moulin à eau ou à vent possèdent une allure particulièrement rapide.

Dans la bouche de certaines personnes, la langue remplit l'office d'un véritable cliquet, bondissant et rebondissant sans cesse et avec volubilité. Si elle sert, à parler, elle a servi aussi à beaucoup faire parler d'elle; que n'a-t-on pas dit, surtout médit et écrit sur son compte !

Ésope avait tenté d'établir une juste balance entre les biens et les maux dont la langue est la cause ou le prétexte, en expliquant qu'elle apparaît, tour à tour, la meilleure et la pire des choses. Il n'a pas été suivi par la postérité, qui tend plutôt à la charger de tous les péchés d'Israël.

Avant de dire de la langue ce que nous avons à en dire, permettez-nous de vous donner, sous forme d'énigme, une définition qui nous a paru agréablement tournée :

Je condamne, j'absous, je loue, je blasphème,
À parler bien ou mal mon penchant est extrême.
Je suis dans l'univers de grande utilité
Et fais tout l'ornement de la société.
Sans te mettre, lecteur, l'esprit à la torture,
À mes fruits, reconnais mes talents et mon nom ;
Quoique je sois sans dents, je fais mainte morsure,
Chaque instant je te sers et ne crains point l'usure ;
Naître, vivre et mourir dans certaine prison,
Est le sort qui me fut prescrit par la nature.
Sans douleur je ne puis quitter mon domicile,
Bien que tel soit l'usage en Turquie, à Maroc ;
M'ôter de mon logis, c'est me rendre inutile ;
Mais nul ne peut, ami, m'ôter de Languedoc.1

Maintenant que la voilà définie et portraiturée, nous allons pouvoir parler de la langue en connaissance de cause, raconter ce qu'on en pense et donner libre carrière aux appréciations. Elles sont multiples.

Chacun la traite suivant son humeur, mais rarement lui adresse un compliment.

Quand, par hasard, on se risque à lui reconnaître quelques qualités, on prend un air honteux pour s'en excuser aussitôt en lui préférant le silence.

N'a-t-on pas le proverbe arabe :

La parole est d'argent, mais le silence est d'or,

adopté par les Anglais :

" Speak is silver, but silence is gold " ?

Et le précepte de Confucius :

Parler, c'est semer,
Écouter, c'est recueillir?

Vous sentez immédiatement la restriction.

On lit dans le Coran : « Le talent le plus rare comme le plus utile est de savoir écouter. »

D'après une maxime orientale : « Personne ne fait plus paraître sa bêtise que celui qui commence de parler avant que celui qui parle ait achevé. »

Suivant une autre : « Les hommes ont sur les bêtes l'avantage de la parole; mais les bêtes sont préférables aux hommes si les paroles ne sont de bon sens. »

Les gens pratiques pensent qu'on ne peut bavarder et travailler tout ensemble :

« Ce n'est pas la quantité de paroles qui remplit le boisseau.2 »

Ni mon grenier ni mon armoire
Ne se remplit à babiller.3

« En tout travail il y a quelque profit; mais le babil des lèvres ne procure que disette.4 »

Les philosophes déplorent la langue et les bavards :

Moins on pense, plus on parle.5

« Il est étonnant qu'on ait donné tant de règles aux hommes pour leur apprendre à parler et qu'on ne leur en ait donné aucune pour enseigner à se taire.6 »

Avec les moralistes, c'est le dédain et le mépris qu'elle obtient en partage :

« Il est des vices dangereux; il en est de déplaisants, il en est de ridicules; le babil réunit tous ces inconvénients ; en disant des choses ordinaires, le babillard est ridicule; en disant des méchancetés, il est odieux.7 »

« Une des choses qui fait que l'on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire, qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit.8 »

« L'on se repent rarement de parler peu, très souvent de trop parler, maxime usée et triviale que tout le monde sait et que tout le monde ne pratique pas.9 »

« Celui qui ne sait pas se taire, sait rarement bien parler.10 »

Les humoristes le prennent du côté léger et badin, mais ne l'en estiment pas davantage.

L'un d'eux signale que la nature nous a donné deux oreilles et une bouche seulement pour nous apprendre qu'il faut plus écouter que parler.

En général, ils s'attaquent de préférence à la femme dans leur douce ironie :

Qu'une femme parle sans langue
Et fasse même une harangue,
Je le crois bien.
Qu'ayant une langue, au contraire,
Une femme puisse se taire,
Je n'en crois rien.

D'un autre :

Il se peut que sans langue une femme caquette,
Mais non qu'en ayant une elle reste muette.

Au besoin, ils vont jusqu'à faire prononcer par la femme elle-même sa propre condamnation :

C'est conscience à vous que de vouloir forcer,
Pendant deux ans entiers, des femmes à se taire.
Pour moi, j'aimerais mieux vivre en un monastère,
Jeûner, prier, veiller, et parler tout mon soûl.11

Quant aux fantaisistes, ils n'ont de préférence pour aucun sexe, et distribuent des épitaphes aussi bien à l'homme qu'à la femme :

Ci-gît la vieille Radegonde
Qui fut jolie assez longtemps.
Cette maman petite et ronde
Fit beaucoup de bruit dans le monde :
Elle y parla quatre-vingts ans.12

Voilà pour « ma voisine » ; quant à « mon voisin », il ne perdra rien pour attendre, et voici son cadeau :

Ci-gît un babillard qui la nuit et le jour
Faisait un moulinet de sa langue archifolle ;
La mort voulut enfin lui parler à son tour
Et put seule un matin lui couper la parole.

Mais je m'en aperçois bien tard, je me suis laissé entraîner à bavarder peut-être plus que de raison, et ma plume a marché « comme un cliquet de moulin ». N'aurais-je pas mieux fait de profiter de tous ces bons conseils en observant celui-ci qui les résume tous :

Et si tu veux parler, commence par te taire!


1 Le Mercure de France, du 6 mai 1786.
2 Franklin.
3 La Fontaine, La Mouche et la Fourmi, livre IV, fable 5
4 Salomon, Livre des Proverbes, chapitre XIV.
5 Condillac.
6 Montesquieu.
7 Plutarque.
8 La Rochefoucauld.
9 La Bruyère, Les Caractères, chapitre XI, De l'homme.
10 Pierre Charron.
11 Le Philosophe marié, acte 1, scène iv, comédie de Destouches.
12 L'abbé de La Reynie, 1786.


Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

mardi 14 février 2012

14 février

Encore une vingtaine de mois avant la retraite. Il est certain que je n'aurai pas un gros ménage de bureau à faire. Mais celui de mon ordinateur - je travaille avec mon ordinateur personnel - sera énorme : plein de courriels à mettre à la poubelle (j'en ai plus de 10000 dans mon GMAIL et presque autant dans mon YAHOO), des fils RSS à supprimer, des fichiers à supprimer...




Où sont passés les blogueurs québécois en éducation ? Écrire n'est-il pas un moyen à privilégier pour une pratique réflexive réussie ?




Bon, c'est la Saint-Valentin. Allons-y avec quelques citations :

« Il n'y a pas d'amour, dit Pierre Reverdy : il n'y a que des preuves d'amour. »
Claude Roy (La fleur du temps, journal 1983-1987, p.83, Folio n°2388)

Mais l'amour nous aveugle, et contre tout devoir
Quiconque a de l'amour a bientôt de l'espoir.
Pierre Du Ryer (Alcionée acte 2 sc. 2 (Alcire) p.101, in Théâtre du XVIIe siècle T. II, Gallimard/Pléiade, 1986)

L'amour vole aux amants les heures qu'ils ne passent pas ensemble : séparés, on ne vit plus, on attend de vivre.
Maurice Chapelan (Amours amour, p.193, Grasset, 1967)

L'amour est le premier plaisir, la plus douce et la plus flatteuse de toutes les illusions.
Marquise de Lambert (Réflexions diverses in Oeuvres de Madame La Marquise de Lambert, p.193, 1766)

Tout a été dit sur l'amour, et l'amour est toujours l'amour.
Henri de Régnier (« Donc », p.89, Ed. du Sagittaire, 1927)

Chemin faisant, page 47

Il y a tant de manières d'être utile que le bien s'impose à chacun de nous.

Il est bien plus facile de vivre avec les qualités des autres qu'avec leurs vertus.

Il faut parler juste au chagrin ou ne pas s'en mêler : que de gens écorchent la plaie en voulant la panser !

Les rassasiés sont toujours les plus intolérants.

Le duo a été créé par la nature et le trio par la société.

Penser, c'est voyager à prix réduit.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

lundi 13 février 2012

Évaluer est une compétence

Mes lecteurs le savent : je ne crois absolument pas aux quelconques bienfaits d'une évaluation institutionnelle classique ; par cette dernière j'entends une évaluation de performance généralement administrée en fin d'une séquence d'apprentissages ou en fin de parcours scolaire.

Le problème, c'est que peu de gens savent évaluer autrement. Or l'approche par compétence amenait aussi une réforme de l'évaluation, cette dernière devant se réaliser principalement en cours d'apprentissage et non en fin de parcours ; d'une évaluation « jugement/tri social », on désirait une évaluation « aide à l'apprentissage. » Pour ce faire, on favorisait des outils diversifiés : portfolio, dossier d'apprentissage, journal de bord, grilles de forces et défis, etc.

Pourquoi la nécessité de ces outils, me demanderez=vous ? Parce que, justement, on voulait apprécier chez l'élève son développement de compétence, et non plus sa capacité à retenir et à utiliser ses acquis scolaires le temps de réussir un examen. Mais, surtout, on désirait que l'élève sache qu'il était en train d'apprendre et de s'améliorer par rapport à lui-même. Oui, on voulait que l'élève reconnaisse chez lui-même et par lui-même les progrès qu'il accomplissait. Nous voulions briser l'idée que, par un bulletin, c'est l'enseignant qui savait que l'élève savait (tout au moins dans l'étape en cours).

En 2003, l'équipe de conseillers pédagogiques dont je faisais partie à la commission scolaire au Coeur-des-Vallées s'est penchée sur la question évaluative, mais non par rapport aux élèves (pour nous, le programme de formation était clair à cet égard) mais bien par rapport aux différents intervenants du monde scolaire : les enseignants, les directeurs d'école et les conseillers pédagogiques.

Nous notions alors un manque flagrant : on savait comment évaluer les élèves, mais nous n'avions aucun outil pour mettre en place une évaluation desdits intervenants.

En équipe, nous avions développé (les lecteurs qui ont lu le programme de formation au primaire reconnaîtront le modèle! ) les trois compétences pour chaque groupe d'intervenants.

Plusieurs raisons me poussent aujourd'hui à ressortir ces vieilleries.

D'abord, cette idée de François Legault et sa gang d'évaluer les enseignants. N'ayant pas lu le programme de la CAQ, je l'interprète en me basant sur ce qu'ont rapporté les médias, les twitteurs et les blogueurs. M. Legault souhaite des enseignants plus « performants. » Mais nulle part je n'ai vu comment on mesurera cette performance. Se fera-t-elle en fonction de la réussite des élèves ? En fonction de la moyenne de la classe ?

Puis, récemment, sur Twitter, François Rivest, un collègue CP de Montréal, a laissé un gazouillis référant à l'un de ses billets. Dans ce dernier, François mentionne les compétences professionnelles des enseignants.

C'est alors que je me suis souvenu du travail que nous avions effectué chez nous. Les compétences professionnelles, c'est bien beau, mais quelle est le rapport avec la compétence à appliquer le programme de formation de l'école québécoise ?

Bien sûr, en présentant notre réflexion à nos patrons, aux directeurs et aux enseignants, tout le monde trouvait ça extraordinaire. Cependant, rapidement, c'est tombé lettre morte. Oubli complet. Hop ! dans ces limbes qui, on le sait, n'existent même plus.

Le problème avec l'évaluation par compétence, c'est que, à part quelques irréductibles, personne vraiment n'y croit. Même le MELS nous envoie des examens (il appelle ça : situations d'évaluation) de fin de parcours que tous regardent comme un merveilleux modèle d'évaluation. Plus personne maintenant ne considère l'approche portfolio, sinon pour conserver (comme dans le bon vieux temps) les exercices, les examens et les devoirs de l'enfant.

Bref, le sentiment que j'en ai, c'est que plusieurs se prennent au sérieux au regard de l'évaluation alors que nul ne croit aux outils permettant aux intervenants d'améliorer leurs compétences.

Bien sûr, tout le monde comprend l'approche populiste Legault en disant qu'il est normal qu'on veuille évaluer les enseignants. Le problème, c'est que les politiques ne connaissent absolument rien à l'approche par compétence.

Oh ! je n'en veux pas aux politiciens ; ce sont des gens de bonne volonté, et qui agissent en fonction de leurs connaissances et de leurs intuitions. J'en veux surtout aux services pédagogiques des CS de n'avoir pas su expliquer aux journalistes et aux politiciens ce qu'était vraiment le programme par compétence. Je crois que l'échec de cette réforme est en grande partie dû à ce manque complet de communication des services pédagogiques vers la population.

En tout cas, chez nous, on a vraiment essayé fort. Voici d'ailleurs le document (PDF) que nous avions pondu. Il contient aussi les grilles d'évaluation. Mais, de grâce, si vous y référez, n'oubliez pas de mentionner les sources !









Chemin faisant, page 46

J'ai plus de dédain que de pitié pour les gens qui s'ennuient.

On ne devient pas philosophe sans blessures et sans cicatrices, bien que blessures et cicatrices ne tournent pas toutes à la philosophie.

Nos jouissances dépendent moins de notre éducation que de nos goûts et de nos instincts.

On n'offre son intimité aux gens que lorsqu'on veut accepter la leur.

Les gens qui ne savent pas s'en aller sont au moins aussi insupportables que ceux qu'il faut attendre.

La couleur est l'esprit des choses.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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13 février

Ici, on compare FLASH, HTML5, DOM et CSS3. C'est impressionnant.


Google et son équation de l'amour :

Le rendu des mêmes équations chez Wolfram Alpha :


Curieux, ces gens qui demandent qu'on se mette à leur place alors qu'elle est déjà occupée !
Grégoire Lacroix (Les Euphorismes de Grégoire (483), p.71, Max Milo, 2006)

dimanche 12 février 2012

Ma réalité, ma réalité pour de l'ombre !

Tout près de l'ombre d'un rocher,
J'aperçus l'ombre d'un cocher
Qui, tenant l'ombre d'une brosse,
En frottait l'ombre d'un carrosse.
Nicolas Perrault (1624-1662)

Chemin faisant, page 45

Il ne faut pas permettre aux mauvais outils de nous dégoûter du travail ni de l'oeuvre.

Un intime reproche : l'accomplissement de notre devoir par un autre.

Que de chers petits égoïsmes, ô prudence ! se sont abrités dans ton sein !

L'hommage ! Le centime accepté par les plus riches mains.

En pensant nous sommes aussi souvent avec les pécheurs qu'avec les saints.

La peur est un évanouissement subit du courage.

Les jeunes croient facilement que nous avons toujours été vieux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 11 février 2012

11 février

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce texte : dévalorisée usée ecrasée. D'après moi, on y trouve d'une manière bien articulée, le problème de l'école secondaire aujourd'hui.

Aujourd'hui ?

L'école obligatoire jusqu'à 16 ans a toujours eu son côté pervers.

Chemin faisant, page 44

La sympathie a le don de subite naturalisation.

L'art et la vertu s'acquièrent par pièces et par morceaux.

Nos prétentions augmentent bien plus en raison de nos succès, qu'en raison de nos mérites.

On ne peut bien consoler que ce qu'on comprend, mais on peut aimer ce qu'on ne comprend pas.

Une année sans printemps ressemble à une jeunesse sans amour : il lui manque toujours quelque chose.

Aimer un pays plus que le sien, c'est voler sa mère pour faire l'aumône.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 10 février 2012

10 février

J'ai écrit un commentaire ce matin sur l'excellent blogue de The Dude Minds. Le billet parle de la différente interprétation du zéro chez les francophones et chez les anglophones.
Courte vidéo dans laquelle Papert fait une distinction entre les mathématiques et les mathématiques «scolaires».


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