Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 6 décembre 2012

FIDE Grand Prix Tashkent 2012




Cadence : 120m:60m:15m+30spc(61)
Classement FINAL
POSJoueur123456789012Points
1Morozevich, Alexanderpion½01½½01½½11
2Wang, Hao½pion½101½½½½½1
3Karjakin, Sergey1½pion½½01½½½1½
4Caruana, Fabiano00½pion½½½½½1116
5Kasimdzhanov, Rustam½1½½pion½½½½½½½6
6Mamedyarov, Shakhriyar½01½½pion½½1½½½6
7Ponomariov, Ruslan1½0½½½pion½0½1½
8Leko, Peter0½½½½½½pion½½½1
9Svidler, Peter½½½½½01½pion½½½
10Gelfand, Boris½½½0½½½½½pion½0
11Dominguez Perez, Leinier0½00½½0½½½pion14
12Kamsky, Gata00½0½½½0½10pion


Choisissez une partie :

mercredi 5 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 93

Ne jugeons pas le pauvre malade : il est possédé.

Une humeur douce ne va généralement pas avec beaucoup d'imagination.

Sentir vite, c'est surtout souffrir plus que les autres.

À tout ce qui n'est pas un franc coquin, la candeur impose.

Expier ne doit pas nous faire oublier.

On n'a pas le temps de se haïr à Paris ; la haine n'y est pas noire, elle y est grise.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 4 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 92

La femme croit au pressentiment, sa sensibilité l'y pousse.

Il y aura toujours des duchesses, des comtesses, mais la grande dame est en train de mourir.

En fait de malices, l'amour en remontrerait à la malice elle-même.

La bizarrerie cache souvent des peines bien lourdes.

Il ne faut pas connaître sa valeur, sans quoi on l'outre.

L'amour aide à comprendre tant de choses où l'esprit ne suffirait pas.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 3 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 91

Peu de succès grise, beaucoup donne à réfléchir.

Nous pourrions souvent voir, mais nous n'avons pas le courage de lever les stores.

Il y a bien des manières d'avoir trente ans.

Certains hommes, comme les moutons, ont si peu l'air de regretter l'esprit qu'ils n'ont pas !

C'est toujours un peu niais pour une femme de jurer sur la fidélité de son mari.

L'arriviste! ce nouvel animal qui sait flatter, ramper, faire mille grimaces avec sa queue et lécher toutes les bottes.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 2 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 90

Le Français se reconnaît beaucoup de raisons pour s'aimer, et il n'y manque pas.

Je ne trouve pas que la dignité du mari trompé perde à croire sa femme toujours pure; trop de confiance n'est qu'un malheur.

Heures d'illusions, légères comme des fluides, douces comme des cassolettes qui s'ouvrent !

On est généralement payé de la même monnaie.

On souffre surtout de ses égaux.

Il faut supporter facilement ses dépenses; le luxe ne doit coûter ni inquiétude ni insomnie.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 1 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 89

Être beau, un heureux superflu; être bon, un strict nécessaire.

Perds la vie sans crainte, tu en retrouveras une autre.

La vieillesse nous ferait croire qu'on a connu toute une famille d'années : les parents, les enfants, et les petits-enfants.

Comme elle peut être saine, l'indifférence!

Si l'on pouvait arracher certains feuillets de la vie, elle serait belle ; mais il faut les tourner tous.

Touchant dans la misère, l'amour est si bien chez lui dans le luxe !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

Championnat du monde FIDE féminin 2012 (Ronde 6 « finale »)

Championnat du monde féminin (FIDE) 2012


Khanthy-Mansiysk (Russie)


Tournoi élimination de 64 joueuses.
Site officiel

Anna Ushenina est Championne du Monde


Cadence :
Rondes 6.1 à 6.4 : 90m:30m+30spc(1)
Rondes 6.5 et 6.6 : 25m+10spc
Toutes les parties de la première ronde.
Toutes les parties de la deuxième ronde.
Toutes les parties de la troisième ronde.
Toutes les parties de la quatrième ronde.
Toutes les parties de la cinquième ronde.


Choisissez une partie :

vendredi 30 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 88

Use bien les jours, respecte les heures, jouis des moments.

Aime l'humanité, surtout pour ce qu'elle souffre.

L'humilité s'approche de la louange avec crainte, du blâme avec acquiescement.

La vie a fait la douleur, l'homme a fait le remords.

N'analyse pas un cadeau, il est son maître.

Maladies de la volonté : en manquer ou en trop avoir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 29 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 87

L'amant est fait pour tromper, c'est sa vocation.

Aime à donner, pour donner assez.

C'est surtout la douleur qu'il faut habiller de simplicité ; les atours la défigurent.

Gouverner sa sensibilité un peu comme un enfant : lui défendre et lui permettre.

Ah! comme une bonne réponse nous aère et nous soulage !

On court toujours risque en aimant, mais, sans aimer, on meurt.

Quand une fois la confiance a quitté une place, comme elle y revient difficilement! elle a delà rancune.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 28 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 86

Tous les grands horizons sont féconds en promesses, tous les grands yeux aussi semblent pleins de richesses.

L'être qui a besoin de se sauver perd facilement sa délicatesse.

Il y a des gens qui ne sont jamais satisfaits : les deux mains pleines, ils en voudraient pouvoir tendre une troisième.

En pensant, il nous semble penser avec tous ceux qui pensent ou qui pensèrent.

La douceur n'est pas toujours de mise.

Comme tu partirais serein si tu savais, jeune mourant, ce que t'aurait demandé la vie!

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 27 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 85

Prêts pour le malheur, c'est quelquefois le bonheur qui nous embarque.

Ayons des projets doux, pour avoir des réveils sereins.

Quand une femme commence à prêcher l'indépendance, à en revendiquer les droits, son mari fera bien de réfléchir.

Que c'est commode, une bourse, pour se faire aimer!

Heureuse encore la vieillesse qui ne lutte qu'avec elle-même!

Quand la moisson est jaunie, ne crois pas tout gagné.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

Miette 79 : Dieu sait mieux que nous ce qu'il nous faut

L'expérience

Dieu sait mieux que nous ce qu'il nous faut.

Sommaire. - Passons au déluge. - À chacun suivant sa nature. - Manger quand on a faim. - Boire quand on a soif. - Se chauffer quand on a froid. - Le roi de la création. - Désir de connaître. - Besoin de coloniser. - L'intelligence appliquée à la destruction. - Ce qu'il y a de meilleur. - Piété d'Alfred de Musset.


L'Eternel, votre père, sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. (Matth., 6.)


Unus erat toto nalurae vultus in orbe
Quem Groeci dixere Chaos, rudis indigestaque moles.1

« A l'origine, l'univers ne présentait qu'un seul et même aspect, une masse informe et grossière que les Grecs désignèrent sous le nom de Chaos. »

Ébloui par tant d'érudition, le juge Dandin, craignant pour son repos et sa pauvre cervelle, engage l'Intimé à lui faire grâce de la création du monde :

Avocat! ah! passons au déluge!

Profitons pour nous de la même recomman- dation, et faisons mieux : abandonnons chaos et déluge ; arrivons au moment où tout adopte sa place normale et régulière dans l'ordre définitif établi par la Divinité.

Les poissons restèrent dans les ondes, les oiseaux prirent leur vol et les autres animaux prirent le sol.

Satisfaits de leur sort, ils s'en allèrent chacun de son côté, s'accommodant de ce que la nature avait fait pour eux et sachant en tirer bon parti. S'ils avaient faim ou soif, ils apaisaient l'une, étanchaient l'autre modérément et à leur suffisance sans aller jusqu'à l'indigestion ou l'ivresse. Le climat devenait-il rigoureux, ils ne s'entêtaient pas à y rester, s'empressaient d'en aller chercher un plus clément, et n'avaient jamais la prétention de réformer ou contrarier les décrets de la Providence.

Pour le roi de la création, c'est une autre affaire : Dieu lui ayant fait l'insigne honneur de ne pas le confondre avec les bêtes et de lui donner l'intelligence, il n'eut rien de plus pressé que d'en faire le plus détestable emploi et pour lui et pour ses semblables.

Au lieu de s'estimer heureux et fier de sa supériorité et d'en user avec bon sens et raison, pour jouir d'une douce et durable félicité, il met à la torture son pauvre cerveau.

Le désir de connaître ce qui n'est pas sous ses yeux lui fait entreprendre de longs parcours, il va jusqu'à traverser les mers. Tout surpris de trouver dans ses pérégrinations des êtres semblables à lui, sauf parfois la couleur de la peau, cela lui déplaît. Il veut les exterminer ou les asservir; ce qu'il appelle coloniser. Comme cela ne lui suffit pas, il se bat de temps à autre avec ses congénères, et, pour aller plus vite en besogne, il emploie cette belle intelligence, don céleste, à créer des engins de destruction qui font l'admiration des peuples, admiration bien compréhensible puisqu'ils apportent à ces peuples la souffrance, la servitude ou la mort!

Pauvres humains ! Dieu pourtant sait mieux que vous ce qu'il vous faut. Mais votre insatiable orgueil vous a perdus. Que n'avez-vous dirigé votre admirable intelligence du côté de la simplicité, de la modestie, de la douceur, de la bonté et de la reconnaissance, de la reconnaissance envers le Créateur qui, en outre de cette fameuse intelligence, vous a donné un coeur, oui, un coeur, ce qu'il y a de meilleur au monde, un coeur, trésor le plus précieux, dont vous faites si peu d'usage, que vous semblez parfois en ignorer jusqu'à l'existence. Grâce à lui cependant, si vous saviez vous en servir, vous auriez ici-bas la consolation de vos misères et de vos peines.

À qui perd tout, Dieu reste encore, Dieu là-haut, l'espoir ici-bas2.

Ce n'est pas un père de l'Église qui vous parle ainsi, c'est un poète trop souvent méconnu ou mal connu, Alfred de Musset! Avec ses apparences ou ses affectations de scepticisme ou d'incrédulité, Alfred de Musset s'agenouillait devant la Divinité en l'implorant comme ferait le plus croyant et le plus fervent des mortels.

Écoutez ceci, n'y trouvez-vous pas la foi et l'accent d'une prière?

Dès que l'homme lève la tête,
Il croit l'entrevoir dans les cieux;
La création, sa conquête,
N'est qu'un vaste temple à ses yeux.

Dès qu'il redescend en lui-même,
Il t'y trouve ; tu vis en lui.
S'il souffre, s'il pleure, s'il aime,
C'est son Dieu qui le veut ainsi.

De la plus noble intelligence
La plus sublime ambition
Est de prouver ton existence
Et de faire épeler ton nom.

De quelque façon qu'on t'appelle,
Brahma, Jupiter ou Jésus,
Vérité, Justice éternelle,
Vers toi tous les bras sont tendus.

Le dernier des fils de la terre
Te rend grâce du fond du coeur,
Dès qu'il se mêle à sa misère
Une apparence de bonheur.

Le monde entier te glorifie ;
L'oiseau te chante sur son nid ;
Et pour une goutte de pluie
Des milliers d'êtres t'ont béni.

Tu n'as rien fait qu'on ne l'admire;
Rien de toi n'est perdu pour nous;
Tout prie, et tu ne peux sourire,
Que nous ne tombions à genoux3!


1 Les Plaideurs, comédie de J. Racine, acte III, scène III.
2 La Nuit d'août, d'Alfred de Musset.
3 L'Espoir en Dieu

.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

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