Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 23 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 50

Ce que la femme a de meilleur à offrir, c'est son amitié.

Une âme toujours gaie n'a pas d'expression ; on n'a pas envie de lui rien communiquer ; elle est sans nuance, sans teinte, sans mystère, sans ombre.

Tout a besoin d'un peu d'adresse, même le bien.

Au nom de notre dignité, ah ! que de vilaines petites choses nous faisons !

Rends la grandeur aimable, si tu es grand.

Les droits savent attendre, contrairement aux prétentions.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 22 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 49

Un désir est toujours neuf de jeunesse et frais d'espérance.

Pourquoi cacher nos luttes? Elles encouragent les autres.

Se faire aimer, c'est ce qu'il y a de plus utile pour un mari ; aimer, ce qu'il y a de mieux pour une femme.

Le mal, ne le soupçonne pas trop tôt, tu as toujours le temps.

Il y a des gens qu'on ne sent vraiment méchants que quand ils veulent être bons.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 21 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 48

Si peu qu'on fait nous empêche souvent de voir ce qu'on aurait pu faire.

On peut s'instruire souvent par le blâme, on n'apprend rien par la louange.

Celui qui a fait les tombes a fait aussi les nids.

Pourquoi un chemin tracé est-il encore difficile a suivre?

Pour inspirer toute confiance, la fortune et la sagesse ne doivent arriver qu'avec le temps.

On n'aime les surprises que dans la jeunesse; plus tard on les craint, il y en a si peu de bonnes à attendre !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 20 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 47

Que de sottises on fait quand on veut trop plaire à son temps !

Il n'y a rien de plus exigeant que l'étiquette, pour ses esclaves.

La jeunesse est touchante quand elle compatit.

Ne contemplons pas nos douleurs, c'est bien assez de les voir.

De même que le bon sens traverse quelquefois la jeunesse, la folie traverse quelquefois la raison.

L'amour du prochain est le dernier en date de nos amours.

L'homme qui réussit voit tout à travers sa réussite : les temps sont beaux, la politique est bonne, la vie est juste, etc.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 19 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 46

La douceur est la perfection de la charité.

Pour ceux qui ont su plaindre, le malheur a des respects.

Pauvre d'espoir, le plus pauvre de tous les pauvres.

Comme elle nous dévalise, la tentation, quand on répond à sa première oeillade !

La vie regarde la mort avec effroi; la mort regarde la vie avec appétit.

Un mari qui conduit sa jeune femme à toutes ces pièces véreuses d'aujourd'hui la mène par la main à l'adultère.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 18 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 45

Qu'il aime, le coeur, et il aura toutes les audaces.

Comme la douleur aime l'homme et le prouve !

Tuer l'amant débarrasse souvent la femme qui ne savait peut-être pas comment sortir des bras de l'amour.

Le mari conseille, l'amant approuve.

On écoute un sermon pour entendre le prédicateur plus que comme un moyen d'amendement.

Pour nous en éloigner, n'attendons pas d'avoir tout à fait assez d'une chose, afin de ne pas nous exposer à en avoir trop.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 17 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 44

Le mariage tire à lui : l'ami marié n'est plus tout à fait un ami ; l'enfant marié n'est plus tout à fait un enfant.

J'ai horreur de la pitié qu'on gâche, comme du pain qu'on jette.

Une tâche rappelle et discipline la volonté.

Comment se tire-t-on d'une longue souffrance? En espérant.

Comme on voit beau par les yeux de la foi !

Tout a été dit ; redire, c'est rallumer la lampe.

Dire vrai dépend de nous ; sentir vrai, de notre nature.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 16 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 43

Une parcelle du temps peut donner l'éternité.

Interrogez les plus grands travailleurs : la plupart voudraient recommencer leur vie : fraîcheur que laisse le travail.

Le pauvre honteux souffre autant de sa honte que de ses besoins.

Avec le douloureux on pleure, avec le tragique on crie.

Même une femme vertueuse, n'est pas fâchée d'avoir eu l'occasion de succomber.

Nos morts ne sont véritablement froids que lorsque nous mourons.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 15 octobre 2012

Nostalgie

Ce matin, dans la voiture, j’écoutais Espace Musique, l’ex Chaîne Culturelle de R.-C. Je me demandais où étaient passés tous ces excellents animateurs qui faisaient tellement plaisir à entendre : Gilles Dupuis, Francine Moreau, Cynthia Dubois, André Vigeant, Carole Trahan...

De toutes les Paroisses, page 42

Dans le cortège du bonheur un croque-mort se cache.

On nous loue comme on nous déchire, sans nous examiner.

Laisse-les dire, laisse-les croire : il faut bien que les gens s'amusent.

Une femme très laide, qui le sait, et très bonne, comme il faut qu'elle soit bonne !

Dans la comédie humaine, les uns excellent dans le premier acte, les autres dans le dernier.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 14 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 41

Mourir, c'est retourner; mais on a oublié le chemin.

La beauté montre, la physionomie exprime.

Quand la parole ne réussit pas, les femmes appellent les larmes.

Le souvenir de l'amour n'en redonne souvent pas l'envie.

La jeunesse meurt dans son cortège d'illusions, de promesses ; elle meurt dans son bouquet.

La tendresse se devine, la passion se lit.

La première chose que fait l'amour, c'est de nous empêcher de voir ce qui est et de nous faire voir ce qui n'est pas.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 13 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 40

Une femme languissante plaît, on lui trouve une poésie secrète... qui ne demande que des réalités.

On met sa vanité jusque dans sa maîtresse : on en a tant à placer !

J'ai connu un mari si sûr de sa femme qu'il l'encourageait à la politesse envers un homme qu'elle adorait.

Une tristesse non définie, c'est souvent de l'amour qui cherche.

Les événements sont des étapes qui nous obligent à réfléchir.

Que de fois un petit rayon de soleil nous eût sauvés de notre vilaine humeur! Pauvre humanité !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

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