jeudi 26 juillet 2012
COQ section Invitation Ronde 6
Par Gilles Jobin, jeudi 26 juillet 2012 :: Généraleries
jeudi 26 juillet 2012
Par Gilles Jobin, jeudi 26 juillet 2012 :: Généraleries
Par Gilles Jobin, jeudi 26 juillet 2012 :: Barratineries
mercredi 25 juillet 2012
Par Gilles Jobin, mercredi 25 juillet 2012 :: Échéphileries
Par Gilles Jobin, mercredi 25 juillet 2012 :: Barratineries
mardi 24 juillet 2012
Par Gilles Jobin, mardi 24 juillet 2012 :: Échéphileries
Par Gilles Jobin, mardi 24 juillet 2012 :: Barratineries
lundi 23 juillet 2012
Par Gilles Jobin, lundi 23 juillet 2012 :: Barratineries
Par Gilles Jobin, lundi 23 juillet 2012 :: Mietteries

Demain! Que sera demain? De quoi demain sera-t-il fait? Question sans cesse renouvelée à laquelle personne ne peut répondre. Problème dont la solution n'a encore été trouvée par aucun mathématicien. C'est l'éternel inconnu. Aussi que d'imprévu, de surprises et de vicissitudes dans les événements et les situations. Les uns montent quand les autres s'abaissent, et souvent « la roche Tarpéienne est près du Capitol ».
Comme on ne sait ce que l'on sera demain, il est prudent de se concilier les bonnes grâces de tout le monde, des petits aussi bien que des grands. Les circonstances de la vie sont tellement variables et changeantes que les plus puissants seront peut-être dans le cas de recourir aux bons offices des plus humbles ; il sera donc prudent pour eux de ne pas faire fi de ces derniers, incertains du sort que l'avenir leur réserve à eux-mêmes.
Cela soit dit pour le cas où leur nature ne les engagerait pas à être bons et généreux sans esprit de retour.
Quoi de plus doux au coeur en effet, quoi de plus délicieux que de faire du bien à autrui, que d'obliger son prochain! Il semble qu'on n'ait pas de plus grande satisfaction que de faire plaisir ou de rendre service. La joie qu'on en ressent ne doit pas, pour être complète, s'accompagner d'un espoir de gratitude ou de reconnaissance quelconque.
C'est une pensée personnelle que je me permets d'exprimer ici en toute naïveté ; mais il paraît qu'elle ne répond pas au sentiment général contre lequel La Fontaine prend soin de nous mettre en garde en y insistant à deux reprises différentes1 :
Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.2
C'est ainsi que débute sa fable « Le Lion et le Rat », dans laquelle il nous raconte que le roi des animaux fut pris dans un filet dont il ne put se dépêtrer que grâce à un tout petit rat.
Le même récit avait été fait autrefois par Marot dans une fable dont le sujet était le même, bien que les deux mots du titre soient intervertis. En voici la fin d'une naïve simplicité :
Le Rat et le Lion.
Lors le Lion ces deux grands yeux vêtit,
Et vers le rat les tourna un petit,
En lui disant : « 0 povre verminière,
Tu n'as sur toi instrument ni manière,
Tu n'as couteau, serpe ni serpillon,
Qui sut couper corde ni cordillon,
Pour me jeter de cette étroite voie.
Va te cacher que le chat ne te voie.
— Sire Lion, dit le fils de souris,
De ton propos certes je me souris :
J'ai des couteaux assez, ne te soucie,
De bel os blanc plus tranchants qu'une scie ;
Leur gaine c'est ma gencive et ma bouche.
Bien couperont la corde qui te touche
De si très près, car j'y mettrai bon ordre »
Il ne faudrait pus conclure de tout cela que les grands doivent obliger les petits parce qu'ils en auront besoin à un moment donné, et que les petits n'ont jamais besoin des grands et peuvent les négliger sans crainte de représailles. Les petits ont, bien entendu, encore plus souvent besoin des grands; le tout est de savoir attendrir leur coeur au bon moment quand l'occasion se montre favorable. Lorsqu'on a le talent de découvrir leur côté sensible on s'en tire aisément à son avantage, même quand on a quelque peccadille à se reprocher.
Un valet fainéant va vous faire connaître
D'un seul et même trait le bon coeur de son maître.
« Va-t'en, dit celui-ci, tu me mets en courroux,
Je ne puis rien gagner sur ton âme indocile.
— Monsieur, je le sais bien, je vous suis inutile,
Mais vous me garderez, car j'ai besoin de vous. »
1 Le Lion et le Rat et la Colombe et la Fourmi, livre II, fables 11 et 12.
2 Le Lion et le Rat, livre II, fable 11.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.
dimanche 22 juillet 2012
Par Gilles Jobin, dimanche 22 juillet 2012 :: Barratineries
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