Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 24 août 2006

Les GROS titres

Dans Le DROIT
«Gatineau est une championne canadienne de l'obésité et de l'embonpoint infantiles. La moitié des enfants y sont trop gros. À l'inverse, Ottawa compte les enfants les plus minces au pays.»

Quelques lignes plus bas :
"Nos chiffres sont bons à l'échelle du pays ou des provinces, mais les échantillons sont trop petits à l'échelle locale pour conclure que Gatineau est la ville la plus atteinte au pays. Ce qu'on peut dire, c'est que Gatineau, Kingston et Winnipeg se distinguent par des taux plus élevés que la moyenne nationale", tempère toutefois l'analyste de Statistiques Canada Didier Garriguet.

mercredi 23 août 2006

Syndrome ME

J'aime bien faire des petites marches «santé» avec Marie : elle parle, j'écoute !

- Je vais commencer un nouveau projet de tricot.

Et elle se lance dans des explications plutôt ésotériques.

- Wow ! ç'a l'air intéressant.

- Bien sûr ! Mais y'a des trucs que je ne sais pas encore faire et...

- Pourquoi tu ne demandes pas à L. ?

L. possède une boutique de tricot dans la région.

- Hum...elle va me demander : pourquoi tu veux faire ça comme ça? Pourquoi, à la place, ne pas le faire ainsi? Etc.

- Ouais, je comprends. Ça me rappelle plusieurs situations : en 1995, je demande au tech de m'installer Win95 sur l'ordinateur de la salle des profs. Réponse : «Pourquoi tu veux ça? T'en as pas besoin : Windows 3.1 fait très bien la job.» Ou encore à la demande d'avoir Open Office : Réponse : Open Office? Pourquoi? T'as déjà MS Office !!!. Et puis, quand certains demandent «Peux-tu m'installer SPIP, s'il vous plaît ? » on reçoit des « Spip? Mais pourquoi tu veux Spip? On a déjà un portail qui fait très bien le travail. »

- Oui, c'est à peu près pareil.

- Faudrait qu'on trouve un nom à cette attitude qu'ont certaines personnes : ces gens qui sont supposés être à notre service mais qui sont plutôt au service de leur confort.

Tout en continuant la marche, nous avons tenté de trouver un nom. Cela tournait autour de « Je le sais, tu l'sais pas », « C'est moi qui suis le spécialiste », « Utilise ma façon : c'est beaucoup mieux pour toi », etc. Mais on n'arrivait pas à trouver un mot assez court qui ferait l'affaire. Puis, toujours brillante, Marie me lance :

- Tu te rappelles l'annonce de MegaEncan ?

MegaEncan, c'est un vendeur de voitures usagées à Gatineau.

- Pas vraiment.

- À la toute fin d'une des annonces, on nous martèle un beau « Si on ne l'a pas, c'est que vous n'en avez pas besoin ! ».

J'ai figé et je me suis tourné vers ma chérie. Cela méritait bien un petit bisou !

- Oui, c'est tout à fait ça. On va donner le nom de Syndrome ME, ME pour MegaEncan, évidemment.

En bonne Franco-ontarienne, Marie rétorque :

- Et ça sonne encore mieux en anglais : « The ME Syndrome » (syndrome du "moi").

lundi 21 août 2006

PhpInfo



PhpInfo semble reprendre vie !

vendredi 18 août 2006

Serveur dédié

De plus en plus, je pense acquérir un serveur dédié. Comme celui-là, par exemple. L'offre paraît alléchante. Pour environ 600$ par année, on a une liberté complète sur le web ! Je pourrais y transférer tous mes sites et ceux de mes enfants.
Ici, plein de choses merveilleusement expliqueés.
Y a-t-il des offres semblables au Québec ?

Ensemble, c'est tout

C'est Audrey Tautou qui jouera le rôle de Camille dans le nouveau film de Claude Berri, Ensemble, c'est tout. Le choix n'est pas mauvais, évidemment. Mais j'aurais de loin préféré y voir Mélanie Bernier, sublime dans La petite Fadette.
Photo : photosonline.canalcast.com

Divine télévision

Ne peut-on considérer [...] comme le suggère Karl Popper, que la télévision, le média politiquement et techniquement le plus puissant, a pris de nos jours la place de Dieu ? Dans notre civilisation où le bruit règne en maître, le sacré semble se réfugier dans l'écoute d'une télévision, dont le bavardage impose le silence à tous et étouffe la Parole de Dieu. La télévision ne s'octroie-t-elle pas également l'ubiquité divine, en nous transportant, dans une immédiateté et une transparence apparentes, au coeur même des événements dont elle prétend nous faire les contemporains ?
Étienne Naveau, La foule, c'est le mensonge (Kierkegaard), p. 20, Pleins Feux, coll. Variations, 2002

jeudi 17 août 2006

Huxley

Le bonheur universel maintient les rouages en fonctionnement bien régulier ; la vérité et la beauté en sont incapables.
Le Meilleur des Mondes


Hier, j'ai relu Le Meilleur de Mondes d'Aldous Huxley. Ce livre a beau avoir été écrit en 1931, il mérite toute notre attention.

L'échange final entre l'Administrateur et le Sauvage est remarquable. Deux logiques qui s'affrontent. Mais celle du bonheur est évidemment la plus forte :

«- Mais Dieu est la raison d'être de tout ce qui est noble, beau, héroïque. Si vous aviez un Dieu...
- Mon cher jeune ami, dit Mustapha Menier, la civilisation n'a pas le moindre besoin de noblesse ou d'héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d'incapacité politique. Dans une société convenablement organisée comme la nôtre, personne n'a l'occasion d'être noble ou héroïque. Il faut que les conditions deviennent foncièrement instables avant qu'une telle occasion puisse se présenter. Là où il y a des guerres, là où il y a des serments de fidélité multiples et divisés, là où il y a des tentations auxquelles on doit résister, des objets d'amour pour lesquels il faut combattre ou qu'il faut défendre, là, manifestement, la noblesse et l'héroïsme ont un sens. Mais il n'y a pas de guerres, de nos jours. On prend le plus grand soin de vous empêcher d'aimer exagérément qui que ce soit. Il n'y a rien qui ressemble à un serment de fidélité multiple; vous êtes conditionné de telle sorte que vous ne pouvez vous empêcher de faire ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est, dans l'ensemble, si agréable, on laisse leur libre jeu à un si grand nombre de vos implustions naturelles, qu'il n'y a véritablement pas de tentations auxquelles il faille résister. Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d'une façon ou d'une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. Autrefois, on ne pouvait accomplir ces choses-là qu'en faisant un gros effort et après des années d'entraînement moral pénible. À présent, on avale deux ou trois comprimés d'un demi-gramme, et voilà. Tout le monde peut être vertueux, à présent. On peut porter sur soi, en flacon, au moins la moitié de sa moralité. Le chistianisme sans larmes, voilà ce qu'est le soma. » (LdP, n° 346|347, p. 383, trad. J. Castier)

samedi 12 août 2006

Bonne nouvelle !

Je viens de recevoir ceci dans une promo d'Antidote :
Antidote RX est compatible aux processeurs 64 bits sous Windows, il est universel et Cocoa pour les nouveaux Mac Intel, et il s'adapte même à une toute nouvelle plateforme: Linux.
Enfin un vrai correcteur grammatical sous Linux !

lundi 7 août 2006

441

Deux ans et un quatre-cent-quarante-et-unième billet. Après trois mois d'activités, j'avais déjà écrit un mini bilan. Mes observations demeurent essentiellement les mêmes : le blogue est, d'abord et avant tout, chez moi, une activité nombriliste ou, si l'on veut, une épiphanie de la pensée. Je reviens souvent à cette citation du Journal de Jules Renard : « Écrire, c'est parler sans être interrompu. » Évidemment, cela s'applique à tout le web : il suffit d'y avoir un espace éditable, le blogue n'étant, après tout, qu'une application dynamique d'édition sur le net.

Alors, après deux ans de blogueries, que puis-je en dire ? Essentiellement, chez moi, bloguer sert à maintenir un degré d'awareness, une écologie intellectuelle, comme si mon cerveau restait aux aguets de nouvelles réflexions, de nouvelles joies. Au fil d'une observation, d'une lecture ou d'un mot d'un ami, je me dis : « Diable, j'aimerais bloguer ça ! » Mes Jobineries, sans doute un peu trop éclectiques pour intéresser bien du monde (je ne reçois qu'une centaine de visites par jour, ce qui est quinze fois moins qu'Au fil de mes lectures) sont le reflet de mes attirances, mes accointances. C'est une façon de me plaire.

En éducation ? L'école est tellement lente que lorsque les enfants et les enseignants s'y mettront, mon esprit sera sans doute occupé ailleurs. Non pas que je suis en avance, loin de là : c'est juste que l'école n'est pas de son temps. Après plus de dix ans de web, on en est encore à se demander ce qu'on peut « faire faire » aux enfants sur le net. Le web, il sert à quoi, à part faire de la recherche ? La relation école-ordinateur en est encore au sempiternel traitement de texte. Le scolaire traite l'ordinateur comme une dactylo : c'est tout juste si on n'entend pas le ding à la fin d'une ligne...

Que faire alors ? Pour l'école, j'ai carrément abandonné et ce, malgré de très très beaux projets que je vivrai cette année. Il reste donc l'action individuelle : écrire sur le web, et, peut-être, espérer devenir, pour certains, un modèle du possible. Plus nous serons nombreux à le faire, plus nos enfants, nos amis connus et inconnus, nos parents découvriront peut-être eux aussi le potentiel de ce que cela peut leur apporter et apporter aux autres.

vendredi 4 août 2006

Parabole chinoise

Un vieil homme du nom de Chunglang, qui signifie « Maître des rochers », possédait un petit lopin de terre dans les montagnes. Un jour, il perdit l'un de ses chevaux. Des voisins vinrent alors lui exprimer leurs condoléances pour ce malheur.
Mais le vieil homme leur demanda : « Pourquoi pensez-vous que cela soit un malheur ? » Et voilà que quelques jours plus tard l'animal revint, suivi d'une horde de chevaux sauvages. À nouveau les voisins apparurent, pour le féliciter cette fois-ci de cette aubaine.
Mais le vieil homme leur rétorqua : « Pourquoi pensez-vous que cela soit un aubaine ? »
Les chevaux étant devenus très nombreux, le fils du vieil homme se prit de passion pour l'équitation, mais un beau jour il se cassa la jambe. Alors, encore une fois, les voisins vinrent présenter leurs condoléances et à nouveau le vieil homme leur rétorqua : « Pourquoi pensez-vous que cela soit un accident malheureux ? »
L'année suivante, la commission des Grands Flandrins arriva dans la montagne. Elle recrutait des hommes forts pour devenir valets de pied de l'empereur et porter la chaise de celui-ci. Le fils du vieil homme, toujours blessé à la jambe, ne fut pas choisi.
Chunglang ne put réprimer un sourire.
Hermann Hesse, Éloge de la vieillesse, p. 146, trad. A. Cade, Livre de poche, n° 3376.

dimanche 30 juillet 2006

L'humanité

Un soldat avec un gros bazooka se trouve devant 10 enfants. Derrière les enfants, un autre soldat avec un canif.

- Tu es un lâche. Tu te caches derrière des enfants qui jouent.
- J'ai seulement un petit couteau.
- Sors de là, sinon tu seras responsable du massacre de ces enfants.
- C'est toi qui appuieras sur la gâchette.
Le soldat prend son portable, téléphone à son Général.
- Mon Général, j'en ai un, mais il est terré derrière des enfants. Il a un petit canif. Mais il peut détruire beaucoup avec ça. Que dois-je faire ?
- Attends un instant.
Le Général met en attente son soldat et, d'une autre ligne, appelle sa communauté internationale.
- Hé, George, comment va ?
- Bien ! Que puis-je faire pour toi ?
- Je n'ai plus de munitions. Tu pourrais m'en faire parvenir ?.
- Pas de problème, je t'envoie ça immédiatement.
- Merci !
Il prend la première ligne et dit :
- Soldat, tire. On te renverra des munitions.
- À vos ordres, mon Général.
- Alors, il a dit quoi ton chef ? lance le soldat caché derrière les enfants.
- Il m'a dit de tirer.
Le lâche fait une prière à son dieu. Les enfants jouent toujours.
L'autre lâche fait BOOOM !

[Fin alternative]

- Alors, il a dit quoi ton chef ? lance le type caché derrière les enfants.
- Il m'a dit de tirer. Mais je trouve ça ridicule. Le grand-père de ton grand-père haïssait certainement le grand-père de mon grand-père.
- Je pense plutôt que c'est le grand-père du grand-père de ton grand-père qui haïssait le grand-père du grand-père de mon grand-père.
- Que proposes-tu?
- Jette ton bazooka, je jette en même temps mon canif.
- J'ai pas confiance en toi.
- Moi non plus.
- Je jette mon bazooka, tu jettes ton canif et on tire une ligne ici, entre nous. On y met des petits hommes bleus. Ils s'assurent que tu ne dépasses pas la ligne. Et que je ne dépasse pas la ligne.
- Et ?
- Et je vais voir mon Général.
- J'irai voir le mien.
- Et on leur dira d'arranger tout ça.
- Oui, on leur dira d'arranger tout ça.
- Et s'ils ne veulent pas ?
Le soldat au bazooka réfléchit un petit moment.
- Si mon Général ne veut pas, j'écrirai des chansons.
Et du même souffle, il demande à l'autre. « Et si ton chef ne veut pas arranger ça ? »
Le gars au canif prend aussi un moment de réflexion.
- S'il ne veut pas, je composerai la musique.

samedi 29 juillet 2006

École en gros

La dernière annonce Bureau en Gros à la TV : un jeune demande de l'attention de son père « Papa, papa, papa ... quand fera-t-on des trucs ensemble ? » Le bonhomme paraît bien découragé. Et hop, miracle : le petit, la mine basse, se trouve avec plein d'effets scolaires, et le papa, sourire aux lèvres, lance « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? »
C'est alors que, sur le même ton, Aurélie me lance : « Pourquoi s'occuper de ses enfants quand on peut les envoyer à l'école ? »

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