Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 25 juillet 2006

Deux bougies

Estéban à deux ans. Tout va si vite. Ici, Andréanne raconte ; , le premier billet sur le blogue du p'tit.

dimanche 23 juillet 2006

Nostalgia

Petite nostalgie ce matin. J'écoute Espace-Musique, et Gilles Dupuis, animateur de l'ex Grande Fugue me manque terriblement. D'ailleurs, qu'est-il devenu ? Hier, samedi, à 10h, j'espérais encore Chronique du disque...
Depuis deux ans maintenant que la SRC a modifié la vocation de sa radio culturelle, et je me rends compte que j'écoute beaucoup moins la radio.

mercredi 19 juillet 2006

Un départ

Une nouvelle catégorie voit le jour sur mon blogue : Squeakeries. Pour ce premier billet officiel (j'ai déplacé trois anciens billets où je mentionnais Squeak vers cette nouvelle catégorie) je vais relater mon expérience d'appropriation de cet univers.

Premier contact

C'est un collègue qui m'a suggéré fortement de regarder Squeak. Ce que je n'ai pas fait immédiatement. Mais après avoir lu quelques messages de l'AFUL, je me suis livré à une très courte recherche sur le web. Je suis alors tombé sur cette merveilleuse vidéo où l'auteur introduit Etoys en programmant une bibite sortant d'elle-même d'un labyrinthe . Je n'ai su que bien plus tard que cet exemple était classique et faisait partie d'une première approche très connue d'Etoys. Toujours est-il que cette vidéo a eu un effet monstre chez moi car j'ai immédiatement compris tout le potentiel pédagogique d'un tel outil. Mes lecteurs savent déjà que je crois qu'il faut absolument que les enfants apprennent à programmer, tout au moins minimalement, un ordinateur. Je crois que programmer permet, entre autres, d'actualiser et d'ancrer sa pensée dans la réalité.

Se faire une webidée

Lorsque je désire en apprendre un peu plus sur un sujet, je commence toujours par m'en faire une webidée. Cela consiste à taper un mot dans Google et, partant du résultat, naviguer assez rapidement (surfer) sur les sites. Ce faisant, j'ai commencé à me faire un certain portrait de ce qu'était Squeak. Mais ce portrait était très flou, comme une photo qu'on capture en tremblant. Je discernais plusieurs mots/concepts que j'avais peine à comprendre : Smalltalk, Seaside, les Images, la version française, le greffon (plugin), les morphs, etc. Bref, j'étais complètement perdu. Après m'être calmé, j'ai décidé d'installer le logiciel sur mon portable Linux.

L'installation

Décrite ici, l'installation n'est pas évidente. Qu'est-ce que VM? Image? Source? Que faut-il faire avec tout ça? La page en question n'est vraiment pas claire. Je me suis donc battu un peu avec ma première installation jusqu'à ce que je tombe sur ce petit bijou. (Si vous êtes sous Windows, l'équivalent se trouve ici. Sous Mac, c'est .)

Premier lancement

Squeak, c'est un langage de programmation. Mais au premier lancement, on est tout de suite dépaysé. Tellement, que je me suis inscrit à la liste de discussion francophone de Squeak et sur un commentaire d'un fil, j'ai laissé ceci :
Je suis très novice dans Squeak. Je programme énormément en PHP et en javascript. Je connais en amateur éclairé JAVA), mais l'environnement Squeak est tellement... déstabilisant. (Dans Java, on écrit le source, on compile, et on regarde ce que ça donne...)
Hilaire Fernandes, père de DrGeo a alors pris le temps d'écrire une jolie réponse dont voici un extrait :
[...] programmer dans un environnement Smalltalk vous change la vision que vous pouvez avoir sur la programmation. J'ai pratiqué quelque autres langages, surtout C++ mais aussi un peu Python, Java.
Avec Smalltalk, on change de plan conceptuel, non que les choses soient plus difficiles, mais simplement la vision de ce que doit être le langage et son environnement de développement est totalement différente. Ce qui explique que tu te sens déstabilisé.
Une fois que l'on maîtrise les deux approches, la traditionnelle (que tu décris très bien par: on écrit le source, on compile, et on regarde ce que ça donne...) et celle de Smalltalk (que j'ai envie d'appeler celle des petits pas), la 2e apparaît de loin comme très supérieure.
De la première approche j'en ai été gavé pendant des années. La deuxième, je la pratique depuis peu, mais j'ai découvert que cette dernière me permettait d'aller beaucoup plus vite, d'avoir une approche du développement plus en continuité, moins brutale dans les transitions entre les moments forts du développement: édition de code, compilation, test, débogage. Avec Smalltalk le passage d'un de ces moments à l'autre se fait par epsilon alors que dans l'autre approche c'est à coup de ruptures brutales, mentalement déstabilisantes et stressantes pour le programmeur.
Vous pouvez lire le fil complet de la discussion. Encouragé par les paroles de M. Fernandes, j'ai poursuivi ma webexploration ce qui m'a permis de situer quelques concepts clés.
  • Squeak, c'est du Smalltalk libre. Smalltalk? C'est un vieux langage (années 70) de programmation inventé par Alan Kay. Smalltalk se voulait assimilable même par des enfants. Si vous lisez un livre sur Smalltalk, vous pourrez quasi directement appliquer son contenu à Squeak. Donc, conceptuellement et pratiquement parlant, Squeak et Smalltalk, c'est la même chose. Et puisque Smalltalk n'est pas très jeune, les ressources sur le web sont immenses.
  • On ne sauvegarde pas vraiment des fichiers dans Squeak: on enregistre plutôt l'image qui contient toutes les classes et les objets. Ces images sont entièrement portables d'un ordinateur à l'autre.
  • Dans Squeak, tout est objet.
  • Morph est un ensemble de classes permettant de programmer dans un environnement graphique.
  • Une Image de base contient plus de 1500 classes !

Comment coder

J'avais beau explorer les onglets qui entourent la fenêtre Squeak, j'avais beaucoup de difficultés à voir comment on pouvait coder un simple Hello world ! Et là, mes weblectures (voir plus bas) m'ont amené à comprendre le Browser, la fenêtre Transcript et la fenêtre Workspace. Pour accélerer un peu votre apprentissage de Squeak, je vous suggère l'étude de textes suivants :
Toutes ces références ne représentent qu'une partie de mes pérégrinations Squeak-Web, mais, à mon avis, vous saurez fort bien vous débrouiller à partir de là !

Et la pédagogie ?

Je reviendrai sur l'aspect pédagogique de Squeak. J'aimerais cependant vous conseiller fortement le livre Squeak : Learn Programming with Robots du brillant Stéphane Ducasse. M Ducasse est français mais son livre n'est disponible qu'en anglais. Dans sa préface, il nous dit « My ultimate goal is to teach you object-oriented programming, because this particular paradigm provides an excellent metaphor for teaching programming. » Sur le site consacré à BotsInc, il écrit « I wrote this book for my wife, who is a physics and mathematics teacher in a French school where the students are between eleven and fifteen years old. She had to teach computer sciences and I decided to help her understanding key concepts in programming and teaching them. As a computer scientist, I was aware of work on the programming language Logo and that the programming language Smalltalk had been influenced by the ideas of Logo. I discovered that Smalltalk is a powerful language and has a simple syntax that mimics natural language and that it had originated from research on teaching programming to children. » Ce livre fait vraiment un bon boulot : l'enseignement du langage-objet à l'aide de petits robots dans l'univers de Squeak.

N'hésitez pas à vous lancer dans le merveilleux apprentissage du monde de Squeak. Je n'en suis qu'au début mais déjà je ressens une belle jouissance intellectuelle à son contact.

Lectures

Mes lectures du mois sont arrivées par la poste ce matin.

samedi 8 juillet 2006

Bibliopathie

J'aime trop les livres pour supporter de seulement leur rendre visite [...]
Claude Roy, La fleur du temps.


Nous avons tous nos folies, nos compulsions. La mienne, c'est les livres. L'achat de livres. Je ne sais pas résister. Il y a un moment à peine, j'ai commandé à la librairie Pantoute de Québec : le Moatti (voir billet suivant), le classique de Susan Blackmore La théorie des mèmes, un Savater (De l'Éducation) et, qui sort tout juste en format poche, La complexité, vertiges et promesses de Reda Benkirane.

Autre exemple de mon problème : lundi dernier, en lisant le blogue d'Alexandre Moatti, je suis tombé sur ce billet où il cite un livre dont j'ignorais complètement l'existence : La fascination des nombres de Reichmann. Via Abebooks.fr, je passai la commande chez un bouquiniste de Montreal. Deux jours plus tard, le bijou était à la maison.

Je compte bien inventorier ma bibliothèque cet été. Mon dernier inventaire sérieux date de 1990 : j'avais utilisé le logiciel DOS File Express pour ce faire. J'avais alors plus de 3000 livres. J'estime que j'en ai actuellement plus de 5000.

Je réfléchis beaucoup à ce qu'il en adviendra à ma mort. Je jongle avec l'idée de tout laisser à la bibliothèque municipale, à la condition que la collection soit bien identifiée comme étant la mienne. L'autre possibilité est de léguer tout ça à une de mes filles. Mais c'est, évidemment, un cadeau terrible : des centaines de boîtes à entreposer...

Ma bibliothèque est le fruit de ce que je suis/étais/désire/désirais/... Par exemple, j'ai plusieurs centaines de livres sur le jeu d'échecs. Dont certaines raretés. J'ai aussi une immense collection de livres sur les jeux, puzzles, casse-tête, énigmes mathématiques. Il faut voir aussi ma jolie collection de livres de citations dont la première édition du Guerlac (1931), tous les livres de Genest (années 20 et 30), Le citateur dramatique de Léonard Gallois (1829), trois des quatre éditions du Recueil d'idées du père Étienne Blanchard, etc. Cet ensemble permet un voyage unique dans cet univers très particulier de l'art de la citation.

Cette compulsion, plusieurs en souffrent. Claude Roy par exemple. J'ai terminé cette semaine la lecture de son journal 1983-1987 et j'y ai trouvé quelques pages (160-172) sur le thème bibliothèque-librairie :

« Je révère les grandes bibliothèques, arche de Noé de la parole, citadelles de mémoire, conscience et inconscience du savoir et des folies des siècles. » Un peu plus loin : « ... on sait bien que la révérence n'est pas l'amour et que le respect peut n'être pas dépourvu de froideur. Je m'incline devant les bibliothèques cardinales. J'ai souvent recours à elles. Mais je m'incline avec un peu d'effroi. Je les utilise quand je ne peux absolument pas faire autrement. Je l'avoue, je ne suis pas l'homme de ces immenses conservatoires de l'imprimé. J'aime trop les livres pour supporter de seulement leur rendre visite, pour pouvoir abandonner les volumes, à la fermeture, aux gardiens de leurs glorieuses Bastilles. J'aime que les livres partagent ma vie, m'accompagnent, flânent, travaillent et dorment en ma compagnie, se frottent aux bonheurs du jour et aux caprices du temps, acceptent des rendez-vous avec moi à des heures « impossibles », ronronnent avec la chatte au pied de mon lit,ou traînent avec elle dans l'herbe, écornent un peu leurs pages dans le hamac d'été, se perdent et se retrouvent. Les livres sont pour moi plutôt des amis que des serviteurs ou des maîtres. C'est pourquoi je préfère aux bibliothèques les magasins d'où l'on sort avec son ami sous le bras, les grandes ou les petites librairies, et les membres de leur famille, bouquineries, librairies spécialisées [...] » Et ça continue ainsi sur plusieurs pages.

Être entouré de livres me rend heureux. Entre la possibilité de me payer l'aide d'un psychologue qui pourrait me guérir de ma bibliopathie et celle d'acheter encore quelques livres, je crois que mon choix est déjà fixé.

mercredi 5 juillet 2006

Moatti chez Jacob

Les indispensables mathématiques et physiques pour tous d'Alexandre Moatti vient de paraître chez Odille Jacob. C'est 42 $, mais comment résister ? Et puis, j'aime bien les auteurs qui tiennent un blogue.

vendredi 30 juin 2006

L'art littéraire

La littérature n'est pas née le jour où un jeune garçon criant « Au loup ! Au loup ! » a jailli d'une vallée néandertalienne, un grand loup gris sur ses talons : la littérature est née le jour où un jeune garçon a crié « Au loup ! Au loup ! » alors qu'il n'y avait aucun loup derrière lui. Que ce pauvre petit, victime de ses mensonges répétés, ait fini par se faire dévorer par un loup en chair et en os est ici relativement accessoire. Voici ce qui est important : c'est qu'entre le loup au coin d'un bois et le loup au coin d'une page, il y a comme un chatoyant maillon. Ce maillon, ce prisme, c'est l'art littéraire.
Vladimir Nabokov, Austen, Dickens, Flaubert, Stevenson, Éditions Stock.

mercredi 28 juin 2006

Squeak Live CD

Julien Ithurbide a gentiment mis en ligne sa première version d'un Live CD Squeak (144M). Basé sur une Knoppix, au démarrage, on vous demandera la résolution désirée et hop ! vous vous retrouverez, en français, dans l'environnement Squeak.

dimanche 25 juin 2006

Modestes suggestions

Un copain me demandait récemment de lui suggérer quelques lectures pour l'été. Je constate que j'ai toujours de la difficulté à répondre à cette demande car, lorsqu'on a aimé un livre, qu'on le propose à un ami, et que ce dernier n'a pas eu le même engouement, une curieuse tristesse m'envahit.

M'enfin, voici mes quelques suggestions.

1 - Baricco. Bien des gens ont lu Soie, mais je suggère plutôt Châteaux de la colère (mon préféré) ou Océan-Mer.
2 - Folco : Dieu et nous seuls pouvons. Hé, hé, je connais plusieurs personnes qui l'ont abandonné après les trois premières pages. Mais il faut continuer : c'est un excellent roman. Faites l'expérience de le lire à haute voix à votre copain, votre copine, sur le patio.
3 - Suskind : Le Parfum. Bon, tout le monde le connaît celui-là, mais pourquoi ne pas le relire en respirant les parfums de l'été ?
4 - Borgès : Fictions. Merveilleux, sublime recueil de nouvelles.
5 - Bernhard : Maîtres Anciens. Une expérience littéraire. Un chef-d'oeuvre.
6 - Mankell : Le retour du professeur de danse. Un assez bon polar publié récemment.
7 - Sackville-West : Toute passion abolie. On tombe en amour avec la p'tite vieille.
8 et 9 : Crouzet (Le peuple des connecteurs) et Jouxtel (Comment les systèmes pondent), deux essais faciles à lire et qui vous permettront de méditer à la plage.
10 - Henri Cueco : Dialogue avec mon jardinier. Petit roman à lire au jardin.
11 - Fermez la télé, et lisez à vos enfants, à haute voix, un petit peu chaque jour, Le merveilleux voyage de Niels Holgerson de Selma Lagerlöf ou encore L'Armoire magique de C.S. Lewis.

vendredi 23 juin 2006

Le voyage

Paul Morand citant son père dans Le voyage, Notes et Maximes, Librairie Hachette, 1927.

Le plus beau voyage d'ici-bas
C'est celui qu'on fait l'un vers l'autre.

À rapprocher des merveilleux vers de La Fontaine (Les Deux Pigeons):

Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;

jeudi 22 juin 2006

Lecture estivale

Ce billet m'a bien fait rire, même si ce n'est pas drôle ! Particulièrement le commentaire numéro 6 de l'auteur au regard de la formation de maîtres passionnés. J'entends le soupir de Marie : Ah ! la passion.

Je pense qu'au MELS, on gagnerait à relire (lire?) Montaigne. Dans le chapitre 26 des Essais, on trouve :
À un enfant de maison qui s'appliquera aux lettres, non pour le gain (car un but si abject est indigne de la grâce et de la faveur des Muses, et puis il regarde autrui et en dépend) ni pour les commodités sociales, mais pour lui-même, pour s'en enrichir et parer son for intérieur, et si l'on veut faire de lui un habile homme plutôt qu'un homme savant, je voudrais qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, les deux étant à souhaiter, mais les manières et l'intelligence devant passer avant la science; et puis qu'il remplît sa charge selon de nouvelles méthodes. On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme si on versait dans un entonnoir, et notre charge consiste à redire ce qu'on nous a dit. Je voudrais que le précepteur corrigeait ces façons et que dès le début, s'adaptant à l'âme qui lui est confiée, il commençât à la mettre sur la piste, lui faisant goûter les choses, d'elle-même les choisir et les discerner, quelquefois lui ouvrant le chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu'il invente et parle seul, je veux qu'il écoute son élève parler à son tour. Socrate et, après lui, Archésilas faisaient parler d'abord leurs disciples, et puis ils leur parlaient. [NDA : Ici, Montaigne cite Cicéron : « L'autorité de ceux qui enseignent nuit la plupart du temps à ceux qui veulent apprendre.  »]

[...]

Qu'il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu'il juge du profit qu'il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie. Que ce qu'il viendra d'apprendre, il le lui fasse mettre en cent visages et accommoder à autant de divers sujets, pour voir s'il l'a encore bien pris et bien fait sien, prenant l'instruction de son progrès des pédagogismes de Platon.

[...]

Qu'il lui fasse tout passer par l'étamine et ne loge rien en sa tête par simple autorité et crédit. Que les principes d'Aristote ne soient principes pour lui, non plus que ceux des Stoiciens et des Épicuriens. Qu'on lui propose cette diversité de jugements: il choisira s'il peut, sinon il restera dans le doute. Il n'y a que les fous qui aient imperturbablement des certitudes.
Dernière remarque mais elle est, pour un citateur, de grande importance. C'est dans le premier paragraphe qu'on trouve la citation tellement répétée « qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine » qu'on rapporte souvent ainsi : « Mieux vaut une tête bien faite que bien pleine. » Plusieurs croient que la remarque de Montaigne s'adresse aux enfants. S'appuyant seul sur cette citation prise hors contexte, c'est tout faux car il est bien question ici du précepteur, de l'enseignant ! Cependant, il est très clair dans tout le chapitre 26 que Montaigne juge ce principe tout aussi valable pour les élèves. Tiens, tiens... je pourrais suggérer à monsieur le Ministre de l'Éducation Montaigne en lecture d'été !

samedi 17 juin 2006

Que faire ?

Comment se fait-il que les enfants qui pétillent de l’envie d’apprendre quand ils ont cinq ou six ans se retrouvent un peu plus tard démoralisés, atones, sans motivation pour l’école ? Qu’est-ce qu’on a fait de faux ?
Émile, On n’explique pas tout aux enfants.


Dans ce billet de François Guité, un joli tableau qui illustre bien ce que tout le monde sait depuis de nombreuses années : l'école est, généralement parlant, plate. Et déjà en 1983, plus de 60 % des élèves étaient de cet avis. Qu'a-t-on fait depuis ? Si on en croit le tableau, pas grand-chose car la proportion a dépassé les 70 %.

Quand on prend la peine de demander aux élèves ce qu'ils pensent de l'institution scolaire, la réponse est invariablement la même : « Ça ne vaut pas grand-chose et on y perd son temps. » Bien entendu, nous, adultes savants, avons la réplique facile : « T'es jeune encore, tu verras plus tard en quoi elle t'aura été utile. » Comment supporter (plusieurs y arrivent) de voir tous ces adolescents blasés?

Le problème, c'est que nous ne savons absolument pas quoi faire avec ça. On aura beau implanter toutes les réformes que l'on voudra, si on n'écoute pas vraiment les jeunes, rien ne s'améliorera.

Je suis sans doute l'un des rares à penser que ce qu'on apprend à l'école n'est pas important. C'est être en état d'apprentissage qui importe ! Car avec cet état viennent joie et euphorie de vivre.

Dans les discours et les documents du MELS, on sent un net recul de l'importance accordée au développement des compétences transversales par rapport aux compétences disciplinaires. C'est l'inverse qu'il faut réaliser : supprimer les disciplinaires pour ne vérifier que le développement des compétences transversales. Mais ça, c'est aussi une solution d'adulte...

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 >