Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 2 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 60

Les habiletés s'acquièrent, les ruses s'introduisent.

Les femmes de quarante ans jouissent de l'amour et tremblent : c'est le baiser du départ.

Les heureux prennent les contrariétés pour des peines, oubliant de se comparer.

Hélas! on ne considère jamais le pauvre tout à fait comme soi, et notre pitié s'en rétrécit.

La femme romanesque n'est pas toute au présent : elle caresse le passé et bâtit dans l'avenir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 1 novembre 2012

De toutes les Paroisses, page 59

De toutes les Paroisses, page 59 La faim du coeur est comme l'autre faim, criarde, certains jours.

Heures douces, donnez-nous des forces !

Pour parler de soi que ne dit-on pas? on se calomnie.

On commence par être le confident, et puis on change de titre.

Notre rire est bien souvent plus bête que nous.

Derrière les piliers d'une église, que d'amoureux repentants viennent, les yeux caves, demander l'oubli !

Un amant qui n'a pas encore abdiqué toute timidité n'est pas complètement entré dans la carrière.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 31 octobre 2012

La distributivité

Courriel provenant d’une enseignante : Comment peut-on expliquer l'importance d'apprendre la distributivité à des élèves de 5e année ??? Il y en a une qui s'obstine à dire que c'est trop long à calculer pour rien !

Ex :  52 x ( 5+2 ) 
Plus court 52 x 7  que (52 x 5) + (52 x 2)

Et elle n'a pas tort !


Réponse envoyée à l'enseignante :

Ton élève a parfaitement raison. Il est tout à fait ridicule d’utiliser la distributivité dans un problème arithmétique à moins que celle-ci n’accélère le calcul. J’ai vu des pages et des pages de «problèmes» dans lesquelles on demandait aux élèves de calculer des expressions arithmétiques en utilisant la distributivité. Imagine 50 problèmes tels que celui de ton exemple. Non seulement c’est abrutissant, mais c’est surtout complètement inutile.

Voici donc ce que je répondrais à ton élève.

D’abord, je lui montrerais que les nombres, c’est quasiment «vivant». Et qu’on peut les «combiner» via des «opérations.»

Commençons par l’addition : 8 + 5 c’est tout comme 5 + 8 (il faut rendre l’opération concrète, par exemple avec des ensembles de jetons).

Cette propriété qui permet de «switcher» les nombres par rapport à une opération tout en gardant la même valeur globale s’appelle commutativité de l’opération. Ici, la commutativité de l’addition.

Toujours avec des jetons, je lui ferais remarquer que cette propriété est vraie pour la multiplication, mais fausse pour la soustraction et la division.

Je passerais pas mal de temps sur la commutativité de la multiplication. Pourquoi ? Parce qu’on peut en faire ressortir l’aspect «mystérieux» :

Ex. 97 x 93 (si on donne le sens de «multiplier par» au symbole x) signifie :

97 + 97 + 97 + ... + 97 } 93 fois

alors que 93 x 97 signifie :

93 + 93 + 93 + ... + 93 } 97 fois

Comment se fait-il que le résultat soit le même ??? La question est intéressante et, en y répondant, on prouve que la multiplication est commutative chez les nombres naturels.

Je ferais ensuite remarquer que cette évidence (avec des jetons, c’est assez facile à démontrer) ne l’est pas pour TOUTES les structures mathématiques. Par exemple, un enseignant NE PEUT PAS DIRE que la commutativité de la multiplication est TOUJOURS VRAIE. En effet, il a des structures mathématiques (par exemple, les matrices) pour lesquelles c’est faux.

Bon, mais qu’en est-il de la distributivité de la multiplication sur l’addition ?

En fait, l’intérêt de cette propriété se manifeste surtout en algèbre : ex. 3 ( 2x +6 ) + 12 = 6x + 18 + 12 = 6x + 30. Et on peut même continuer par la factorisation, soit 6(x + 5). La distributivité joue dans les deux sens : a ( b + c) = ab + ac et ef + eg = e(f+g)

Ces «deux sens» (de droite à gauche, et de gauche à droite) par rapport au symbole = est TRÈS IMPORTANTE. Et il faut s’assurer que l’élève est à l’aise avec ces deux visions d’une même réalité.

Ceci dit, pour un élève de 5e, parler d’algèbre, c’est un peu comme lui dire :«Tu verras, tu en auras besoin plus tard», ce qui, à mon avis, ne doit JAMAIS ce faire. Les avantages d’un apprentissage doit être, généralement parlant, IMMÉDIATS.

Donc, que faire avec cette élève ?

D’abord, lui montrer la beauté de la chose.

Ex. 105 x 99. À la calculatrice, c’est assez simple à pitonner. Mais en calcul mental, c’est beaucoup plus ... intéressant. Essayons de comprendre :
105 + 105 + 105 .... + 105 
-------  99 fois --------

revient à faire :
 105 + 105 + 105 .... + 105   -  105
------- 100 fois -------     moins 1 fois.


ce qui, faut bien l’avouer, est beaucoup plus simple à compter dans sa tête puisqu’il suffit de faire 10500 - 105.

La généralisation de cette idée s'appelle la DISTRIBUTIVITÉ : 105 x 99 = 105 ( 100 - 1) !!!

D’ailleurs, dans l’algorithme de multiplication, c’est toujours ce principe de distributivité qui est utilisé. En maths, l’élève doit COMPRENDRE ce qu’il se passe, et non pas apprendre des recettes qu'il oubliera très rapidement.

Par la suite, au lieu de donner aux élèves des tonnes de «distributivité» à réaliser, je leur demanderais plutôt de trouver des manières de calculer plus rapidement des expressions arithmétiques. Puis, en gang, on vérifierait les méthodes des uns et des autres POUR LES MÊMES problèmes. On trouverait alors les avantages et les désavantages des méthodes utilisées, et on établirait les conditions dans lesquelles ces méthodes sont optimisées. L’idée est de rendre l’élève CRÉATEUR d’algorithmes mathématiques, et CRITIQUE des méthodes trouvées. On pourait ensuite faire des «vraies» mathématiques en leur demandant de GÉNÉRALISER ces algorithmes. On entre ainsi dans la troisième compétence (Communiquer à l'aide du langage mathématique) si on amène les élèves à exprimer clairement leurs découvertes.

De toutes les Paroisses, page 58

On a affirmé l'existence future quand on a dit : Dieu est juste.

En fait de succès, qui a le jour n'a souvent pas le lendemain.

Trois est le nombre charmant ; deux pour agir, un troisième pour regarder.

La femme sait souvent obéir dans les petites choses pour commander dans les grandes.

Bonheur inappréciable : être une volonté.

Une pensée vivra, quand dix mille volumes périront.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 30 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 57

Le pauvre est exclu de tout et n'est visité que par le désir : que d'excuses !

Soyons luxueusement bons avec les méchants.

Il y a quelque chose de plus répugnant que l'adultère, c'est la mère qui abandonne l'enfant.

Les femmes se pardonnent plus aisément entre elles la supériorité de l'esprit que celle de la toilette.

On plaît par son esprit, tout autant par sa table.

Il est des gens qui ne chercheraient pas l'occasion indélicate ; elle passe devant eux, leur délicatesse s'oublie.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 29 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 56

L'harmonie de nos goûts avec notre part dans la vie fait la félicité.

Un mari, par mille manières, doit aussi chercher à se rajeunir.

Il faut savoir être la femme d'un artiste, l'encensoir à la main.

Les sots aiment à voir leur femme admirée par tous; les sages en souffrent.

On se dépêche souvent le matin sans que le travail y gagne, pour flânerie soir.

On fuit la pédanterie, comme on fuit les mauvaises odeurs.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 28 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 55

Quel panier de fleurs fraîches que les jolies pensées de l'adolescence!

Un bonheur vaut ce qu'il coule.

Aimer sans espoir, c'est encore au coeur un coin bleu.

La tactique d'une femme est toujours de persuader à son mari qu'il est le maître, et il ne fait pas de difficulté pour le croire.

Il y a la timidité du bonheur, mais peu d'heureux la connaissent.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 27 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 54

Un mari qui n'a pas quelquefois le cadeau à la main, ou la louange à la bouche, est un mari un peu en danger.

Ce qu'un mari n'obtient pas, une femme l'offre à son amant.

Pour être bon mari, il faut de la finesse sans en avoir trop, et ne chercher à comprendre que les deux tiers de ce qui se passe autour de soi; la confiance remplira le reste.

Les pauvres maris! les jeunes filles modernes font trouver leur sort moins enviable ; on commence à avoir pour eux quelque pitié.

La jalousie qui vient de l'amour peut s'excuser par sa fièvre.

Il y a en nous des désirs qui y restent ; même vaincus, ils exhalent quelques bas soupirs de temps en temps : c'est toute leur vie.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

Univé 2012

UNIVÉ

21 au 27 Octobre 2012
Hoogeveen, Pays-Bas - site officiel.

Double rotation. Cadence : 90m:30m+30spc(1). Classement final.

POSJoueur1234Points
1Nakamura, Hikarupion
2Tiviakov, Sergei½pion13
3Giri, Anish½1pion1
4Hou, Yifan½½1pion2


Choisissez une partie :

vendredi 26 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 53

Il y a de jolis yeux qui se meuvent, qui jouent avec l'expression, qui chuchotent, qui donnent à lire, qui envoient des baisers comme des bouches.

On a l'amour plus ou moins goulu; certains amoureux rappelent l'enfant perdu jusqu'au menton dans sa tartine.

Un ancien baiser recherche longtemps son ancienne place.

Souffrance de ne plus entendre les cloches, si harmonieuses, si implorantes dans leur appel; vide qui endeuille l'âme et le souvenir.

N'expose même pas le bonheur le plus sûr.

Il y a des douleurs si muettes, si puissantes, qu'elles vous attirent.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 25 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 52

Les joies des petits, de ceux qui sont saturés de peines, comme elles sont vives, jeunes, vraies, touchantes à voir, quel bel élan de sincérité !

Notre confiance a beau recevoir des balafres de tous côtés, elle ose encore.

Il n'y a qu'un envers, pas d'endroit à la sottise.

Elle est bien froide, la tombe, quand par les lassitudes du coeur on n'en a pas entrevu le repos.

L'entrain, c'est le diable au corps, c'est la malice dans l'esprit, c'est le voyage dans le sang : vive l'entrain !

Quelle tentation : pouvoir !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 24 octobre 2012

De toutes les Paroisses, page 51

Soyons coquets de notre fraîcheur morale; elle donne une belle physionomie à notre vie.

La fierté s'appuie sur des raisons, l'orgueil sur des sottises.

On peut être honnête sans être ingénu ; on a envie de souhaiter un peu de malice à certaines honnêtes gens.

Quand on ose mentir, on ose aller plus loin.

La nature est taquine ; les désirs des neveux héritiers prolongent la vie des oncles.

Comme elles s'ennuieraient entre elles, nos qualités, si nos défauts ne venaient les contredire !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 >