Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 13 décembre 2011

Citations quotidiennes 13.12.11

Comment peut-on voir cette beauté de l'âme bonne ? Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d'une statue qui doit devenir belle ; il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu'à ce qu'il dégage de belles lignes dans le marbre ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu'à ce que l'éclat divin de la vertu se manifeste, jusqu'à ce que tu voies la tempérance siégeant sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Est-ce que tu as avec toi-même un commerce pur, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d'autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une lumière véritable, non pas une lumière de dimension ou de forme mesurables qui peut diminuer ou augmenter indéfiniment de grandeur, mais une lumière absolument sans mesure, parce qu'elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu dans cet état ? Tu es alors devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici, tu as monté ; et tu n'as pas plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois.
Plotin (Ennéades, I, VI, cité par Dominique Doucet dans Ne cesse pas de sculpter ta propre statue, trad. Émile Bréhier, p.9, Pleins Feux coll. Variations, 2005)

La conscience doit faire partie de l'image du monde ! Et la science n'a même pas encore commencé à travailler dans cette direction...
Andrei Linde (L'inflation chaotique de l'univers, p.357, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)

Vous qui écrivez, prenez une matière proportionnée à vos forces ; soupesez longuement ce que vos épaules peuvent ou ne peuvent pas porter. Si vous choisissez un sujet qui vous convienne, vous ne manquerez ni d'abondance, ni de cette clarté qui vient de l'ordre.
Horace (Art Poétique p. 260 in Oeuvres, Garnier-Flammarion n° 159)

[...] L'homme en tous les temps sent quelque jouissance
Auprès des heureux qu'il a faits.
François-Antoine-Eugène de Planard (Le Faux Paysan, acte 1, sc. 2 (Le comte), 1811)

La neige, le chaos, les tempêtes. [...] La vie bouge dans tous les sens. Que maîtrise-t-on, au juste ?
Henning Mankell (L'Homme qui souriait, trad. Anna Gibson, p.65, Seuil/Policiers, 2005)

Source : Au fil de mes lectures.

Problème 2

Les Blancs jouent
et matent en 3 coups


G. F. Andersen
B.C.F. Tourney, 1945-46
Solution dans le premier commentaire.

lundi 12 décembre 2011

Francis Bacon et les études

C'est Bacon qui dit : « La lecture fait l'homme complet, la conférence fait l'homme préparé, et la rédaction l'homme exact ».
M. Adler, Comment lire les grands auteurs, trad. Louis-Alexandre Bélisle , p.371, Le Club des Grands Auteurs, 1964


En voulant à savoir un peu plus sur cette phrase donnée en exergue, je suis tombé sur le texte ci-dessous dans lequel Francis Bacon (1561 – 1626) nous parle des études. Rempli de belles réflexions, je le retranscris ici.

Les études sont pour l'esprit une source d'amusement, d'ornement et d'habileté. Une source d'amusement, dans la retraite et la solitude ; une source d'ornement, dans les entretiens particuliers et les discours publics ; enfin une source d'habileté, dans la vie active où elles mettent en état de faire des observations et des dispositions judicieuses. Un homme instruit par la seule expérience est plus propre pour l'exécution, et même pour juger en détail des personnes et des choses prises une à une ; mais un homme instruit par l'étude l'emporte sur lui pour les vues générales et la direction principale des affaires. Employer trop de temps à l'étude n'est qu'une paresse décorée d'un beau nom ; prodiguer à tout propos les ornements qu'on peut tirer de ses études n'est qu'une affectation ; ne juger des hommes et des choses que d'après les règles tirées des livres est une méthode qui ne convient qu'à un scolastique et à un pédant. Les lettres perfectionnent la nature, et sont elles-mêmes perfectionnées par l'expérience, les talents naturels, ainsi que les plantes, ayant besoin de culture ; mais les directions qu'on en tire sont trop générales et trop vagues si elles ne sont limitées et déterminées par l'expérience. Les intrigants méprisent les lettres, les simples se contentent de les admirer, les sages savent en tirer parti ; car les lettres seules sont insuffisantes et ne suffisent pas même pour nous apprendre à bien user des lettres. Ce qui peut nous apprendre à en faire un bon usage, c'est une certaine prudence qui n'est pas en elles, qui est au-dessous d'elles, et qu'on ne peut acquérir que par l'expérience ou l'observation. Quand vous lisez un ouvrage, que ce ne soit ni pour contredire l'auteur et le réfuter, ni pour adopter sans examen ses opinions et le croire sur sa parole, ni pour briller dans les conversations ; mais pour apprendre à réfléchir, à penser, à examiner, à peser et ce que dit l'auteur et tout le reste. Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres qu'il faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre, qu'il faut pour ainsi dire mâcher et digérer. Je veux dire qu'il y a des livres dont il ne faut lire que certaines parties; d'autres qu'il faut lire tout entiers, mais rapidement et sans les éplucher ; enfin, un petit nombre d'autres qu'il faut lire et relire avec une extrême application. Il en est aussi qu'on peut lire, en quelque manière, par députés, en en faisant faire des extraits par d'autres. Bien entendu qu'on ne lira ainsi que ceux qui traitent des sujets peu importants ou qui ont été écrits par des auteurs médiocres. Dans tout autre cas, ces livres ainsi distillés sont aussi insipides que ces eaux distillées qu'on trouve dans le commerce. La lecture donne à l'esprit de l'abondance et de la fécondité; la conversation, de la prestesse et de la facilité; enfin, l'habitude d'écrire, de la justesse et de l'exactitude. Tout homme qui est paresseux à écrire a besoin d'une grande mémoire pour y suppléer ; celui qui converse rarement ne peut y suppléer que par une grande vivacité naturelle d'esprit ; enfin, celui qui lit peu a besoin d'une grande adresse pour paraître savoir ce qu'il ignore. Les différents genres d'ouvrages produisent sur ceux qui les lisent des effets analogues à ces genres. L'histoire rend un homme plus prudent, la poésie le rend plus spirituel, les mathématiques plus pénétrant, la philosophie naturelle (la physique) plus profond, la morale plus sérieux et plus réglé, la rhétorique et la dialectique plus contentieux et plus fort dans la dispute. En un mot, les études se changent en mœurs (ou passent dans les mœurs). Je dirai plus, il n'est point dans l'esprit de vice ou de défaut qu'on ne puisse corriger par des études bien appropriées à ce but ; comme on peut prévenir, guérir ou pallier les maladies proprement dites par des exercices convenables. Par exemple, jouer à la boule est un remède ou un préservatif pour la gravelle et les maux de reins ; tirer de l'arc en est un pour la pulmonie et les maux de poitrine; la promenade est salutaire à l'estomac, l'équitation au cerveau, etc. De même un homme dont l'esprit est sujet à beaucoup d'écarts et a peine à se fixer doit s'appliquer aux mathématiques ; car pour peu qu'en lisant ou en écoutant une démonstration de ce genre on ait un moment de distraction, il faut tout recommencer. S'il est confus et peu exact dans ses distinctions, qu'il étudie les scolastiques, hommes doués d'un merveilleux talent pour couper en quatre un grain de millet ; s'il a peu de disposition naturelle à discuter les matières, à fouiller dans les livres ou dans sa mémoire pour établir ou éclaircir un point à l'aide d'un autre, qu'il se familiarise avec les cas des jurisconsultes. Ainsi, l'étude peut fournir des remèdes spécifiques et propres à chaque vice ou défaut dont l'esprit est susceptible.
Francis Bacon
Vous trouverez ce texte dans le tome suivant de ses oeuvres.

Problème 1

Les Blancs jouent
et matent en 4 coups.

W. Horwitz
Chess, 1951
Solution dans le premier commentaire.

Chez le bouquiniste

Chez un bouquiniste, deux hommes, Louis et Pierre, accompagnés de leurs fils, Jacques et André, achètent des livres.

Chaque livre coûte un nombre de dollars égal au nombre de livres achetés. Chaque père dépense 15$ de plus que son fils et Jacques achète 3 livres de plus que Louis.

Qui est le père d'André ?

Réf. G. Boucheny, Curiosités et Récréations mathématiques, Larousse, 1939

Citations quotidiennes 12.12.11

Chacun, sortant de l'école, devrait savoir ce qui caractérise la science comme méthode, ne rien ignorer de ses principes et avoir fait un tour au moins qualitatif des principaux résultats des différentes sciences.
Normand Baillargeon (Liliane est au Lycée, p.64, Flammarion Antidote, 2011)

Nous aimons tous à savoir ce qui peut nous faire souffrir.
Federico Garcia Lorca (Les noces de sang, trad. Marcelle Auclair, p.147, Livre de poche, n°996)

Ce sont les petites habitudes plus que les grandes décisions qui construisent un vrai couple.
Nicci French (Feu de glace, trad. Emmanuelle Delanoë-Brun , p.13, Pocket n°11339)

La vie est un dépôt confié par le Ciel ;
Oser en disposer, c'est être criminel.
Jean-Baptiste Gresset (Édouard III, acte 4, sc. 7 (Vorcestre), 1740)

La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l'univers, mais on ne peut le comprendre si l'on ne s'applique d'abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d'en comprendre un mot. Sans eux, c'est une errance dans un labyrinthe obscur.
Galilée (L'Essayeur, p.141, Société d'Édition «Les Belles Lettres», trad. C. Chauviré, 1979. Cité par Michel Élie Martin dans «La nature est une livre écrit en langage mathématique», Pleins Feux, 2002)

dimanche 11 décembre 2011

Une division

Il faut remplacer les astérisques par des chiffres de manière à respecter cette division. Trouvez les deux solutions possibles.

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Référence : E. R. Emmet, 101 brain puzzlers, Barnes and Noble, 1973.

Citations quotidiennes 11.12.11

L'amour, mon cher ami, c'est avant tout une question de terrain. Ça pousse ou ça ne pousse pas. Il y a des fleurs très jolies même sur des caillasses et de l'herbe, bête et jaune, sur des sols admirables.
Daniel Boulanger (La dame de coeur, p.46, Folio n°2108)

Quoi qu'en pense la raison, il faut penser avec la vie, et quoi qu'en pense la vie, il faut rationaliser la pensée.
Miguel de Unamuno (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.175, Idées/Gallimard n°68)

C'est surtout lorsqu'il y a va de notre amour-propre que nous avons le courage de nos opinions.
Louis Dumur (Petits aphorismes (Sur l'amour-propre, 19), p.120, Mercure de France T. 4, Février 1892)

Personne n'est d'accord avec l'image que donnent les autres de vous.
Henri Bouillier (Préface dans Journal de Jules Renard, p.i, Éd. Robert Laffont, coll. Bouquins.)

Que l'avenir passe et s'incline,
Dans le champ où la main divine
Jeta les siècles pour engrais.
Amédée Couder (L'Architecture et l'Industrie, en épigraphe du livre «Deux horizons» du même auteur, E. Dentu, Paris, 1862)

samedi 10 décembre 2011

QuoteBot

Le 5 décembre dernier, QuoteBot, une application Ipad coûtant habituellement 0,99$, était temporairement gratuite.

Puisque j'examine assez sérieusement comment je pourrais rendre disponible ma propre collection en format mobile, je me suis empressé d'installer celle-ci pour avoir un exemple d'une application possible dans ce merveilleux monde des citations. Vous pouvez lire une description du programme ici. Mais attention ! même si l'application est annoncée en français, la collection est en anglais.

Quelques remarques :
  1. On annonce 30000 citations. Cela est sans doute le cas, mais il semble impossible de vérifier cette assertion ;
  2. Les citations sortent une à une. Autrement dit, si vous choisissez un auteur, vous devrez cliquer pour les lire les unes à la suite des autres. Il me semble qu'il aurait été beaucoup mieux de pouvoir les lire sur une page, quitte à la faire défiler au besoin ;
  3. Les références ne sont jamais données, ce qui peut bien sûr laisser certaines personnes indifférentes. Je considère cependant que c'est un sérieux manque ;
  4. Finalement, défaut inacceptable et impardonnable, les citations ne sont pas fiables ! Pour vérifier si l'on peut ou non avoir confiance dans une collection de citations, je lance toujours une recherche sur Einstein. En effet, il est bien connu1 que plusieurs citations sont trop souvent faussement attribuées à ce dernier. Or, dans la série que nous sort QuoteBot, on retrouve ce lot de phrases qui ne sont absolument pas de lui. Autre exemple d'une rigueur absente : la citation «I do not agree with what you say, but I will defend to the death your right to say it.» se trouve sous Voltaire. Or, encore une fois, il est fort connu2 que Voltaire n'a jamais écrit cette phrase.
Bref, ne gaspillez pas votre dollar à son achat car, même gratuite, cette application est inutilisable.

Notes
1 Ce qu'Einstein n'a jamais dit
2 Beatrice Hall et son Voltaire

Une bien belle fraction

Trouver la plus simple fraction dont quinze ajouté à son carré donne un carré et dont quinze soustrait à son carré donne un autre carré.

Réf : Hunter et Madachy, Mathematical Diversions, Dover, 1975.

Citations quotidiennes 10.12.11

« Je pense, donc je suis ». C'est vrai chaque fois que je le dis. Et quand je ne le dis plus ? Nous ne savons pas trop. Descartes n'a-t-il pas échoué dans son projet de trouver d'autres énoncés aussi certains que celui-là ? Assurément. Et les sceptiques ricanent ? Cela n'a rien d'étonnant. Mais je pense, donc je suis, cela est vrai. C'est certes peu de chose. Mais après tout, c'est déjà ça.
Denis Moreau (Je pense, donc je suis (Descartes), p.41, Éd. Pleins Feux, 2004)

L'esprit, joint à la beauté, double les jouissances des sens par l'imagination, et ennoblit le plaisir animal.
A. Basta (Bribes in Les Moralistes oubliés d'Alfred Bougeard, p.241, Michel Lévy, 1858)

Si tu veux critiquer, fais l'humour pas la haine.
Paul Carvel (Sel d'esprit (989), Laetoli, 2005)

[...] souvent ce qu'on estime, ennuie.
Marivaux (L'heureux stratagème, p.245, in Théâtre, Robert Laffont, coll. Les Cent Chefs-d'oeuvre)

L'art de mettre en scène est l'art d'accommoder les contingences.
Pierre Descaves (Le théâtre, p.54, Hachette, Notes et maximes, 1963)

Source : Au fil de mes lectures.

vendredi 9 décembre 2011

Trois joueurs

Trois joueurs conviennent qu'à chaque partie le perdant doublera l'argent des deux autres. Après trois parties perdues successivement par chacun des trois, ils se retirent chacun avec 24 $. Combien avaient-ils en commençant à jouer ?

Réf. J. Vinot, Récréations mathématiques, Larousse et Boyer, 1860.

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