Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 9 octobre 2007

A new Pennac

Via S.O.S...S.E.S, j'apprends qu'un nouveau Pennac paraîtra très bientôt : Chagrin d'école, un récit autobiographique. Je relaie aussi son entrevue accordée Journal du Dimanche. Un extrait :
JDD : Et quelle était votre méthode [d'enseignement du français], pour que ça réussisse ?
DP : On commence par une petite dictée, tous les matins. On n'en fait pas un drame, on la corrige lentement, ensemble. Tu ne sais pas ce qu'est un adjectif démonstratif ? Je vais te l'expliquer. Tu l'auras oublié demain ? Je te l'expliquerai de nouveau. Et puis on va plonger dans la langue : apprendre des textes par coeur. Des longs et des courts, comme cette phrase de Woody Allen : « Le loup et l'agneau partageront la même couche mais l'agneau ne dormira pas beaucoup. » On va l'apprivoiser, la langue, cet animal revêche qui te fait si peur. On va la dompter. Et, de textes simples en « grands » textes, voilà qu'un jour, celui qui n'a jamais rien su réciter se met à jouir de ses facultés mnémoniques. Celui qui a toujours eu zéro en dictée obtient de vraies notes. Le cancre brise sa coquille. Il sort la tête ! Libéré de la fatalité du zéro ! Peu à peu il maîtrise la langue. Elle l'emplit, l'oxygène, le nettoie. Il est comme libéré d'un charme. Il s'installe dans l'estime de soi. La joie de cette éclosion ! La tête qu'il fait ! Un émerveillement absolu.

On y trouve aussi cette grande vérité :
À chaque fois que nous professeurs écrivons dans un carnet de notes « Manque de bases », nous voulons dire « Ce n'est pas de ma faute ».

Dans le lien donné plus haut, on trouve les premières pages du livre non pas sur l'école! Tout le monde s'occupe de l'école, éternelle querelle des Anciens et des Modernes: ses programmes, son rôle social, ses finalités, l'école d'hier, celle de demain... Non, un livre sur le cancre! Sur la douleur de ne pas comprendre, et ses dégâts collatéraux.

Je sens que je vais me régaler.

mercredi 3 octobre 2007

Cadodidaxie

Je viens de prendre quelques minutes pour explorer TOUT APPRENDRE POINT COM, site pour apprendre en ligne. Je n'ai pas vu beaucoup d'interactivité car on y trouve surtout, pour ce qui est des cours gratuits, des documents htmlisés. Par exemple, le pas de base en Tango est illustré comme on le faisait dans les livres des années 50. Des petites séquences vidéo seraient bienvenues dans un tel cas.

Moi qui m'intéresse au théâtre des XVIIe et XVIIIe siècles, j'ai rapidement suivi le cours sur la construction des alexandrins et j'ai appris plein de choses !

Vous savez le plus beau cadeau que nos écoles pourraient offrir aux enfants ? Les rendre autodidactes.

PC = P'tit con

J'ai bien ri ce matin (et j'en remercie le blog-notes mathématique du coyote) en visionnant cette petite vidéo d'Anne Roumanoff décrivant ses déboires avec un PC.

mardi 2 octobre 2007

La Sainte-Trinité

Ils sont maintenant quatre : le Père, le Fils, le Saint-Esprit et GOOGLE.

samedi 29 septembre 2007

Grande découverte

Un bon dictionnaire se lit comme un roman. Sauf qu’ici, les personnages principaux, ce sont les mots. Car les mots sont des êtres vivants : ils ont une histoire et une généalogie. Ils changent, évoluent et parfois meurent quand on ne les utilise plus.
Jean d'Ormesson


Je ne sais plus trop comment je suis tombé ce matin sur cette entrevue du Figaro. Par la suite, j'ai googlé LITTRÉ. Et je me suis retrouvé sur sur le XMLittré, version en ligne du dictionnaire maintenant du domaine public. Mais, plus intéressant encore, Francois Gannaz rend disponible via StarDict (autre grande découverte... décidément, ce matin, tout va bien !) une version téléchargeable. Une fois installé, vous avez le Littré en tout temps au bout d'une surbrillance. En effet, que vous soyez dans votre texteur préféré, en train de naviguer sur le web, dans votre logiciel de courriel, et, en fait, pour autant que je sache, dans n'importe quelle application de votre ordinateur, il suffit de mettre un mot en surbrillance pour que la définition du Littré apparaisse. Tout à fait génial.

J'ai même essayé dans Antidote et le résultat est probant. Voilà un immense dictionnaire qui s'ajoute aux nombreux outils d'écriture qu'on y trouve déjà.

Antidote, StarDict et Littré

Plusieurs autres dictionnaires sont téléchargeables du site de StarDict, dont un du français vers l'anglais et réciproquement. Avec des outils pareils, on se demande encore ce que l'on fait dans nos écoles avec des dictionnaires Larousse peu pratiques, limités et qui tombent en ruine...

vendredi 28 septembre 2007

Aquops-Grics

Je viens d'apprendre que l'Aquops a conclu une entente de partenariat avec la société GRICS. Apparemment, cette entente sera réévaluée en juin prochain. Pour réaliser un tel partenariat, je suppose que l'Aquops doit vraiment être dans de mauvais draps.

Je comprends que l'Aquops pourra ainsi survivre au moins jusqu'au prochain colloque. La Grics y gagnera sans doute une certaine visibilité en pédagogie, elle qui, on le sait, fait piètre figure dans ce domaine.

Mais...

Je suis amèrement déçu.

Car, voyez-vous, l'Aquops aurait, semble-t-il, cherché un partenariat avec le RÉCIT. Or ce dernier n'aurait pas donné suite. Si c'est bien le cas, on est vraiment dans la m.... au Québec. Le RÉCIT, c'est le réseau des intervenants le plus près des enseignants au regard de l'intégration des TIC. Et, je le répète, cet organisme (dont je fais partie en tant qu'animateur dans ma CS) aurait refusé un partenariat avec l'Aquops !!! Il faut savoir que plusieurs animateurs d'ateliers du colloque Aquops sont membres du RÉCIT. Et plusieurs bénévoles impliqués dans l'organisation du colloque proviennent aussi du RÉCIT. Ce refus de s'assoir à une même table avec l'Aquops me laisse très perplexe. C'est à n'y rien comprendre, et je compte bien demander des explications à notre prochaine rencontre nationale qui se tiendra à la fin du mois d'octobre. Il me semble qu'un RÉCIT officiellement actif dans une organisation aussi bien rodée que l'AQUOPS aurait pu :
  • stimuler la présentation de projets de la part des enseignants ;
  • proposer des améliorations et des ajouts facilitant l'intégration des TIC ;
  • s'impliquer dans le suivi à donner aux ateliers et aux formations offertes au Colloque ;
  • profiter de l'aide de l'Aquops dans certains évènements régionaux.
La question à se poser : manquerait-on de visions à la direction des ressources didactiques de la province, direction officiellement responsable du RÉCIT? Il est vraiment dommage que le RÉCIT soit si mou...

Je crains bien que ce sont les enseignants qui tentent au mieux de leurs aptitudes et leurs connaissances d'intégrer les TIC qui seront les grands perdants du partenariat Aquops-Grics. Pourquoi ? Tout simplement parce que la Grics est très, mais vraiment très loin des utilisateurs de première ligne. La Grics vend surtout des solutions mur-à-mur. Et elle les vend aux DG des CS, qui sont aussi les grands patrons de la société. Ces DG, on les comprend, ne veulent pas de problèmes. Et la manière d'éviter les problèmes, c'est en prônant des solutions qui sont tellement loin des besoins des enseignants que personne ne les utilise : pas d'utilisateurs implique pas de problèmes ! La société se servira-t-elle un peu trop du colloque pour promouvoir leurs produits? Certains ateliers risquent-ils d'être subtilement refusés par l'Aquops car risquant d'être perçus par la société-partenaire comme faisant concurrence à leurs propres projets? La Grics est maintenant partout, et ce n'est certainement pas une bonne nouvelle pour les enseignants.

Je suis découragé par ces évènements. Et j'ignore si je soumettrai une demande d'animation au prochain colloque de l'Aquops. Je n'aimerais pas que le Grics « récupère » ce que je fais en affichant leur logo sur la page où l'on trouve le descriptif de mon atelier.

L'Aquops m'intéressait. Mais maintenant qu'on parlera plutôt d'une Aquops-Grics, je n'en suis plus si sûr.

Croquet

Croquet est dans l'air. D'abord ce court article de P. Couillard chez Recit.org. Et celui-là sur InternetActu.

jeudi 27 septembre 2007

Autre abandon

Depuis quasiment ses débuts, je visite régulièrement Matinternet. Or cela fait maintenant plusieurs jours qu'en page d'accueil on nous assomme avec une pub qui prend une partie de l'écran. Sur ce type de sites, je peux vivre avec des publicités discrètes, mais là, c'en est beaucoup trop. Comme je l'avais fait il y a quelques années, et pour les mêmes raisons, avec Branchez-vous.com, je le «scrappe» de mes habitudes.

vendredi 21 septembre 2007

J'adore les contes

À lire ce matin, ce conte rafraichissant de Missmath chez son Brouillon de poulet pour l'âne.

J'ai d'ailleurs eu le grand plaisir de rencontrer l'auteure la semaine dernière. Lors d'un tour de table où chacun se présentait sommairement, Missmath a lancé :

- Je vous lis régulièrement.
- Oh oui ? fis-je surpris.
- Bien sûr. C'est moi qui désire devenir Gilles Jobin lorsque je serai grande.

Re-surprise ! J'avais devant moi une admiratrice dont je rssuivais d'ailleurs le blogue.

jeudi 20 septembre 2007

Ibidem

En feuilletant Pour connaître la pensée de Bachelard (Paul Ginestier, Bordas, 1968), je suis tombé sur cette belle citation du philosophe :
On croit faire comprendre sans se donner la peine de faire sentir. (Ibid., p. 207)

Voulant en savoir un peu sur le contexte entourant de la citation, je me suis rendu à la référence de la citation précédente du livre. Ginestier y citait La pluralité cohérente de la chimie moderne, 1932. Or je possède cette édition. Une visite à la page 207 est demeurée infructueuse. J'ai parcouru une dizaine de pages entourant la 207, mais sans succès.

J'ai donc lancé la recherche sur le web, via le Google classique avec un résultat tristement infructueux.

Nouvelle recherche, mais cette fois dans le Google books. Et hop! la phrase est bien trouvée dans l'Eau et les rêves, dont je possède l'édition de poche. J'ai retrouvé la citation à la page 175.

L'eau et les rêves est souvent cité dans le Ginestier. Il se trouve d'ailleurs donné en référence juste avant la citation tirée de La pluralité. Il faut donc conclure que le ibidem faisait référence à la citation précédent la précédente !

Pourtant dans le Guide de la communication écrite (Marie Malo, Québec Amérique, 1996, page 182), on indique bien que l'abréviation « ibidem » est employée lorsqu'on cite la même source plus d'une fois et ce, de manière consécutive.

Popper

Lu le petit mais très dense livre de K.R. Popper : Des sources de la connaissance et de l'ignorance.

Quelques extraits :

[...] La controverse entre l'empirisme classique de Bacon, Locke, Berkeley, Hume et Stuart Mill et le rationalisme ou intellectualisme classique de Descartes, Spinoza et Leibniz. Dans cette controverse , en effet, l'école anglaise soutenait que le fondement ultime de toute connaissance, c'est l'observation, tandis que l'école continentale affirmait que c'est la vision intellectuelle des idées claires et distinctes. (p. 15)

Je chercherai à monter, tout particulièrement, que ni l'observation ni la raison ne peuvent être définies comme la source de la connaissance, ainsi qu'on a prétendu le faire jusqu'ici. (p. 17)

Mais quelles sont alors les sources de notre connaissance?
La réponse, me semble-t-il, est celle-ci : il existe toutes sortes de sources, mais aucune d'elles ne fait autorité. (p.127)

L'erreur fondamentale que commet la doctrine des sources épistémologiques ultimes, c'est ne ne pas distinguer assez clairement les problèmes d'origine des problèmes de validité. Il se peut que, dans le cas de l'historiographie, les deux types de questions se rejoignent quelquefois. Trouver l'origine de certaines sources est parfois le seul ou le principal moyen que l'on ait de tester la validité d'une assertion historique. Mais, généralement, les deux problèmes ne se recouvrent pas, et nous n'éprouvons pas la validité d'une assertion ou d'une information en en déterminant les sources ou l'origine ; nous testons celles-ci selon une méthode plus directe, l'examen critique du contenu de l'assertion - ou des faits qui en sont l'objet.
Par conséquent, les questions que pose l'empiriste, « Comment le savez-vous ? Quelle est la source de votre affirmation ? », sont mal posées. Ce n'est pas qu'elles soient formulées de manière incorrecte ou trop peu rigoureuse, c'est leur principe même qui est à récuser : elles appellent en effet une réponse de nature autoritariste. (p. 129)

[...] La question que pose traditionnellement la théorie politique, « Qui doit gouverner ? », celles-ci appelant des réponses autoritaristes comme « les meilleurs », « les plus sages », « le peuple » ou « la majorité » (la question incite d'ailleurs à formuler des alternatives stupides comme « Qui doit avoir le pouvoir: les capitalistes ou les travailleurs ? », alternative analogue à celle qui demande « Quelle est la source ultime de la connaissance : l'intellect ou les sens ? »). La question politique traditionnelle est mal posée [...] et il faudrait lui substituer une question tout à fait différente : « Comment organiser le fonctionnement des institutions politiques afin de limiter autant que faire se peut l'action nuisible de dirigeants mauvais ou incompétents - qu'il faudrait essayer d'éviter, bien que nous ayons toutes les chances d'avoir à les subir quand même ? » (p. 132)

La question des sources de la connaissance, comme bien des questions d'inspiration autoritariste, est en effet d'ordre généalogique. Elle demande l'origine de notre savoir, étayée par cette croyance que la connaissance peut tirer sa légitimité de son pedigree. (p. 134)

Les progrès du savoir sont essentiellement la transformation d'un savoir antérieur. (p. 146)

La clarté et la distinction ne constituent pas des critères de la vérité, mais des traits tels que l'obscurité ou la confusion sont susceptibles d'être des indices d'erreur. (p. 147)

La vocation essentielle de l'observation et du raisonnement, voire de l'intuition et de l'imagination, est de contribuer à la critique de ces conjectures aventurées à l'aide desquelles nous sondons l'inconnu. (p. 149)

Là réside en effet la source majeure de notre ignorance : le fait que notre connaissance ne peut être que finie, tandis que notre ignorance est nécessairement infinie. (p. 151)

samedi 15 septembre 2007

La connaissance n'est pas un stock, mais un flux

En ce samedi matin pluvieux, merci à S.O.S...S.E.S Je Blogue pour la découverte de cette vidéo.

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