Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

lundi 13 août 2012

Chemin faisant, page 235

Il y a des gens qui, dans leurs manières, rappellent les vieilles douairières et les vieilles dentelles qui les ont entourés.

La passion et le droit ne réclament pas de la même manière.

Il y a des défauts dont nous sommes fiers, et ceux-là, nous sommes sûrs de les garder longtemps.

On pleure les premières illusions perdues d'un oeil, et les dernières des deux yeux.

Un envieux me fait toujours l'effet d'un voleur ; réfléchissez bien, entre eux, il n'y a que la pince-monseigneur.

Rien n'aide mieux l'amant que le printemps ; il lui prête ses roses avant qu'elles soient ouvertes, ses douceurs pour attendre, ses audaces pour avancer.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 12 août 2012

Chemin faisant, page 234

Pour faire une belle entrée, il faut de la confiance en soi-même; pour faire une belle sortie, il faut les qualités contraires.

A quoi bon ? Quand cette phrase-là s'empare de nous, adieu courage ! adieu vertu !

Pour l'Allemand, la femme est bien moins une compagne qu'une marmite à enfants.

L'ombre des êtres aimés nous protège toujours.

Les coquettes ont peur des dates, comme les coupables des témoins.

La faute du prêtre est comme la tache d'huile : elle va loin.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 11 août 2012

Chemin faisant, page 233

La nature ne numérote qu'un très petit nombre d'individus.

On apprend aussi à se servir de soi-même.

L'esprit peut avoir aussi l'oreille dure.

Blâme qui veut, fait mieux qui peut.

Hardi avec la vie, doux avec la douleur, soumis avec la mort.

Les regrets se dissolvent dans les espérances.

Pour régner, une crainte étrangle une autre crainte.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 10 août 2012

Chemin faisant, page 232

Se faire désirer, ce n'est ni un mal ni un bien, c'est un essai : nous désirera-t-on ?

Le bon ton ne s'enrhume jamais, il ne s'expose pas.

Le jasmin proclame son parfum, l'innocence ignore le sien.

La soumission à tous les préjugés fait le héros mondain.

Il y a des gens qui ont l'air de filer le temps à la quenouille tant ils le prennent avec douceur !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 9 août 2012

Championnat fermé du Canada 2012

Le Championnat fermé du Canada [site officiel] a débuté le samedi 4 août à Montréal. Voici plusieurs parties des quatre premières rondes.

Mise à jour du jeudi 9 août : 6 rondes complétées.


Choisissez une partie :

mercredi 8 août 2012

Chemin faisant, page 231

On va quelquefois au bagne à cause de son associé : pensez-y, belle Italie!

Tout ce qui est dit n'est plus à nous et ne peut plus, hélas! le redevenir.

Le coeur fait irruption dans l'âme, et c'est alors que commence le combat.

La langue Italienne sent le boudoir, le baiser entre deux portes.

Être au goût de tous, ce serait si peu flatteur !

L'insulte n'est pas l'ironie ; l'ironie, c'est l'insulte habillée.

Rien n'est agréable comme un couvert intime : en sortir pour donner de grands dîners, c'est comprendre combien il est dur de faire de la clientèle au lieu de faire de la science ou de l'art.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Bibite

Une des nombreuses bestioles qui nous entourent.



mardi 7 août 2012

Chemin faisant, page 230

Un monsieur s'arrête devant un portrait exposé à une devanture : « Tiens, c'est ma première femme! » Avis aux intéressées.

Que je plains ceux que n'éclaire pas, dans leurs heures sombres, le grand jour de l'éternité !

L'infidélité, c'est encore une des plus aimables fautes à pardonner à son mari, quand il y met de la courtoisie.

Une accusation oblige toujours à s'interroger pour peu qu'on soit honnête.

La vanité est riche de tout ce qu'elle emprunte.

Le bonheur manqué et le bonheur perdu ne se pleurent pas de la même manière.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 6 août 2012

Chemin faisant, page 229

Les filles millionnaires sont un bon terrain pour le scepticisme; en elles la pauvreté se venge.

Une des supériorités de la violette c'est de venir la première.

Les conquêtes sont comme les grandes fortunes; tout cela coûte fort cher.

Que de fervents chrétiens dans le succès seraient des âmes tièdes dans le sacrifice !

On loge le souvenir ici ou là, dans une larme ou dans un sourire, qu'importe? pourvu qu'on le cultive.

On ne peut juger qu'avec ses sentiments, on peut agir avec ceux des autres.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 5 août 2012

Chemin faisant, page 228

Il y a des époques où l'on est repris violemment du mal de son mal, du désir de son désir, du regret de son regret.

Le don est comme la prière, il doit sortir du coeur sans contrainte.

La fille corrigeant la mère en fait d'illusions, cela se voit.

J'entends des gens me dire : « Je me suis fait une douce violence. » Moi, je n'en ai jamais connu de douce.

Il est bien moins difficile de concevoir le bien que de le proportionner.

Les très belles utopies ont le sort des ongles trop longs ; elles se brisent au premier contact.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 4 août 2012

Chemin faisant, page 227

Le courage est comme l'enfant, il croit tout possible.

Il ne faut pas aller plus profond que la profondeur pour rester dans la lumière, ni plus bas que le puits pour trouver l'eau.

Le regret est un vivant qui se pleure sur un mort.

Je crois, donc j'accepte.

Une habitude est comme l'angora de la maison; elle grimpe sur notre dos sans que nous la sentions.

Quelque timide qu'on soit devant son public, on ne peut cependant pas, quand on n'en vit pas, éprouver les émotions de la mariée devant l'autel.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 3 août 2012

Chemin faisant, page 226

Soupirer, c'est appeler.

La grâce n'a pas peur de la beauté ; la beauté a peur de la grâce.

La vieillesse est en gare ; elle n'a plus qu'à attendre.

La générosité trouve sa science dans son coeur.

La vraie jalousie n'est pas orgueilleuse ; ce ne sera jamais son défaut.

Le jour est fatigué, ses yeux se ferment, tout pâlit; c'est le soir.

Mourir en penchant sa tête sur l'éternité, c'est s'endormir sur les genoux de sa mère.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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