Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 19 mai 2012

Chemin faisant, page 146

La vie semble neuve le matin.

En amour, les boutades sont comme les mouches du visage, elles aiguisent le désir; en amitié, ce sont des maladresses.

Un beau front semble un confessionnal : on n'ose lui mentir.

La vraie grande dame n'a besoin d'être ni grande ni petite, ni blonde ni brune; elle loge en elle des qualités de race, sans être de race souvent.

Une femme indépendante est une désagréable énigme pour l'homme.

L'indépendance de l'esprit nous reconquiert sur le préjugé.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 18 mai 2012

Chemin faisant, page 145

La grâce meurt avec toutes les perles de son collier.

Les fautes d'autrui sont des oreillers pour les nôtres.

C'est quand le métier disparaît que l'art se révèle.

Le vrai n'a qu'une couleur, celle du vrai.

La gaieté vient de l'humeur, la joie vient du coeur.

Faire passer son bienfait par dée mains qui ne peuvent pas donner, c'est donner deux fois.

Je crois au sang dans les veines plus que je ne crois aux privilèges du sang.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 17 mai 2012

Chemin faisant, page 144

Il est telles économies qui ne sont permises qu'aux riches.

À tout âge on peut pécher par trop de jeunesse.

La justice n'a rien à faire avec l'indulgence, parce qu'elle n'a rien à faire avec le coeur.

La règle a sa beauté dans son inflexibilité.

Le temps s'ébat dans l'espace : c'est son jardin.

L'infériorité qui recherche la supériorité est une terre qui portera fruit.

Le repos comme la grandeur est en nous.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 16 mai 2012

Ah, miss Fru...

Sur l'heure du midi, j'écoute parfois le Club des Ex à Radio-Canada.

Hier, Liza Frulla a lancé un commentaire du genre :

« J'aimerais bien savoir ce que les gens (je ne parle pas de ceux qui sont sur Twitter et autres réseaux du genre) pense de ... » suivi de son bla-bla sur le vaste appui de la population au gouvernement Charest dans sa persistance à vouloir maintenir la hausse des frais de scolarité.

Mais que voulait-elle dire exactement ? Car, évidemment, je me suis senti un peu piqué par un tel propos. Comme si, parce ce que parfois je donne mon opinion sur Twitter, j'étais moins «crédible» que la majorité silencieuse. Comme si les participants aux réseaux sociaux étaient tous des grandes gueules et des chialeux sans aucune profondeur.

Puis, j'ai pensé qu'elle voulait peut-être dire le... contraire ! Serait-ce en effet, que les gens qui suivent les débats sur les réseaux sociaux sont plus critiques face au gouvernement, alors que la majorité silencieuse et non «Internet-active», se fiant à TVA, Radio-Canada et les quotidiens traditionnels serait plus «compréhensive» à l'égard de la position gouvernementale ?

Une chose est certaine, le non-verbal (et le verbal !) de madame Frulla laissait plutôt voir un mépris envers les «Internet-actifs» et une grande sagesse envers tous ces gens qui répètent ce qu'on nous martèle sans cesse dans nos médias traditionnels : « la juste part », « les étudiants inflexibles » , « les leaders (sic et resic) étudiants», « les gauchistes étudiants », « les policiers qui font respecter efficacement l'ordre », etc.

Chemin faisant, page 143

Il est des gens qui jouent de l'humilité comme d'un pistolet de poche; ils la sortent et la rentrent suivant l'occurrence.

Les gens qui voient tout sont des mouches qui nous harcèlent et nous piquent dans tous les sens.

Aucune caste n'a le privilège des grandes choses; aucune famille, l'héritage des vertus.

On peut sans fatuité se plaire avec soi-même; affaire d'habitude.

Une passion fait toujours tort à un droit.

Un caprice doit nous faire réfléchir; c'est le valet qui s'installe chez nous.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 15 mai 2012

Chemin faisant, page 142

Dans un beau vêtement, surveillez aussi la doublure.

Ce qui m'empêche d'admirer les gens qui naissent dotés d'un blason, c'est l'admiration que j'éprouve pour ceux qui s'en créent un eux-mêmes.

Au fond de tout, c'est le ver qui nous attend; plus nous sommes truffés de vanités, plus il se régale.

Je plains ceux qui n'ont pas besoin de rendez-vous avec eux-mêmes.

Il y a des gens qui font l'effet d'accidents dans notre vie, d'autres de famille retrouvée.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 14 mai 2012

Chemin faisant, page 141

Le soir ferme les calices de toutes les fleurs avant l'arrivée de la nuit; c'est un amant jaloux.

On accepte la menue monnaie de l'amour, la menue monnaie de l'amitié, mais on n'accepte pas la menue monnaie filiale.

Les jeunes aiment à étonner, les vieux à convaincre.

J'arrive à concevoir quelque pitié pour les vieilles qui se teignent : elles croient se défendre, et se défendre est si naturel dans l'attaque ! - mais les jeunes?

On paie souvent pour s'ennuyer !

On gâche la parole humaine comme on gâche l'eau du fleuve, et quelle haute mission elle a cependant! C'est elle qui fait le bien et le mal, le juste et l'injuste, qui bénit et maudit, qui sert l'âme et le coeur : c'est une révélatrice, une des plus grandes munificences de Dieu envers l'homme.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 13 mai 2012

Chemin faisant, page 140

Les grands enthousiasmes s'essoufflent vite.

Soupirer près d'une jeune, se plaindre près d'une vieille, deux agréables passe-temps.

Que c'est dur d'être plaint par ceux qu'on n'aime pas !

La terre n'est pas difficile ; elle prend tout.

Les airs de langueur, des appétits qui n'osent s'avouer.

Oui, l'appellation peut faire accepter la chose. Une femme, qui avait peur de la mort, s'imagina de l'appeler la tante noire, et sous ce nom familial elle la vit arriver avec moins d'effroi.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 12 mai 2012

Chemin faisant, page 139

L'éléphant et l'abeille sont sortis de la même mère : la nature.

Un soufflet! ce n'est pas si désagréable, puisqu'il nous en permet un autre.

Quand j'ai voulu faire savoir une chose, je l'ai confiée à de bonnes âmes, sous le sceau du secret.

Il faut élever une héritière à l'indifférence du qu'en dira-t-on, comme on élevait une Spartiate au dédain de la flèche.

Ne craindre aucun regard sur sa vie morale, c'est, dès ici-bas, une céleste récompense.

Une grande audace peut jaillir d'un tout petit courage.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 11 mai 2012

Chemin faisant, page 138

Que c'est bon, le succès d'un ami! On peut en porter toute la gloire sans modestie.

Les mondes s'éclipsent devant ce mot: l'Infini.

On aime facilement ce qu'on domine.

Avant de recevoir, une bonne maîtresse de maison doit faire l'examen de son humeur et la préparer aux événements.

La pureté donne plus l'idée de jeunesse que la chasteté.

Tel qu'on néglige, s'il n'est parfaitement bon, devient un ennemi.

Toujours au-dessus : quelle belle devise pour endurer et se taire !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 10 mai 2012

Chemin faisant, page 137

Le calme de la conscience n'est comparable à aucun autre calme : le ciel s'y reflète.

Exemple à suivre : Deux amies savait parfaitement la faute d'une amie commune, et elles ne se sont jamais permis de s'en parler.

Pour les âmes subalternes, le passé n'a pas de prestige; l'être est ce qu'il est, qu'importe ce qu'il a été ?

On a beau faire le bien derrière le volet, le bien est indiscret comme le rayon de soleil : malgré nous il perce.

Le commandement est difficile à exercer ; il faut qu'il soit empreint de décision et de douceur, impératif par le fond et persuasif par la forme.

L'esprit au pain sec n'est pas plus heureux que l'estomac.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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La musique, la vie

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