Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 14 juin 2007

Babillage

Je suis de ces gens, je crois peu répandus, qui savent, non par calcul, mais curiosité et pour le plaisir, écouter les autres parler de soi, et je souris de ces bavards égoïstes qui, après m'avoir entretenu de leurs affaires pendant des heures, se rappelant tout soudain que j'existe, se mettent à me demander : « Et vous, mon cher ? » À peine répondu : « Eh bien, moi... », les voilà partis - ou repartis sur eux-mêmes !
Maurice Chapelan, Lire et Écrire, p. 114, Grasset, 1960

mercredi 13 juin 2007

Un mois après

Un mois après la publication de ce billet, trois animateurs seulement ont répondu. Qu'en conclure ?
  1. On ne lit pas les Jobineries !
  2. Les intervenants TIC n'ont pas le temps de répondre.
  3. Les questions sont mal formulées.
  4. Tout le monde s'en fiche.
  5. Aucune de ses réponses : l'intégration des TIC est une fumisterie.
La réponse facile que j'entends déjà sur la majorité des bouches : un peu tout ça !

J'avais écrit le billet suite à notre rencontre nationale. C'est-à-dire au moment où tout l'monde était gonflé à bloc. Je me disais : « Wow, c'est l'temps de démarrer une discussion, un réflexion sur nos propres pratiques en tant que personne intégrant les TIC, et, partant de là, développer une vision large sur l'intégration des TIC en salle de classe. »

Ce sera pour une prochaine fois...

samedi 9 juin 2007

Trois lectures

L'Art de philosopher : J'ai pris le temps de lire ce livre publié en 2005 aux Presses de l'Université Laval qui regroupe trois essais écrits par Bertrand Russell dans les années quarante. Dans le premier essai, on trouve :
Ce serait admirable de voir dans nos écoles un certain pourcentage de musulmans et de bouddhistes que l'on encouragerait à défendre leurs religions respectives contre la majorité des élèves d'obédience chrétienne. Voilà qui affaiblirait peut-être la force des convictions irrationnelles de chaque côté.
Le troisième essai du livre est consacré au calcul. Russell tente de démontrer toute l'importance pour un philosophe d'étudier les mathématiques. Un extrait :
Au début, tout enseignement des mathématiques devrait se faire à partir de problèmes pratiques qui seraient aussi des problèmes faciles et de nature à intéresser l'enfant. Quand j'étais jeune (il se peut que les choses n'aient pas changé à cet égard), les problèmes étaient tels que personne n'aurait pu même vouloir les résoudre. Par exemple, A, B et C se déplacent d'un point X vers un point Y. A est à pied, B est à cheval et C est à vélo. A fait un somme à divers intervalles, le cheval de B se met à boiter et C fait une crevaison. A prend deux fois plus de temps qu'il n'en aurait pris à B si le cheval de ce dernier ne s'était pas mis à boiter, et C arrive une demi-heure après que A serait arrivé s'il ne s'était pas endormi, et ainsi de suite. Il y a là de quoi dégoûter même le plus zélé des élèves.
J'ai aussi beaucoup apprécié ma lecture du petit essai de Christian Godin Nul n'est méchant volontairement, publié chez Pleins Feux en 2001. Par exemple :
Mais qui aurait le mauvais esprit de calculer tout le mal social que peut occasionner une décision de licenciement ? Tellement il est entendu de nos jours qu'une entreprise ne fait que du bien puisqu'elle existe et fait des profits... Les dirigeants ne veulent aucun mal à ceux dont ils font le désespoir, de même que les cambrioleurs ne veulent aucun mal à ceux dont ils font la détresse. Mais justement, n'est-ce pas cela aussi, la méchanceté, cette terrible incapacité à sortir du cercle de son moi (ou de celui de son petit nous, ce qui revient au même), l'incapacité a comprendre l'autre dans la totalité de l'existence et de l'ordre symbolique qui fait de la personne humaine bien autre chose qu'un individu ? Le cambrioleur et le dirigeant d'entreprise ne veulent briser aucune existence, ils ne veulent que renforcer la leur. On comprend à présent la pertinence de cette idée de Platon, que le premier mal, c'est l'ignorance.
Cependant, la lecture qui m'a le plus fait sourire est celle d'Auguste Detoeuf et son Propos de O.L. Barenton, confiseur. J'en avais déjà parlé un peu ici. J'ai retiré 78 citations dont :
On défend le consommateur en évitant d'augmenter la rémunération du salarié ; on défend le salarié en chargeant d'impôts le capitaliste ; on défend le capitaliste en vendant le plus cher possible au consommateur ; et la justice se trouve ainsi d'autant mieux satisfaite que le salarié, le capitaliste et le consommateur, c'est presque toujours le même type.
On dit : « L'Opinion est sotte, je la méprise. Je suis au-dessus d'elle. » Mais on tend l'oreille pour surprendre ce qu'elle murmure. Le plus souvent d'ailleurs, on n'entend rien. On la flatte ; on lui obéit. Mais on choisit, pour montrer son indépendance, un détail minuscule : la forme d'un chapeau, une affectation dans le langage, un paradoxe qu'on ressasse ; juste ce qu'il faut pour qu'on dise autour de soi : « C'est un original. » ; juste assez pour intéresser l'Opinion.
Toute séance du conseil d'administration comporte deux opérations importantes, et deux seulement : la signature du registre de présence et la fixation de la date de la prochaine séance.
Mais vous en trouverez beaucoup plus sur Au fil de mes lectures qui, en passant, a franchi cette semaine le cap des 17.000 citations.

jeudi 7 juin 2007

Ste-Marie, PPO, crevaison et salmonelle

Je reviens tout juste de Ste-Marie de Beauce : deux jours de formation sur le PPO (Projet personnel d'orientation), cours qui sera offert aux élèves de troisième secondaire dès septembre dans ma commissoin scolaire. Accompagné de la responsable du dossier, j'assistais en tant qu'animateur RÉCIT et, à cet effet, je n'ai pas eu grand'chose à me mettre sous la dent.

Cependant, j'ai eu une conversation agréable avec Bertin Desjardins du RÉCIT en formation professionnelle.

Retenez d'abord que le PPO est un nouveau programme consistant en 100 heures de formation. Je ne veux pas entrer dans les détails ici ; disons simplement que les élèves utiliseront énormément l'ordinateur dans ce cours. D'ailleurs, pour une classe de 32 élèves, il est suggéré d'avoir 22 ordinateurs fonctionnels. De là, vous le sentez bien, l'implication possible de l'animateur RÉCIT. Le problème, c'est qu'on ne sait pas trop quel est son rôle dans tout ça. Accompagner, bien sûr. Mais ça, on le fait déjà. Comment doit-on accompagner spécifiquement pour ce cours, telle est la question.

Avec Bertin, j'ai donc pu cerner quelques idées.
  1. Pour que le cours ait un certain succès, il faut absolument que l'enseignant possède son propre ordinateur portable.
  2. Les utilisations prévues sont actuellement du style ustensile : recherche sur le web, vidéo disponible du web, etc. Il faudrait ajouter toute la vision intégration des TIC du genre : Spip pour le portfolio de classe et lien vers la communauté, WIKI pour le travail collaboratif, BLOGUE pour portfolio personnel, etc. L'animateur RÉCIT peut devenir ici une ressource intéressante.
  3. De toute évidence, pour les animateurs RÉCIT ayant de la difficulté à intervenir au secondaire, l'implantation du PPO pourrait devenir (je dis bien pourrais, car je cherche encore où est le véritable leadership au RÉCIT) un excellent projet de groupe dans lequel on pourrait travailler ensemble! Par exemple, à informatiser des outils de consignation, à créer des espaces d'échanges sur nos pratiques d'intervention, etc.
  4. Pour assurer un succès au cours, on ne doit pas y retrouver un enseignant qui a un dégoût des technologies éducatives. Cependant, je pense qu'il ne faut pas non plus y trouver nécessairement un prof maniaque de l'informatique. Il suffit d'un enseignant ouvert à apprendre à intégrer les TIC. Le rôle de l'animateur RECIT local serait à ce moment-là de l'accompagner régulièrement en salle de classe pour lui permettre de développer pendant ses heures de cours sa compétence à intégrer les TIC. L'intervention en salle de classe est primordiale, à mon avis.
  5. Si ce travail d'intégration des TIC est bien fait, on pourrait alors s'attendre à ce que ces mêmes jeunes, arrivés en quatrième secondaire, fassent pression pour que ces mêmes outils TIC soient exploités dans leurs cours ordinaires. On créerait ainsi une certaine pression sur le système pour qu'il améliore les services en intégration des technologies à ces niveaux. Et l'année suivante, la pression serait sur la cinquième secondaire.
Le voyage de retour en Outaouais n'a pas été de tout repos. Sur la 40, on a eu droit à une terrible crevaison. Évidemment, ça prenait un homme pour sauver la situation. À preuve, cette photo.

Elle a été prise par ma collègue Lyse, qui a enfin découvert que je pouvais servir à autre chose que l'écouter me faire l'apologie de l'approche orientante.

Mais un malheur n'arrive jamais seul. Nous nous sommes arrêtés quelques kilomètres plus loin au St-Hubert de Berthierville. Nous avons passé commande, mais quel ne fut pas mon désarroi lorsque je remarquai que mon poulet n'était pas cuit. C'était bien là la première fois que la chose m'arrivait au St-Hub ! Moi qui étais affamé après avoir secouru la dame, je dus attendre patiemment le retour de mon plat pendant que je la regardais dévorer le sien...

mercredi 6 juin 2007

Deux millions

Lorsque j'ai réécrit Au fil de mes lectures en mode PHP/MySql, j'en avais profité pour ajouter un petit compteur Sitemeter. C'était en février 2001. Jusque-là, c'est-à-dire depuis 1995, je rédigeais tout en HTML.

Le compteur vient juste de franchir la barre des deux millions de visiteurs. N'ayant pas de point de comparaison, je me dis que cela doit sans doute être dans la moyenne correcte pour un site personnel.

Dans mon milieu de travail, peu de gens sont au courant que je mène depuis des années cette activité. Pour eux, je suis celui qui se bat pour l'intégration des TIC, celui qui chiale à propos de la lenteur du système d'éducation.

Mais ce que je considère comme mon oeuvre personnelle, c'est bien mon site Au fil de mes lectures. Je sais bien que toute collection a un côté quétaine, mais il demeure que j'aime profondément mon site. J'aime y naviguer. J'aime y retrouver les phrases qui m'ont fait vibrer. J'aime sa réactivité. J'aime aussi ses absences : absence de pub, absence de cadres, absence de clics interminables pour atteindre ce que l'on cherche.

Au fil de mes lectures, c'est ma mémoire de lecture, car, voyez-vous, je suis plutôt moche côté souvenance. Je ne retiens rien, exactement comme un personnage d'une nouvelle de Suskind - tiens, j'ai oublié son titre.

La beauté du web, c'est ce partage possible entre les humains. Bien sûr, le livre a aussi cette faculté mais je doute qu'un éditeur veuille bien publier ma collection. Heureusement qu'une des forces du web est de permettre l'auto-édition.

Force, mais sa faiblesse aussi. Car sans doute devrai-je penser, dans un futur assez rapproché, à la survie du site après ma mort. Un livre, une revue, ça se déposent dans une bibliothèque nationale. Mais un site web ? Si vous avez une info à ce propos, je suis preneur.

dimanche 3 juin 2007

La nouvelle ignorance



C'est un peu par hasard (en tombant sur une jolie phrase pendant que je le feuilletais) que j'ai achété ce bouquin du philosophe Thomas De Koninck, professeur à l'Université Laval. Lecture lente, j'ai pu recueillir une quarantaine de citations/extraits que j'ai bien évidemment déposés sur Au fil de mes lectures. L'incipit du livre indique bien de quoi il s'agit :
Il existe en réalité deux formes d'ignorance qu'on pourrait qualifier de « nouvelles », mais qui sont diamétralement opposées. La première ouvre et libère, la seconde emprisonne et tue. La première, qu'il faut célébrer, se traduit par de nouvelles interrogations suscitées par de nouvelles découvertes. Elle est le moteur de toutes les avancées du savoir. La seconde fait au contraire vivre dans l'illusion qu'on sait alors qu'on ne sait pas et s'apparente à ce que Platon appelait « la double ignorance ».
Et cet autre extrait, trouvé en page 57, que j'aime bien :
Les langues de bois (ou de coton, ou de circuit imprimé) de nos bureaucraties et d'un certain monde des affaires - on ne dit pas « mettre à pied », on dit « rationaliser », « consolider », « restructurer » - font chorus. Václav Havel a dénoncé avec justesse dans ces langues et dans ces autres formes de pouvoir anonyme, impersonnel, le même automatisme irrationnel et la même humanité que dans les systèmes totalitaires contemporains. La haine viscérale du langage et de la culture qui les marque tout autant ne permet d'ailleurs pas d'en douter.
On y trouve plusieurs bons mots sur l'éducation. Par exemple :
Ce qu'il s'agit de former avant tout [...] c'est le jugement critique ; lui seul rend autonome, lui seul rend libre. Ainsi le défi principal de l'enseignant est-il de susciter une autonomie culturelle suffisante chez l'étudiant pour qu'il puisse exceller en ce qu'il fera et surtout puisse vivre dans la richesse du concret - du latin concrescere, « croître avec », on ne le redira jamais assez : l'arbre concret, c'est l'arbre individuel en toutes ses composantes et ses conditions, en sa vie même - par opposition aux nuages de l'abstraction et des réductionnismes. (p. 88)
Et en pages 96 et 97, on trouve :
Paul Valéry notait : « Pour apprendre quelque chose à quelqu'un, il faut avant tout provoquer en lui le besoin de cette connaissance. Cela suffit. Le reste n'est rien. » Il ajoutait : « Le moyen capital d'un enseignement "secondaire" est : l'éveil de l'intérêt pour les choses qui demandent effort. Créer le désir - obtenir l'effort - et toujours faire sentir sa récompense. Jamais effort sans but net et désirable. » Et encore : «Tout enseignement est vicieux qui ne commence pas par exciter le besoin auquel il est destiné à répondre. » Le défaut de « l'usage obligatoire des examens » est qu'il « produit une habitude du nécessaire et suffisant - qui est contraire à la valeur ». Simone Weil exprime clairement ce principe :« L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études qu ela respiration aux coureurs. Là où elle est absente, il n'y a pas d'étudiants, mais de pauvres caricatures d'apprentis qui au bout de leur apprentissage n'auront même pas de métier. » Si l'on en croit Lewis Thomas, « la pire chose qui soit arrivée à l'enseignement de la science, c'est que tout le plaisir [the great fun] en est parti [...]. Ils deviennent tôt déroutés, et on les trompe en leur faisant croire que la déroute est simplement le résultat de ne pas avoir appris tous les faits ». On leur fait accroire que les vrais chercheurs de pointe ne sont pas tout aussi déroutés qu'eux. « Une bonne moitié de nos connaissances actuelles sera sans doute fausse dans deux ou trois ans. L'ennui est qu'on ne sait pas de quelle moitié il s'agit. » (Michel Jouvet).
Le livre de 180 pages (et 35$) est publié chez PUF.

vendredi 1 juin 2007

Lettre à mon petit-fils

Estéban, hier fut un jour bien triste pour le monde de l'éducation de la province. Car hier, on apprenait que lorsque tu entreras à l'école, tes performances seront chiffrées et tu seras comparé à tous les autres copains de ta classe. On te dira si tu es meilleur ou pire qu'eux.

Sache, Estéban, que J'avais espéré bien autre chose pour toi. Je voulais que ton séjour à l'école en soit un joyeux et lumineux. Un séjour pendant lequel tu aurais eu du plaisir à apprendre, à découvrir les joies de la connaissance, et à partager tes idées avec tes copains. En te comparant à tous les autres amis de ta classe, c'est malheureusement le contraire que tu vas vivre. Car tu chercheras à obtenir les meilleures notes, tu chercheras à être au-dessus des autres pour que ton enseignant et ton directeur soient fiers de toi. Et si tu obtiens des notes sous la moyenne, on te demandera d'améliorer ta performance. Et toi, sans trop savoir d'où il vient, tu sentiras un grand stress t'envahir. Stress de te maintenir en haut du peloton, ou stress de devoir dépasser ta moyenne de groupe. Ainsi, peut-être, perdras-tu cette curiosité (que je sens si fort en toi en ce moment) d'en savoir un peu plus sur ce qui t'entoure. Et puis, j'ai bien peur que petit peu à petit peu, l'école devienne un véritable boulet à ton pied. Qui donc en se levant chaque matin aime se dire qu'il doit travailler à améliorer son rendement public?

J'en entendu hier notre premier ministre dire qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. J'ai entendu un journaliste dire que les parents sont bien contents du retour aux notes et à la moyenne de groupe. Moi, je connais bien tes parents. Et je sais qu'ils ne font pas partie des parents que le journaliste citait. Car je sais que tes parents veulent d'abord que tu sois heureux, que pour eux, être au-dessus ou au-dessous des notes de tes copains ne veut strictement rien dire, qu'ils feront tout pour que tu ressentes de la joie dans tes apprentissages, et qu'un 80% ne mesure absolument pas ça !

Estéban, tu es encore bien petit, mais sache que pour moi, tes futures notes à l'école, je m'en moque éperdument. Je vais tout faire pour que tu comprennes bien qu'apprendre ne se mesure pas avec des notes. Qu'apprendre, c'est d'abord apprendre la beauté, et qu'à cet effet, se comparer aux autres est ridicule. Apprendre est source de joie, et je vais m'assurer que jamais tu ne perdras cette flamme que je vois dans tes yeux à chaque fois que je te rencontre.

Sache aussi, mon petit-fils, que je suis conseiller pédagogique, Et qu'en tant que tel, je devrai trouver des raisonnements farfelus et bidons pour expliquer qu'en te donnant une note, je contribue à ta réussite. J'ai pourtant fait bien des efforts pour n'en point arriver là. Mais de toute évidence, la guerre est perdue.

Je t'aime Estéban. Et je regrette, au plus profond de mon coeur, que des gens de ma génération t'offrent une école qui ne représente pas du tout ce que j'espérais pour toi.

Ton grand-papa Gilles

dimanche 27 mai 2007

Miscellanées 6

Pour une deuxième année consécutive, nous avons amené Estéban au Musée des enfants. Photos sur Flickr !
Pascal se réveille avec deux billets. L'un sur le récent colloque du GRMS - je n'y vais plus depuis plusieurs années, - et l'autre sur deux de ses redécouvertes. J'en ai profité pour installer Inkscape sur mon Ubuntu, et j'ai lu les quelques tutoriels qui sont inclus. Voilà un excellent logiciel !
Suite au billet de François Guité sur les calendriers, je me suis fait mon propre agenda sur Google. Vraiment super. Et puis hier, grâce à ce billet de Martin Lessard, j'ai découvert plein d'autres services.
Je suis un lecteur assidu du blogue de T. Crouzet. Son billet intitulé le dilemme du prisonnier mérite attention.

lundi 21 mai 2007

Jack !

Je suis un inconditionnel de 24. Mais cette saison fut d'une grande platitude. J'avais aimé la première heure, où Jack passe à deux doigts de s'en faire couper un, mais par la suite il n'y eut à peu près aucun thrill. Bien sûr que 24 est absolument invraisemblable. Et comme auditeur, je n'écoute pas cette émission pour son réalisme. Pour moi, 24 c'est d'abord l'art de rendre le suspense intenable, fascinant, obsessif. Mais cette sixième saison est passée vraiment à côté de cet objectif. Espérons mieux pour l'an prochain.

Le plus petit ensemble

Loué soit l'infini
Labyrinthe des effets et des causes,
Qui, avant de me présenter le miroir
Dans lequel je ne verrai personne ou je verrai un autre,
M'accorde la pure contemplation
D'un langage de l'aube.
Jorge Luis Borges


Découvert grâce au Blog-notes de mathématiques du Coyote des questionnaires à choix multiples en ligne.

Pour réaliser certains apprentissages, les exerciseurs sont des accessoires fort utiles. En attendant que je produise un billet expliquant le rôle important qu'ils possèdent, voyez tout de même cette première question, dont vous voyez la réponse affichée par l'ordinateur sur un de mes mauvais choix. (J'avais, avant de prendre une copie d'écran, choisi D)

La question est : si x=24, indique le plus petit ensemble auquel x appartient.



La question est intéressante. D'abord pourquoi si x=24 ? Pourquoi ne pas avoir demandé tout simplement d'indiquer le plus petit ensemble auquel 24 appartient ?

Mais, plus intéressant encore est le choix du mot petit. Qu'est-ce qu'un petit ensemble ? Comment comparer deux ensembles ? Si un ensemble est inclus dans un autre, ce premier est-il nécessairement plus petit que ce dernier ?

Voyons un peu. Prenons deux sacs, l'un contenant 5 oranges, l'autre 5 pommes. Y a-t-il un sac plus petit que l'autre ? Que compare-t-on ? Généralement, l'enseignant désire que les élèves comparent le nombre d'éléments appartenant à l'un et à l'autre. Ici, on a cinq éléments dans chacun, donc aucun des sacs n'est plus petit que l'autre.

Revenons à 24. Bien sûr, il est dans le sac des Naturels, le sac des Entiers, etc. Mais lequel de ces sacs est le plus petit ? Il a été démontré depuis plus d'un siècle maintenant que N, Z, Q ont la même cardinalité, c'est-à-dire qu'ils possèdent le même nombre d'éléments. Il a par ailleurs été démontré que R possède une cardinalité plus grande que ces derniers. Oui, oui, R possède plus d'éléments que N (lui-même en possédant une infinité !). Tout cela pour dire que N, au regard du concept de la cardinalité, n'est pas le plus petit des ensembles !

L'autre manière, plus intuitive, de définir plus petit pourrait être : On dit qu'un ensemble A est plus petit qu'un ensemble B si tous les éléments de A sont éléments de B et si B possèdent au moins un élément qui n'est pas dans A.

Cette définition intéressante apporte aussi son lot de difficultés. Par exemple, dans le cas des 5 oranges et des 5 pommes, on ne pourrait rien dire sur la petitesse de l'un par rapport à l'autre. Dans un cas on a des pommes, dans l'autre des oranges. Par ailleurs, une pomme ne peut être dans deux sacs en même temps, car la définition sous-entend que les mêmes éléments se trouvent dans l'un comme dans l'autre. On règle ce dernier problème en posant l'idée de pomme et l'idée d'orange. Autrement dit, on tient pour acquis que toutes les pommes sont l'idée unique pomme.

Vous croyez peut-être que dans les ensembles de nombres, puisque ce sont tous des nombres, on n'a pas ces différences du type pomme/orange. Erreur ! Par exemple, 24 est bien dans l'ensemble des nombres naturels. Mais est-il vraiment dans l'ensemble des entiers ? Dans ce dernier, il y a bien un +24 (que plusieurs écrivent 24) mais ce n'est pas du tout le même nombre. +24 possède en lui l'idée d'un opposé (-24) ce que n'a pas du tout le 24 naturel. Autrement dit, ils ont la même apparence, mais ils ne véhiculent pas la même idée.

Bon, comment alors aurais-je réglé cette première question du QCM ? Tout simplement en donnant les choix A à D corrects, mais en ajoutant une note explicative à chacune des réponses. Par exemple, on choisissant Q, j'aurais envoyé à l'élève quelque chose comme « Tu as raison. Mais 24 peut aussi être considéré comme un élément de N et Z. »

samedi 19 mai 2007

Miscellanées 5

Piratage
Au Canada, le taux de piratage de logiciels est de 36%. La solution serait de renforcer les lois, apprend-on dans l'article. R-I-D-I-C-U-L-E. La solution est dans l'éducation, entre autres en initiant les gens aux alternatives libres.

Lecture
« Une nouvelle nous apprenait récemment que 41,9 % des hommes détenant un diplôme universitaire ne lisent pas ! » ai-je trouvé ici en faisant une recherche sur Thomas de Koninck. Et on se plaint que nos enfants ne lisent plus... Si on se regardait le nombril, on aurait peut-être une explication.

Nasrudinisme
À la rencontre des RÉCIT, la société GRICS nous a remis une belle Liberclé. Depuis je la porte toujours au cou. Elle agit comme un antivol efficace car plus personne ne menace de me séquestrer...

P(L)Q
Bon, je n'y connais pas grand'chose en politique, mais en propulsant Mme Marois à sa tête, mettant ainsi sur la glace son projet souverainiste, le PQ devient un genre de deuxième Parti Libéral, avec un ensemble de promesses différent du premier.

mardi 15 mai 2007

Question de vitesse

Voici une jolie énigme que m'a fait parvenir un collègue :
Martin quitte Ottawa en roulant à vitesse constante. Après un certain temps, il croise une borne portant deux chiffres (XY). Une heure plus tard, il croise une borne portant les deux mêmes chiffres, mais inversés (YX). Une heure plus tard, il croise une troisième borne portant les deux chiffres de départ séparés par un zéro (X0Y). À quelle vitesse Martin roule-t-il?

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