Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 19 janvier 2006

Mon nébuloscope

Le Nébuloscope est un outil qui permet de visualiser sous forme de nuage le « monde lexical » d'une requête sur le Web francophone.

Nuage de Gilles Jobin

Pas si « nouvelles » que ça...

Michel Serres est un éminent penseur français. Sa conférence (1 h 38 min) intitulée Les nouvelles technologies, que nous apportent-elles ? redonne espoir. À écouter de toute urgence.

Liane : Au fil de mes lectures de Michel Serres.

dimanche 15 janvier 2006

Le «mal/bien-penser»

Éthique est le sixième et dernier volume de la célèbre Méthode d'Edgar Morin. Comme mentionné en quatrième de couverture, faire son devoir n'est souvent ni simple ni évident, mais incertain et aléatoire : c'est pourquoi l'éthique est complexe. Et ce livre explore justement cette complexité. Sa lecture est relativement facile et, à mon avis, peut être une bonne introduction à La Méthode, même s'il en constitue le point d'arrivée. N'est-ce pas là un merveilleux signe que la compréhension est complexe et peut s'aborder de plusieurs façons ?
Vous trouverez plusieurs citations sur Au fil de mes lectures, mais je ne peux vous laisser sans ce large extrait qui résume bien, à mon avis, la complexité du bien-penser. Je suggère de vous en faire une jolie copie papier que vous pourrez garder tout près : sa relecture, avant d'entamer une discussion, ne peut être que bénéfique !

Extrait des pages 64, 65 et 66 :

Le « mal-penser »

- morcelle et cloisonne les connaissances,
- tend à ignorer les contextes,
- fait le black-out sur les complexités,
- ne voit que l'unité ou la diversité, mais non l'unité de la diversité et la diversité de l'unité,
- ne voit que l'immédiat, oublie le passé, ne voit qu'un avenir à court terme,
- ignore la relation récursive passé/présent/futur,
- perd l'essentiel pour l'urgent, et oublie l'urgence de l'essentiel,
- privilégie le quantifiable et élime ce que le calcul ignore (la vie, l'émotion, la passion, le malheur, le bonheur),
- étend la logique déterministe et mécaniste de la machine artificielle à la vie sociale,
- élimine ce qui échappe à une rationalité close,
- rejette ambiguïtés et contradictions comme erreur de pensée,
- est aveugle au sujet individuel et à la conscience, ce qui atrophie la connaissance et ignore la morale,
- obéit au paradigme de simplification qui impose le principe de disjonction ou/et le principe de réduction pour connaître, et qui empêche de concevoir les liens d'une connaissance avec son contexte et avec l'ensemble dont elle fait partie,
- mutile la compréhension et handicape les diagnostics,
- exclut la compréhension humaine.

Le « travailler à bien penser »

- relie,
- décloisonne les connaissances,
- abandonne le point de vue mutilé qui est celui des disciplines séparées et cherche une connaissance polydisciplinaire ou transdisciplinaire,
- comporte une méthode pour traiter les complexités,
- obéit à un principe qui enjoint à la fois de distinguer et de relier,
- reconnaît la multiplicité dans l'unité, l'unité dans la multiplicité,
- dépasse le réductionnisme et le holisme en liant
- reconnaît les contextes et les complexes et permet donc d'inscrire l'action morale dans l'écologie de l'action,
- inscrit le présent dans la relation circulaire
- n'oublie pas l'urgence de l'essentiel,
- intègre le calcul et la quantification parmi ses moyens de connaissance,
- conçoit une rationalité ouverte,
- reconnaît et affronte les incertitudes et contradictions,
- conçoit le dialogique qui intègre et dépasse la logique classique,
- conçoit l'autonomie, l'individu, la notion de sujet, la conscience humaine,
- opère ses diagnostics en tenant compte du contexte et de la relation local-global,
- s'efforce de concevoir les solidarités entre les éléments d'un tout, et par là tend à susciter une conscience de solidarité. De même sa conception du sujet le rend capable de susciter une conscience de responsabilité ; il incite donc à ressourcer et régénérer l'éthique,
- reconnaît les puissances d'aveuglement ou d'illusion de l'esprit humain, ce qui conduit à lutter contre les déformations de la mémoire, les oublis sélectifs, la self-deception, l'auto-justification, l'auto-aveuglement.

samedi 14 janvier 2006

Vaneigem

« Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l'insupportable violence faite aux individus alors qu'ils la suscitent sciemment, dès l'enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l'argent, confits dans la peur de l'échec, infestés par l'arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu'à se venger sur elle de leurs infortunes.
Les collectivités d'enseignants, de parents et d'élèves n'ont-elles pas le pouvoir d'imposer des normes scolaires répondant, non à la rentabilité des malversations budgétaires, mais au souci de confier à un grand nombre d'accompagnateurs d'apprentissage, aussi avides d'enseigner que de s'instruire, de petits groupes d'enfants et d'adolescents à qui rien de ce qui est humain ne demeurera étranger ?
Si elles ne l'ont pas, qu'elles le prennent ! Qu'elles exigent, à contre-courant des coupes et des concentrations opérées par l'économie parasitaire, la multiplication de petites écoles, permettant à l'enseignant d'individualiser son enseignement et de propager jusque dans le milieu familial et social cette intelligence sensible du vivant, seule capable de décourager la barbarie ! »
Raoul Vaneigem, Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.108, Rivages poche n°480.

jeudi 12 janvier 2006

Dotclear et le spam : mon hack

Depuis quelques temps, plusieurs commentaires spamment mon blogue. J'utilise la version 1.2 beta de Dotclear. En attendant de trouver une meilleure solution, voici celle qui, je l'espère, fera l'affaire.
Ouvrez le fichier inc/classes/class.blog.php.
Autour de la ligne 1417, on trouve la fonction addComment. C'est cette dernière qu'il faut modifier. Mes changements sont en rouge.
L'idée est de comparer le commentaire à une liste de mots. S'il en trouve un, on s'arrange pour ne pas le publier. Par défaut, j'ai posé la variable $apublier à 1. Si elle vaut 0, le commentaire est conservé dans la base de données, mais n'est pas en ligne. C'est à l'administrateur de le supprimer de son interface d'administration. Vous pourriez cependant vous éviter cette étape, et j'indique comment le faire dans le code.
Évidemment, le problème de cette solution réside dans l'obligation de modifier le fichier à chaque fois qu'un nouveau spam contenant d'autres mots que ceux de la variable en tableau $MOT fait son apparition. Il faut alors ajouter une entrée au tableau et télécharger à nouveau le fichier sur votre serveur.
function addComment($post_id,$auteur,$email,$site,$content,$trackback=false)
{
$post_id = (integer) $post_id;
$auteur = $this->secureString($auteur);
$email = $this->secureString($email);
$site = $this->secureString($site);
$content = $content;


//Si on désire garder le commentaire, on associera zéro à cette variable.
$apublier = 1; 
// jobin : pour supprimer les spams. Je mets les mots en array
//insérez les mots que vous jugez caractéristiques du spam
$MOT = array("online discount","viagra","buy","cheap","cool site"); 
$CMOT = count ($MOT);
for ($CX=0;$CX<$CMOT;$CX++)
{
 //on garde le commentaire au cas où.
 //si vous voulez le supprimer à la place, remplacez $apublier = 0; 
 //par return false;
 if (strpos($content,$MOT[$CX])) {$apublier = 0;} 
}
    
# Vérifications
	if (!trim($post_id)) {
		$this->setError(__('No entry ID'),1000);
	}
		
	if (!trim($auteur)) {
		$this->setError(__('Empty comment author'),1000);
	}
		
	if (!trim($content)) {
		$this->setError(__('Empty comment content'),1000);
	}
		
	if ($email != '' && !$this->isEmail($email)) {
		$this->setError(__('Invalid email address'),1000);
	}
		
	if ($this->error() !== false) {
		return false;
	}
		
	$site = preg_replace('|^http://|','',$site);
		
# Insertion
	$insReq = 'INSERT INTO '.$this->t_comment.' '.
	'(post_id,comment_dt,comment_upddt,comment_auteur,comment_email,'.
	'comment_site,comment_content,comment_ip,comment_pub,'.
	'comment_trackback) VALUES '.
	'(\''.$this->con->escapeStr($post_id).'\', '.
	'SYSDATE(),SYSDATE(), '.
	'\''.$this->con->escapeStr($auteur).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($email).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($site).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($content).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr(@$_SERVER['REMOTE_ADDR']).'\', '.
        $apublier.
        ','.
        (integer) $trackback.') ';

dimanche 8 janvier 2006

M30402457

Mon oncle Jacques vient tout juste de me signaler la découverte du plus grand nombre premier à ce jour. Pour rappel, un nombre premier n'est divisible que par lui-même et par 1. Par exemple, 29 est un nombre premier car on ne peut le diviser que par 29 ou par 1. 39 ne l'est pas étant divisible par 1, 3, 13 et 39.

Depuis Euclide, on sait qu'il y a une infinité de nombres premiers. La nouvelle de CNN nous apprend qu'à la mi-décembre, une équipe de la Central Missouri State University a découvert un nombre de 9,152,052 chiffres qui était premier. Ce nombre fait partie de la catégorie dite nombre de Mersenne. Un nombre de Mersenne en est un de la forme 2p-1 où p est un nombre naturel. Par exemple : 210-1 = 1023 est un nombre de Mersenne.

Vous trouverez ici la liste des 42 plus petits nombres premiers de Mersenne connus en 2005 (excluant ce M30402457 = 230402457-1). Tous les détails sur le site officiel consacré à la recherche des nombres de Mersenne premiers.

Les sept savoirs

Je suis en train de lire La Méthode 6 (L'Éthique) d'Edgar Morin. J'en reparlerai ici, mais en attendant, pourquoi ne pas (re)lire les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur (Seuil, 2000) dont vous trouverez plusieurs extraits sur Au fil de mes lectures.

Voici un petit résumé de ces savoirs essentiels :

Les cécités de la connaissance : l'erreur et l'illusion

Il est nécessaire d'introduire et de développer dans l'enseignement l'étude des caractères cérébraux, mentaux et culturels des connaissances humaines, de ses processus et de ses modalités, des dispositions tant psychiques que culturelles qui lui font risquer l'erreur et l'illusion. (p.11)

Les principes d'une connaissance pertinente

Il est nécessaire de développer l'attitude naturelle de l'esprit humain à situer toutes ses informations [EM parle ici des connaissances capables de saisir les problèmes globaux et fondamentaux pour y inscricre les connaissances partielles et locales] dans un contexte et un ensemble. Il est nécessaire d'enseigner les méthodes qui permettent de saisir les relations mutuelles et influences réciproques entre parties et tout dans un monde complexe. (p12)

Enseigner la condition humaine

[...] reconnaître l'unité et la complexité humaines en rassemblant et en organisant des connaissances dispersées dans les sciences de la nature, les sciences humaines, la littérature et la philosophie, et de montrer le lien indissoluble entre l'unité et la diversité de tout ce qui est humain. (p.13)

Enseigner l'identité terrienne

Il convient d'enseigner l'histoire de l'ère planétaire qui commence avec la communication de tous les continents au XVIe siècle, et de montrer comment sont devenues inter solidaires toutes les parties du monde sans pour autant occulter les oppressions et les dominations qui ont ravagé et ravagent encore l'humanité. (p.13)

Affronter les incertitudes

Il faudrait enseigner les principes de stratégies, qui permettent d'affronter les aléas, l'inattendu et l'incertain, et de modifier leur développement, en vertu des informations acquises en cours d'action. Il faut apprendre à naviguer dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitude. (p.14)

Enseigner la compréhension

La compréhension mutuelle entre humains, aussi bien proches qu'étrangers, est désormais vitale pour que les relations humaines sortent de leur état barbare d'incompréhension.
D'où la nécessité d'étudier l'incompréhension, dans ses racines, ses modalités et ses effets. (p.15)

L'éthique du genre humain

L'éthique doit se former dans les esprits à partir de la conscience que l'humain est à la fois individu, partie d'une société, partie d'une espèce. Nous portons en chacun de nous cette triple réalité. Aussi, tout développement conjoint des humains doit-il comporter le développement conjoint des autonomies individuelles, des participations communautaires et de la conscience d'appartenir à l'espèce humaine. (p.16)

vendredi 6 janvier 2006

HP4

Je suis allé voir le quatrième Harry Potter hier après-midi.

Sachez d'abord que je n'ai pas lu les romans. Et je ne suis pas du genre cinéphile. J'ai cependant apprécié les trois premiers films et, bien sûr, j'ai assisté à plusieurs conversations familiales autour de l'histoire.

Je suis sorti extrêmement déçu de cette représentation.

D'abord, j'ai trouvé qu'il n'y avait aucune, mais absolument aucune, intrigue. C'est l'histoire d'un tournoi où la compétition est à peu près absente.

Au début du film, on assiste à une destruction du site d'un championnat mondial. Harry Potter se trouve au sol, inconscient. Il y a toute cette désolation, et HP qui se relève. Il est dirait-on le seul survivant d'une espèce de catastrophe nucléaire, et là, ses copains l'appellent au loin avec les effluves du tu n'as rien?, etc. Quelle scène ridicule. D'abord, comment se fait-il qu'il ne soit rien arrivé à HP pendant son inconscience? Comment se fait-il qu'il soit seul étendu dans cette grisaille avec absolument aucun mort autour de lui? Comment se fait-il que ses copains le retrouvent si facilement? Je sais, je sais, ce n'est qu'un film, mais il doit y avoir au moins un peu de cohérence...

On se retrouve à l'école, et on assiste à l'entrée des visiteurs. D'accord, celle de l'école du nord était très réussie. Mais quand les filles sont arrivées, on aurait dit une parade d'hôtesses de l'air. C'était vraiment quétaine.

Et puis, on voit une scène avec la journaliste. Diable, lorsqu'elle a pris HP à part, j'étais convaincu qu'elle allait lui "faire une passe" (ce qui m'aurait évidemment surpris, dans un film pour enfants...). On retrouve cette journaliste niaiseuse juste avant la première épreuve d'HP. Ma question : que diable vient-elle faire dans ce film? Je suppose qu'elle joue un certain rôle dans le livre, mais, avouez-le, couper ces scènes n'aurait rien changé au film.

Dans le combat final avec le gros méchant, j'ai trouvé HP tellement.... tellement... timide. Il tient la baguette comme s'il éloignait le plus possible de lui une cuillère contenant un remède dégueulasse. C'est, à mon avis, assez raté.

Dans ce film (mais peut-être est-ce le cas dans le livre aussi), Rob et Herminone sont de pâles caractères non-joueurs. Avez-vous remarqué la scène (assez ridicule aussi) où Rob envoie Herminone à HP pour lui livrer un message? Comment se fait-il que R. soit là? Je le croyais en chicane avec HP...

Un film absolument sans intrigue qu'il faut voir juste si on aime observer les dragons s'accrocher à des toitures. Ma cote : 4.5/10 !


dimanche 1 janvier 2006

Accoucher de mèmes

Le mème est à la culture ce que le gène est à la vie.


Il est à peu près impossible que les lecteurs de ce blogue trouvent inintéressante cette introduction à la mémétique. La quatrième de couverture est ici. Profitez-en pour parcourir, sur cette même page, la liste des suggestions de lectures. Attention cependant : il est certain qu'après avoir terminé ce bouquin, vous dévouvrirez des mèmes tout autour de vous. Et, consciemment, vous deviendrez un « réplicateur ».

Lianes :
Citations tirées de ma lecture
Le blogue de Pascal Jouxtel
Le site francophone de la mémétique
Pascal Jouxtel : « l’internet, nouveau terrain de réplication »
La mèmerie

vendredi 30 décembre 2005

Des goûts et des couleurs

« L'ennemi de toute peinture est le gris » (Delacroix). « Vous avez parfaitement raison de parler du gris, cela seul règne dans la nature, mais c'est d'un dur effrayant à attraper » (Cézanne). « Il faut respecter le noir » (Odilon Redon). « Rejetez le noir » (Gauguin). « Le noir, mais c'est la reine des couleurs » (Renoir). « Que c'est beau, le jaune ! » (Van Gogh). « Le bleu conserve sa propre individualité... alors que le jaune noircit dans les ombres et s'éteint dans les clairs » (Raoul Dufy). « Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge » (Picasso).
Henri Perruchot, La peinture, p. 30, Hachette (Notes et Maximes), 1965

jeudi 29 décembre 2005

Le Maître et Marguerite

Vous avez quelques heures devant vous ? Pourquoi ne pas lire le chef-d'oeuvre de Boulgakov. Un correspondant m'a indiqué que le roman (disponible en format poche) était porté au petit écran russe. Il ne reste plus qu'à espérer une diffusion occidentale.
Liane : Au fil de mes lectures de Boulgakov.

mercredi 21 décembre 2005

Lettre ouverte au Premier Ministre du Québec

Monsieur Jean Charest,

Depuis plus de 25 ans maintenant, j'oeuvre dans le milieu de l'éducation. Bien sûr, vous ne me connaissez pas. J'ai enseigné pendant plus de 20 ans les mathématiques et je suis conseiller pédagogique depuis cinq ans. Je crois pouvoir dire sans me tromper que j'ai toujours dégagé une certaine énergie et un grand enthousiasme pour mon travail. Plusieurs me prêtent le qualificatif de passionné.

Monsieur le Premier Ministre, vous venez de passer un décret fixant mes conditions de travail. Quoique mon sentiment n'ait sans doute pas tellement d'importance dans cette vaste ré-ingénérie que vous avez entreprise, je tiens tout de même à vous dire que je ne vois pas comment je pourrai continuer à sentir un engouement, une excitation ou une joie pour mon travail. J'ai l'impression d'avoir été traité comme un vulgaire chiffon que l'on tasse dans un coin sans lui demander son reste.

Bien sûr, je comprends vos grands principes. Je comprends aussi que le Québec semble avoir bien peu de moyens de se payer un système d'éducation de qualité. Cependant, il m'est d'avis que lorsque vous disiez que vous et votre parti étiez "prêts", cela signifiait, entre autres, prêts à trouver des solutions innovatrices, des stratégies originales pour permettre à ce système d'offrir encore un meilleur service éducatif à nos enfants qui, vous en conviendrez probablement, en ont bien besoin. Bien sûr, je vais continuer de travailler dans ce système, mais, Monsieur le Premier Ministre, je n'y crois plus. Vous venez de m'enlever une grande partie de mon ardeur au travail. Vous venez de créer chez moi, l'irréparable : je ne pourrai plus, avec cette loi, croire que l'éducation a une quelconque importance aux yeux des politiciens. Même votre adversaire politique, Monsieur Boisclair, a indiqué qu'il ne reviendrait pas sur cette loi.

Entre autres, il est stipulé dans la loi que les enseignants seront contraints de participer aux activités étudiantes culturelles, sportives ou sociales. Monsieur le Premier Ministe, on ne peut commander l'enthousiasme, mais on peut le tuer. Or l'une des grandes forces de notre système d'éducation était justement ces enseignantes et enseignants qui, par dévouement et avec zèle, organisaient et animaient ces activités. Cette loi détruit ce zèle et ce dévouement. Bien sûr, ils seront contraints de participer. Mais croyez-vous vraiment que cet asservissement serve l'éducation? Oh, je sais que tous agiront avec professionnalisme. Mais un professionnel sans enthousiasme est comme un médecin qui ne distribuerait que des pilules.

Monsieur le Premier Ministre, en vous écoutant, vous semblez fier de cette loi. J'aurais préféré, bien évidemment, que vous soyez fier du système d'éducation de cette province et de l'immense énergie que vous auriez pu apporter à l'amélioration de ce système.

Je termine en vous disant que vous venez d'éteindre chez moi le feu sacré. Cela ne fait qu'une seule personne, me direz-vous. Et en effet, je ne parle que pour moi. Sachez cependant que même si je ne suis qu'un électeur parmi tant d'autres, j'en suis un qui l'avait, ce feu sacré. J'étais de ceux qui croyaient qu'en vivant mes convictions, je participais à l'amélioration de l'environnement éducatif provincial. Je continuerai à faire mon travail, mais vous venez de détruire chez moi toute espérance.

Gilles G. Jobin

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