Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 10 janvier 2012

Chemin faisant, page 11

Le hasard a sauvé plus de gens que la prudence.

Un beau matin est une promesse, un beau soir est une bénédiction.

Le fait sauve souvent l'intention.

L'espérance et le souvenir ne se nuisent pas plus que deux jumeaux sur les mêmes genoux.

Les projets sont les relais du chemin.

Le cœur de l'enfant est comme ces montagnes où le mineur va mettre la pioche; que donnera-t-il ? de l'or, de l'argent, ou du cuivre ?

Les convenances sociales sont des sottises qui ont fait leur chemin.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

Citations quotidiennes 10.01.12

Un point sur lequel il a plu au bon Dieu de se rapprocher de l'homme, c'est qu'il ne fait pas souvent sa volonté ; il arrive d'ordinaire en ce monde non ce qu'il veut, mais ce qu'il permet, et voilà pourquoi les choses humaines vont si médiocrement.
Hyacinthe de Charencey (Pensées et maximes diverses, p.6, Annales de philosophie chrétienne, 1888)

La faiblesse pardonne et non pas la puissance.
Antoine Leblanc (Manco Capac, acte 1, sc. 4 (Tamzi), 1763)

Rien de tel qu'un support véridique pour y suspendre un mensonge.
Fred Vargas (Debout les morts, p.201, J'ai Lu - Policier, n°5482)

[...] vous ne me consolerez pas avec la pensée du malheur d'autrui. Ce que je souffre est pour moi.
Maurice Blanchot (Le ressassement éternel, p.18, Éd. de Minuit, 1983)

Il n'y a pas de place pour les regrets dans la vie.
Philippe Djian (Crocodiles (Crocodile), p.79, Éd. Librio n°10)

Voir Au fil de mes lectures.

Problème 10




F. Salazar
3e Prix, «Spanish Problem Society Tourney»
1949

Les Blancs jouent
et matent en 2 coups

lundi 9 janvier 2012

Chemin faisant, page 10

Ce n'est qu'en touchant l'ortie qu'on sait qu'elle pique.

Imposer aux grands et se faire respecter des petits.

On a de la voix sans portée, comme on a de l'esprit sans autorité.

On a l'aplomb de ses millions bien avant d'en avoir l'esprit.

Si les châteaux croulent, les ruines se relèvent : le temps marche pour détruire et pour venger.

Il y a des choses si dures à entendre et si douces à dire !

Rien de plus insupportable qu'un chasseur, si ce n'est son lièvre.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Citations quotidiennes 09.01.12

On sort le cercueil -
un pont se pose
dans le paysage
Kanseki Hashi (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.197, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)

Il y a eu un temps où il fallait une certaine force d'esprit pour ne pas croire à Jupiter. Il en viendra un où l'on ne comprendra pas qu'on ait pu croire en Dieu.
Louise Ackermann (Pensées d'une solitaire, p.42, Alphonse Lemerre, 1903)

Certains ne vont aux enterrements que pour voir qui sera dans le cercueil la prochaine fois.
Johan Theorin (L'Heure trouble, trad. Rémi Cassaigne, p.310, Livre de Poche/thriller, n°32118)

[...] le bonheur de choisir un nouveau livre.
Mikaël Ollivier (Celui qui n'aimait pas lire, p.150, De La Martinière, 2004)

[En parlant du sommeil]
[...] la musique des tombes [...]
Albert Cohen (Le livre de ma mère, p.113 Folio no. 561)

Voir Au fil de mes lectures.

dimanche 8 janvier 2012

Question à la BnF

Ce matin, j'ai lancé la question suivante au service de recherche de la Bibliothèque nationale de France :
Je cherche les dates de naissance et de mort d'Étienne Rey, qui a écrit, entre autres :

De l'amour, Grasset, 1909.
Maximes morales et immorales, Grasset, 1914
La Chance, Hachette, 1928

Il semble y avoir beaucoup de confusion autour de cet auteur du début du siècle. Jérôme Duhamel dans ses livres de citations donne 1873-1940, et Pierre Germa dans son Nouveau dictionnaire des citations donne : 1879-1965. Ces derniers citent le même livre du même auteur ! Sur le web, on trouve parfois 1879-1940 et à la BnF, votre fiche auteur est bien silencieuse !
J'attends maintenant patiemment la réponse.

MaJ : Cette réponse de la BnF est arrivée aujourd'hui, 9 janvier ! La voici :

La notice d'autorité pour Etienne Rey, dans le Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb125299262/PUBLIC), contient au moins une information, tirée du "Catalogue général de la librairie française" (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4891h/f814) : Etienne Rey est né en 1879 à Saint-Pardoux (Dordogne).

Une grande partie de l'état-civil de ce département a été numérisée, il est consultable sur le site internet des Archives départementales (http://archives-num.cg24.fr/pleade330/search-form.html?name=etat-civil). Il existe cependant deux Saint-Pardoux en Dordogne : Saint-Pardoux-et-Vielvic et Saint-Pardoux-la-Rivière.

C'est dans le registre des naissances de Saint-Pardoux-la-Rivière pour 1879, à la date du 1er mars, que se trouve l'acte de naissance d'Elie-Pierre-Etienne Rey. Il y est indiqué qu'il était né la veille, le 28 février 1879.

Le même acte comporte deux notes marginales : l'une donne la date de son mariage et le nom de sa femme, l'autre sa date de décès, le 16 février 1965 à Paris 16e.

Miette 3 : Garde-toi de juger les gens sur la mine

La vue

Garde-toi de juger les gens sur la mine.

Sommaire. — Ce qu'on a dans la tête. — Le miroir de l'âme. — Chiromancie, Physiognomonie, Graphologie. — Circonspection. — Un monsieur qui est une dame.

On aimerait bien voir ce que les autres ont dans la tête, ou pour mieux dire, dans l'esprit ; rien d'étonnant que nos pères aient cherché à contrôler la véracité des propos tenus par la langue.

Ils ont tâché d'abord de dévisager les gens et de pénétrer jusqu'à leur âme en examinant les yeux, qui passent pour en être le miroir. Cet examen ne leur ayant pas offert un contentement absolu, le miroir étant par trop souvent terni, ils ont eu recours à la chiromancie, à la physiognomonie, science illustrée par Lavater, et plus récemment à la graphologie, à laquelle l'abbé Michon consacra une partie de son existence.

Tous ces travaux, toutes ces recherches n'ont pas permis de pénétrer dans les arcanes du cerveau humain. La prudence conseille donc d'être circonspect.

Garde-toi, tant que tu vivras,
De juger les gens sur la mine1.

Il possédait son La Fontaine le frère portier de l'abbaye de la Trappe, où les femmes n'étaient pas admises.

Désireuse d'en faire la visite, George Sand imagina de prendre un costume d'homme. Confondue dans une assez nombreuse réunion elle comptait passer inaperçue. Le moine ne fut pas dupe de ce stratagème et, la distinguant, lui dit : « Pardon, Monsieur, j'en suis bien fâché, mais les dames n'entrent pas ici. »


1 Le Cochet, le Chat et le Souriceau, livre VI, fable 5.


Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 9

Reprocher à quelqu'un de ne plus nous aimer, c'est chercher querelle à qui n'entend plus.

Que j'aime à voir les belles nappes vertes de la vallée ! Il me semble que le soleil vient de mettre le couvert pour les indigents.

Il suffit d'un sourire pour nous dévoiler, d'un mot pour nous peindre.

La puissance sans la justice est aussi dangereuse que le plaisir sans la raison.

Oh! pourquoi puis-je moins croire, puisque je puis autant aimer?

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Citations quotidiennes 08.01.12

S'habituer à suivre sa voie sans prêter trop attention à ce qui se déroule autour de soi. Ne pas craindre d'être nombriliste. Peut-être est-ce de cette façon qu'on peut le moins heurter les autres.
Gilles Archambault (Les plaisirs de la mélancolie, p.100, Éd. Boréal, 1994)

Quand tu auras compris l'ensemble, alors tu comprendras les parties. Donc commence par comprendre l'ensemble.
Tony Hillerman (Le peuple de l'ombre, trad. Jane Fillion , p.242, Folio -sans numéro de série- 1994)

Le chien est le modèle, le véritable prototype de l'amitié.
Jean-Louis Alibert (La Physiologie de la passion, tome 1, p. 179, P.J. de Mat, 1825)

[...] ces professeurs et autres donneurs de leçons qui sont parfaitement satisfaits du peu qu'ils savent, soit se vantent de connaître un tas de choses dont ils n'ont en réalité pas la moindre idée.
Jostein Gaarder (Le monde de Sophie, trad. Hélène Hervieu et Martine Laffon, p.86, éd. du Seuil)

Rien n'est plus à craindre dans la vie,
Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie.
Jean-François Regnard (Le joueur, p.29, Librairie Hatier)

Voir Au fil de mes lectures.

samedi 7 janvier 2012

Chemin faisant, page 8

Ne pars avec le rêve que si tu peux rentrer avec la raison.

Le caprice est toujours un changement, mais le changement n'est pas toujours un caprice.

Un joli tableau : la jeunesse heureuse, la vieillesse résignée.

Trois catégories de gens autour de moi : les amis, les relations, les chaises louées.

Il y a quelque chose de plus triste à voir que les fleurs fanées, ce sont les fleurs qu'on arrache.

Une passion qui juge ressemble à la soif voulant analyser l'eau.

Il y a des sciences dont nous ne pouvons user et que nous ne pouvons transmettre ; et ce ne sont pas celles qui nous ont coûté le moins.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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Citations quotidiennes 07.01.12

L'homme qui dort, l'homme ivre, c'est l'homme diminué.
Antoine de Rivarol (Maximes, pensées et paradoxes, p.13, Le Livre Club du Libraire, 1962)

Tout homme doit mourir. Choisir le néant est la seule manière d'en triompher.
Shan Sa (La joueuse de go, p.86, Folio n°3805)

Le mérite est un sot, si l'argent ne l'escorte.
Antoine Jacob de Montfleury (La Femme juge et partie, acte 2, sc. 1 (Bernardille), 1670)

[...] si l'image de l'être aimé reste vivante dans votre coeur, le monde entier est votre maison.
Orhan Pamuk (Mon nom est Rouge, trad. Gilles Authier, p.64, Folio n°3840)

Le problème n'est jamais d'aller quelque part, mais seulement d'aller aussi loin que possible.
Franz Bartlelt (Petit éloge de la vie de tous les jours, p.29, Folio n°4954, 2009)

Voir Au fil de mes lectures.

vendredi 6 janvier 2012

Chemin faisant, page 7

Le bonheur fait quelquefois comme le beau monde, il arrive sur le tard.

L'espérance est la seule femme dont on aime les cheveux blancs.

Pour être belle ruine, on n'a pas besoin d'avoir été beau monument.

Je préfère les inflexibles aux impitoyables.

Il est plus difficile d'être grand que d'être sublime.

La pauvreté connaît ses plaies, mais elle a des privilèges qu'elle ne se connaît pas.

Les choses en leur temps ont la saveur des fruits en leur saison.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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