Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 23 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 111

S'il ne faut pas partir la veille, il faut mourir l'avant-veille,

Laisse passer les plus pressés : la meilleure place n'est pas toujours la première.

Tout ce que l'on force trop se venge.

On remercie de tant de manières, même par l'injure !

Pensées du soir : tout ce que les hommes peuvent dire n'est rien, et tout ce qu'ils peuvent faire, si peu de chose.

Ce que nous exagérons, comme plus tard nos enfants s'en moquent !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 22 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 110

La mort de certains amis entr'ouvre notre tombeau.

Il y a bien des gens qui ne sont que des demi : demi-amis, demi-époux, demi-maîtres... incomplets, toujours.

Les regrets marchent en procession avec leurs cierges.

« Je l'avais dit » : quelle gloriole s'attache à ces trois mots !

La province: l'indiscrétion frappant à toutes les portes et fouillant tous les tiroirs.

En cheveux blancs, la haine rugit encore.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 21 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 109

Dieu nous réprimande avant de nous punir.

Est-ce parce qu'on a toujours beaucoup mangé qu'on deviendra sobre? Est-ce parce qu'un jeune homme a beaucoup vécu qu'il fera un mari fidèle ?

Quand le physique tient beaucoup de plan chez un être, le moral en tient moins.

Où le rêve s'effeuille, la route reste parfumée.

L'amitié à l'amour : tu auras besoin de moi. L'amour à l'amitié : non pas moi, mais peut-être ma victime !

L'usage nous apprend à nous tenir, plus qu'à nous conduire.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 20 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 108

Comme l'amour, le mépris pardonne, mais le ton est différent.

L'âge mûr arrive chargé des sottises de la jeunesse, dont il paie les dettes.

L'origine du succès est à rechercher ; comme le voyageur, il a besoin d'avoir ses papiers en règle.

S'en aller gracieusement vers l'autre rivage, et, quoi qu'elle ait été, remercier la vie.

Trop de crainte de Lui offense Dieu.

Un homme qui déclare n'avoir jamais souffert ne s'attire-t-il pas un peu le mépris des autres?

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 19 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 107

L'homme veut avec plus de force, la femme désire avec plus de ténacité.

À jeun, l'idée est plus tragique; après le déjeuner, elle est plus conciliante.

Ne diminue pas ton bienfait en le reprochant. Si l'autre a démérité, n'as-tu pas joui en donnant? Trouve-toi payé.

D'un riche, tous les cadeaux semblent si naturels ! il n'a pas la joie de surprendre.

Le besoin d'aimer, comme il nous trompe sur l'occasion!

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 18 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 106

La gêne entre deux amoureux annonce que l'heure fatale a sonné.

L'amour a des jours de tigresse et des heures de gazelle.

En amour, il ne faut pas toujours savoir ce qu'on dit.

Le départ des désirs, accompagne-le avec des larmes à la frontière.

La vanité supporte le pain sec, l'eau pure, l'estomac vide, pourvu qu'elle paraisse.

La mer rêve avec ceux qui rêvent, gronde avec ceux qui grondent, ose avec ceux qui osent, se soulève avec ceux qui aiment, se plaint avec ceux qui souffrent, console ceux qui n'avaient plus d'espoir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 17 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 105

N'être pas content de ce qu'on écrit indique qu'on écrira mieux.

Qui aspire au nombre dédaigne le choix.

Ce qui est chevaleresque est bien passé de mode ; on se contenterait aujourd'hui de ce qui est honnête.

On se repent en automne, on craint en hiver et on recommence au printemps.

Rencontrer deux jeunes amoureux, sentir la confiance qu'ils se donnent, la tendresse qui les unit, le rêve qui les accompagne, l'auréole qui les entoure, la nature qui les écoute, le ciel qui les regarde, c'est délicieux.

L'admiration de l'homme n'est pas celle de la femme ; le beau a besoin de l'une et de l'autre.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 16 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 104

Présente à tous la vérité, nue aux âmes fortes, voilée aux faibles.

Riche, ne cache pas ta souffrance au malheureux, c'est déjà presque lui faire l'aumône.

Le gaffeur, pour se rattraper, lance une autre gaffe.

C'est bien plus difficile d'être bonne femme que bon mari.

Toutes les femmes insatisfaites s'appellent incomprises.

Comme on ose quand on ignore !

On peut avoir bonne mine et mauvaise santé, parler de dons à faire et être avare.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 15 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 103

Le soin est de l'amour qui veille.

En écrivant ne soyons pas trop long : la vie est courte.

Solliciter le baiser, c'est lui ôter toute sa valeur. La branche n'appelle pas l'oiseau.

Il faut savoir sortir de ses idées, quand on en trouve de meilleures.

Tous les effets de nos sottises, même les plus grossières, nous les appelons des épreuves.

La sérénité : le plus beau des sommets.

Ne fais que regarder les uns, imite les autres.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 14 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 102

Un homme d'esprit peut aimer une femme qui lui est inférieure; mais il l'aimera avec condescendance, pas en égal, comme on aime et protège le faible.

La plainte fait naître la plainte : ne me plaignez pas pour ne pas que je me plaigne à mon tour.

La vie ne demande pas : qui es-tu? mais : que fais-tu?

Là-haut nous ne serons pas jugés sur le mérite de nos ancêtres, bien plutôt sur ceux de nos descendants.

Demandons peu à ceux auxquels il coûte tant de refuser.

Tâchons de rendre le pauvre croyant, mettons un peu de ciel sous ses haillons.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 13 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 101

Quelle paix il y a à laisser dire, une paix pleine de fierté douce !

Si tu le veux, prends la rose pour amie; pour femme, cueille la pâquerette.

Laisse à la jeunesse ses joies, ses ivresses, ses amours : elle seule sait s'en servir.

On tombe de sa hauteur.

La reconnaissance a emprunté à l'amour quelques-unes de ses grandes émotions et de ses beaux moments.

N'appréhende pas tant les peines, elles ont leurs forces, mais plutôt les joies, elles ont leur vertige.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 12 décembre 2012

De toutes les Paroisses, page 100

Une femme croit facilement avoir un joli pied.

Une femme qui aime saura longtemps attendre, longtemps espérer, longtemps croire, longtemps souffrir, sans pouvoir se persuader qu'elle est soumise à l'abandon.

Fais le gros tant que tu voudras, tu ne tromperas jamais que les imbéciles.

Un être vicieux ne peut pas croire à la vertu ; l'intérêt ne pourra jamais croire, quoi qu'on lui dise, au désintéressement.

Les choses trop achevées arrivent à la perfection plus qu'à la grâce.

Avec de l'esprit, comme on peut-être désagréable et faire frissonner d'antipathie !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

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