Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 12 août 2014

Autorité

Autorité

Une grande tête à la tête des têtes.
J. de Maistre

Note du transcripteur :
Lettre à M. le Vicomte de Bonald, mai 1816.

«Il faut avouer aussi que, du côté des apôtres, le zèle a été parfois un peu précipité; il amanqué dans cette occasion à la cause de la vérité, ce qui manque si souvent, une grande tête à la tête des têtes.»
Si vous voulez acquérir de l'autorité, parlez peu.
Abbé J. Toulemonde

Note du transcripteur :
Dans l'article : L'art d'excercer l'autorité, de la «Revue de Philosophie», XXII, 1913.

Si vous voulez acquérir de l'autorité, parlez peu. Ce sont vos actes qui vous feront connaître bien plus que vos affirmations. Contentez-vous d'énoncer vos ordres d'un ton net mais tran- quille, sans jamais les répéter, en homme parfaitement sûr d'être obéi. Entrer en discussion avec un élève, c'est amoin- drir son prestige. L'enfant, en effet, n'est pas capable de com- prendre les raisons profondes, il trouve toujours de bons motifs de ne pas obéir. Les arguments qu'on lui alléguera ne seront d'ordinaire que des prétextes; le motif réel, il est sou- vent impossible de le lui exposer.
On ne gouverne les hommes, même austèrement, qu'avec infiniment de douceur et de conciliation.
Lacordaire

Note du transcripteur :
Lettre au P. Besson, 4 mars 1843.
Abuser de son autorité sur ceux qui sont au-dessous de nous est aussi lâche que de flatter ceux qui sont au-dessus.
Général de Sonis

Note du transcripteur :
Phrases rapportée par Mgr. Baunard dans «Le Général de Sonis d'après ses papiers et sa correspondence», 1890.
L'État, c'est moi.
Louis XIV

Note du transcripteur :
Dans WIKIPÉDIA :

« L'État, c'est moi » est une formule attribuée à Louis XIV et qu'il aurait prononcée le 13 avril 1655 devant les parlementaires parisiens. Elle est censée rappeler la primauté de l'autorité royale dans un contexte de défiance avec le Parlement, qui conteste des édits pris en lit de justice le 20 mars 1655. Néanmoins, des historiens contestent que cette phrase, qui n'apparaît pas dans les registres du parlement, ait réellement été prononcée par Louis XIV.
L'aimable siècle où l'homme dit à l'homme:
Soyons frère - ou je t'assomme.
Lebrun

Note du transcripteur :
L'épigramme 23 qu'on trouve dans Oeuvres de Ponce Denis (Écouchard) Lebrun (1811) est exactement :
«Bon Dieu ! l'aimable Siècle où l'Homme dit à l'Homme:
Soyons Frère... ou je t'assomme!»
On ne peut régner sur les hommes quand on ne règne pas sur les coeurs.
Lacordaire

Note du transcripteur :
Vie de Saint Dominique, 1860.
Voici la phrase exacte dans son contexte :

«[...] il avait rencontré, pour son malheur, cette force honorable qui est dans l'humanité, et qui fait qu'on ne peut pas régner sur les hommes quand on ne règne pas sur leurs coeurs.»


À rapprocher de Massillon (Sermon sur les écueils de la piété des grands) :
«Soyez, Sire, comme eux, le défenseur de la gloire de Dieu, et il ne permettra pas que la vôtre s'efface jamais de la mémoire des hommes. Justifiez, en vous proposant ces grands modèles, que la piété ne déshonore point les rois; que les passions toutes seules avilissent le trône et dégradent le souverain; qu'on n'est pas digne de régner quand on ne règne pas sur soi-même; et que pour être dans les âges suivants aussi grand qu'eux aux yeux des hommes, il faut avoir été comme eux fidèle à Dieu.»
Plus l'autorité est usurpée, moins on la quitte aisément.
Lacordaire

Note du transcripteur :
Dans une lettre à Mme Swetchine du 7 septembre 1850.
Jusqu'ici, on n'a pas trouvé moyen de faire voguer un navire à pleines voiles, par les mers les plus dangereuses, sans pilote ni commandement.
Renan

Note du transcripteur :
Réponse au discours de M. Cherbuliez, prononcé dans la séance du 25 mai 1882 de l'Académie Française.

Citation retirée des éditions subséquentes.
Ne laissez aucun de vos fils vous arracher des mains le sceptre de l'autorité, il s'en servirait pour vous frapper au coeur.
Mgr Rosier

Note du transcripteur :
D'après «Le catéchisme de l'éducation» (1919), cette citation serait tirée de «L'art d'être maman» de Mgr. Rosier. Je n'ai pas vérifier l'exactitude de cette assertion.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

lundi 11 août 2014

Auteur/Automne

Auteur

Le défaut des auteurs, dans leurs productions,
C'est d'en tyranniser les conversations,
D'être au palais, aux cours, aux ruelles, aux tables,
De leurs vers fatigants lecteurs infatigables.
Molière, Les Femmes savantes

Note du transcripteur :
Acte 3, sc. 3 (Vadius)

Automne

De la dépouille de nos bois
L'automne avait jonché la terre
Le bocage était sans mystère,
Le rossignol était sans voix.
Millevoye

Note du transcripteur :
La Chute des feuilles.
Quand vous verrez tomber, tomber les feuilles mortes.
Si vous m'avez aimé, vous prierez Dieu pour moi.
Adolphe Porte
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

dimanche 10 août 2014

Aumône

Aumône

L'Aumône se tient à la porte de l'enfer et ne permet pas que celui qui la fait y descende.
Saint Augustin

Note du transcripteur :
En latin :
Ante fores gehennae stat misericordia, et neminem permittit in carcerem mitti
Homil. XXXIX inter 50).
Qui donne aux pauvres prête à Dieu.
Hugo

Note du transcripteur :
Tiré de «Les voix intérieures»

Heureux ceux que mon zèle enflamme!
Qui donne aux pauvres prête à Dieu.
Le bien qu'on fait parfume l'âme;
On s'en souvient toujours un peu!

Joindre les mains, c'est bien, mais les ouvrir, c'est mieux.
Louis Ratisbonne

Note du transcripteur :
Dans la dernière strophe de «La prière et l'aumône» :
Car il ne suffit pas de prier dans un livre:
II faut, pour plaire au ciel, aimer les malheureux
Et leur donner l'argent quand on n'a pas de cuivre
Joindre les mains, c'est bien; mais les ouvrir, c'est mieux.

J'ai faim, vous qui passez, daignez me secourir.
Pierre-Alexandre Guiraud, Le Petit Savoyard

Note du transcripteur :
Écrit en 1824.
Le devoir n'est pas de donner, mais de faire du bien en donnant.
Maurice Deslande

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Quand tu donnes, donne avec joie et en souriant.
Joubert
Donnez riches ! L'aumône est soeur de la prière.
Hugo, Les Feuilles d'Automne
Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir les malheureux.
Voltaire

Note du transcripteur :
Dans une lettre de 1767 à M. le comte de Boisgelin.

Blanchard a supprimé cette citation des éditions subséquentes.
Donnez ! Il vient un jour où la terre nous laisse.
Vos aumônes là-haut vous font une richesse.
Hugo

Note du transcripteur :
Les feuilles d'automne.
Donnez ! afin qu'un jour à votre heure dernière,
Contre tous vos péchés vous ayez la prière
D'un mendiant puissant au ciel!
Hugo

Note du transcripteur :
Les feuilles d'automne.
Les riches ne peuvent se sauver que par les pauvres.
Bossuet

Note du transcripteur :
Je n'ai pas retrouvé cette phrase dans Bossuet. Cependant, dans «Homélies sur les paraboles de N. S. J.-C. prêchées au Vatican» (1866), on lit :
« C’est pourquoi, dit S. Augustin, les riches et les grands, à raison même de leur opulence et de leur grandeur, ne peuvent se sauver que par l’exercice de la charité.»
Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l'on vient de donner.
La Bruyère

Note du transcripteur :
Les Caractères.
Tu vois un pauvre nu et tu l'habilles; mais si tu le lui reproches, c'est comme si tu le déshabillais.
Philémon

Note du transcripteur :
Je soupçonne Étienne Blanchard d'avoir copié cette citation de la revue française : «Le magasin pittoresque» de 1878.
L'origine et l'auteur doit être confirmé.
Le pain et le vin que vous tenez enfermés, sont à celui qui a faim ; l'habit dont vous n'usez pas est à celui qui est nu.
S. Basile

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Dieu a mis le nécessaire du pauvre dans les mains du riche, mais il n'y peut rester sans une sorte d'injustice qui blesse la loi de la Providence.
D'Aguesseau

Note du transcripteur :
Dans «Institution au droit public.»
«On a eu raison de dire il y a longtemps, que Dieu a mis le nécessaire du pauvre entre les mains du riche. Mais il n'y est que pour en sortir: il ne peut'y rester sans une espèce d'injustice, qui blesse non seulement la loi de la Providence ; mais la nature même de mon être , qui le porte à se répandre au-dehors, et qui m'inspire de former une communication réciproque entre moi et les autres hommes, par les biens que je verse sur ceux qui en sont privés, et par ceux que je reçois d'eux à mon tour.»

Blanchard a retiré cette citation des éditions subséquentes.
Entre le pauvre sans pain et le riche sans coeur, le plus misérable n'est pas celui qui n'a point de fortune, c'est celui qui se rend indigne d'en avoir.
Père Caussette

Note du transcripteur :
Jean-Baptiste Caussette, Mélanges oratoires, 1876.

Citation retirée de éditions subséquentes.
L'aumône est un commerce avantageux dans lequel on achète à bon marché et l'on vend très cher.
S. Jean Chrysostome

Note du transcripteur :
Cité dans «La bibliothèque des prédicateurs.» (1733)
C'est le pauvre qui tend la main, mais c'est Dieu même qui reçoit.
S. Jean Chrysostome

Note du transcripteur :
Cité dans «Recueil de prières, de méditations et de lectures tirées des oeuvres des Saints Pères» (1872)
Donner, c'est diminuer son bien, mais grandir son âme.

Note du transcripteur :
Citation anonyme peut-être d'Étienne Blanchard.
La meilleure part de notre bonheur ici-bas est faite de celui que nous donnons aux autres.

Note du transcripteur :
Citation anonyme retirée des éditions subséquentes.
Soyez aussi généreux de votre argent que de vos sympathies.

Note du transcripteur :
Citation anonyme qu'on doit sans doute attribuée à Étienne Blanchard.
Le coeur doit faire la charité quand la main ne le peut pas.

Note du transcripteur :
Un commentaire P. Quesnel dans «Le Nouveau Testament, en français avec des reflexions morales sur chaque verset.» (1702).

Cette citation a été retirée des éditions subséquentes.
L'aumône n'est pas un don, c'est un prêt à gros intérêt.

Note du transcripteur :
«L'aumône n'est pas un don, nous dit-il encore, ce n'est pas un don qui nous dépouille de nos biens, c'est nn prêt que nous faisons à Dieu dans la personne du pauvre; c'est un prêt que Dieu rendra, et même avec usure.» Prov.19.17 touve-t-on dans «Traité sur l'aumône» (1841).

Citation supprimée des éditions subséquentes.
Que votre coeur ajoute toujours quelque chose à l'aumône de vos mains!

Note du transcripteur :
Citation anonyme supprimée des éditions subséquentes.
Donner, c'est un plaisir qui ne s'use jamais.

Note du transcripteur :
Massillon dans «La bienfaisance» :
La joie de faire du bien est tout autrement douce et touchante que la joie de le recevoir. Revenez-y encore, c'est un plaisir qui ne s'use point.»

Citation cependant supprimée des éditions subséquentes.
Morceau de pain reproché s'arrête dans le gosier.

Note du transcripteur :
Il s'agit sans doute d'un proverbe.
Qui de sien donne, Dieu lui redonne.

Note du transcripteur :
«Proverbes rimés recueillis par de Comte de Neufchâteau.» Source : Dictionnaire de la sagesse populaire (1855).
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

samedi 9 août 2014

Attention/Audace

Attention

La culture de l'attention est le secret de l'entraînement intellectuel.
Jean-Marie Goyau

Note du transcripteur :
Education et hérédité, 1890. Voici l'environnement de la citation :

«La culture de l'attention est le secret de tout « l'entraînement intellectuel ». L'attention produit le groupement plus ou moins systématique des représentations et des idées, de manière à ce qu'aucune ne reste isolée en nous, à ce que chacune attire et éveille plutôt les images ou les idées qui offrent avec elle une certaine similitude, une analogie logique ou esthétique. L'inattention, au contraire, consiste dans l'avortement de chaque représentation, qui passe et meurt en nous sans avoir donné lieu à aucun groupement durable. L'attention est donc autant une question de méthode que de puissance naturelle pour l'intelligence. Prendre l'habitude de l'attention, c'est prendre simplement l'habitude de ne pas laisser avorter d'état de conscience important sans l'avoir relié à d'autres, sans en avoir fait une sorte de système psychique1.
L'attention est l'ordre et l'honnêteté de la pensée. Il s'agit de ne pas laisser se briser la trame de nos idées, de faire comme le tisserand qui rattache tout fil cassé. Il y a des esprits où les fils se cassent sans cesse, c'est vrai, mais on peut presque toujours les renouer avec un peu d'effort. C'est une question de volonté, et l'attention apparaît ainsi comme une moralité élémentaire, la moralité même de l'intelligence, l'art de la conduite dans le for intérieur.»
L'attention est d'étroite embouchure. Il faut y verser ce qu'on dit avec précaution, et, pour ainsi dire, goutte à goutte.
J. Joubert
Habituez-vous à être attentifs et à réfléchir sur toutes choses. Un esprit attentif a plus de puissance que vingt esprits distraits.

Note du transcripteur :
Le Foyer Domestique, Vol.3, 1878, dans une rubrique «maximes et pensées». La citation est laissée sans nom d'auteur.
L'attention est la force de l'esprit.
Bossuet

Note du transcripteur :
Je n'ai pas retrouvé la citation dans Bossuet. Cependant, on l'attribue presque toujours à V. Malebranche à cause du chapitre V de son Traité de Moral. Il débute ainsi : « CHAPITRE CINQUIÈME. De la force de l'esprit. Nos désirs sont les causes occasionnelles de nos connaissances. Il est difficile de contempler les idées abstraites, et la force de l'esprit consiste dans l'habitude qu'on a prise de supporter le travail de l'attention. Moyens pour acquérir cette force d'esprit. Il faut faire taire ses sens, son imagination et ses passions, régler ses études, ne méditer que sur des idées claires.»
L'attention, c'est le burin de la mémoire.

Note du transcripteur :
Cette citation est de Pierre-Marc-Gaston duc de Lévis. Elle se trouve dans le premier volume de ses «Maximes et essais sur différents sujets de morale et de politique», 1811.

Audace

Le trop de confiance attire le danger.
Corneille

Note du transcripteur :
Le Cid, acte 2, sc. 6 (Don Fernand)
Qui risque tout perd tout.

Note du transcripteur :
C'est un proverbe.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

vendredi 8 août 2014

Athée

cul-de-lampe

Athée

De toutes les misères humaines, la plus grande est celle de l'homme sans Dieu.
Père Henri Didon

Note du transcripteur :
Jésus-Christ, vol. 1, 1891.
Un peuple athée serait un peuple de brigands.
Voltaire

Note du transcripteur :
Voltaire n'a jamais dit cette phrase. En fait, c'est dans son livre «Voltaire, apologiste de la Religion Chrétienne» (1838) que M. Mérault écrit cette phrase en interprétant celle-ci de Voltaire : «Messieurs, gardez-vous de l'athée qui se conduit comme il se raisonne.»
Même cette dernière phrase qui, selon Mérault, se trouve dans les Oeuvres complètes de Volaire, t.62, édition de Kehl, p.375, est incorrecte. En effet, voici le texte EXACTE qu'on trouve dans les «Honnêtetés Littéraires» de Voltaire :

« Quel est l'homme qui n'aimerait pas mieux avoir affaire à un Marc-Aurèle ou à un Épictéte qu'à un abbé Sabatier? Nous savons, et nous l'avons souvent avoué, qu'il est des athées par principes, dont l'esprit n'a point corrompu le coeur.

On a vu souvent des athées
Vertueux malgré leurs erreurs:
Leurs opinions infectées
N'avaient point infecté leurs moeurs.
Spinosa fut doux, simple, aimable;
Le dieu que son esprit coupable
Avait follement combattu,
Prenant pitié de sa faiblesse,
Lui laissa l'humaine sagesse,
Et les ombres de la vertu.


Nous dirons à tous ces athées argumentants, qui n'admettent aucun frein, et qui cependant se sont fait celui de l'honneur, qui raisonnent mal, et qui se gouvernent bien : Messieurs, gardez-vous de l'abbé Sabatier, qui se conduit comme il raisonne. Aussi ne le voient-ils point; il est également en horreur aux dévots et aux philosophes.
»

Blanchard a d'ailleurs supprimé le nom de Voltaire des éditions subséquentes, mais a tout de même conservé la citation.
La morale d'un athée prépare les moeurs d'un gueux.
J.-J Rousseau

Note du transcripteur :
Le plus près qu'on peut trouver se trouve dans le chapitre 4 de son Émile :
« L'oubli de toute religion conduit à l'oubli des devoirs de l'homme. Ce progrès était déjà plus d'à moitié fait dans le coeur du libertin. Ce n'était pas pourtant un enfant mal né; mais l'incrédulité, la misère, étouffant peu à peu le naturel, l'entraînaient rapidement à sa perte, et ne lui préparaient que les moeurs d'un gueux et la morale d'un athée.»

Blanchard a conservé la citation, mais a supprimé le nom de Rousseau dans les éditions subséquentes.
Les athées ne sauraient être que des fous ou des fripons.
Cuvier

Note du transcripteur :
C'est apparemment tiré d'une «Séance de l'Académie, 15 Messidor, an VIII.» Je n'ai pu vérifier la chose.
Je n'ai jamais été un athée, je n'ai jamais nié l'existence de Dieu. L'impossibilité de concevoir que ce grand et étonnant univers a pu naître par hasard, me paraît le principal argument pour établir l'existence de Dieu.
Darwin

Note du transcripteur :
Voici ce qu'on trouve dans une lettre de Darwin adressée à John Fordyce datée du 7 mai 1879 :

It seems to me absurd to doubt that a man may be an ardent Theist & an evolutionist.— You are right about Kingsley. Asa Gray, the eminent botanist, is another case in point— What my own views may be is a question of no consequence to any one except myself.— But as you ask, I may state that my judgment often fluctuates. Moreover whether a man deserves to be called a theist depends on the definition of the term: which is much too large a subject for a note. In my most extreme fluctuations I have never been an atheist in the sense of denying the existence of a God.— I think that generally (& more and more so as I grow older) but not always, that an agnostic would be the most correct description of my state of mind.
Les esprits forts savent-ils qu'on les appelle ainsi par ironie?
La Bruyère

Note du transcripteur :
Les Caractères.

Le paragraphe complet : « Les esprits forts savent-ils qu’on les appelle ainsi par ironie ? Quelle plus grande faiblesse que d’être incertains quel est le principe de son être, de sa vie, de ses sens, de ses connaissances, et quelle en doit être la fin ? Quel découragement plus grand que de douter si son âme n’est point matière comme la pierre et le reptile, et si elle n’est point corruptible comme ces viles créatures ? N’y a-t-il pas plus de force et de grandeur à recevoir dans notre esprit l’idée d’un être supérieur à tous les êtres, qui les a tous faits, et à qui tous se doivent rapporter ; d’un être souverainement parfait, qui est pur, qui n’a point commencé et qui ne peut finir, dont notre âme est l’image, et si j’ose dire, une portion, comme esprit et comme immortelle ? »
... esprits forts jusqu'à l'article de la mort exclusivement.
Louise Veuillot

Note du transcripteur :
Ça et là, 1874.
L'athéisme, s'il est conséquent, peut et doit croire à un prodige de chaque minute.
Joubert

Note du transcripteur :
Je n'ai par retrouvé cette citation (dans laquelle, parfois, on «DE» chaque minute est remplacé par «À» chaque minute) dans l'oeuvre de Joubert.
L'impossibilité où je suis, de prouver que Dieu n'est pas, me découvre son existence.
La Bruyère

Note du transcripteur :
Les Caractères.
Nemo Deum negat, nisi cui expedit Deum non esse.
S. Augustin

Note du transcripteur :
Traduction : Personne ne nie Dieu que celui à qui il serait utile et avantageux qu'il n'y en eût point
Si nous en croyons Diodore de Sicile, Protagoras qui vivait 500 ans avant J.-C., ayant osé mettre en doute l'existence de Dieu, fut chassé du territoire d'Athènes par une sentence des magistrats, ses livres brûlés, et plus tard, sa tête mise à prix.
Là où l'empire de l'homme a remplacé l'empire de Dieu jetez un drap mortuaire et écrivez : C'est ici la ruine!
P. Captier

Note du transcripteur :
«Quelques pensées sur l'éducation nationale» par François Eugène Captier (1865).
La citation exacte : « Là où l'empire de l'homme a remplacé l'empire de Dieu, jetez un drap mortuaire, et écrivez : C'est ici le bas empire, c'est la ruine!»

Captier était prêtre du Tiers Ordre Enseignant de St-Dominique
Si le monde était gouverné par des athées, il vaudrait tout autant être sous l'empire des êtres infernaux qu'on nous peint comme s'acharnant sans cesse sur leur proie.
Voltaire

Note du transcripteur :
Blanchard a sans doute copié cette citation de La Tribune sacrée: écho du monde catholique (1846) qui l'attribue à Voltaire. Cependant, il l'a complètement supprimée des éditions subséquentes. Mes recherches m'ont amené à la toute fin de la première homélie de Voltaire (Londres, 1763) :

«Une société particulière d'athées, qui ne se disputent rien, et qui perdent doucement leurs jours dans les amusements de la volupté, peut durer quelque temps sans trouble; mais si le monde était gouverné par des athées, il vaudrait autant être sous l'empire immédiat de ces êtres infernaux qu'on nous peint acharnés contre leurs victimes. En un mot, des athées qui ont en main le pouvoir, seraient aussi funestes au genre humain que des superstitieux. Entre ces deux monstres la raison nous tend les bras : et ce fera l'objet de mon second discours.»
Je voudrais voir un homme sobre, modéré, chaste, équitable, prononcer qu'il n'y a point de Dieu : il parierait du moins sans intérêt. Mais cet homme ne se trouve point.
La Bruyère, Les Caractères
Malheur au voyageur qui aurait fait le tour du monde et qui rentrerait athée sous le toit de ses pères!
Chateaubriand

Note du transcripteur :
Génie du Christianisme.

La citation exacte dans son environnement :
«Ce n'est point dans une ménagerie où l'on tient en cage les secrets de Dieu qu'on apprend à connaître la sagesse divine : il faut l'avoir surprise, cette sagesse, dans les déserts, pour ne plus douter de son existence; on ne revient point impie des royaumes de la solitude, regna solitudinis : malheur au voyageur qui aurait fait le tour du globe, et qui rentrerait athée sous le toit de ses pères!»
Un peuple d'athées, s'il pouvait exister, serait un peuple de monstres.
Père Caussette

Note du transcripteur :
Discours sur le saint jour du dimanche, 12 mai 1850.
On trouvera ce discours dans La Tribune sacrée: écho du monde catholique de 1849.
J'invoque souvent ce Dieu auquel je sais heureux de croire, que des fous et des ignorants nient, mais en qui l'homme éclairé trouve sa consolation et son espérance.
Thiers

Note du transcripteur :
Phrase rapportée par V. Retaux dans le chapitre «Thiers orateur et homme d'état» de son livre (1878) : « Etudes religieuses, philosophiques, historiques et littéraires. »
L'homme pieux et l'athée parlent toujours de religion; l'un parle de ce qu'il aime, l'autre de ce qu'il craint.
Montesquieu

Note du transcripteur :
De l'esprit des lois.
L'athéisme est l'enfant perdu des dernières débauches du coeur.
Lacordaire

Note du transcripteur :
Conférence : Du mystère en tant qu'objet de prophétie.

La citation dans son environnement : « D'ailleurs, Messieurs, je ne m'adresse jamais à l'athéisme; enfant perdu des dernières débauches du coeur, il a de trop rares représentants pour qu'on lui parle dans une grande assemblée d'hommes : votre nombre seul m'annonce que vous croyez en Dieu, et qu'ainsi mon droit comme mon devoir est d'opposer à votre ambition de tout comprendre l'incompréhensible lumière de sa nature et de son nom. »
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

jeudi 7 août 2014

Association

Association

Toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
Montesquieu, L'Esprit des Lois

Note du transcripteur :
Dans le chapitre 2.
L'amitié est une association de deux âmes pour le bien.
Ozanam

Note du transcripteur :
Je n'ai pas trouvé la référence exacte liant cette citation à Ozanam.
Notre amitié sera plus qu'une liaison ; elle sera une action, une association, une collaboration aux mêmes oeuvres pour le service du pays, de l'Église, du bien universel.
Mgr Baunard

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Les cercles variés de la jeunesse catholique offrent à tous leurs membres ce très précieux avantage d'être autant de foyers où s'opèrent des rencontres de choix, et où se nouent, dans un commerce confiant et plein de charmes, les liaisons les plus honnêtes et les relations les plus propres à décupler les forces individuelles : liaisons et relations que Dieu cimente par sa grâce, et qui tirent de cette influence les plus solides garanties de durée.
Mgr L.-A. Paquet

Note du transcripteur :
Études et appréciations: mélanges canadiens, 1918.
Les honnêtes gens sont les plus nombreux, mais ils ne savent pas se compter.
Achille Tournier

Note du transcripteur :
Pensées d'automne, 1900.
Dix hommes groupés autour d'une idée sont plus forts que mille dont les idées se contredisent.
Copin-Albancelli

Note du transcripteur :
Le Drame Maçonnique - La Conjuration Juive Contre Le Monde Chrétien, 1909.
Vous êtes catholiques, et comme catholiques vous pouvez faire encore plus de bien que par le passé. Vous avez, avec raison, travaillé au succès et à l'avancement de votre société vous pouvez aussi travailler pour le bien de la patrie. Il faut que votre influence s'étende au-delà des limites de la bienfaisance et que vous arriviez, vous et les autres sociétés nationales, à exercer une action sociale....
Mgr Bruchési, Aux Artisans

Note du transcripteur :
«Rapport de la sixième convention de la Société des artisans canadiens-français», 1908
Notre association s'est assigné comme tâche de former une génération de catholiques et de patriotes militants, profondément pénétrés de la nécessité et des vérités du catholicisme, professant pour leur race un attachement aussi inébranlable qu'éclairé et avisé, une génération consciente de l'importance des oeuvres sociales et économiques, et résolue à leur faire une large part dans son activité.
V.-E. Beaupré, À l'A.C.J.C.

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mercredi 6 août 2014

Art/Artiste

Art

Il embellit tout ce qu'il touche.
Fénelon

Note du transcripteur :
Lettre à l'Académie.

En voici l'extrait entourant la citation :

Je ne crains pas de dire que Démosthènes me paraît supérieur à Cicéron. Je proteste que personne n'admire Cicéron plus que je ne fais. Il embellit tout ce qu'il touche; il fait honneur à la parole; il fait des mots ce qu'un autre n'en saurait faire. Il a je ne sais combien de sortes d'esprits. Il est même court et véhément toutes les fois qu'il veut l'être, contre Catilina, contre Verrès, contre Antoine.
Dieu fit le monde, et l'homme l'embellit.
Abbé Delille, Les Jardins

Note du transcripteur :
Il s'agit de Jacques Delille.
La critique est aisée et l'art est difficile.
Destouches, Le Glorieux

Note du transcripteur :
Acte 2, sc. 5 (Philinte)
Les grands artistes n'ont pas de patrie.
De Musset

Note du transcripteur :
Lorenzaccio, acte 1, sc. 5 (L'Orfèvre)
Aujourd'hui on travaille pour vivre et les arts deviennent des métiers.
De Musset

Note du transcripteur :
Andre Del Sarto, acte 1, sc. 4 (Lionel)
L'art ce consolateur des misères humaines.
Ponsard

Note du transcripteur :
L'Honneur et l'argent, acte 3, sc. 6 (Rodolphe)
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Boileau, Art poétique

Note du transcripteur :
Chapitre 3.
Le plaisir, instruisant par la voix des beaux-arts,
Embellira la vie au sein de nos remparts.
Chenier, Charles IX

Note du transcripteur :
Acte 2, sc. 3 (Coligni)
L'art, c'est l'homme ajouté à la nature.

Note du transcripteur :
Il s'agit de Francis Bacon. La citation dans son environnement : «Ainsi, c'est la nature qui régit tout. Or, ces trois choses sont subordonnées les unes aux autres, le cours de la nature, ses écarts et l'art, c'est-à-dire l'homme ajouté aux choses. Il convient donc de comprendre ces trois objets dans une histoire naturelle.»

qui se trouve dans : «Oeuvres philosophiques, morales et politiques» (1838). Je suppose que, selon le traducteur de l'oeuvre originale, plusieurs variantes existent.
Qui peint la fleur n'en peut peindre l'odeur.

Note du transcripteur :
Sans doute un vieux proverbe. Dans le «Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française en rapport, avec des proverbes des autres langues.» (1850) à l'entrée FLEUR :

«Qui pingit forum non pingit floris odorem.
Avis aux hypocrites. Leur vertu simulée ne saurait parvenir à passer pour naturelle, et toujours elle se reconnaît comme la fleur peinte ou artificielle à l'absence de ce parfum exquis qu'exhale la véritable vertu.»

Artiste

Jamais la société ne s'est tant appliquée à la fabrication de l'artiste ; jamais peut-être le véritable artiste n'a tant manqué.

Note du transcripteur :
Cette réflexion est sans doute de l'abbé Blanchard.
Lorsque nous oublions l'artiste en regardant son tableau, n'est-ce pas le plus grand éloge que nous puissions faire de l'artiste ?
Corneille

Note du transcripteur :
Il ne s'agit pas du tout de Corneille. La citation est tirée d'une pièce de Schiller (Intrigue et Amour, acte 1, sc 5 - Louise, 1847) traduite par Alexandre Dumas !
L'artiste voit à l'état d'idée pure ce qui apparaît au critique avec ses angles, ses contradictions, ses aspérités.
Renan

Note du transcripteur :
Études d'histoire religieuse, 1858.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mardi 5 août 2014

Argent

Argent

Qui prête l'oreille aux dialogues des passants entend le plus souvent deux mots «moi» et «argent».
E. Wertheimer

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
L'argent qu'on possède est l'instrument de la liberté celui qu'on pourchasse est l'instrument de la servitude.
J.-J Rousseau

Note du transcripteur :
Les Confessions.
Blanchard a supprimé le nom de l'auteur dans les éditions subséquentes.
Et quelle affaire ne fait point,
Ce bienheureux métal, l'argent maître du monde?
La Fontaine

Note du transcripteur :
Tiré du conte «Le Coupe enchanté.»
Comme l'argent rend tendre!
Regnard, Le Joueur

Note du transcripteur :
Acte 1, sc. 6 (Hector)
L'argent apaise tout et l'argent tout efface.
Scarron

Note du transcripteur :
Jodelet duelliste, acte 1, sc. 3 (D. Félix)
Le mérite est un sot si l'argent ne l'escorte.
Montfleury

Note du transcripteur :
La Femme, juge et partie, acte 2, sc. 1 (Bernadille).
L'argent, mon cher, l'argent, c'est la seule puissance.
Ponsard

Note du transcripteur :
L'Honneur et l'argent, acte 4, sc. 5 (Le Capitaliste).
On dit la vérité gratis, on ment pour de l'argent.
Dumas père, Les Mousquetaires

Note du transcripteur :
Prologue, sc. 1 (L'Inconnu)
Tout obéit à l'argent.
L'Ecclésiaste
Est-il quelque défaut que les biens ne réparent?
Corneille, Mélite

Note du transcripteur :
Acte 4, sc. 1 (La Nourrice)
Il ne faut point douter qu'il fera ce qu'il peut
Et s'il a de l'argent qu'il pourra ce qu'il veut.
Molière, L'Étourdi

Note du transcripteur :
Acte 2, sc. 8 (Mascarille)
L'argent en honnête homme érige un scélérat.
Boileau

Note du transcripteur :
Épître 5.

En voici un extrait un peu plus long :<
«L'argent, l'argent, dit-on; sans lui tout est stérile :
La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile.
L'argent en honnête homme érige un scélérat;
L'argent seul au palais peut faire un magistrat.»

L'argent fait tout.
La Fontaine

Note du transcripteur :
Contes (Richard Minutolo)
Si l'on ne le voyait de ses yeux, pourrait-on jamais imaginer l'étrange disproportion que le plus ou le moins de pièces de monnaie met entre les hommes?
La Bruyère

Note du transcripteur :
Les Caractères
De l'argent, de l'argent de l'argent! Ah! ils n'ont que ce mot à la bouche! de l'argent! toujours de l'argent!
Molière, L'Avare

Note du transcripteur :
Acte 3, sc. 1.
HARPAGON: Que diable, toujours de l'argent! Il semble qu'ils n'aient autre chose à dire: "De l'argent, de l'argent, de l'argent." Ah! ils n'ont que ce mot à la bouche: "De l'argent." Toujours parler d'argent. Voilà leur épée de chevet, de l'argent.
L'argent dans une bourse entre agréablement;
Mais le terme venu que nous devons le rendre,
C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre.
Molière, L'Étourdi

Note du transcripteur :
Acte 1, sc. 5 (Anselme)
...Que l'or donne aux plus laids certain charme pour plaire,
Et que sans lui le reste est une triste affaire.
Molière, Sganarelle

Note du transcripteur :
Sc. 1 (Gorgibus)
Cette citation a été supprimée par Blanchard dans les éditions subséquentes.
Des louanges toutes pures ne mettent point un homme à son aise. Il y faut mêler du solide; et la meilleure façon de louer, c'est de louer avec les mains.
Molière, Le Bourgeois Gentilhomme

Note du transcripteur :
Acte 1, sc. 1 (Le Maître de musique).
Citation supprimée par Blanchard dans les éditions subséquentes.
L'argent, l'éteignoir de l'amitié.
Labiche

Note du transcripteur :
Célimare, acte 3, sc. 12, (Colombot)
Citation supprimée dans les éditions subséquentes.
Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme;
Et reprenez vos cent écus.
La Fontaine

Note du transcripteur :
Le Savetier et le Financier.
Citation supprimée des éditions subséquentes.
L'argent est un bon serviteur et un mauvais maître.
Dumas fils

Note du transcripteur :
Dumas fils n'est certainement pas le père de cette citation.
Dans le «Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française » de Pierre-Marie Quitard (1842), on lit :

Ce proverbe a été attribué au chancelier Bacon , mais il existait avant Bacon; peut-être a-t-il été inspiré par ce vers d'Horace:
Imperat aut servit vollecta pecunia cuique;
où bien par ce mot sur Caligula : « Il n'y eut jamais un meilleur esclave ni un plus mauvais maître. »
Il faut pouvoir dire de l'argent ce que le philosophe Aristippe disait d'une belle courtisane : « Je possède Laïs sans qu'elle me possède. »

Toujours est-il que l'abbé Blanchard l'a supprimée des éditions subséquentes.
L'argent a tué plus d'âmes que le fer n'a tué de corps.
Walter Scott

Note du transcripteur :
Je n'ai pu vérifier cette citation.
L'argent ne doit entrer en la maison des gens d'honneur que par la voie de la vertu.
Jacques Amyot

Note du transcripteur :
Le Bréviaire, 1829.
Avec un peu d'argent un homme est quelque chose,
Un homme sans argent est un peu moins que rien.

Note du transcripteur :
C'est tiré des «Pensées» de M. le comte D'Oxenstirn (1759)
La popularité des billets de banque n'a pas sensiblement diminué depuis qu'on a découvert que chacun d'eux loge une moyenne de 50 millions de microbes.

Note du transcripteur :
Sans doute une réflexion de l'abbé Blanchard.
Il n'y a pas de serrure qu'une clef d'or ne puisse ouvrir.

Note du transcripteur :
Origine inconnue.
Avec une bourse au cou, personne n'est pendu., Dicton

Note du transcripteur :
Blanchard le classe sous Dicton. Selon le «Magasin Pittoresque» (1861), il s'agirait d'un proverbe finnois.
On attrape l'oiseau avec des graines, l'homme avec des écus.

Note du transcripteur :
Il s'agirait peut-être d'un proverbe russe. Mais Blanchard a supprimé cette citation des éditions subséquentes.
Où l'or reluit, la raison se tait.

Note du transcripteur :
M. C. de Méry répertorie cette phrase dans son «Histoire générale des proverbes, adages, sentences, apophthegmes» (1828).
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

dimanche 3 août 2014

Animaux/Aplatissement/Apostolat/À-propos

Animaux

Je suis le bon Samaritain des crapauds... Je suis l'ami intime des colimaçons et le galant des araignées... J'ai envie de dire au chacal: «Mon frère, embrassons-nous.»
Auguste Vacquerie

Note du transcripteur :
C'est tiré de «Profils et grimaces» (1857) :

«Je suis le bon Samaritain des crapauds; hier, j'en ai sauvé un que des enfants lapidaient, je le leur ai enlevé, et je l'ai porté bien loin dans un champ. Je suis l'ami intime des colimaçons et le galant des araignées.
Quant aux bêtes féroces, je ne les hais pas ; je suis convaincu qu'elles subissent une fatalité mystérieuse, je ne leur en veux donc pas du mal qu'elles nous font, je les en plains, et alors je les en aime. C'est à nous d'agir sur elles, comme sur les sauvages, comme sur les hordes, comme sur les anthropophages; c'est à nous de les apprivoiser, de faire leur éducation. Il faudra pourtant bien qu'on s'occupe un jour de civiliser les tigres! Le coup de dent et le coup de fusil ne peuvent pas être à perpétuité l'unique dialogue de l'homme et du lion. Moi, j'ai envie de dire au chacal : Mon frère, embrassons-nous!»
Tous ces fils de l'argile ont un peu de notre âme,
Un peu de ce qui pense, un peu de ce qui sent...
Et ceux-là sont des fous, dont l'horrible caprice
Torture sans raison ou frappe sans justice,
Ces frères que nous fait le pouvoir de souffrir.
Armand Silvestre

Note du transcripteur :
Il s'agit du poème «Défense des Bêtes» (1870) :

«S’il existe vraiment, où donc s’arrête-t-il?
Cet effroyable droit qui nous livre la vie
Comme une chose inerte au travail asservie,
Et nous met la douleur aux mains comme un outil?

Tous ces êtres vivants qu’une invisible trame
Tient enchaînés pour nous sous une loi de sang,
Tous ces fils de l’argile ont un peu de notre âme,
Un peu de ce qui pense, un peu de ce qui sent.

Le dieu qui les couvrir d’une éternelle enfance
Leur donna la pitié de l’homme pour défense,
L’oeil pour le supplier, la voix pour l’attendrir.

Et ceux-là sont des fous dont l’horrible caprice
Torture sans raison ou frappe sans justice
Ces frères que nous fait le pouvoir de souffrir.»

Aplatissement

Celui qui se fait ver de terre peut-il se plaindre d'être écrasé?
Kant

Note du transcripteur :
C'est à la toute fin du chapitre 2 de la «Doctrine de la vertu.»

Dans la traduction de Jules Barni (1855), elle se lit : «Celui qui se fait ver, peut-il ensuite se plaindre d’être écrasé?»

Apostolat

L'apostolat est le grand signe de l'Évangile, la grande nécessité sociale et le grand devoir chrétien.
Abbé Tissier

Note du transcripteur :
«Soyons Apôtres», 1901.

Curieusement, dans les éditions subséquentes, Blanchard a orthographié TESSIER alors qu'il s'agit pourtant bel et bien de TISSIER.
Un saint homme n'est pas uniquement un simple bibelot, c'est une force vitale agissant sur son entourage, approuvant ici, condamnant là, indifférent à rien dans le monde, excepté à lui-même ; sa vie, loin d'être un livre fermé est un flambeau lumineux, éclairant tous ceux qui l'entourent et qui cheminent encore dans les sombres et dangereux sentiers de la vie.
S.G. Mgr O'Connell

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Celui qui travaille à son salut éternel est juste ; celui qui travaille aussi au salut de la société l'est encore plus.
G. Palau S.J.

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Plus tu vivras, plus tu reconnaîtras que la lutte la plus âpre dans le monde n'est pas pour l'argent mais pour ou contre les âmes. Je me dis souvent qu'il n'y a pas eu d'époque plus théologique que celle-ci, plus travaillée, dans les profondeurs, par les courants qui se contrarient ou se côtoient.
René Bazin

Note du transcripteur :
La Barrière (1910)
Dès que nous avons une âme, nous avons un sacerdoce, nous avons charge d'âmes.
Louis Veuillot

Note du transcripteur :
Dans ses «Correspondances.»

A-propos

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
La Fontaine, Le Lièvre et la Tortue
Le talent, le caractère, la passion aident beaucoup à faire un journaliste mais l'à-propos seul l'achève.
Saint-Marc Girardin

Note du transcripteur :
La citation exacte est : « Le talent, le caractère, la passion aident beaucoup, en effet, à faire un journaliste; mais l'à-propos seul l'achève et lui donne l'investiture.»
Essais de littérature et de morale (1953)
Soyez fermes et non pas opiniâtres; courageux et non pas tumultueux ; libres, mais non pas indisciplinés ; sensibles, mais non pas enthousiastes.
Mirabeau

Note du transcripteur :
Réponse et contre-protestation. (1789)
Tous les succès sont fondés sur des choses faites ou dites à propos.
Voltaire

Note du transcripteur :
Dans «Question sur l'Encyclopédie par des amateurs.»

La citation correcte se lit ainsi : «Tous les heureux succès en tout genre sont fondés sur les choses dites ou faites à propos.»

Blanchard a conservé la citation dans les éditions subséquentes, mais n'a pas laissé le nom de son auteur !
La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos.

Note du transcripteur :
La citation est de La Bruyère.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

samedi 2 août 2014

Les voyages

Trouvé dans "Le magasin pittoresque" vol. 46, 1878.

Un sot disait à Socrate :
- On prétend qu'il est utile de connaître les pays étrangers. Pour moi, je voyage beaucoup, et cela ne me sert à rien.
Socrate lui répondit :
- Ce qui vous arrive est tout simple : vous voyagez avec vous.

Anglais/Anglicisme

Anglais

Vous autres Anglais, vous vous amusez à la façon dont nous, Français, nous nous ennuierions.
Max O'Rell

Note du transcripteur :
Sous l'item SALONS LITTÉRAIRES (Dictionnaire universel des littératures, Hachette et cie. 1876) de Gustave Vapereau, on trouve :

Au commencement du siècle, l'anglomanie s'est efforcée d'y substituer, sous le nom de raouts, d'aristocratiques cohues où la morgue et le flegme britanniques se complaisaient dans un silencieux tournoiement. « Vous vous amusez, disait aux Anglais une célèbre artiste, Mme Vigée-Lebrun à propos de ces réunions à la fois taciturnes et tumultueuses, vous vous amusez comme nous nous ennuierions à Paris. »

Par ailleurs, dans «Souvenirs de Madame Vigée Lebrun», T.3, (Paris, 1836), on lit :

Dans cette foule on est pressé, heurté continuellement, au point que cela devient une grande fatigue , et pourtant rien pour s’asseoir. À l’un de ces routs, où je me trouvais, un Anglais que j’avais connu en Italie m’aperçut; il vint à moi, et me dit , au milieu du profond silence qui règne toujours dans ces assemblées: « N’est-ce pas que ces réunions sont amusantes ? — Vous vous amusez comme nous nous ennuierions ,» lui répondis-je. Je ne voyais pas, en effet, quel plaisir on pouvait trouver à s’étouffer ainsi dans une foule qui est telle qu’on ne peut approcher la maîtresse de la maison.

Il y a donc de fortes chances que Max O'Rell ne soit pas l'auteur de cette citation.
Si les Anglais n'aiment pas la sainte Vierge, ce sont des imbéciles, voilà tout. Je veux vouer notre armée à cette puissante Protectrice.
Pélissier

Note du transcripteur :
Citation non vérifiée.
Et alors, nous pourrons dire : Vive la vieille Angleterre! car vraiment, quand ils veulent se contenter de ce qui leur appartient, ils ont d'excellentes qualités, ces Anglais, mais grand Dieu! qu'il y a longtemps qu'ils ont désappris la science de distinguer le tien du mien!
Henri Bourassa

Note du transcripteur :
Dans «La prochaine guerre impériale ; en serons-nous?» Montréal, 1920.
Milord Hervay, voyageant dans l'Italie, et se trouvant non loin de la mer, traversa une lagune d'eau dans laquelle il trempa son doigt. « Ah! dit-il, l'eau est salée : ceci est à nous! »

Note du transcripteur :
La citation est de Chamfort dans «Caractères et anecdotes.» Il est curieux que Blanchard ait omis le nom de l'auteur.
Parfait Anglais, voyageant sans dessein,
Achetant cher de modernes antiques
Regardant tout avec un air hautain,
Et méprisant les saints et leurs reliques.
Voltaire

Note du transcripteur :
Dans «La Pucelle», chant VIII.
L'Angleterre n'est après tout qu'une colonie française qui a mal tourné.
Douville-Maillefeu

Note du transcripteur :
Plusieurs attribuent cette citation à Georges Clemenceau, et plusieurs à Douville-Maillefeu. Mes recherches ne m'ont pas permis de tirer une conclusion claire quant à l'auteur de cette boutade.

Anglicisme

Que de mots à déchirer le fer,
Le railway, le tunnel, le ballast, le tender,
Express, trucks et wagons, une bouche française
Semble broyer du fer et mâcher de la braise.
Jean-Pons-Guillaume Viennet

Note du transcripteur :
«Mais quels termes nouveaux nous portent ces chemins?
C'est là que l'étranger les verse à pleines mains.
La vapeur, renversant douanes et barrières,
Les fait entrer sans droits par toutes nos frontières.
On n'entend que des mots à déchirer le fer,
Le rail-way, le tunnel, le ballast, le tender,
Express, trucks et wagons.... Une bouche française
Semble broyer du verre et mâcher de la braise.
Eh ! qu'avons-nous besoin de ces termes bâtards,
Pour peindre ces chemins, merveille de nos arts
[...]»
Épître à Boileau (1855)
Ne désespérons pas d'avoir, au premier jour,
De bridge pour des ponts et des streets pour des rues.
Combien je vois encore d'intrus vieux et nouveaux!
Les speechs nous font bailler dans un club politique
Le spleen flatte l'Orgueil d'un malade hépatique
Le tattersall abonde en frauduleux chevaux;
D'un bon sur un banquier le chèque est synonyme;
Le nom de pick-pocket exalte nos filous;
Des triomphes du puff le canard est jaloux;
Le revolver de Judd souilla l'express du crime
Qu'un verdict du jury doit punir au palais;
Par des squares grillés nous égayons nos villes.
Et les water-closets, laissons-les aux Anglais.
Barthélemy

Note du transcripteur :
Dans «Mosaïque: amusettes vieilles et nouvelles», Arthur Murcier cite aussi ce Barthélemy avec cependant une variante sur l'un des vers :
«l'express d'un crime»
au lieu de la version Blanchard :
«l'express du crime».
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

vendredi 1 août 2014

2004-2014 : 10 ans de billets

Déjà 10 ans depuis mon premier billet.

Ce blogue, c'est mon portfolio. Mes Jobineries, ce sont mes pensés, mes réflexions, mon travail de compilateur, mes petites passions.

Je me souhaite de continuer encore longtemps, car, voyez-vous, je m'y m'aime.

J'en ai, finalement, pas grand'chose à dire de cet anniversaire : je crois toujours que tous les êtres humains devraient posséder ce type d'espace «privé-public» auquel il a un quasi parfait contrôle.

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