Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 5 février 2014

Tout le monde il est beau...

«Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.»

J'ai trouvé cette image dans un tweet.
Évidemment, il manque la réplique du prof :

«Excel ??? Comme tu n'y auras pas droit à l'examen, tu es mieux de faire ces exercices.»
Et vlan dans les dents, mon p'tit bonhomme !

Ce dialogue représente bien pourquoi l'intégration des technologies est un véritable échec dans le système scolaire québécois. Tant qu'on demandera à des élèves de développer des automatismes stupides, tant qu'on obligera les élèves à retenir des faits, des faits et encore des faits, on en sera au «papier-crayon» intellectuel.

Et vous savez quoi ? TOUT LE MONDE S'EN FOUT.

Les profs font faire des gentils gentils «Powerpoint».
Les directeurs d'écoles font accrocher de gentils gentils TBI dans les salles de classe.
Les conseillers pédagogiques font des gentils gentils «Powerpoint» qu'ils présentent aux gentils gentils profs
Les DG des commissions scolaires font des gentils gentils beaux rapports «Excel» sur les taux de réussites.
Le MELS écrit un gentil gentil gros programme qu'il charcute ensuite en laissant tomber les méchantes méchantes compétences transversales et les méchants méchants domaines généraux de formation.
Et puis, plein de gentils gentils formateurs assistent à de gentils gentils colloques où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Je pense qu'on a mieux à faire que ces gentilles gentilles gentillesses. Si on veut une VÉRITABLE intégration des technologie en éducation, il faut et il suffit de laisser les élèves utiliser en tout temps leurs outils technologiques. Un point, c'est tout.

Mais vous savez quoi ? Les profs, les directeurs d'écoles, les CP, le Mels et tout ce gentil gentil monde, ils ne veulent pas entendre parler de cette option.

Et vous savez pourquoi ? Parce que leur gentil gentil système d'éducation s'écroulerait.

mardi 28 janvier 2014

Questions « Clair »

Je n’ai jamais participé aux rencontres à CLAIR. Celles-ci, aux dires de tous les participants, semblent vivifiantes, enrichissantes, productives.


En tombant sur ce tweet de Jacques Brun faisant référence à ce billet, je me suis demandé pourquoi tous ces listings m’agaçaient. En y réfléchissant toute la journée, j’en suis venu à la conclusion qu’à travers les suggestions, la pédagogie manquait. Non... pas la pédagogie, mais le «punch», comme le coup, aux échecs, qui soudainement fait basculer l’évaluation de la position d’un joueur vers l’autre.

Je formule donc une question aux participants de CLAIR 2014. Je ne sais s’ils auront l’occasion d’y répondre, mais puisqu’on y retrouve la crème des penseurs et des praticiens au regard de l’intégration des TIC à l’enseignement et l’apprentissage, j’aimerais bien entendre leurs réflexions. Voici donc :

Il s’agit d’une expérience par la pensée souvent utilisée en sciences et en philosophie.

Imaginons deux classes (faire la distinction entre primaire et secondaire si nécessaire.)
Imaginons que les enseignants de ces deux classes sont excellents. (Pour les besoins de l’expérience, on peut les imaginer comme de parfaits pédagogues et didacticiens tout au moins au regard du programme de formation, et ce pour toutes les matières !).
(MaJ: Pour régler un problème potentiel avec cette prémisse, supposons un parfait clonage des élèves et des enseignants ! On a donc deux classes parfaitement identiques.)
Imaginons que dans une classe (C1), tous les élèves aient un smartphone parfaitement équipé. Dans l’autre (C2), 3 ou 4 ordinateurs sont disponibles en tout temps.

Questions :

1. À la fin du parcours scolaire, les élèves de C1 seront-ils plus compétents (si vous n’aimez pas le mot, utilisez connaissants, habiles, etc.) que les élèves de la C2 ? Expliquez !
2. Pédagogiquement et didactiquement parlant, quelles sont les différences entre les apprentissages réalisés dans ces deux classes? Ces différences sont-elles « importantes » ? Expliquez !

Évidemment, si le cœur vous en dit, vous pouvez répondre dans l’espace commentaire de ce blogue.

dimanche 26 janvier 2014

2014.4

Mes filles

Après Marilise, c'est le tour de Marie-Élaine de vieillir !



D'ailleurs, elle animera un atelier à l'Aquops cette année. Description ici (Atelier 4107).

Et puis, il y a Andréanne et Aurélie qui ont couru l'Hypothermic demi-marathon d'Ottawa ce dimanche. Sur la photo (prise par Marc-Antoine Cotnoir-Roy), on voit une Aurélie après 5 km.




Je suis bien fier de mes trois filles.

Sur Twitter







Échecs

J'ai gagné ma partie de mardi, ce qui me donne un joli 2/2. Cela faisait un bon bout de temps que je n'avais entamé un tournoi de cette manière !

Le saviez-vous ?

En lisant cette phrase, environ 1,000,000,000,000,000 neutrinos traversent votre corps. C'est beaucoup !

Article intéressant

A New Thermodynamics Theory of the Origin of Life | Simons Foundation.

Citation

C'est de Beckett : « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. »

dimanche 19 janvier 2014

2014.3

Scratch

Je me cherchais un exemple assez simple pour illustrer la récursivité dans Scratch. Celui de la factorielle est souvent utilisé. J'ai plutôt opté pour la fonction ab. Notez que la chose est rendue possible dans la version 2.0 grâce à la nouvelle brique qui permet de définir ses propres briques. Pour ceux qui se demandent ce qu'est la récursivité, c'est quand une fonction s'appelle elle-même. C'est un peu comme utiliser une définition dans sa définition, et, à cet égard, la chose m'est toujours apparue un peu bizarre. Je donne une formation de 4 fois 3 heures qui débute ce mercredi après-midi à des enseignants du secondaire d'une école du secteur Hull, mais j'ignore encore si je leur parlerai de récursivité...

Échecs

Reprise normale des activités. J'ai revu plusieurs classes avec mon projet La réussite par les Échecs. Je trouve toujours aussi fascinant de voir les jeunes devant un échiquier.

J'ai gagné ma partie de mardi soir. Elle est ici.

J'ai suivi le fameux Tata Steel. Après 6 rondes, Levon Aronian mène le tournoi avec 5 points, soit un performance assez extraordinaire de 3013 ELO !

À voir : Les échecs dans une école de Vancouver.

À lire

«Tant que le système sera sélectif, il y aura des élèves en échec.»

Apostasie

Je poste cette semaine ma demande pour m'apostasier.

lundi 13 janvier 2014

2014.2

6 ans !



Deux commentaires

J'ai laissé quelques commentaires sur un billet du blogue de Patrick. J'en garde ici une trace.

Commentaire 1
Voilà un billet intéressant, et il serait vraiment si vos étudiants venaient répondre à vos interrogations. Mais je doute qu'ils le fassent. Pourquoi ?
1- Parce qu'écrire, c'est écrire... Et peu, mais vraiment fort peu de personnes y trouvent du plaisir. Le fait est là : à l'école (à l'université, c'est pareil) on écrit que parce que le prof nous le demande. Posez la question à vos élèves : qui éprouvent du plaisir à composer un texte, à mettre par écrit ses pensées, et, en plus, à les partager sur le web? La tristesse dans tout ça, c'est que ces futurs enseignants sont appelés à apprendre à écrire nos enfants...
2- Votre point 1 est intéressant, car il démontre qu'on fonctionne encore par cette espèce de carotte que sont les points. Mais vous signalez bien ses effets pervers. Je pense que peu d'étudiants ont la passion d'apprendre et ce, quoiqu'ils en disent. Ces futurs enseignants ne font que se préparer à un travail et, au bout du compte, ce sont peut-être eux qui ont raison : lorsque je vois le système d'éducation actuel, je ne peux que conclure qu'on ne recherche pas des passionnés (encore là, quoiqu'en disent les boss), mais des «livreurs de programme».
3- Que votre système soit ouvert ou pas, cela ne changera pas grand'chose (voir ma raison 1). Comme prof, je passerais des heures et des heures (et je me fouterais du programme du cours) à investiguer pourquoi mes chers étudiants n'aiment pas écrire. Et je rechercherais AVEC EUX des solutions. Et j'expérimenterais AVEC EUX ces solutions*. Ce sont des futurs enseignants.... donnons-leur tout au moins le goût et le plaisir de cet outil fabuleux qu'est l'écriture.

L'écriture est une compétence transversale à mon avis. Donc, en réalisant ces «expériences», je suppose que je pourrais pousser les objectifs du cours auquel ils sont inscrits.


Commentaire 2

(Je suis hors sujet, mais je ne peux résister.) À propos de la citation de Yong Zhao, je rappelle l'idée Plafond-Mur-Plancher lorsqu'on propose des outils informatiques aux élèves :

L'outil doit avoir :

1 - Un plancher très bas pour permettre RAPIDEMENT de l'utiliser rapidement dans la réalisation de son projet ;
2 - Un plafond très haut : Pour permettre à ceux qui veulent aller beaucoup plus loin d'y aller.
3 - Des murs larges : Pour permettre de l'utiliser dans plusieurs situations variées.

Ex 1 : Traitement de texte : plancher bas (on peut rapidement se mettre à écrire), plafond assez haut (on peut l'utiliser pour des tâches d'écriture complexes et compliquées) mais murs étroits (on ne peut qu'écrire des textes.)

Ex. 2 : Scratch : Plancher bas : Rapidement, on comprend le principe des blocs programmables; Plafond très haut : on peut programmer à peu près n'importe quoi ; Murs Larges : les projets réalisables sont très variées (histoires, jeux vidéos, simulations, quiz, tutoriels, dessins, et ça n'arrête pas...! )

Ex. 3 : Twitter : plancher bas : on peut rapidement se mettre à twitter ; Plafond bas : On ne peut pas réaliser du complexe avec twitter ; Murs étroits : à part communiquer, ça ne sert pas à grand chose...

Où placer le blogue dans cette perspective ?

Plancher semi-bas : En effet, donner un blogue (déjà installé) à un ami, et généralement, il vous dira que c'est pas simple (il veut changer le look, personnaliser le menu, etc...)
Murs assez étroits : C'est un endroit pour écrire. Il y a bien sûr d'autres types (blogues photos), mais généralement, c'est vraiment un lieu d'écriture.
Plafond bas : Rien ne bien compliqué ne se réalise avec un blogue.


Je ne suis plus sûr, mais je pense que cette idée de PPM est due à Seymour Papert qui l'appliquait aux choix d'un langage de programmation.

Scratch

Q: Did any external influences contribute to Scratch?
We were inspired by Seymour Papert, who taught us that people have their best learning experiences when they are actively engaged in creating things they care about.
We were inspired by Alan Kay, whose Squeak and Etoys programming languages provided the computational foundation for our work on Scratch.
We were inspired by the young people at Computer Clubhouse learning centers, who wanted to create their own interactive media but needed a new set of tools to do it.
Réf.

Légendes pédagogiques

J'ai bien aimé la dernière moitié du livre de N. Baillargeon ; elle justifie le titre du livre. Mais je considère comme du radotage anti-constructiviste les 4 premiers chapitres, et complètement raté son chapitre sur les NTIC. Donc, si vous êtes du paradigme de l'apprentissage, je vous conseille de commencer votre lecture au chapitre 6. Ensuite, pour vous rappeler tous les arguments des tenants du « il suffit de bien enseigner pour que les élèves apprennent », il est bon de lire les 4 premiers chapitres.

Citations

Enseignant : Que connais-tu sur la bande dessinée ?
Élève : Bien c'est des images avec des bulles de clavardage.

On n’apprend pas à dessiner en regardant un professeur qui dessine très bien. On n’apprend pas le piano en écoutant un virtuose. De même, me suis-je dit souvent, on n’apprend pas à écrire et à penser en écoutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu’à ce que le métier entre, comme on dit.
ALAIN

[...] La plupart des hommes des sociétés occidentales « n’ont » tout simplement « plus le temps », comme si, à force de vouloir le maîtriser et se l’approprier, ils l’avaient perdu. Comme si, à bout d’impatience, ils s’étaient mis à détester l’attente, les délais et tout ce qui ne s’ajuste pas d’emblée à leur désir, c’est à dire en fait tout ce qui est autre.
Catherine CHALIER

Échecs

Pour la rentrée 2014, le CEH menait un tournoi blitz. À cette cadence, j'en arrache vraiment beaucoup. Je me suis surpris avec un 11/19. Le gambit Blackmar-Diemer m'a bien servi avec les Blancs.

Pourquoi étiqueter les enfants à la naissance ?

dimanche 12 janvier 2014

Obstacles ?

En lisant le billet de M.-A Girard, j’ai été un peu surpris des cinq obstacles choisis par l’auteur.

Obs. 1 : La résistance aux changements

«[...] certains enseignants se complaisent non seulement dans le confort de leurs stratégies qui-ont-fait-leurs-preuves-depuis-des-années, mais pour justifier leur immobilisme, ils dénigrent ceux qui se démènent pour embrasser cette nouveauté.»

J’ai rarement vu des enseignants qui dénigraient ceux qui essayaient du nouveau. Je ne dis pas que ça n’existe pas ; je dis simplement que c’est rare, et que lorsque ça arrive, ces personnes sont plutôt isolées dans leur école et souvent bien malheureuses en enseignement.

Pour ce qui est du changement, encore là, je trouve sain que les pédagogues, avant d’embrasser une théorie ou une autre, se posent des questions.

Pour ma part, je me rappelle (on est en 2001, l’évaluation au primaire au regard de la réforme est absente...) avoir travaillé avec des dizaines et des dizaines d’enseignants pour mettre sur pied un bulletin informatisé qui avait du sens par rapport au nouveau programme de formation (bien différent du bulletin de la GRICS). Cet outil a tenu le coup pendant quelques années, jusqu’à ce qu’une décision administrative (et politique) le rejette. Ce n’est pas les enseignants qui manifestaient la peur du changement, mais bien les dirigeants... Cet exemple n’est pas unique, j’en aurais bien d’autres à donner au regard des TIC.

Obs. 2 : Les collègues jaloux

«Au lieu de leur permettre de rehausser le niveau des compétences de l’ensemble du corps enseignant par un effet multiplicateur quelconque, trop d’enseignants choisissent de les exclure de leurs schèmes de référence de développement professionnel.»

Hum... j’ai rencontré assez peu d’enseignants «geeks», et lorsque j’en trouvais dans une école, généralement ils étaient très très appréciés, car ce sont souvent les premiers à aider leurs collègues avec les difficultés techniques qu’ils rencontrent.

Cet obstacle est, à mon avis, inexistant.

Obs. 3 : Les médias sociaux

«Plusieurs entretiennent la perception que la technologie multiplie les possibilités de communication tout en appauvrissant leur qualité. Donc, nos jeunes communiquent plus en termes quantitatifs, mais moins en terme qualitatif.»

Cette perception est un obstacle ? C’est certainement une excuse, mais d’une très petite minorité.

Obs. 4 : Les élèves en connaissent plus...

Au primaire, c’est loin d’être un obstacle, car presque tous les enseignants avec lesquels j’ai travaillé étaient bien heureux d’utiliser les élèves «geeks» ; ils les mettaient en valeur et les consultaient.

Quant au secondaire, la question ne se pose pas, car les profs sont des spécialistes de la matière. Donc fort peu d’élèves peuvent «contester» l’enseignant, et ce qu’ils aient un ordinateur ou pas !

M. Girard croit que les enseignants ont peur de l’échec et il leur suggère de se lancer quand même... Facile à dire, mais là, il y a de véritables obstacles : 1- souvent les ordinateurs ne fonctionnent qu’à moitié, souvent le logiciel avec lequel on veut travailler n’est pas installé sur la machine, souvent les imprimantes sont non fonctionnelles, souvent Internet est d’une lenteur lamentable, souvent les accès au réseau nous sont défendus, souvent les sites sont bloqués, souvent le téléchargement est impossible, souvent le prof n’a même un ordinateur, etc.

Obs. 5. L’écoeurite

L’écoeurite n’est pas un obstacle, c’est une conséquence. La conséquence de l’incohérence de nos dirigeants. Le rôle d’un directeur d’école, d’un CP, d’un DG, des services des CS, c’est d’ENLEVER DES BÂTONS DANS LES ROUES des pédagogues. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Je donne un bref exemple ici. (Et il est récent, très récent!) Une enseignante de maternelle reçoit un TBI pour sa classe. Elle demande que ce TBI soit installé assez bas sur le mur pour que ses élèves puissent y avoir accès. Réponse du service informatique : impossible, car on ne sait pas si l’an prochain cette classe sera une maternelle. Je ne sais ce qu’il va se produire, mais si, effectivement, le TBI est installé à une hauteur standard, je me demande bien ce que font le directeur d’école et les services pédagogiques pour appuyer la demande de sa pédagogue.

En résumé, je trouve que le billet de M. Girard ne rend pas justice aux enseignants. Dans ma carrière, j’ai travaillé avec des centaines d’enseignants. Et, croyez-moi, les obstacles, ce ne sont pas eux !

Pour moi, le problème de l’intégration des technologies se résout facilement. Il suffit de : 1 - rendre imputable les services pédagogiques des CS au regard des TIC (autrement dit, que les services informatiques fassent ce que les pédagogues leur disent de faire) 2 - permettre tous les outils informatiques aux élèves lors des évaluations.

jeudi 9 janvier 2014

Choix d'un outil

L'ordinateur : une machine pour penser avec.


Vous êtes en éducation et vous appréciez les TIC ? Posez-vous la question suivante : quel(s) outils(s) utiliserais-je pour réaliser l'animation ci-contre ? (Source ici.) J'émets l'hypothèse que plusieurs auraient du mal à répondre. Voici cependant quelques choix potentiels :

Wolfram Alpha
Geogebra
C++
Javascript
LOGO/Scratch/Etoys
Gimp/Photoshop
Gif Animator (En partie, le choix retenu ici.)
Keynote/PowerPoint
HTML5
...

Cette question, qui est loin d'être banale, pourrait être le point de départ d'une bonne discussion entre technopédagogues (diable ! que je hais de terme). Parmi ce qui serait sans doute soulevé :

- Qu'est-ce qu'un outil ?
- Qu'est-ce qu'un «bon» outil ?
- Comment doit-on s'y prendre pour choisir ?
- Analyse des émotions lorsque la question est lancée (comment comprendre mon malaise ? comment analyser ma perception du problème ? comment analyser mon sentiment d'incompétence face au TIC, etc.)
- Empathie (comprendre comment un enfant se sent lorsqu'on le lance dans une tâche complexe.
- Etc.

Ah ! si j'étais au RÉCIT, j'en ferais une animation d'atelier que j'intitulerais : « Le mythe de l'ordinateur-outil ». Hum... Mythe est peut-être un peu fort. Allons-y avec : «L'Ordinateur-outil : un lieu commun.»

dimanche 5 janvier 2014

2014.1

Légendes pédagogiques

J'en suis à la moitié du livre de Normand Baillargeon. À date, rien de bien impressionnant ni de bien convainquant. Dans les premiers chapitres, l'auteur tente de démolir la réforme, la pédagogie par la découverte, les intelligences multiples et les styles d'apprentissages. On a l'impression que l'auteur va chercher des études qui font son affaire et en profite pour citer des passages «so-so» des tenants des positions adverses. Ceci dit, j'ai toujours trouvé ridicules ces théories sur les «types» d'élèves. En enseignant aux adultes pendant si longtemps, je me suis rendu bien compte qu'un apprenant n'est pas catégorisable aussi simplement.
En fait, quand on a besoin de catégoriser un cerveau pour arriver à lui expliquer, c'est qu'une grande qualité manque à cet enseignant : l'empathie.
Dans le chapitre sur les NTIC (pourquoi encore ce «N»?), bien des coins sont coupés un peu rond. C'est compréhensible, l'auteur avouant d'entrée de jeu : «Je n'ai ni la compétence, ni la possibilité d'examiner ici l'entièreté de ce très vaste univers.» (p.118) C'est sans doute pour cela que, du bout de sa plume, il signale le «fameux Logo», mais sans jamais mentionner les importants écrits de Papert, de Resnick et de Kay. Ah ! la programmation informatique fait peur à bien des gens ce qui, malheureusement, les empêche de voir son immense potentiel pédagogique.

«[Selon une étude financée en partie par la CREPUQ] les étudiantes et étudiants universitaires du Québec, préfèrent les méthodes d'enseignement traditionnel et s'enthousiasment moins pour les nouvelles technologies éducationnelles que leurs enseignants.» lit-on en page 141.

S'il y a quelqu'un qui n'est pas du tout surpris, c'est bien moi. Car si ces étudiants sont inscrits à l'université, c'est justement parce que, généralement, ils ont toujours très bien fonctionné dans un système où ils étaient bien assis à écouter (et répéter pendant les examens) ce qu'un prof leur débitait. Mais l'auteur n'a sorti aucune étude demandant à nos décrocheurs, à nos élèves dits «faibles» et à nos élèves dits «en difficultés» ce qu'ils pensent des méthodes traditionnelles.

Par ailleurs, son angle d'analyse (si on peut parler d'analyse ici!) des TBI n'est fait qu'au regard des dollars. Évidemment, il peut difficilement envisager le côté pédagogique des TBI car, étant du paradigme de l'enseignement, il ne peut désavouer l'avantage de l'outil pour l'enseignant qui doit faire un show en avant.

Je pense aussi que pas une fois dans le chapitre, on ne trouve l'expression « intégration des technologies ». M. Baillargeon nous débite les sempiternelles études démontrant que les TIC n'améliorent pas la réussite des élèves. Évidemment, le mot réussite n'est pas défini.

À remarquer dans ce chapitre, la démolition, assez rude, de plusieurs énoncés de celui qui passe pour un véritable gourou chez les « believers pédagotics » : Marc Prensky.

Les arguments simplistes

twit
Ce genre de commentaire est éminemment simpliste. Et qu'il provienne d'un maire bien connu au Québec n'y change rien. En effet, supposons que les hommes croient en 10000 dieux différents sur la planète - et ce nombre est très conservateur. Alors, M. Tremblay pense qu'un jour il devra ouvrir la porte aux 9999 auxquels ils ne croient pas actuellement. Quant à moi, je devrai ouvrir la porte à 10000. Wow, grosse différence !

De belles applis, mais...

Deux outils pour créer, sans programmer, des jeux vidéos. Bien sûr, c'est intéressant et je vais sans doute les essayer avec Estéban et Marilise. Mais est-ce vraiment utile à l'école? Il me semble que ce genre d'applications permet difficilement aux enseignants d'observer le développement de la compétence à résoudre des problèmes, l'essai-erreur était la stratégie la plus utilisée dans la confection du jeu : on place la plateforme ici. Oups, ça marche pas... on la déplace un peu plus à droite, oups ! on la re-déplace, et ainsi de suite jusqu'à ce que ça marche bien.

Je suis convaincu qu'à l'école, il faut montrer la programmation non pas pour créer de beaux jeux vidéos, mais pour amener les élèves à découvrir, tester, développer une foule de stratégies en résolution de problèmes logico-physico-mathématiques. L'important, en programmation-apprentissage, n'est pas le programme créé, mais l'ensemble des processus mis en oeuvre pour essayer de le créer.

Mon conseil : laissez tomber ce genre d'applications pour l'école. Initier plutôt les enfants à la programmation, à l'aide, par exemple, de Scratch.

Échecs

Bravo à Harmony Zhu, la championne du monde chez les filles de moins de 8 ans.

Le Tournoi ouvert Gatineau arrive à grands pas. Inscrivez-vous !

Je solliciterai plusieurs de mes jeunes pour qu'ils s'inscrivent au Championnat jeunesse de l'Outaouais.

Kat et Néfertiti

Néfertiti, la rex cornish de Marie-Élaine a passé quelques jours chez nous.


Trouvé ici.

lundi 30 décembre 2013

2013.52

Je te revisiterai

2013 se termine. Rien de bien spectaculaire sur ce blogue, mais en relisant mes semaineries, je m'y observe. Le temps fuit. Je fuis.

Turing et l'Église anglicane

Voici un excellent film sur Alan Turing. gracié par la Reine du Canada le 24 décembre dernier. Moi, j'en reviens pas de ce qu'un État dit civilisé peut faire subir à ses habitants. Une grâce royale posthume ! On en a rien à foutre. Vaudrait mieux que notre ridicule Reine demande au peuple de la pardonner. Ce serait plus décent. Je pense qu'il faudrait détruire toutes les églises, car s'arroger le droit de dicter ce qui est moral ou pas est ce qu'il y a de plus puant sur cette Terre.

Le Mystérieux



L'hiver



Objets trouvés sur la Toile


* * *

For human rights to flourish, religious rights have to come second
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La programmation, latin du futur ? me donne l'idée d'écrire un billet. Il me faut maintenant le courage...
* * *

Rather than calling a computer « nothing but a big fast arithmetic machine », it is much more accurate to say that a computer is a big, fast, general-purpose symbol manipulating machine.
Dr. Bertram Raphael, The Best of Creative Computing Volume 2, p.43, 1977.

À l'an prochain !

lundi 23 décembre 2013

2013.47.48.49.50.51

Cinq semaines sans semaineries. C'est pas grave. L'important est de continuer.

Codez !



En passant, en février et mars, j'irai faire de la formation Scratch dans une école privée secondaire de la région. Ce sera une belle occasion pour moi de démontrer comment la programmation information peut amener nos élèves à se dépasser.

Badinter : elle dit tout en 350 mots



Quelques images trouvées grâce à Twitter et aux blogues





Édouard Charton
(Magasin pittoresque, vol. 53, 1885)

Je vois bien des vieillards pareils par leur grand âge, mais d'ailleurs si différents ! Les uns présentent la triste image de la décadence, et déjà de l'anéantissement. Les autres sont restés jeunes ; oui, jeunes, je ne sais pas d'autre mot à leur appliquer. La raison de cette différence se découvre facilement. Ceux-ci n'ont pas cessé d'entretenir en eux l'activité de l'esprit ; ceux-là se sont abandonnés, repliés sur eux-mêmes, et sont tombés dans l'inertie intellectuelle.
Bonstetten, l'un des plus jeunes vieillards qui aient existé, dit à ce sujet : «Prenez l'habitude de ne fixer aucune pensée, gardez-vous de tout travail sérieux et suivi, tâchez de ne rien observer, d'être les yeux ouverts sans voir, de parler sans avoir pensé : alors, dans l'ennui qui vous dévore, laissez-vous aller à toutes vos fantaisies, et vous verrez les progrès rapides de votre imbécillité. Mais c'est en avançant en âge que toutes les misères de l'ignorance et de la paresse se font sentir. C'est la destinée de la vieillesse de faire ressortir tous les défauts du corps et de l'esprit pour faire de l'homme une caricature. Rien ne contre-balance cet affaissement des organes, que le mouvement de l'esprit. Voyez comme l'homme qui n'a point exercé son âme se courbe avec l'âge. La pensée, que rien ne soulève, pèse douloureusement sur tous les maux physiques, pour les renforcer par l'attention qu'on y donne. C'est avec ce cortège de douleurs qu'on avance vers la mort sans aucun courage ni pour vire, ni pour mourir.»
Bonstetten ne veut pas que l'on dise : « À quoi bon ? Il est trop tard ! » maximes aussi fausses que lâches. « Rien ne désole et ne flétrit la vie, dit-il, comme la crainte de la mort. Que de gens la portent dans la vie même en se disant : « Ce n'est plus la peine d'entreprendre telle étude, tel travail, parce que je suis trop vieux pour l'achever. » Comme si l'on achevait quelque chose, comme si la vie entière était autre chose qu'espérance, projet, activité, confiance en l'avenir et courage dans le présent ! Que me fait l'espace grand ou petit qui me sépare de la mort ? Tant qu'elle ne me touche pas, elle n'est rien. »
Il déclare, du reste, que cette activité et vaillance de l'esprit ne s'improvise pas ; il faut l'avoir pratiquée de longue date par un exercice continuel pour l'avoir à son service dans ses dernières années. « La vieillesse est le résultat, je dirais presque le bilan de la vie passée. Elle est ce que vous l'avez faite, bonne ou mauvaise, comme vous l'avez voulu. »

59

Je débute mon soixantième tour autour du Soleil. Pour l'occasion, les femmes de ma vie m'ont offert un Kobo Glo ! Youppi !!!



lundi 18 novembre 2013

2013.46

Statistiques

Entendu à la télé cette phrase (répétée deux fois) d'un spécialiste pour inciter les gens à porter leur ceinture de sécurité en voiture :

« 30% des gens décédés ne portaient pas leur ceinture. »


Me semble que c'est très mal dit. En effet, supposons que j'anticipe une accident. Il serait bien mieux que je n'accroche pas la ceinture, car un mort la porte 7 fois sur 10 !

Je suppose, mais n'en suis pas du tout certain, que le monsieur voulait dire : 30% des décès auraient pu être évités si les gens avaient porté la ceinture.

De FEN au nombre de pièces

Aux échecs, la notation FEN (Notation Forsyth-Edwards) permet de noter une position aux échecs. Par exemple :

r1bqkb1r/pp1npppp/2p2n2/8/3PN3/8/PPP1QPPP/R1B1KBNR w KQkq - 0 1

représente la position ci-contre.

Cette semaine, j'avais un problème particulier. À partir de cette notation, je devais déterminer la nombre de pièces qu'il y a sur l'échiquier. Comme j'avais des centaines de positions dans un champ d'une base de données MySql, il n'était pas question que je fasse la chose manuellement. J'ai donc dû trouver une formule en utilisant plusieurs fonctions MySql.

Sachant que :

FEN est le nom du champ contenant la chaîne de caractères.
LENGTH(chaîne) est la fonction qui calcule la longeur d'une chaîne;
SUBSTRING_INDEX(Chaîne,' ',1) est une fonction qui retourne la chaîne jusqu'à la première espace;
REPLACE (chaîne,valeur1,valeur2) est une fonction qui remplace dans la chaîne les caractères valeur1 par valeur2;
Voici la commande à utiliser.

SELECT (
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'K', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'k', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'R', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'r', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'N', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'n', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'B', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'b', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'Q', '')))
+
(LENGTH(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1)) - LENGTH(REPLACE(SUBSTRING_INDEX(FEN,' ',1), 'q', '')))
+
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Sans doute qu'un petit effort vous permettra de comprendre pourquoi ça marche. (Pour les éducateurs qui me lisent, c'est la compétence « communiquer à l'aide du langage mathématique » qui est mise à profit ici.)

Pourquoi me donner tout ce trouble, me demanderez-vous ? Tout simplement parce que je voulais mettre en ligne des exercices pour mes jeunes. Vous pouvez jeter un coup d'oeil sur ce que cela donne dans mon site en construction. C'est ici.

C'est dans ces moments que je suis bien content d'avoir investi un peu de temps en programmation. Ce n'est pas pour rien que j'ai toujours promu son apprentissage à l'école : la programmation permet de jeter sa pensée sur un écran. Il est vrai qu'à l'école, on préfère que l'enfant répète la pensée des autres plutôt que développer la sienne : c'est plus facile à évaluer...

Échecs

Je suis avec intérêt le Championnat du Monde. Au moment d'écrire ces lignes, Carlsen mène 4 à 2, ce qui est une avance quasi insurmontable. Carlsen est un véritable magicien en finale. C'est un modèle de patience et de persévérance.

Mes tweets et retweets

An extraordinary recording of Albert #Einstein from the fall of 1941.

« [...] The ‘essentialism’ of Plato – one of the most pernicious ideas in all history.» http://bit.ly/18ohebU

«C'est curieux, on a pas besoin de réfléchir tellement quand on parle à un prof.» Jerome David Salinger

Joyaux mathématiques sur une seule page PDF.

Preuve de l'existence de Dieu à l'aide d'un MacBook. http://bit.ly/1hIO94M

Invent To Learn: Making, Tinkering, and Engineering in the Classroom par Sylvia Libow Martinez, Gary S. Stager semble être une excellente lecture.

dimanche 10 novembre 2013

2013.45

Charte

La charte change de nom avec un titre absolument ridicule :
Je suis 100% pour l'état laïque... Non ! En fait, je suis pour qu'on enlève le droit de pratiquer publiquement sa religion dans la charte des droits. La religion est un fléau. Les gens peuvent croire en ce qu'ils veulent, j'en ai cure, mais de là à tenter d'imposer leur vérité aux autres, ça je ne le prends pas. C'est pourquoi je pense que l'état doit enlever tous les privilèges aux organismes religieux. Les gens peuvent dire tout ce qu'ils veulent, mais pas avec l'argent public. Québec devrait tout simplement éliminer les bénéfices fiscaux à ces organismes, et tout serait, quant à moi, parfait !

Toronto

Pendant ce temps, à Toronto, il y a un maire qui avoue avoir menti à la population, et qui braille devant les caméras pour qu'on lui pardonne. En fait, qu'il se drogue, qu'il se saoule, qu'il couche avec qui il voudra, moi, je m'en fous complètement. Mais un politicien ne doit pas mentir. C'est éthiquement inadmissible. Évidemment, un drogué a rarement un sens éthique très développé. Je crois que le maire veut rester en poste parce qu'il faut bien qu'il la paye, sa drogue. Et le salaire qu'il reçoit doit être bien suffisant pour s'acheter plusieurs grammes de crack et un flot d'alcool.
Ce genre de politicien me dégoûte profondément. Il me semble que tous les politiciens devraient lui demander de partir, car il est une honte pour ceux qui essaient d'être honnêtes.

Hull

Cette semaine, à Hull, une groupe de Montréal, le «Unity Group», est venu chialer devant l'hôpital. C'est qu'un patient s'est fait dire par un employé de s'exprimer en français et non en anglais. Ce groupe manifestait pour qu'on congédie l'employé en question.
À la télé, une représentante du groupe est venu nous dire qu'elle n'était pas contre le français, mais pour le bilinguisme. Quelle bullshitteuse ! Où était donc son groupe quand les franco-ontariens se débattaient pour garder leur hôpital à Ottawa? Où est donc son groupe quand dans la majorité des hôpitaux du Canada, un francophone ne peut se faire comprendre dans sa langue?
Tout ça pour dire que je suis en accord avec la réponse donnée par Impératif français et SSJB.

Échecs

Je termine le tournoi du Service des Loisirs avec un 3 en 4. C'est correct, mais je devrai faire un peu mieux au prochain tournoi.

Par ailleurs, je continue toujours mon bénévolat dans les écoles en initiant plusieurs élèves au noble jeu. Juste la semaine dernière, j'ai rencontré 10 classes, de la deuxième année à la sixième année du primaire.

Le Championnat du Monde a débuté à Chennai en Inde. Je prédis une victoire de Magnus Carlsen par 2 points.

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