Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 9 juillet 2014

Étienne Blanchard : Recueil d'idées

Dans un coin obscur d'une bouquinerie de Québec, sous une pile, un livre : Recueil d'idées par l'abbé Étienne Blanchard, publié à Montréal en 1928. Je tenais en main 288 pages de citations regroupées par thème.

Deux questions me sont venues à l'esprit : Qui est cet abbé Blanchard ? Serait-ce là la première collection publiée de citations au Québec?

Une recherche m'a permis d'obtenir une courte biographie de l'auteur :
Étienne Blanchard naît à Saint-Jean-Baptiste de Rouville (près de Saint-Hyacinthe) en 1883, de parents agriculteurs. Il étudie au Petit Séminaire de Sainte-Marie de Monnoir, à Marieville (comté de Rouville), au Séminaire de Sherbrooke, puis au Grand Séminaire de Montréal. Il est ordonné prêtre en 1907 et devient aspirant dans la Compagnie de Saint-Sulpice en 1912. En 1913, il se rend en France pour faire son noviciat, mais l'imminence de la Première Guerre mondiale le fait revenir au Canada l'année suivante. Par la suite, il est vicaire dans diverses paroisses de la ville de Montréal, jusqu'en 1947, et il meurt en 1952.

Étienne Blanchard a publié un très grand nombre de revues, d'articles et d'ouvrages normatifs portant sur la défense du « bon parler » français. Il est d'ailleurs considéré comme un fervent « défenseur » de la langue française au Canada, cause à laquelle il s'est le plus intensément dévoué (cf. Gaston Dulong, Bibliographie linguistique du Canada français). En plus des huit éditions du Dictionnaire de bon langage, il a publié des chroniques hebdomadaires dans les plus importants journaux de l'époque : Le Devoir, La Patrie et La Presse, tous trois de Montréal; L'Événement de Québec, La Tribune de Sherbrooke, Le Droit d'Ottawa et L'Évangéline de Moncton. L'un des principaux buts de ces chroniques était de rectifier le langage des Canadiens français en l'alignant sur le français de France. En outre, Blanchard est l'auteur de divers lexiques (témoins dès cette époque d'une préoccupation terminologique), comme le Vocabulaire du typographe, publié en 1916. Il publie également des dictionnaires « par l'image », qu'on peut considérer comme les précurseurs des dictionnaires visuels d’aujourd'hui.

Première collection québécoise ? je ne peux le certifier. Cependant, je n'ai trouvé aucune référence à une possible collection antérieure à celle de notre bon abbé.

Je me suis alors - on se trouve vers 2006 - donné une mission : « Ouaiber » son livre. En entrant toutes les citations dans une base de données (il y en a un peu moins de 3950!), je me suis rendu compte que Blanchard manquait parfois de rigueur, car je trouvais plusieurs erreurs, soit au niveau de l'auteur ou de l'énoncé. De plus, Blanchard ne donne presque jamais l'oeuvre d'où il tire la citation. Vu la grande variété des auteurs cités, j'imagine que ses choix proviennent d'une collection de phrases amassées ici et là - il n'y a aucune bibliographie dans le Recueil - , et non de lectures directes. En m'approchant de Blanchard, tout cela m'étonnait, car notre homme était un fervent défenseur de la langue française. Je me suis donc mis à la recherche des éventuelles autres éditions du Recueil, question de savoir s'il avait, au fil du temps, corrigé ses erreurs.

La première édition date de 1928 aux Éditions Édouard Garand. La seconde date de 1929 chez Louis Carrier & Cie (Les Éditions du Mercure). On doit attendre 1941 avant la troisième édition cette fois publié chez les Frères des Écoles Chrétiennes. Et c'est toujours chez les Frères que la quatrième (et dernière?) édition a vu le jour en 1947.

Le Recueil compte 3948 citations regroupées sous 464 thèmes. Ces thèmes montrent bien les préoccupations de l'abbé et de l'époque. Par exemple, vous retrouverez des citations sous Angélus, Aumône, Blasphémateur, Mortification, Agriculture, Serpent, etc. Les choix sont aussi très «dirigés.» Lorsque vous lirez les citations sous ATHÉE, vous comprendrez ce que je veux dire !

Vous trouverez donc au fil des billets de cette catégorie, le livre complet d'Étienne Blanchard. J'ai ajouté, lorsque je le jugeais nécessaire, des commentaires précisant ou corrigeant les citations. Si un jour je devais publier ce travail, il porterait le titre de Recueil d'idées d'Étienne Blanchard, revu et corrigé par Gilles Jobin.

N'hésitez pas à m'écrire pour tout commentaire.

Un grand merci à M. David Émond, assistant archiviste à Univers culturel de Saint-Sulpice qui m'a gentiment fait parvenir quelques photos de notre héros.

vendredi 4 juillet 2014

Perception

Soccer
Joueurs fakeux
Arbitrage douteux

mardi 24 juin 2014

Vavilov

Superbe arrangement de l'Ave Maria de Vavilov

L'énigme des homonymes

Cette énigme est parue d'abord dans la revue Sphinx (années 30). Elle fut reprise par Pierre Berloquin dans le Science et Vie de juillet 1975. Attention, elle est assez difficile.

Dans une rangée de cinq maisons, habitent MM. et Mmes Green, Brown, Smith, John et Cook. Ils sont servis par cinq commerçants : boucher, épicier, charbonnier, boulanger et laitier, nommés (mais peut-être dans un autre ordre) Green, Brown, Smith, John et Cook.

1. La soeur mariée du boucher habite au numéro 1.
2. M. John habite à deux maisons de l'homonyme du charbonnier.
3. L'homonyme du laitier n'a pas de parents.
4. L'homonyme du boucher habite au numéro 2.
5. M. John travaille avec le beau-frère du boucher.
6. M. Brown aide au jardinage l'homonyme du charbonnier.
7. M. Smith habite à deux maisons de l'homonyme du laitier.
8. Mme Green et Mme John sont des soeurs.
9. L'homonyme du boulanger n'a qu'un seul beau-frère qui, lui, habite au numéro 3.
10. M. Cook habite à côté de l'homonyme du charbonnier.

Quel est le nom de chaque commerçant?

Cliquez pour la solution.

jeudi 19 juin 2014

L'égarement

Dans la sainte (?!) Bible (Thessaloniciens), on trouve ce passage1:

2:1 Pour ce qui concerne l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères,
2:2 de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là.
2:3 Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition,
2:4 l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu.
2:5 Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais encore chez vous ?
2:6 Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne paraisse qu'en son temps.
2:7 Car le mystère de l'iniquité agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu.
2:8 Et alors paraîtra l'impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il anéantira par l'éclat de son avènement.
2:9 L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers,
2:10 et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés.
2:11 Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge,
2:12 afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés.

Lire des trucs pareils, ça fait peur non ? Je serai toujours un peu sur mes gardes avec des gens qui croient dans ce dieu...


1 Réf.

Imany

samedi 17 mai 2014

The Big Chess Theory

lundi 12 mai 2014

La question qui réveille

Dans une annonce de «Épargne Placements Québec», un jeune demande à une enseignante rêveuse s'il a le droit au dictionnaire pour son examen.

Évidemment, le rêve doit être plausible. J'imagine que c'est la raison pour laquelle la question du jeune n'était pas :

« Madame ! Ai-je le doit à l'ordinateur pour mon examen ? »

dimanche 11 mai 2014

Le 304

vendredi 4 avril 2014

2048

Aurélie m'a parlé de ce jeu qui, semble-t-il, fait fureur sur le web.

Voici mon score, juste avant de perdre la partie.

Compétence politique?

Commentaire laissé sur ce billet d'Alexandre Blanchet.

Je crois qu’il faut passer par l’école secondaire pour augmenter la «compétence».
Puisque tout être humain est doté d’une capacité à «raisonner», il faut équiper nos enfants d’outils qui favorisent le raisonnement critique. Je suggère donc un cours sur les sophismes.
Équiper nos ados du potentiel à détecter les erreurs de raisonnement ne pourrait qu’améliorer leur esprit critique. Ils pourraient ainsi argumenter intelligemment avec les enseignants, les parents, les prêtres, les politiciens, les experts, les journalistes, etc.

jeudi 3 avril 2014

Les compétences numériques

ll est remarquable que l'éducation qui vise à communiquer les connaissances soit aveugle sur ce qu'est la connaissance humaine, ses dispositifs, ses infirmités, ses difficultés, ses propensions à l'erreur comme à l'illusion, et ne se préoccupe nullement de faire connaître ce qu'est connaître.
E. Morin, Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, p.11, Seuil 2000



Commentaire laissé ce matin sur ce billet de Jacques Cool :

Ah, ces «études»...

Il serait plus intéressant de revoir le concept de «Compétences numériques». De plus en plus, je pense qu'il faut modifier le terme «compétence» par «savoir faire scolaire.» (et j'appuie sur le mot scolaire...)

J'ai vu plusieurs tentatives de décrire un élève «compétent» au numérique du genre (et je caricature à peine) Maternelle : Ouvrir l'ordinateur. 1re année : Se familiariser avec la souris ; 2e année :Tape touche ; 3e année : gras et italique dans un traitement de texte ; etc..

Voilà pourquoi le terme «scolaire» doit être apposée à votre «compétences numériques» et au sondage mentionné dans votre article. Car, dans le fond, l'école a besoin d'éléments observables, évaluables et, surtout, bien ordonnés.

L'école a mis en silo les maths, la science, les langues, l'histoire, etc.. Elle veut faire de même avec le numérique. Mais à la différence des matières classiques, le numérique, lui, n'appartient PAS à l'école et, sans doute, ne lui appartiendra jamais...

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