Albert Brie
1925
  1. L'âge, cette maladie héréditaire que l'on attrape dès sa naissance et dont on cherche à guérir le plus tard possible.
    (Le mot du silencieux (En fin de compte), Le Devoir)
     
  2. Avant de vous dire inintelligent de ne pas avoir compris une démonstration compliquée, voyez si l'argumentateur n'a pas visé à la rendre inintelligible.
    (Le mot du silencieux (De l'estimation gratuite), Le Devoir)
     
  3. Quoi qu'on dise, les optimistes sont des gens décourageants. Ils ne cessent de dire que ça ira mieux demain. Vous voyez bien qu'il est inutile de compter sur eux pour que ça aille mieux aujourd'hui.
    (Le mot du silencieux (De l'estimation gratuite), Le Devoir)
     
  4. COLLOQUE - Débat entre penseurs distingués sur un sujet controversé, à propos duquel tous sont unanimes pour ne pas s'accorder. Au terme de ces lumineuses discussions, les auditeurs éblouis partent avec l'impression que la confusion de ces beaux esprits n'a jamais été si claire.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  5. FANATIQUE - Héros qui, pour le triomphe de ses préjugés, est prêt à faire le sacrifice de votre vie.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  6. AUTORITÉ COMPÉTENTE - En médiocratie, personnage qui pour être compétent a besoin d'être autorisé, par opposition au personnage qui n'est pas autorisé parce que justement il est compétent.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  7. MÉDIOCRITÉ - La moyenne à son plus bas niveau.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  8. NOMBRIL - 1) Troisième oeil qui rachète l'aveuglement des deux autres. 2) Plaque tournante du moi. 3) Marque indélébile d'un vieil attachement.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  9. PROGRÈS - Distance de plus en plus brève entre les choses qui s'inventent et les mêmes qui s'éventent.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  10. OCTOBRE - Mois de mai des canards.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  11. Avant de changer d'idée, s'assurer qu'on en a déjà une.
    (Le mot du silencieux (La diversion de la diversité), Le Devoir)
     
  12. Sachons reconnaître au célibataire endurci ce mérite inappréciable qui consiste à se retenir de faire une malheureuse de plus.
    (Le mot du silencieux (La diversion de la diversité), Le Devoir)
     
  13. ÉDUCATION - Ce qui manque à l'ignorant pour reconnaître qu'il ne sait rien.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  14. HIVER - Des deux saisons de l'année, la quatrième.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  15. CONSULTER - Chercher l'opinion d'une autre personne, en prenant le temps qu'il faut pour en trouver une qui dira comme nous.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  16. Après avoir entendu dire que seuls les imbéciles ne changent pas d'idée, B... s'est empressé de revenir sur sa décision. Quelle différence cela fait-il ? Aucune, sinon que B... est devenu un imbécile qui a changé d'idée.
    (Le mot du silencieux (Tout froid, tout flegme), Le Devoir)
     
  17. Quelques-uns donnent sans compter ; le reste compte sans donner.
    (Le mot du silencieux (L'homme de service), Le Devoir)
     
  18. Le sondage est le coq-à-l'âne, le jeu de mots des chiffres.
    (Le mot du silencieux (L'homme, un moindre mâle), Le Devoir)
     
  19. La plupart des hommes sentent ceci : que les femmes leur seront supérieures quand elles seront leurs égales.
    (Le mot du silencieux (Chère est la liberté, chérie !), Le Devoir)
     
  20. Il est rare que nous ayons le courage de nos opinions ; nous en avons plus facilement l'effronterie.
    (Le mot du silencieux (Trop cuit pour être cru), Le Devoir)
     
  21. Il ne devrait y avoir qu'une religion pour tout le monde ; une religion qui nous apprendrait à nous passer d'elle.
    (Le mot du silencieux (Trop cuit pour être cru), Le Devoir)
     
  22. La réponse est l'avortement de la question.
    (Le mot du silencieux (Les relations équivoques), Le Devoir)
     
  23. L'amour est aveugle par éblouissement.
    (Le mot du silencieux (Les relations équivoques), Le Devoir)
     
  24. Les personnes qui, en parlant, " pèsent leurs mots ", doivent s'imaginer que leurs auditeurs, à la place d'oreilles, ont des balances.
    (Le mot du silencieux (Les relations équivoques), Le Devoir)
     
  25. Que va-t-on chercher auprès d'un confident, d'un psychiatre, sinon le pardon du mal que l'on s'est fait.
    (Le mot du silencieux (Leurres de l'heure actuelle), Le Devoir)
     
  26. L'histoire, c'est la légende sans le merveilleux.
    (Le mot du silencieux (Leurres de l'heure actuelle), Le Devoir)
     
  27. Peur de l'effort égale peureux sans effort.
    (Le mot du silencieux (Être ou ne pas être de son temps), Le Devoir)
     
  28. Il est à la portée de tout le monde d'être écrivain. Il suffit d'avoir un peu de cette imagination qui imagine qu'on sera lu.
    (Le mot du silencieux (Être ou ne pas être de son temps), Le Devoir)
     
  29. L'oreille distraite est l'organe du malentendu.
    (Le mot du silencieux (Seuil de l'intolérance), Le Devoir)
     
  30. Rien n'égale le zèle d'un converti. On dirait qu'il ne peut pas accepter que vous résistiez là où il a succombé.
    (Le mot du silencieux (Seuil de l'intolérance), Le Devoir)
     
  31. La foule dore ce qu'elle adore.
    (Le mot du silencieux (Affaire de perspective), Le Devoir)
     
  32. Je me mire dans ce que j'admire.
    (Le mot du silencieux (Affaire de perspective), Le Devoir)
     
  33. Le dernier mot dans une affaire est toujours un chiffre.
    (Le mot du silencieux (Affaire de perspective), Le Devoir)
     
  34. C'est le 15 novembre 1976 que, pour la première fois, un parti séparatiste était porté au pouvoir à Québec. [GGJ]
    À tous ceux pour qui le 15 novembre est un 1er janvier, bonne et heureuse année.

    (Le mot du silencieux (Affaire de perspective), Le Devoir)
     
  35. Rien n'est plus difficile que d'avoir de la suite dans les idées quand on n'en a qu'une.
    (Le mot du silencieux (Autres temps, autres emplois), Le Devoir)
     
  36. - J'ai une bonne idée.
    - Ne la dites pas : vous l'abîmeriez.

    (Le mot du silencieux (Autres temps, autres emplois), Le Devoir)
     
  37. Le point est un cercle avaricieux.
    (Le mot du silencieux (Autres temps, autres emplois), Le Devoir)
     
  38. La neurasthénie est le cancer de l'esprit.
    (Le mot du silencieux (Métamorphoses), Le Devoir)
     
  39. L'ennui avec les gens qui disent que vous les comprenez, c'est qu'ils n'ont jamais fini de se faire comprendre.
    (Le mot du silencieux (Métamorphoses), Le Devoir)
     
  40. Quand on n'a pas de mémoire, on se répète ; quand on en a, on répète les autres.
    (Le mot du silencieux (Métamorphoses), Le Devoir)
     
  41. Refuser de donner la vie à un enfant, sous prétexte qu'il pourrait être malheureux, c'est préjuger qu'il sera lâche.
    (Le mot du silencieux (La chance au coureur), Le Devoir)
     
  42. La colère est le hoquet de l'humeur.
    (Le mot du silencieux (La chance au coureur), Le Devoir)
     
  43. Ne vous faites pas une loi de n'ouvrir la bouche que si vous avez quelque chose à dire; vous serez amené à prononcer des paroles que vous auriez eu avantage à taire.
    (Le mot du silencieux (La chance au coureur), Le Devoir)
     
  44. Le jeu est l'occupation la plus sérieuse de l'enfant ; la plus frivole étant l'éducation.
    (Le mot du silencieux (Affaire de distance), Le Devoir)
     
  45. Dans le monde dit " du travail ", l'expérience la meilleure consiste à atteindre le degré ultime de compétence dans l'art de simuler de l'occupation.
    (Le mot du silencieux (Affaire de distance), Le Devoir)
     
  46. JUIN - Les trente jours de l'année qui sont à la fois les plus longs et les plus vite passés.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  47. Vite et bien vont parfois ensemble. Exemple : vite rencontré, bien oublié.
    (Le mot du silencieux (Des hauts et des bas), Le Devoir)
     
  48. Planifier, structurer. Mots de notre temps et qui viennent à la bouche de ceux qui ne font rien sans d'infinies précautions préalables. Peur du risque, de l'aventure, du combat, de la vie.
    (Le mot du silencieux (Des hauts et des bas), Le Devoir)
     
  49. Mourir, c'est mûrir un peu trop.
    (Le mot du silencieux (Regarder n'est pas voir), Le Devoir)
     
  50. L'embarras est l'angoisse du choix.
    (Le mot du silencieux (Regarder n'est pas voir), Le Devoir)
     
  51. On s'enferme dans son silence ; on se fait coffrer dans ses paroles.
    (Le mot du silencieux (Regarder n'est pas voir), Le Devoir)
     
  52. Être regardé cent fois et n'être vu qu'une nous placent dans la moyenne des gens dignes de considération.
    (Le mot du silencieux (Regarder n'est pas voir), Le Devoir)
     
  53. Femme rebelle, c'est-à-dire deux fois belle : dans ce qu'elle permet et dans ce qu'elle refuse.
    (Le mot du silencieux (Anathème et variations), Le Devoir)
     
  54. N'exigez pas de votre enfant qu'il vous dise toujours la vérité : au mieux, vous en ferez un effronté.
    (Le mot du silencieux (Anathème et variations), Le Devoir)
     
  55. CARTE DE CRÉDIT : Chacun des petits rectangles de plastique, dont l'ensemble constitue un jeu de société de consommation, aussi appelé jeu de cash-cash.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  56. PIRE : Le mal à son meilleur.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  57. ABIME : Trous dont le vide gagne en profondeur.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  58. CIEL : Lieu de délices que l'on dit être le Paradis et d'où nous arrivent aussi la pluie, la foudre, la grêle et les bombes.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  59. JEUNESSE : Temps des cruelles illusions pour ceux qui le traversent et des stupides allusions pour ceux qui l'ont laissé derrière.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  60. RAISON : Type de folie qui fait terriblement défaut aux autres bêtes de la création.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  61. Ne pensez-vous pas que Dieu doit souvent avoir envie de croire que l'homme n'existe pas ?
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  62. La peur de l'inconnu, c'est l'appréhension du connu défiguré par l'imagination.
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  63. Une fois qu'on a donné son opinion, il serait logique qu'on ne l'ait plus.
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  64. La véritable défaillance de la mémoire se voit à deux signes : nos souvenirs sont toujours les mêmes et nous croyons toujours les rappeler pour la première fois.
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  65. L'homme commence à être un peu moins bête à partir du moment où il admet que la femme puisse être aussi intelligente que lui.
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  66. Dans une guerre, il n'y a pas de gagnant. L'un des belligérants perd un peu moins que l'autre. C'est le vainqueur. Il sauve la face.
    (Le mot du silencieux (Les voies pénétrables), Le Devoir)
     
  67. La peur de l'effort est plus épuisante que l'effort même.
    (Le mot du silencieux (Si la neige m'était contée), Le Devoir)
     
  68. Les astrologues jouissent de la crédulité populaire parce qu'ils savent que les gens n'ont d'yeux que pour leur voyance, et qu'ils les ferment sur leurs errements.
    (Le mot du silencieux (Si la neige m'était contée), Le Devoir)
     
  69. Plaignons le malheureux que personne n'écoute ; mais plaignons davantage le malheureux entouré que personne ne veut plus entendre.
    (Le mot du silencieux (Si la neige m'était contée), Le Devoir)
     
  70. Comme il est facile de pardonner le mal que l'on nous a fait quand nous l'avons oublié !
    (Le mot du silencieux (Si la neige m'était contée), Le Devoir)
     
  71. Quand on dit qu'il n'y a que les fous qui ont toujours raison, on est injuste. Il y a aussi les pessimistes.
    (Le mot du silencieux (Si la neige m'était contée), Le Devoir)
     
  72. Notre tort à chacun n'est pas de nous croire seul, mais de nous estimer unique.
    (Le mot du silencieux (Les aveux difficiles), Le Devoir)
     
  73. Vous n'avez rien à dire. Qu'importe ! parlez, vous finirez toujours par échapper quelque chose.
    (Le mot du silencieux (Les aveux difficiles), Le Devoir)
     
  74. Entre le moment où ils allument la télévision et celui où ils l'éteignent, la plupart des gens n'y voient que du feu.
    (Le mot du silencieux (Les aveux difficiles), Le Devoir)
     
  75. On trouve toujours de l'argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  76. L'imbécillité est une chose universellement partagée. Chez les personnes instruites, c'est un peu plus long à dépister.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  77. Tout ce qui est stable est contestable.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  78. L'adolescence, c'est l'âge où tu te cherches ; s'il arrive que tu te trouves, t'es pas le bon.T'es devenu un autre.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  79. Je suis marié à une femme qui parle à peine. C'est de la cruauté mentale ; elle me frustre de toutes les occasions de la faire taire.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  80. Quand j'entre dans une bibliothèque, je me contente de jeter un coup d'oeil lointain sur ses innombrables livres ; c'est la façon que j'ai de m'instruire sur l'étendue de mon ignorance.
    (Le mot du silencieux (Perles de chez nous), Le Devoir)
     
  81. La circulation des idées cause plus de collisions que d'embouteillages.
    (Le mot du silencieux (Apparence et transparence), Le Devoir)
     
  82. Paie sur terre, homme de bonne volonté !
    (Le mot du silencieux (La lettre ou l'esprit des Fêtes), Le Devoir)
     
  83. SHOPPING - Mot anglais qu'utilisent les Français pour parler chinois. À la place, on dit " magasinage ", terme impropre ou " lèche-vitrine ", terme malpropre.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  84. PREMIER DE L'AN - 1) Recommencement de ce qui continue. 2) Journée pleine de promesses.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  85. A.B. a écrit La majorité incurieuse à la suite de la publication d'une étude parue à la fin des années 70, indiquant que 56% des Québécois n'ont jamais lu un seul livre. [GGJ]
    Je trouve regrettable que certains " éducateurs " ne soient plus de ce monde pour savourer le fruit de leur vertueuse réprimande : " Quoi ! tu lis ? T'as rien de plus intelligent à faire ? "

    (Le mot du silencieux (La majorité incurieuse), Le Devoir)
     
  86. L'école québécoise n'a à peu près rien fait pour inciter la jeunesse à lire. Quand le barrage de la censure a sauté, il était trop tard, et la jeunesse assista, hébétée, au grotesque et tragique autodafé de la connaissance enfin libérée, au profit de la quincaillerie de l'audiovisuel, technologie sans faille pour le chromage des esprits.
    (Le mot du silencieux (La majorité incurieuse), Le Devoir)
     
  87. Lire, ne serait-ce qu'un journal, n'est plus vu comme un loisir, une détente. Voyez quelle corvée c'est. Il faut d'abord trouver le lieu de la chose à lire, la choisir parmi une infinité d'autres, se ménager ensuite un petit coin pour y voir, s'installer à son aise ; puis, ouvrir ou étaler la chose devant soi, s'astreindre à tourner les pages et, comble de supplice, parcourir la chose des yeux. Comme il est exigé, en supplément, de décoder les petits signes noirs à n'en plus finir, croyez-moi, il vaut mieux couper court et aller s'écraser devant l'écran de télévision. Là, y'a pas de problème, et puisque tout l'monde le fait, fais le con !...
    (Le mot du silencieux (La majorité incurieuse), Le Devoir)
     
  88. La vérité n'a pas de chance quand elle tombe aux mains de ceux qui ne se trompent jamais.
    (Le mot du silencieux (Il ne faut pas de faux pas), Le Devoir)
     
  89. On peut mourir jeune à n'importe quel âge.
    (Le mot du silencieux (Il ne faut pas de faux pas), Le Devoir)
     
  90. Je n'arrive pas à comprendre que l'on puisse apprendre à se connaître et, en même temps, s'aimer de plus en plus.
    (Le mot du silencieux (Il ne faut pas de faux pas), Le Devoir)
     
  91. Aux yeux d'un commerçant, un consommateur averti en vaut la moitié d'un.
    (Le mot du silencieux (Il ne faut pas de faux pas), Le Devoir)
     
  92. À tout prendre, écrire est assez prétentieux et insignifiant. Ça revient à dire : " Je ne sais rien et j'en parle. "
    (Le mot du silencieux (Il ne faut pas de faux pas), Le Devoir)
     
  93. TOUT LE MONDE - Individu indéfinissable, d'une grande force multiplicatrice, sur qui le plaideur peut compter, à condition qu'il ne soit pas là.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  94. AIMER - Préférer ce qui en moi fait meilleure figure en toi.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  95. STAR - Incarnation du vide astral dans toute la plénitude de ses formes.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  96. Quand une femme veut prouver qu'elle est aussi intelligente que l'homme en l'imitant dans ce qu'il fait, elle confirme du même coup qu'elle peut être aussi bête.
    (Le mot du silencieux (Le choix de l'embarras), Le Devoir)
     
  97. Je commence à comprendre l'homme qui ne cherche absolument pas à se connaître. Il veut s'éviter une mauvaise fréquentation.
    (Le mot du silencieux (Le choix de l'embarras), Le Devoir)
     
  98. La statistique est moins une science qu'un art. Elle est la poésie des nombres. Chacun y trouve ce qu'il y met.
    (Le mot du silencieux (L'hiver nous fait suer), Le Devoir)
     
  99. Notre opinion est une idée que nous avons ; notre conviction, une idée qui nous a.
    (Le mot du silencieux (L'hiver nous fait suer), Le Devoir)
     
  100. Il y a des gens dont les doigts bafouillent quand ils parlent avec leurs mains.
    (Le mot du silencieux (Tu dures, hiver dur !), Le Devoir)
     
  101. La façon la plus habile de s'approprier une partie du mérite d'un gagnant consiste à se montrer bon perdant.
    (Le mot du silencieux (Tu dures, hiver dur !), Le Devoir)
     
  102. Redire une chose qu'on ne se rappelle pas avoir dite, ce n'est pas se répéter, mais se donner une confirmation.
    (Le mot du silencieux (Tu dures, hiver dur !), Le Devoir)
     
  103. BAVARDER - Parler tant et aussi longtemps qu'on n'a rien à dire, et se taire quand on croit avoir réussi.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  104. Selon nous, un homme désintéressé, ce serait quelqu'un qui ne cherche pas son intérêt aux mêmes endroits que nous.
    (Le mot du silencieux (La pause-travail), Le Devoir)
     
  105. Aimer à la folie, qu'est-ce à dire ? sinon être deux fois fou.
    (Le mot du silencieux (Bien fol qui s'y fait), Le Devoir)
     
  106. AUDITEUR : Témoin pris par les oreilles.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  107. IDIOT : Caractère de réciprocité que se reconnaissent à tour de rôle deux individus d'opinions contraires.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  108. SABBATIQUE : Se dit d'un congé d'une année qui éprouve durement la résistance d'un travailleur de l'esprit, habitué à ne rien foutre depuis au moins sept ans.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  109. SOUTIEN-GORGE : Remonte-pente.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  110. Je penche, donc je chois.
    (Le mot du silencieux (La cruauté du temps), Le Devoir)
     
  111. COMPÉTENCE : Incapacité de s'adapter au savoir-faire de la moyenne des travailleurs.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  112. DIPLOMATE : Personnage politique qui, fatigué des empoignades dans son pays, est chargé des embrassades à l'étranger.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  113. Beaucoup d'hommes au volant sont misanthropes ; tous sont misogynes.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  114. Le diplomate ne dit pas qu'il pleut quand il pleut ; il explique le fonctionnement du parapluie !
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  115. Les choses vont si vite qu'on en arrive à regretter le temps qui vient.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  116. Les bêtises imprimées sont plus désespérantes que les bêtises exprimées, parce qu'on y a réfléchi.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  117. Nous savons que l'oisiveté est la mère de tous les vices, mais (dites-moi) qui en est le père ?
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  118. Les gens qui ne parlent que d'eux ne se rendent donc pas compte que le sujet est insignifiant !
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  119. MARIAGE : Domestication de l'amour.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  120. Un homme trompé est un cocu ; une femme trompée est une femme.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  121. Racisme aux dépens des animaux : " L'ivrognerie rend l'homme semblable à la bête. "
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  122. ADMIRATION : Façon commode de faire croire qu'on a compris.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  123. SCIENCES HUMAINES : Les facultés affaiblies des universités modernes.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  124. MORT ACCIDENTELLE : Décéder avant la fin de sa vie.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  125. L'inconvénient de parler trop vite, c'est qu'après avoir dit des choses, on se met dans l'embarras de les penser.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  126. La solitude est une façon de se prendre en otage.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  127. Avoir la conscience tranquille, une façon comme une autre de déguiser son inconscience.
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  128. Le mal que l'on a mal fait, pour le réparer, faut-il bien le faire ?
    (Le mot du silencieux (Les aphorismes de Maxime), Le Devoir)
     
  129. ÉCONOMISTE : Faiseur de calembours chiffrés.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  130. HISTORIEN : Témoin oculaire d'événements qui se sont produits sur papier !
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du Marginal), Le Devoir)
     
  131. CONNAISSANCE : Se dit d'une personne que l'on ignore.
    (Le mot du silencieux (Dictionnaire du marginal), Le Devoir)
     
  132. Le coup de foudre en amour, ne serait-ce pas une forme de violence dans la séduction ?
    (Le mot du silencieux (Bien fait qui s'y fie), Le Devoir)
     
  133. La franchise est ce curieux mélange d'une qualité et d'un défaut, dont il est difficile de mesurer les parts. Devant un exercice de franc parler, je me dis : « Où finit l'honnêteté et où commence la médisance ? »
    (Le mot du silencieux (Bien fait qui s'y fie), Le Devoir)
     
  134. Nous racontons volontiers nos expériences malheureuses pour épater. Notre vanité, pour se bien porter, a besoin de compassion flatteuse. L'émotion que nous éveillons alors chez les autres fait mieux que nous consoler de nos malheurs, elle nous en récompense.
    (Le mot du silencieux, p.17, Fides, 1978)
     
  135. Il y a des êtres si éloquents pour raconter leurs malheurs que, si on les applaudissait, ils donneraient des rappels.
    (Le mot du silencieux, p.17, Fides, 1978)
     
  136. Crains cet ami qui raconte du bien de toi dans ton dos, juste assez haut pour que tu entendes.
    (Le mot du silencieux, p.18, Fides, 1978)
     
  137. Le propre du sot n'est pas de dire des sottises (tout le monde le fait), mais de les redire.
    (Le mot du silencieux, p.18, Fides, 1978)
     
  138. Si vous pensez comme la majorité, ne pensez pas.
    (Le mot du silencieux, p.18, Fides, 1978)
     
  139. La preuve que nous appartenons à l'espèce motorisée nous est fournie par le langage. Nous n'exprimons plus nos idées, nous les véhiculons.
    (Le mot du silencieux, p.21, Fides, 1978)
     
  140. L'homme est devenu le jouet éducatif de l'électronique.
    (Le mot du silencieux, p.21, Fides, 1978)
     
  141. La liberté, pour l'un, de s'exprimer trouve sa compensation dans la liberté, pour l'autre, de l'interpréter.
    (Le mot du silencieux, p.25, Fides, 1978)
     
  142. Des gens mal avisés croient pouvoir atténuer un malheur qui vous frappe en vous en racontant un plus grand qui leur est arrivé. Ils ne se rendent pas compte que, loin de diminuer votre chagrin, ils le méprisent.
    (Le mot du silencieux, p.25, Fides, 1978)
     
  143. L'amour-propre est la plus ombrageuse des passions, à telle enseigne que nous en voulons plus à la personne qui nous apprend que nous avons été trompé qu'à celle-là même qui nous a floué.
    (Le mot du silencieux, p.26, Fides, 1978)
     
  144. Si je me cache, on me cherche. Si je me montre, on m'évite. Je dois donc m'arranger, partout où je me trouve pour avoir l'air absent.
    (Le mot du silencieux, p.27, Fides, 1978)
     
  145. Nous aimons bien que les gens soient francs avec nous, à condition qu'ils se trompent.
    (Le mot du silencieux, p.27, Fides, 1978)
     
  146. C'est parfois la faute du vase si la goutte le fait déborder.
    (Le mot du silencieux, p.29, Fides, 1978)
     
  147. La sagesse est lâcheté quand elle tolère l'intolérance.
    (Le mot du silencieux, p.30, Fides, 1978)
     
  148. L'ennui est l'angoisse des sots.
    (Le mot du silencieux, p.31, Fides, 1978)
     
  149. En amour, le je est un pronom possessif.
    (Le mot du silencieux, p.32, Fides, 1978)
     
  150. Curieusement nous disons blancs de mémoire pour désigner nos souvenirs obscurs.
    (Le mot du silencieux, p.33, Fides, 1978)
     
  151. Le spécialiste est dangereux non par l'étendue de ce qu'il ignore, mais par le mépris dont il honore tout ce qui lui échappe.
    (Le mot du silencieux, p.33, Fides, 1978)
     
  152. L'ignorance est perfectible. Il suffit d'étudier.
    (Le mot du silencieux, p.33, Fides, 1978)
     
  153. Quand on s'assoit sur des certitudes, c'est que sa tête n'est pas solide.
    (Le mot du silencieux, p.34, Fides, 1978)
     
  154. La confession n'a donc rien appris aux prêtres qui se sont mariés?
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  155. Excellente cette réponse d'un centenaire à qui un reporter avait demandé le secret de sa longévité : « Une longue habitude de toujours remettre au lendemain. »
    (Le mot du silencieux, p.36, Fides, 1978)
     
  156. Le siècle de la vitesse n'a été sérieusement combattu jusqu'ici que par la prolifération des salles d'attente.
    (Le mot du silencieux, p.37, Fides, 1978)
     
  157. Le bonheur, cette provocation.
    (Le mot du silencieux, p.37, Fides, 1978)
     
  158. Comme on aimerait parfois se venger du bien que certaines gens croient nous avoir fait.
    (Le mot du silencieux, p.38, Fides, 1978)
     
  159. À quoi peut bien rimer ce fameux respect de l'opinion de l'autre. À peu près tous ceux qui jugent bon préluder par un « je respecte votre opinion » s'emploient tranquillement à la démolir.
    (Le mot du silencieux, p.43, Fides, 1978)
     
  160. J'ai des certitudes branlantes et des doutes robustes.
    (Le mot du silencieux, p.43, Fides, 1978)
     
  161. Les grandes idées ne manquent pas. Ce sont les cervelles en mesure de leur offrir un asile convenable qui font défaut.
    (Le mot du silencieux, p.45, Fides, 1978)
     
  162. Nous pouvons arriver à changer d'opinion, dès que nous nous apercevons qu'elle est partagée par un individu que nous n'aimons pas. Mais si nous tenons fort à cette opinion, nous ferons tout pour l'arracher à cet indésirable.
    (Le mot du silencieux, p.46, Fides, 1978)
     
  163. D'aucuns voient de la profondeur là où il n'y a que du superficiel sur une grande épaisseur.
    (Le mot du silencieux, p.48, Fides, 1978)
     
  164. Une idée que vous avez et qui vous échauffe, écrivez-la. Le papier est un refroidisseur.
    (Le mot du silencieux, p.48, Fides, 1978)
     
  165. Quand nous avons une opinion sur quelque sujet, nous acceptons sans trop de discernement ce qui la fortifie, jamais ce qui risque de l'affaiblir. Pour nous, la vérité ne mérite pas le dérangement.
    (Le mot du silencieux, p.49, Fides, 1978)
     
  166. Attendu que la parole est le véhicule de la pensée, il est fréquent de voir de beaux parleurs noliser l'arche de Noé pour transporter un couple de pucerons.
    (Le mot du silencieux, p.49, Fides, 1978)
     
  167. Rien ne sert de discourir, il faut mentir à point.
    (Le mot du silencieux, p.51, Fides, 1978)
     
  168. Il y a moins de cerveaux lumineux que de crânes éblouis.
    (Le mot du silencieux, p.51, Fides, 1978)
     
  169. Il y a deux sortes de mensonges que tout le monde accepte comme allant de soi : ceux des politiciens et des épitaphes.
    (Le mot du silencieux, p.52, Fides, 1978)
     
  170. Les gens sincères seraient supportables s'ils n'avaient pas la naïve prétention de croire qu'ils disent la vérité parce qu'ils disent ce qu'ils pensent.
    (Le mot du silencieux, p.53, Fides, 1978)
     
  171. La méfiance à l'égard des autres est à proportion de l'illusion que nous nous faisons de notre importance.
    (Le mot du silencieux, p.55, Fides, 1978)
     
  172. Il ne faut pas désillusionner les gens qui vous louent avec sincérité pour un mérite que nous savez ne pas avoir. Les âmes bienveillantes n'ont pas d'autre façon de se montrer cruelles.
    (Le mot du silencieux, p.55, Fides, 1978)
     
  173. Sur un point, les spécialistes sont à contre-courant du reste des humains : ils ne cherchent pas à être compris.
    (Le mot du silencieux, p.57, Fides, 1978)
     
  174. C'est surtout quand elle nie qu'une personnalité s'affirme.
    (Le mot du silencieux, p.58, Fides, 1978)
     
  175. Considérons que tuer le temps est parfois un cas de légitime défense.
    (Le mot du silencieux, p.59, Fides, 1978)
     
  176. Du choc des idées naît fréquemment l'électrocution du jugement.
    (Le mot du silencieux, p.61, Fides, 1978)
     
  177. Il y a un signe certain qui permet de distinguer un fanatique : son imperméabilité rébarbative à l'humour.
    (Le mot du silencieux, p.64, Fides, 1978)
     
  178. Nous sommes à peu près tous convaincus que les opinions sont de deux sortes : les nôtres et les fausses.
    (Le mot du silencieux, p.64, Fides, 1978)
     
  179. On s'engage souvent par manque de courage intellectuel. Prendre un parti, c'est démissionner du sien.
    (Le mot du silencieux, p.65, Fides, 1978)
     
  180. L'un de mes regrets : ces choses que j'ai apprises par coeur, alors que le coeur n'y était pas.
    (Le mot du silencieux, p.67, Fides, 1978)
     
  181. Un slogan, une devise, une maxime, c'est la précision du vague.
    (Le mot du silencieux, p.68, Fides, 1978)
     
  182. L'erreur est humaine, même pour les machines.
    (Le mot du silencieux, p.69, Fides, 1978)
     
  183. Les lèvres, le média de communication des microbes.
    (Le mot du silencieux, p.82, Fides, 1978)
     
  184. L'alcool est l'huile à moteur de nos rapports mécanisés.
    (Le mot du silencieux, p.83, Fides, 1978)
     
  185. Comme les grandes douleurs, les grandes reconnaissances sont muettes.
    (Le mot du silencieux, p.84, Fides, 1978)
     
  186. Expérience et compétence font mauvais ménage. Ce sont les routines que l'expérience a installées que la compétence bouscule.
    (Le mot du silencieux, p.93, Fides, 1978)
     
  187. Dans la fonction publique, le grand savoir-faire du fonctionnaire consiste à remettre les choses telles qu'elles étaient au moment de leur prise en mains, c'est-à-dire au point mort.
    (Le mot du silencieux, p.93, Fides, 1978)
     
  188. Beaucoup de personnes de valeur ont fréquemment la naïveté de croire que les hauts postes se méritent alors qu'ils se prennent. Plus que jamais, c'est l'application du nouvel adage : les premiers arrivistes sont les premiers servis.
    (Le mot du silencieux, p.93, Fides, 1978)
     
  189. L'homme de l'année, la femme de l'année, la célébrité de l'année, ces immortels de l'éphémère.
    (Le mot du silencieux, p.96, Fides, 1978)
     
  190. Le fonctionnarisme est la plus savante école de l'irresponsabilité.
    (Le mot du silencieux, p.99, Fides, 1978)
     
  191. Si vous choisissez de travailler dans l'ombre, vous en serez quitte pour faire le plus clair de la besogne.
    (Le mot du silencieux, p.102, Fides, 1978)
     
  192. On s'inquiète des hommes qui cherchent des situations, mais on se fait rarement du souci pour les situations qui demandent des hommes.
    (Le mot du silencieux, p.102, Fides, 1978)
     
  193. Un bourreau de travail finit ordinairement par tomber sous son couperet.
    (Le mot du silencieux, p.103, Fides, 1978)
     
  194. N'est pas conformiste qui veut. Il faut passer par l'éducation.
    (Le mot du silencieux, p.106, Fides, 1978)
     
  195. L'instruction ne combat pas toujours l'ignorance ; elle peut parfois lui donner une allure savante.
    (Le mot du silencieux, p.108, Fides, 1978)
     
  196. À la petite école d'hier que j'ai fréquentée, je n'ai rien appris, mais je le savais par coeur.
    (Le mot du silencieux, p.109, Fides, 1978)
     
  197. L'erreur fondamentale de toute éducation : prendre les enfants pour des enfants.
    (Le mot du silencieux, p.109, Fides, 1978)
     
  198. Devant la tâche d'éduquer les enfants, l'école déclare forfait. Elle se contente d'instruire, de remplir des cruches, à proportion d'au moins cinquante et un pourcent de la capacité des récipients. Ensuite, elle n'a qu'à apposer « approuvé Québec ». Bien bouché, le produit est prêt pour la mise en marché.
    (Le mot du silencieux, p.110, Fides, 1978)
     
  199. Nous décidons que nos enfants ont atteint l'âge de raison à partir du moment où ils adoptent nos préjugés.
    (Le mot du silencieux, p.111, Fides, 1978)
     
  200. Il y a évidemment plus d'idées dans deux têtes que dans une. Pour être équitable, ajoutons qu'il y a aussi plus de sottises.
    (Le mot du silencieux, p.114, Fides, 1978)
     
  201. L'expérience prouve que si vous avez longtemps travaillé dans l'ombre, vous serez peu apte à oeuvrer dans l'éclat du plein jour. De deux choses l'une : ou vous ne supporterez pas la lumière, ou la lumière ne vous tolérera pas.
    (Le mot du silencieux, p.115, Fides, 1978)
     
  202. Le progrès est sensible en éducation : après le bourrage, le bousillage de crâne.
    (Le mot du silencieux, p.119, Fides, 1978)
     
  203. Conseils à un jeune étudiant : Tu t'appliqueras à obtenir tous les diplômes qu'il faut pour te tailler une place dans le système ; après quoi, tu te mettras à la tâche de former ton esprit, si tu as encore ce courage et si ton intelligence n'a pas été trop abîmée par les écoles.
    (Le mot du silencieux, p.120, Fides, 1978)
     
  204. Le temps est un grand maître et un mauvais élève.
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  205. Un exemple flagrant de la mysoginie du vocabulaire. Un paternel désigne le père et une maternelle, l'école. La femme-objet jusque-là.
    (Le mot du silencieux, p.121, Fides, 1978)
     
  206. Il y a deux façons sûres de vous faire expulser d'une école : l'insubordination et le diplôme. L'avantage de la première manière est que vous pouvez toujours vous amender. La seconde vous classe irrémédiablement.
    (Le mot du silencieux, p.122, Fides, 1978)
     
  207. On compte beaucoup moins de gens curieux de ce qu'ils ignorent que de gens intéressés à se confirmer dans le peu qu'ils savent déjà.
    (Le mot du silencieux, p.123, Fides, 1978)
     
  208. Je considère tout travail d'éducation néfaste, qui tient compte uniquement de ce qu'il ajoute, sans souci de ce qu'il mutile.
    (Le mot du silencieux, p.123, Fides, 1978)
     
  209. Il ne manque pas d'adulte pour croire, à l'exemple de mon fils de douze ans, que l'excommunication désigne la période qui a précédé l'invention du téléphone.
    (Le mot du silencieux, p.123, Fides, 1978)
     
  210. Un lavage de cerveau le salit.
    (Le mot du silencieux, p.127, Fides, 1978)
     
  211. La société ne permet pas à une personne intelligente de se tromper ; par ailleurs, elle acceptera qu'une personne idiote ait raison.
    (Le mot du silencieux, p.130, Fides, 1978)
     
  212. Quand la télévision sera un art, il s'ensuivra une épidémie d'appareils éteints.
    (Le mot du silencieux, p.133, Fides, 1978)
     
  213. L'information a élevé le commérage à la dignité de la culture.
    (Le mot du silencieux, p.134, Fides, 1978)
     
  214. Les mass média ne nous empêchent pas de penser, ils nous en dispensent.
    (Le mot du silencieux, p.134, Fides, 1978)
     
  215. Les téléphages finissent par ressembler à leur poste : leur pensée n'a jamais plus que deux dimensions.
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  216. Faites l'expérience de fermer les yeux devant l'écran de télé. Vous verrez plus clair avec vos oreilles.
    (Le mot du silencieux, p.139, Fides, 1978)
     
  217. Le livre n'apprend pas toujours à penser ; trop souvent, il en dispense.
    (Le mot du silencieux, p.140, Fides, 1978)
     
  218. La spécialisation est le plus sûr chemin pour arriver à une savante étroitesse d'esprit.
    (Le mot du silencieux, p.144, Fides, 1978)
     
  219. La planification, c'est du hasard mis en conserve.
    (Le mot du silencieux, p.144, Fides, 1978)
     
  220. Quand j'ai envie d'un livre, je l'achète ; si je veux être sûr de le lire, je l'emprunte.
    (Le mot du silencieux, p.145, Fides, 1978)
     
  221. Entre la faute et l'aveu, notre plus court chemin, c'est le détour.
    (Le mot du silencieux, p.146, Fides, 1978)
     
  222. Le publicitaire est en quelque sorte un éducateur des temps nouveaux, un guide, un entraîneur et, à tout prendre, un maître à penser à notre place.
    (Le mot du silencieux, p.158, Fides, 1978)
     
  223. Les esprits réalistes sont les idéalistes de l'immédiat et de l'apparence.
    (Le mot du silencieux, p.160, Fides, 1978)
     
  224. Arithmétique. Le temps que je mets à gagner de l'argent plus le temps que je prends pour le dépenser égalent le temps que je n'ai plus pour en jouir.
    (Le mot du silencieux, p.165, Fides, 1978)
     
  225. Une forme répandue du bilinguisme : parler en anglais et se taire en français.
    (Le mot du silencieux, p.172, Fides, 1978)
     
  226. Comment se fait-il que l'on dise d'un bilingue qu'il est parfait alors que tel n'est jamais le cas pour un uniligue ? Il faut croire que le bilinguisme anglais-français est en soi un état de perfection.
    (Le mot du silencieux, p.172, Fides, 1978)
     
  227. Tous les hommes sont en faveur de la démocratie comme tous les vers sont en faveur des pommes.
    (Le mot du silencieux, p.177, Fides, 1978)
     
  228. Pour défendre sa langue, le parlant français doit être vigilant ; l'Anglais pour faire usage de la sienne n'a qu'à être là où il se trouve.
    (Le mot du silencieux, p.177, Fides, 1978)
     
  229. Quand un discours politique a de l'élévation, de la vigueur, de l'élégance, de la tenue, détrompons-nous ! ce n'en est pas un.
    (Le mot du silencieux, p.178, Fides, 1978)
     
  230. La vérité a très mauvais visage, à cause de cette habitude que nous avons de nous en servir pour convoyer nos jugements désagréables sur le compte des autres.
    (Le mot du silencieux, p.181, Fides, 1978)
     
  231. Tant que les hommes d'aujourd'hui, y compris les femmes, vivront pour travailler à une ou plusieurs besognes qu'ils n'ont pas choisies, en vue d'assurer leur nécessaire, l'expression « société juste » sera la plus odieuse foutaise que les cerveaux technocratiques auront inventée à l'usage du peuple anesthésié.
    (Le mot du silencieux, p.182, Fides, 1978)
     
  232. Une société bureaucratique fait du parasitisme une vertu professionnelle.
    (Le mot du silencieux, p.182, Fides, 1978)
     
  233. Tous les politiciens sont opportunistes ; les plus habiles le sont au moment opportun.
    (Le mot du silencieux, p.184, Fides, 1978)
     
  234. Il ne mentait pas ce député qui lançait à ses électeurs : « Ma porte est toujours ouverte. » Il se gardait bien d'ajouter qu'il n'était pas dans la pièce.
    (Le mot du silencieux, p.184, Fides, 1978)
     
  235. La plupart des gens qui se passionnent pour les luttes électorales ne portent ordinairement aucun intérêt à la vie politique dans son cours normal. En cela, ils suivent l'exemple de bon nombre de politiciens qui s'agitent avec fureur durant un ou deux mois que dure la campagne électorale. On les trouve abîmés dans un sommeil comateux pour les trois ou quatre ans qui précèdent le prochain match.
    (Le mot du silencieux, p.186, Fides, 1978)
     
  236. On sait ce que promettre veut dire. Les promesses électorales ressemblent aux serments d'amour. Elles sont un accompagnement obligé du jeu. Pour cette raison, si l'on pardonne l'aveuglement du politicien, l'amoureux a une excuse qui manque à celui-là, celle de n'abuser qu'une personne à la fois.
    (Le mot du silencieux, p.188, Fides, 1978)
     
  237. Mon sentiment est qu'il faut voter pour le meilleur homme, surtout si c'est une femme.
    (Le mot du silencieux, p.189, Fides, 1978)
     
  238. En politique, s'expliquer c'est mentir, mais en beaucoup plus de mots.
    (Le mot du silencieux, p.189, Fides, 1978)
     
  239. Quand un sondage se trompe, il émet encore une vérité. Celle-ci qu'une bonne partie des répondants sont des menteurs.
    (Le mot du silencieux, p.190, Fides, 1978)
     
  240. Il est bien admis que les politiciens pratiquent couramment le mensonge. Si l'un d'eux prend l'habitude de dire la vérité, le peuple peut aller jusqu'à se demander si cet original ne manque pas à son devoir professionnel.
    (Le mot du silencieux, p.192, Fides, 1978)
     
  241. Un Français parle la même langue que nous, mais avec d'autres mots.
    (Le mot du silencieux, p.193, Fides, 1978)
     
  242. On entend réclamer partout l'égalité des chances, nulle part l'égalité des risques.
    (Le mot du silencieux, p.195, Fides, 1978)
     
  243. Il n'est pas besoin de fréquenter les spécialistes longtemps pour découvrir qu'ils connaissent tout de presque rien et moins que rien de presque tout.
    (Le mot du silencieux, p.201, Fides, 1978)
     
  244. Une personne entre deux âges se trouve ordinairement bien installée dans le deuxième.
    (Le mot du silencieux, p.201, Fides, 1978)
     
  245. Une femme se consolait que son mari eût une maîtresse en déclarant : « Il ne me trompe pas, il se trompe avec une autre. »
    (Le mot du silencieux, p.205, Fides, 1978)
     
  246. Avec les transports publics, rien ne sert de partir à point, il faut attendre.
    (Le mot du silencieux, p.208, Fides, 1978)
     
  247. À l'occasion du 25e anniversaire du zoo de Granby, l'officiel a dit au ministre invité aux célébrations : « Vous êtes ici chez vous. »
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  248. Absentéisme : Doctrine parlementaire qui veut qu'un représentant du peuple n'est nulle part ailleurs plus utile à son parti qu'en dehors de la Chambre.
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  249. Assemblée : Spectable de marionnettes grandeur nature.
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  250. Bigamie : Théorie sexiste selon laquelle deux erreurs valent mieux qu'une.
    (Le mot du silencieux, p.225, Fides, 1978)
     
  251. Biliguisme : Facilité de s'exprimer en anglais et de se taire en français.
    (Le mot du silencieux, p.225, Fides, 1978)
     
  252. Bureaucrate : L'une des pièces maîtresses du char de l'État : le frein.
    (Le mot du silencieux, p.226, Fides, 1978)
     
  253. Campagne électorale : Hostilités portées sur la place publique par les partis politiques, et menées avec les armes conventionnelles du mensonge, du vol, de la haine, du préjugé, du fanatisme, de la calomnie, de la bassesse et de la canaillerie. La lutte se termine ordinairement par la victoire du parti qui a su faire le plus éclatant usage de ces vertus démocratiques.
    (Le mot du silencieux, p.227, Fides, 1978)
     
  254. Diplomate : Personnage politique fatigué de se livrer à des empoignades dans son pays et qui, pour se reposer, est chargé des embrassades à l'étranger.
    (Le mot du silencieux, p.230, Fides, 1978)
     
  255. Divorce : 1) Libération conditionnelle. 2) Autorisation légale donnée à deux aveugles ayant recouvré la vue de ne plus se voir.
    (Le mot du silencieux, p.230, Fides, 1978)
     
  256. Éducateur : Juge d'instruction dont la mission est de condamner les innocents au marché du travail.
    (Le mot du silencieux, p.230, Fides, 1978)
     
  257. Éducation : Méthode d'enseignement visant à élever le standard de qualité de l'ignorance.
    (Le mot du silencieux, p.231, Fides, 1978)
     
  258. Élection : Dans les démocraties évoluées, c'est-à-dire décadentes, expression du désenchantement politique de la collectivité, caractérisé par la tendance du peuple à l'aboulie que, par un retournement de sens, on appelle volonté.
    (Le mot du silencieux, p.231, Fides, 1978)
     
  259. Études : Gaspillage des ressources naturelles d'un jeune cerveau pour l'acquisition transitoire de matières périssables.
    (Le mot du silencieux, p.234, Fides, 1978)
     
  260. Fanatique : Croyant qui, pour assurer le triomphe de sa foi, consent à faire le sacrifice suprême de votre vie.
    (Le mot du silencieux, p.234, Fides, 1978)
     
  261. Fonctionnaire : L'État, c'est lui.
    (Le mot du silencieux, p., Fides, 1978)
     
  262. Journal : Publication quotidienne de l'actualité du monde. La moitié des événements qu'elle rapporte n'ont aucune importance; quant à l'autre moitié, ils ne se produiraient pas si le journal n'était pas là pour en parler.
    (Le mot du silencieux, p.236, Fides, 1978)
     
  263. Mariage : Prison à sécurité maximum.
    (Le mot du silencieux, p.237, Fides, 1978)
     
  264. Médecin : 1) Sage homme qui vit de la croyance superstitieuse que la santé est le plus grand de tous les biens. 2) Grand connaisseur du corps humain, à qui il arrive parfois de guérir des personnes bien portantes.
    (Le mot du silencieux, p.237, Fides, 1978)
     
  265. Menteur : [...] maintenant les appellations politicien et menteur sont synonymes.
    (Le mot du silencieux, p.237, Fides, 1978)
     
  266. Opinion publique : Avis que l'on prête à tout le monde quand personne n'a été consulté.
    (Le mot du silencieux, p.238, Fides, 1978)
     
  267. Pause-café : Dans les bureaux, les usines et les chantiers, période de relâchement au cours de laquelle le travail se fait tout seul.
    (Le mot du silencieux, p.239, Fides, 1978)
     
  268. Pessimiste : Homme confiant que ça ira mal.
    (Le mot du silencieux, p.239, Fides, 1978)
     
  269. Poste : Dans l'administration publique, place forte qui abrite les hauts fonctionnaires contre les assaults du travail.
    (Le mot du silencieux, p.239, Fides, 1978)
     
  270. Suffrage universel : Système électoral qui permet à un imbécile d'annuler votre vote et à un autre imbécile de voter pour le même imbécile que vous.
    (Le mot du silencieux, p.241, Fides, 1978)
     
  271. Vedette : Sorte de corps fluide et lumineux, appelé aussi « star » qui profite de l'extinction des masses clairvoyantes pour étinceler.
    (Le mot du silencieux, p.242, Fides, 1978)