citation d'Albalat Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 27 septembre 2016

L'habitude, ce monstre qui dévore tout sentiment, ce démon familier, est un ange en ceci que, pour la pratique des belles et bonnes actions, elle nous donne aussi un froc, une livrée facile à mettre.
William Shakespeare (Hamlet, trad. François-Victor Hugo, p.329, Garnier-Flammarion n° 6)

[...] la séduction trompeuse du raisonnement analogique [...]
Georges Perec (La vie mode d'emploi, p.238, Livre de Poche n°5341)

[...] La vie est surtout monotone et c'est cette monotonie même qu'il s'agit de supporter courageusement et simplement.
Charles Fuster (Essais de critique, p.13, Éd. Princepts, 1886)

Il est pour s'exprimer, il est plus d'un langage;
Un regard, un soupir, au défaut de la voix,
Ont souvent malgré nous déclaré notre choix...
Barthélemy-Christophe Fagan (le Rendez-vous, sc. 14 (Valère), 1733)

Obéissez, c'est la loi d'une femme.
Jacques-Marie Boutet de Monvel (L'Amant bourru, acte 1, sc. 5 (La marquise), 1775)

Épictète du jour

Il est naturel et juste que celui qui s'applique tout entier à une chose y réussisse, et qu'il ait de l'avantage sur celui qui ne s'y applique point. Un tel ne travaille toute sa vie qu'à amasser du bien et à obtenir des honneurs : dès qu'il est levé, il se demande comment il pourra faire sa cour à un domestique du prince et à un baladin qui en est aimé ; il rampe devant eux, il les flatte, il leur fait des présents. Dans ses prières et dans ses sacrifices, il ne demande aux dieux que de leur plaire. Tous les soirs, il fait son examen de conscience : « En quoi ai- je manqué ? Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je omis de ce que je devais faire ? Ai-je manqué de dire à mon seigneur telle flatterie qui lui aurait bien plu ? Ai-je laissé échapper imprudemment quelque vérité qui ait pu lui déplaire ? Ai-je omis d'applaudir à ses défauts et de louer telle injustice, telle mauvaise action qu'il a faite ? » Si par hasard il lui a échappé une parole digne d'un homme de bien et d'un homme libre, il se gronde, il en fait pénitence et se croit perdu. Voilà comme il travaille à son intérêt, comme il amasse du bien. Et toi tu ne fais la cour à personne, tu ne flattes personne, tu cultives ton âme, tu travailles à acquérir de saines opinions ; ton examen de conscience est bien différent de celui du premier. Tu te demandes : « Ai-je négligé quelque chose de ce qui contribue à la félicité, et qui plaît aux dieux ? Ai-je commis quelque chose contre l'amitié, la société, la justice ? Ai-je omis de faire ce que doit faire un homme de bien ? » Avec des désirs si opposés, des sentiments si contraires et une application si différente, comment es-tu fâché de ne pas égaler le premier dans ces biens de la fortune ? D'où vient que tu le regardes d'un oeil d'envie ? Car il est bien sûr que, pour lui, il ne t'envie point. Cela vient de ce que le premier, plongé dans l'aveuglement et dans l'ignorance, est fortement persuadé qu'il jouit des véritables biens, et que toi tu n'es encore ni assez éclairé, ni assez ferme dans tes principes, pour bien voir et bien sentir que tout le bonheur est de ton côté.
Entretiens, Livre IV, XXIII.