
Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 09 mai 2008
Heureux qui a quelque chose à donner, car à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.
Heureux qui est dépouillé injustement, car il n'a plus à craindre de la justice.
Paul Claudel (L'Otage, p.24, Livre de Poche nos1102-3)
C'est drôle, les saints, on ne les rencontre jamais de leur vivant.
René Char (Le soleil des eaux in Trois coups sous les arbres, p.112, Gallimard/nrf, 1967)
Il suffit de trois fois pour qu'un acte accède au statut de rituel.
Amélie Nothomb (Mercure, p.34, Livre de Poche n°14911)
Chez les philosophes, tout ce qui n'est point de la foi ni des principes est disputable : et souvent ils soutiendront, à votre choix, le pour et le contre d'une même proposition : marques certaines de l'excellence de l'esprit humain, qui trouve des raisons à défendre tout ; ou plutôt de sa faiblesse, qui n'en peut trouver de convaincantes, ni qui ne puissent être combattues et détruites par de contraires.
Pierre Corneille (La Suivante (Épître), p.111, in Théâtre complet, Éd. RVG)
Il y a une faute intellectuelle à réduire un tout complexe à un seul de ses composants et cette faute est pire en éthique qu'en science.
Edgar Morin (Éthique (La méthode 6), p.127, Seuil, 2004)
Proverbe de la semaine
Un clou chasse l'autre.
Un goût succède à un autre goût. Une personne succède à une autre personne, ou se met à sa place.Le sens exact est : en enfonçant un clou avec un marteau, on fait sortir un autre clou de l'endroit où il était entré.
Le proverbe caratérise l'inconstance de ceux qui, changeants dans leurs sentiments, portent leur affection sur plusieurs personnes successivement. Il s'applique aussi aux cas où l'on cherche à chasser un ennui en s'en créant un autre, que sa nature ou la nouveauté feront moins pénible; où, par exemple, l'on voudrait se délivrer de l'obsession de pensées mauvaises par la fatigue physique ou par le travail de l'esprit.
(L. Martel, Petit recueil des proverbes français, entrée 384, 1883.)
Épictète du jour
Souviens-toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un festin. Un plat est-il venu jusqu'à toi ? étendant ta main avec décence, prends-en modestement. Le retire-t-on ? ne le retiens point. N'est-il point encore venu ? n'étends pas au loin ton désir, mais attends que le plat arrive enfin de ton côté. Uses-en ainsi avec des enfants, avec une femme, avec les charges et les dignités, avec les richesses, et tu seras digne d'être admis à la table même des dieux. Et si tu ne prends pas ce qu'on t'offre, mais le rejettes et le méprises, alors tu ne seras pas seulement le convive des dieux, mais leur égal, et tu régneras avec eux. C'est en agissant ainsi que Diogène, Héraclite et quelques autres ont mérité d'être appelés des hommes divins, comme ils l'étaient en effet.
Pensées, XXIII.