citation d'Albalat Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 30 septembre 2014

Je ne m'ennuie jamais. Mais tout m'ennuie.
Jacques Sternberg (Toi ma nuit, p.81, Folio n° 1251)

Voici en quoi on reconnaît son amour pour un être : Monsieur n'est pas coupable, mais s'il l'était, je deviendrais sa complice.
Jean Genet (Les bonnes, p.68, Folio n°1060)

On nous a souvent dit que l'histoire est indifférente, mais nous avons toujours tendance à considérer sa ladrerie ou sa générosité comme faisant partie d'un plan préétabli ; nous n'écoutons jamais réellement...
Lawrence Durrell (Justine, trad. Roger Giroux, p.190, Livre de Poche n°5618)

Je portais ton enfant l'été où tu m'as quittée, mais je me le suis fait arracher du ventre, et ils m'ont arraché le coeur avec !
Tennessee Williams (La descente d'Orphée, in Théâtre II, trad. Raymond Rouleau (adaptation), p.74, Robert Laffont, 1962)

Est-ce dans le bouquet que la fleur est plus belle, ou bien dans le pré où elle pousse, quand nous nous sommes mouillé les pieds pour aller la chercher ?
Henry David Thoreau (Journal, trad. R. Michaud et S. David, p.93, Mercure de France, 2002 )

Épictète du jour

La soif d'un fébricitant est bien différente de la soif d'un homme sain. Celui-ci n'a pas plus tôt bu, qu'il est content, et que sa soif est apaisée. Mais l'autre, après avoir eu un moment de plaisir, a des maux de coeur ; l'eau, chez lui, se convertit en bile ; il vomit, il a des tranchées, et sa soif en devient plus ardente. Il en est de même de celui qui a des richesses avec cupidité, qui a des charges avec cupidité, qui possède une belle femme avec cupidité. Voilà la soif du fébricitant. De là naissent les jalousies, les craintes, les paroles sales, les désirs impurs, les actions obscènes. Mon ami, tu étais autrefois si sage, si plein de pudeur ! Que sont devenues cette pudeur et cette sagesse ? Au lieu de lire les ouvrages de Chrysippe et de Zénon, tu ne lis que des livres abominables, les livres d'Aristide et d'Événus. Au lieu d'admirer Socrate et Diogène, et de suivre leur exemple, tu n'admires et tu n'imites que ceux qui savent corrompre et abuser les femmes, tu veux être beau, tu te pares, tu te fardes même pour le devenir s'il était possible, tu as des habits magnifiques et tu te ruines en essences et en parfums. Reviens à toi, combats contre toi-même, reprends possession de ta pudeur, de ta dignité, de ta liberté ; en un mot, redeviens un homme. J'ai connu un temps où si l'on t'avait dit : « Un tel rendra Épictète adultère, il lui fera porter de tels habits, et l'obligera à paraître parfumé, » tu aurais volé aussitôt à mon secours, et je pense que tu l'aurais tué. Il ne s'agit ici de tuer personne ; il ne faut que rentrer en toi-même, te parler à toi-même. N'es-tu pas plus capable que personne de te persuader ? Commence par condamner ce que tu as fait. Mais hâte-toi, avant que le torrent ne t'ait entraîné.
Entretiens, Livre IV, XXXV.