Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 3 avril 2014

Les compétences numériques

ll est remarquable que l'éducation qui vise à communiquer les connaissances soit aveugle sur ce qu'est la connaissance humaine, ses dispositifs, ses infirmités, ses difficultés, ses propensions à l'erreur comme à l'illusion, et ne se préoccupe nullement de faire connaître ce qu'est connaître.
E. Morin, Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, p.11, Seuil 2000



Commentaire laissé ce matin sur ce billet de Jacques Cool :

Ah, ces «études»...

Il serait plus intéressant de revoir le concept de «Compétences numériques». De plus en plus, je pense qu'il faut modifier le terme «compétence» par «savoir faire scolaire.» (et j'appuie sur le mot scolaire...)

J'ai vu plusieurs tentatives de décrire un élève «compétent» au numérique du genre (et je caricature à peine) Maternelle : Ouvrir l'ordinateur. 1re année : Se familiariser avec la souris ; 2e année :Tape touche ; 3e année : gras et italique dans un traitement de texte ; etc..

Voilà pourquoi le terme «scolaire» doit être apposée à votre «compétences numériques» et au sondage mentionné dans votre article. Car, dans le fond, l'école a besoin d'éléments observables, évaluables et, surtout, bien ordonnés.

L'école a mis en silo les maths, la science, les langues, l'histoire, etc.. Elle veut faire de même avec le numérique. Mais à la différence des matières classiques, le numérique, lui, n'appartient PAS à l'école et, sans doute, ne lui appartiendra jamais...

Gouvernement minoritaire

En pitonnant sur la manette, je suis tombé un peu par hasard sur l’entrevue que François Legault a accordé à Céline Galipeau hier à Radio-Canada.

Rien de bien nouveau.

Sauf que...

À la question (classique!) de la journaliste sur un éventuel gouvernement minoritaire :

- Si vous détenez la balance du pouvoir le 7 avril prochain, allez-vous tenter de former une coalition ...

il a répondu de manière tout à fait prévisible : ‹Je ne réponds pas à une question hypothétique » «Je vise l’Or, par l’Argent.»

Ma réponse eût été quelque chose du genre : «Madame Galipeau, si la population donne à la CAQ un mandat minoritaire, c’est certain que je vais accepter ce mandat, et que je vais tenter de trouver des compromis avec l’opposition. Car c’est ça le message que la population envoie.... (bal-bla pendant encore 10 secondes...)»

«Mais M. Legault, ma question était plutôt si VOUS, vous détenez la balance du pouvoir...»

«Ah ! Alors là, vous avez déjà la réponse. Mon parti n’a-t-il pas essayé FORT de trouver un compromis sur la Charte ? Posez plutôt la question aux vieux partis à savoir si EUX accepteraient le verdict de la population. Clairement, le PQ, lui, n'en veut pas de compromis. Ce ne sera pas mon cas, madame Galipeau... (bla-bla encore 10 secondes...)

jeudi 27 mars 2014

La proportionnalité manière CAQ

J'en ai entendu une bonne ce matin.

C'est Nathalie Roy de la CAQ qui, en conférence de presse, nous lance quelques promesses non tenues par le PQ.

Elle termine en disant :

« Et ça, c'est juste en 18 mois de pouvoir. Imaginez en 4 ans ! »

vendredi 21 mars 2014

L'enfer... ben oui...

«Je ne peux pas finir cette veillée sans dire quelque chose aux grands absents d'aujourd'hui: les protagonistes, les hommes et les femmes mafieuses. S'il vous plaît, changez de vie, convertissez-vous! Arrêtez-vous de faire le mal!», a lancé le pape. «Nous prions pour vous. Convertissez-vous. Je vous le demande à genoux. C'est pour votre bien.»
Le pape François promet « l'enfer » aux mafieux (Le Figaro)

N'est-ce pas un peu hypocrite de la part du Pape? Les mafieux, me semble-t-il, sont, pour la plupart, de bons catholiques. N'est-il pas vrai qu'encore récemment, un des parrains de la mafia italienne a eu des obsèques dans une église catholique de Montréal ?

samedi 8 mars 2014

Cascades

Courriel envoyé à cascades.com :

Bonjour,
Juste un mot pour vous signaler une erreur «mathématique» sur votre emballage :
En effet, il faut absolument mettre cm au carré.
Voyez la photo jointe.

Noé

Je ne suis pas cinéphile ; je n'irai donc pas voir Noé.

Mais je viens d'apprendre que, pour des motifs religieux, le film sera interdit de représentation dans certains pays.

Cela m'écoeure profondément. Parce qu'on croit avoir la vérité absolue et qu'on mène un gouvernement, on interdit aux gens de critiquer par eux-mêmes. C'est absolument abject.

vendredi 21 février 2014

GAR

Une gestion axée sur les résultats (et non les processus) est ridicule et démontre une profonde méconnaissance de l'esprit humain.

Une belle planète

Ce tweet m'a fait un peu réfléchir.
L'article dont il est fait référence est ici.
Espérons que le pape François et tous les chefs religieux du monde lancent un avis du même ordre. Cela nous assurerait au moins une planète non polluée par la religion.

mercredi 5 février 2014

Tout le monde il est beau...

«Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.»

J'ai trouvé cette image dans un tweet.
Évidemment, il manque la réplique du prof :

«Excel ??? Comme tu n'y auras pas droit à l'examen, tu es mieux de faire ces exercices.»
Et vlan dans les dents, mon p'tit bonhomme !

Ce dialogue représente bien pourquoi l'intégration des technologies est un véritable échec dans le système scolaire québécois. Tant qu'on demandera à des élèves de développer des automatismes stupides, tant qu'on obligera les élèves à retenir des faits, des faits et encore des faits, on en sera au «papier-crayon» intellectuel.

Et vous savez quoi ? TOUT LE MONDE S'EN FOUT.

Les profs font faire des gentils gentils «Powerpoint».
Les directeurs d'écoles font accrocher de gentils gentils TBI dans les salles de classe.
Les conseillers pédagogiques font des gentils gentils «Powerpoint» qu'ils présentent aux gentils gentils profs
Les DG des commissions scolaires font des gentils gentils beaux rapports «Excel» sur les taux de réussites.
Le MELS écrit un gentil gentil gros programme qu'il charcute ensuite en laissant tomber les méchantes méchantes compétences transversales et les méchants méchants domaines généraux de formation.
Et puis, plein de gentils gentils formateurs assistent à de gentils gentils colloques où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Je pense qu'on a mieux à faire que ces gentilles gentilles gentillesses. Si on veut une VÉRITABLE intégration des technologie en éducation, il faut et il suffit de laisser les élèves utiliser en tout temps leurs outils technologiques. Un point, c'est tout.

Mais vous savez quoi ? Les profs, les directeurs d'écoles, les CP, le Mels et tout ce gentil gentil monde, ils ne veulent pas entendre parler de cette option.

Et vous savez pourquoi ? Parce que leur gentil gentil système d'éducation s'écroulerait.

mardi 28 janvier 2014

Questions « Clair »

Je n’ai jamais participé aux rencontres à CLAIR. Celles-ci, aux dires de tous les participants, semblent vivifiantes, enrichissantes, productives.


En tombant sur ce tweet de Jacques Brun faisant référence à ce billet, je me suis demandé pourquoi tous ces listings m’agaçaient. En y réfléchissant toute la journée, j’en suis venu à la conclusion qu’à travers les suggestions, la pédagogie manquait. Non... pas la pédagogie, mais le «punch», comme le coup, aux échecs, qui soudainement fait basculer l’évaluation de la position d’un joueur vers l’autre.

Je formule donc une question aux participants de CLAIR 2014. Je ne sais s’ils auront l’occasion d’y répondre, mais puisqu’on y retrouve la crème des penseurs et des praticiens au regard de l’intégration des TIC à l’enseignement et l’apprentissage, j’aimerais bien entendre leurs réflexions. Voici donc :

Il s’agit d’une expérience par la pensée souvent utilisée en sciences et en philosophie.

Imaginons deux classes (faire la distinction entre primaire et secondaire si nécessaire.)
Imaginons que les enseignants de ces deux classes sont excellents. (Pour les besoins de l’expérience, on peut les imaginer comme de parfaits pédagogues et didacticiens tout au moins au regard du programme de formation, et ce pour toutes les matières !).
(MaJ: Pour régler un problème potentiel avec cette prémisse, supposons un parfait clonage des élèves et des enseignants ! On a donc deux classes parfaitement identiques.)
Imaginons que dans une classe (C1), tous les élèves aient un smartphone parfaitement équipé. Dans l’autre (C2), 3 ou 4 ordinateurs sont disponibles en tout temps.

Questions :

1. À la fin du parcours scolaire, les élèves de C1 seront-ils plus compétents (si vous n’aimez pas le mot, utilisez connaissants, habiles, etc.) que les élèves de la C2 ? Expliquez !
2. Pédagogiquement et didactiquement parlant, quelles sont les différences entre les apprentissages réalisés dans ces deux classes? Ces différences sont-elles « importantes » ? Expliquez !

Évidemment, si le cœur vous en dit, vous pouvez répondre dans l’espace commentaire de ce blogue.

dimanche 12 janvier 2014

Obstacles ?

En lisant le billet de M.-A Girard, j’ai été un peu surpris des cinq obstacles choisis par l’auteur.

Obs. 1 : La résistance aux changements

«[...] certains enseignants se complaisent non seulement dans le confort de leurs stratégies qui-ont-fait-leurs-preuves-depuis-des-années, mais pour justifier leur immobilisme, ils dénigrent ceux qui se démènent pour embrasser cette nouveauté.»

J’ai rarement vu des enseignants qui dénigraient ceux qui essayaient du nouveau. Je ne dis pas que ça n’existe pas ; je dis simplement que c’est rare, et que lorsque ça arrive, ces personnes sont plutôt isolées dans leur école et souvent bien malheureuses en enseignement.

Pour ce qui est du changement, encore là, je trouve sain que les pédagogues, avant d’embrasser une théorie ou une autre, se posent des questions.

Pour ma part, je me rappelle (on est en 2001, l’évaluation au primaire au regard de la réforme est absente...) avoir travaillé avec des dizaines et des dizaines d’enseignants pour mettre sur pied un bulletin informatisé qui avait du sens par rapport au nouveau programme de formation (bien différent du bulletin de la GRICS). Cet outil a tenu le coup pendant quelques années, jusqu’à ce qu’une décision administrative (et politique) le rejette. Ce n’est pas les enseignants qui manifestaient la peur du changement, mais bien les dirigeants... Cet exemple n’est pas unique, j’en aurais bien d’autres à donner au regard des TIC.

Obs. 2 : Les collègues jaloux

«Au lieu de leur permettre de rehausser le niveau des compétences de l’ensemble du corps enseignant par un effet multiplicateur quelconque, trop d’enseignants choisissent de les exclure de leurs schèmes de référence de développement professionnel.»

Hum... j’ai rencontré assez peu d’enseignants «geeks», et lorsque j’en trouvais dans une école, généralement ils étaient très très appréciés, car ce sont souvent les premiers à aider leurs collègues avec les difficultés techniques qu’ils rencontrent.

Cet obstacle est, à mon avis, inexistant.

Obs. 3 : Les médias sociaux

«Plusieurs entretiennent la perception que la technologie multiplie les possibilités de communication tout en appauvrissant leur qualité. Donc, nos jeunes communiquent plus en termes quantitatifs, mais moins en terme qualitatif.»

Cette perception est un obstacle ? C’est certainement une excuse, mais d’une très petite minorité.

Obs. 4 : Les élèves en connaissent plus...

Au primaire, c’est loin d’être un obstacle, car presque tous les enseignants avec lesquels j’ai travaillé étaient bien heureux d’utiliser les élèves «geeks» ; ils les mettaient en valeur et les consultaient.

Quant au secondaire, la question ne se pose pas, car les profs sont des spécialistes de la matière. Donc fort peu d’élèves peuvent «contester» l’enseignant, et ce qu’ils aient un ordinateur ou pas !

M. Girard croit que les enseignants ont peur de l’échec et il leur suggère de se lancer quand même... Facile à dire, mais là, il y a de véritables obstacles : 1- souvent les ordinateurs ne fonctionnent qu’à moitié, souvent le logiciel avec lequel on veut travailler n’est pas installé sur la machine, souvent les imprimantes sont non fonctionnelles, souvent Internet est d’une lenteur lamentable, souvent les accès au réseau nous sont défendus, souvent les sites sont bloqués, souvent le téléchargement est impossible, souvent le prof n’a même un ordinateur, etc.

Obs. 5. L’écoeurite

L’écoeurite n’est pas un obstacle, c’est une conséquence. La conséquence de l’incohérence de nos dirigeants. Le rôle d’un directeur d’école, d’un CP, d’un DG, des services des CS, c’est d’ENLEVER DES BÂTONS DANS LES ROUES des pédagogues. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Je donne un bref exemple ici. (Et il est récent, très récent!) Une enseignante de maternelle reçoit un TBI pour sa classe. Elle demande que ce TBI soit installé assez bas sur le mur pour que ses élèves puissent y avoir accès. Réponse du service informatique : impossible, car on ne sait pas si l’an prochain cette classe sera une maternelle. Je ne sais ce qu’il va se produire, mais si, effectivement, le TBI est installé à une hauteur standard, je me demande bien ce que font le directeur d’école et les services pédagogiques pour appuyer la demande de sa pédagogue.

En résumé, je trouve que le billet de M. Girard ne rend pas justice aux enseignants. Dans ma carrière, j’ai travaillé avec des centaines d’enseignants. Et, croyez-moi, les obstacles, ce ne sont pas eux !

Pour moi, le problème de l’intégration des technologies se résout facilement. Il suffit de : 1 - rendre imputable les services pédagogiques des CS au regard des TIC (autrement dit, que les services informatiques fassent ce que les pédagogues leur disent de faire) 2 - permettre tous les outils informatiques aux élèves lors des évaluations.

jeudi 9 janvier 2014

Choix d'un outil

L'ordinateur : une machine pour penser avec.


Vous êtes en éducation et vous appréciez les TIC ? Posez-vous la question suivante : quel(s) outils(s) utiliserais-je pour réaliser l'animation ci-contre ? (Source ici.) J'émets l'hypothèse que plusieurs auraient du mal à répondre. Voici cependant quelques choix potentiels :

Wolfram Alpha
Geogebra
C++
Javascript
LOGO/Scratch/Etoys
Gimp/Photoshop
Gif Animator (En partie, le choix retenu ici.)
Keynote/PowerPoint
HTML5
...

Cette question, qui est loin d'être banale, pourrait être le point de départ d'une bonne discussion entre technopédagogues (diable ! que je hais de terme). Parmi ce qui serait sans doute soulevé :

- Qu'est-ce qu'un outil ?
- Qu'est-ce qu'un «bon» outil ?
- Comment doit-on s'y prendre pour choisir ?
- Analyse des émotions lorsque la question est lancée (comment comprendre mon malaise ? comment analyser ma perception du problème ? comment analyser mon sentiment d'incompétence face au TIC, etc.)
- Empathie (comprendre comment un enfant se sent lorsqu'on le lance dans une tâche complexe.
- Etc.

Ah ! si j'étais au RÉCIT, j'en ferais une animation d'atelier que j'intitulerais : « Le mythe de l'ordinateur-outil ». Hum... Mythe est peut-être un peu fort. Allons-y avec : «L'Ordinateur-outil : un lieu commun.»

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