Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 30 mai 2006

MUEQ

En lisant le commentaire de Sacco, il m'est venu une idée toute simple...

Cela fait déjà plusieurs années qu'on s'évertue à former les conseillers pédagogiques, les directions d'école, les enseignants au nouveau programme de formation de l'école québécoise. Clairement, il y a encore beaucoup de boulot à faire. Nous savons tous que le renouveau pédagogique a été mis en place pour favoriser les apprentissages des élèves et qu'il est fondé sur l'axiome qu'un élève actif est un élève qui apprend mieux. Ceci dit, posons-nous la question suivante : toutes ces formations ont-elles été données aux bons intervenants?

Ne pourrait-on pas former par le bas au lieu de par le haut? Nous savons que les élèves sont, pour la très grande majorité, intelligents. Donc, n'y aurait-il pas lieu de les former sur l'essence même du programme de manière à ce qu'ils puissent assister, encourager et appuyer les enseignants dans le changement? Ne seraient-ils pas les meilleurs agents du renouveau pédagogique, faisant ainsi basculer le paradigme de l'enseignement vers le paradigme de l'apprentissage?

De là, il n'y qu'un pas vers l'idée suivante : écrire un Manuel à l'Usage des Éleves du Québec. Dans ce manuel (libre, évidemment!), l'élève y retrouverait tout ce qu'il doit savoir pour affronter avec succès ses études secondaires dans le respect du programme, des trucs pour aider ses enseignants à appliquer le programme, etc.

Je sais qu'il y a plusieurs intervenants du monde scolaire parmi mes lecteurs : votre expertise est précieuse. Alors, pourquoi ne pas contribuer généreusement au MUEQ? J'ai mis en place un Wiki prêt à accueillir vos textes, vos idées, vos commentaires, vos suggestions. Évidemment, seul, cela me prendra un temps fou à rédiger le Manuel. Ensemble, on pourrait peut-être y arriver en quelques mois. Par ailleurs, si vous intervenez au secondaire, pourquoi ne pas demander à vos élèves d'aller y faire un tour, d'y poser des questions, etc. Il serait aussi judicieux que vous et vos élèves contributeurs lisiez le Petit Livre Rouge à L'Usage des Élèves et des Lycéens.

Prière de prendre note que pour rédiger dans le Wiki, vous devez au préalable vous y inscrire en cliquant sur ParametresUtilisateur. Si vous avez des difficultés, n'hésitez pas à m'en faire part dans les commentaires.

vendredi 26 mai 2006

Les examens

« Les examens et les compositions servent, comme les notes, à vous faire peur pour que vous travailliez davantage.

Il y a encore pas mal d'écoles où l'on pense que les examens et les compositions permettent de mesurer vos connaissances et votre niveau. C'est faux ! Jamais un examen ne permettra de déterminer ce que vous savez.

Aux examens et aux compositions, on vous donne le plus souvent à faire des faux devoirs. Ils sont faux parce que vous ne pouvez les faire dans les mêmes conditions que les devoirs ordinaires. Les examens montrent ce que vous avez appris par coeur ou ce qu'on vous a enfoncé dans la tête. Mais ils montrent bien rarement si vous êtes capables de réfléchir et de trouver vous-mêmes la solution d'un problème.

Il est impossible et absurde de se fier aux résultats des examens et compositions. D'abord, on vous donne à faire des faux devoirs, ensuite il y a toujours quelques élèves qui sont nerveux, angoissés et d'autres aussi qui n'ont pas de chance ; vous n'avez pas le droit de discuter des sujets avec vos camarades, et, que ce soit un examen oral ou écrit, vous n'avez qu'un temps de réflexion limité avant de répondre.

Dans les écoles ou les classes où il y a sans arrêt des examens et des compositions (compositions trimestrielles, semestrielles, examens blancs, examens de passage, examens de fin d'études, BEPS, Bac ou autres), la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage est très gravement compromise.

Les professeurs n'enseignent pas une matière, mais à passer des examens, et les élèves n'apprennent pas grand-chose, sauf dans certains cas à passer des examens l'enseignement devient nécessairement faux et réciproquement.

Ça peut changer

II y a encore beaucoup d'écoles et de lycées qui ont des examens de fin d'année ou des examens de passage jusqu'en terminale. Ces examens font perdre un temps considérable aux élèves et aux professeurs. Il faudrait essayer de les supprimer. Ça ne sera pas facile, parce que c'est attaquer tout le système d'enseignement français, qui repose sur la sélection, la répression, l'exclusion.

Les examens académiques, comme le BEPS ou le Bac se déroulent presque toujours de façon stupide. Il y a des centres où l'on vous fouille ou presque avant de vous laisser entrer dans les salles d'écrit ; pour l'oral, on vous fait attendre une heure ou deux, puis on vous fait tirer un petit bout de papier et vous devez répondre presque tout de suite.

Il y a de quoi devenir nerveux ! Beaucoup d'élèves se sentent complètement bloqués à cause de ça au moment d'écrire ou de répondre.

Ce qu'il faudrait, c'est que les examens se déroulent d'une autre façon : que les élèves aient le droit d'apporter des livres et pour certains examens écrits des notes ; que l'examen puisse avoir lieu dans une bibliothèque pour que vous puissiez consulter tous les livres dont vous avez besoin ; que pour préparer votre réponse à l'examen oral, on vous accorde un délai de quelques heures ou d'une journée (ou peut-être simplement d'un quart d'heure).

Des examens qui se dérouleraient comme ça seraient bien plus significatifs. On saurait au moins si les élèves savent se documenter sur un sujet et le présenter.

Compositions et examens trimestriels avec classement ont tendance, depuis quelques années, à disparaître dans certains établissements. S'ils sont encore en vigueur dans le vôtre, engagez la bataille sans oublier de vous assurer de l'appui effectif du plus grand nombre possible de professeurs.

Il vous sera difficile de lutter contre les examens de passage, et les grands examens comme le BEPS ou le Bac, parce que c'est le ministère et non la direction de votre établissement qui décide. Envoyez au ministère des projets de réforme que vous aurez élaborés avec certains de vos professeurs et qui seront signés aussi par eux.

Contre les compositions et examens de toute sorte, vous pouvez toujours, si tous les autres moyens se sont révélés inefficaces, faire la grève : remettre une copie blanche, refuser d'entrer dans les salles d'examen. Mais il ne faut pas le faire seul, ça ne servirait à rien ! Il faut que toute une classe, ou toute une école ou tous les élèves d'une ville se mettent d'accord pour faire la grève des examens. »

Bo Dan ANDERSEN, Soren HANSEN et Jesper JENSEN, Le petit livre rouge des écoliers et des lycéens, 1969-1970.

La version française, publiée en 1971, a été interdite en France par le Ministère de l'intérieur.

jeudi 25 mai 2006

Les notes au secondaire

Je ne veux pas trop m'éterniser sur le sujet car, comme vous le savez sans doute, les notes données au bulletin sont le moindre de mes soucis. Mais pour bien comprendre ce que le MELS veut dire lorsqu'il est question de mettre de notes, voici deux pages tirées de la formation donnée par le ministère à l'hiver 2006. Le document PowerPoint est disponible ici. Pour obtenir le code d'accès, contactez le service éducatif de votre CS.
Le première illustration indique comment on pourrait attribuer une cote aux compétences. Par exemple, si 4-5-4 sont les niveaux atteints par l'élève dans les trois compétences d'une discipline. L'enseignant attribuerait alors la cote B-TRÈS BIEN à cet élève.

Dans le cas des notes, le calcul est vraiment brillant. Regardez le tableau ci-dessous. Notez que c'est un exemple car chaque compétence aura son propre tableau.
Si l'enseignant situe l'élève au niveau 5 pour la première compétence, au niveau 2 pour la deuxième et au niveau 3 pour la troisième, la note attribuée sera 40% + 14% + 15% soit 69%.

lundi 22 mai 2006

CA

Les automates cellulaires (connus sous l'acronyme CA pour cellular automata) sont fascinants. Le Web fourmille d'informations au regard de ces petites bêtes : une courte recherche dans Google vous lancera dans une belle aventure les entourant. Toujours est-il que ce matin, je suis tombé sur ce site. Le monde cablé est un type d'automate simulant entre autres, des circuits électriques.

Une simulation très simplifiée de l'activité d'un cerveau donne une petite idée du potentiel du Wireworld.


Mais c'est cette autre qui m'a le plus impressionné. Le simulateur compte, en binaire, jusqu'à 16 avant de laisser une retenue. Cette image vous permettra de bien suivre l'évolution du calcul.


Les électrons arrivent en bas à gauche dans l'ordre (de 1 à 16) sous forme de nombre binaire : 0001, 0010, 0011, etc. Sur l'image, ils en sont au nombre 0101 équivalent au nombre 5. En arrivant au nombre 1111, un électron sortira tout en haut de l'applet. Extraordinaire, n'est-ce pas ?

dimanche 21 mai 2006

1.2.4

Deplus plusieurs mois déjà, je voulais passer à la version 1.2.4 de Dotclear. J'ai donc pris un peu de temps pour relooker le site à l'aide du thème Kit 1.0. Ce dernier est un squelette très simple, mais il fait bien mon affaire. J'ai créé les images à l'aide de ContextFree et Gimp.

J'ai aussi ajouté quelques greffons auquels je tenais particulièrement dont celui qui permet de lister tous les titres des billets par catégories ou par mois.
arbre contgext free

mercredi 10 mai 2006

Cursus

Pour la plupart de nos contemporains, les mathématiques sont administrées et ingurgitées comme un médicament.
Seymour Papert, Jaillissement de l'esprit, Champs-Flammarion/210, trad. Rose-Marie Vassallo-Villaneau.


Pour l'obtention d'un bac en enseignement au primaire, voici ce que je suggérerais de mettre au programme comme cours obligatoires (en plus des cours de didactique) :
  • Un cours de géométrie plane : les étudiants y (re)découvriraient les joies du pur raisonnement mathématique
  • Un cours de théorie des nombres : pour alimenter la culture arithmétique des étudiants
  • Un cours de théorie des ensembles : pour bien saisir les nuances du langage mathématique
  • Un cours type «découverte des maths à l'aide des TIC»
Il ne faut pas oublier qu'une grande partie des étudiants qui s'inscrivent dans ce département n'ont pas fait de mathématiques depuis plusieurs années. Parfois (souvent?), ils sont mathophobes. D'autres ressentent un certain malaise avec cette matière. Il est donc urgent que la formation universitaire leur permette de (re)trouver le plaisir intellectuel qu'apportent les mathématiques. Les universités ne devraient pas s'assurer que les étudiants soient « bons en maths » avant d'y entrer, mais bien qu'ils soient compétents à enseigner cette matière à la sortie de leur formation.

dimanche 7 mai 2006

Drôle de fierté

Le blogue RELIEF de François Guité est sans doute le meilleur de son genre au regard de l'éducation dans le monde francophone. J'ai bien aimé son billet La quête numérique de l’évaluation. J'y ai d'ailleurs laissé un commentaire que je reproduis ici.

Ma suggestion : que les élèves REFUSENT de passer des examens en proclamant haut et fort qu'ils sont là pour apprendre, et non pour satisfaire des mesures statistiques. De toute manière, ils sont « pognés » à l'école jusqu'à l'âge de 16 ans. Pourquoi devraient-ils s'échiner à faire des examens ? Mais nos élèves sont si dociles...

Cela me rappelle une conversation avec mon épouse, ex-étudiante à la maîtrise :

- J'ai rencontré mon prof de ...
- Ah ! et puis?
- Bien, elle m'a immédiatement dit qu'elle était très rigoureuse dans son évaluation.
- ...
- Tu veux savoir ce que je lui ai répondu?
- Bien sûr.
- Que sa rigueur, c'était son problème. Pas le mien. Que moi, j'étais là pour apprendre.

Vous comprenez pourquoi j'aime ma femme ! :-)

Encore récemment, dans une salle de profs, une responsable de stage de l'UQO est venue s'installer près de moi. Au fil de la conversation, elle me dit : « C'est ma dernière année, et je termine très bien car j'ai de très bons étudiants. Vous savez, je suis très rigoureuse, et il m'arrive souvent d'en couler. » Drôle de fierté...

Céréales matinales

Comme tout le monde, le matin, je lis les textes sur les boîtes de céréales. Je suis resté un peu surpris des trois erreurs sur les quatre onglets suivants :


Notez qu'il y a d'autres fautes sur l'emballage : «Ancienne céréales», «archide», virgule dans les nombres au lieu de l'espace fine. Je vais écrire à la compagnie en leur suggérant d'effectuer les corrections.

Puis, au bas de boîte, on trouve ceci :

J'ai demandé à Marie ce qu'elle en comprenait, mais nous ne sommes arrivés à aucune conclusion sérieuse. L'explication se trouve cependant sur le côté de la boîte :
EnviroBox : En réduisant la taille de nos emballages de 10%, nous diminuons notre impact annuel sur la terre puisque nous économisons près de 2,650,000 litres d'eau, 500,000 KWh d'énergie et plus de 76 tonnes métriques de carton.

En anglais, on trouve : Same net weight, 10% less box. Je ne suis pas anglophone. Mais j'ai l'impression qu'on comprend un peu plus l'idée. Ma suggestion pour une traduction correcte : Même poids net, 10% fois moins d'emballage.

vendredi 5 mai 2006

La bureaucratie (GDT)


J'aime de plus en plus le Grand Dictionnaire Terminologique.

jeudi 4 mai 2006

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 19.