Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 15 février 2006

Les Tic qui font tiquer

Sur la liste Edu-Ressources, Robert Bibeau écrit :
« 4 millions d'internautes québécois (de tous âges) en 2005.
64 % des québécois utilisent Internet couramment....
Le Québec se situe au 9e rang des sociétés les plus branchées (189 pays recensés).
Plus de 90 % des foyers ayant un enfant d'âge scolaire possède un ordinateur branché à Internet.

Le ratio élèves/ordinateur est maintenant 6 élèves /1 ordinateur ce qui permet à chaque élève d'avoir accès à l'ordinateur plus de 4 heures / semaine à l'école.
98,6 % des écoles sont branchées à Internet et 54 % sont branchées à haute vitesse...

Alors la fracture numérique est minimale pourrait-on penser.

Pourquoi ces ordinateurs branchés ne servent-ils que 50% du temps scolaire, la même proportion qu'il y a dix ans ?
Pourquoi les élèves déclarent-ils avoir accès à l'ordinateur que 1 à 2 heures / semaine à l'école ? Et ces proportions diminuent depuis deux ans ??? »
Ma réponse :

Vous promenez-vous dans les écoles? Les ordinateurs vieillissent. Dans bien des cas, tout est contrôlé par les services informatiques; le pédagogue n'a rien à dire, et, s'il se mêle de faire des demandes, on le fait poiroter et on lui donne toutes sortes d'explications bidons pour ne pas améliorer les choses. Encore cette semaine, une enseignante me rapportait son expérience avec un tech :

- Je suis sur tel site en Flash que j'aimerais bien utiliser avec mes élèves, mais le son ne fonctionne pas ...
- Bof, ton ordinateur n'a pas assez de mémoire!
- Ah... Pourtant, j'arrive à voir l'animation.
- (soupir) C'est la mémoire, c'est certain.
- (Timidement) Ça pourrait pas être les speakers?
- (re-soupir) Mais non, c'est la mémoire et y'a pas d'argent pour mettre à jour. Vis avec c'que t'as.

Après que le tech. ait quitté, l'enseignante, incrédule, essaya des speakers provenant d'une autre machine... Tout était bien fonctionnel.

Autre cas (toujours cette semaine...)

-Pourrais-tu jeter un oeil sur le canon, il ne fonctionne plus.
-Je l'ai regardé la semaine passée, et il fonctionne très très bien.
Le lendemain, spectacle dans la salle publique. On installe le canon. Il ne fonctionne pas. On appelle le tech. Il a pris une heure, en bougonnant, à le faire fonctionner.... Évidemment, faut pas généraliser, mais des histoires comme celles-là, j'en entends depuis des années.

Je suis bien tanné de voir qu'en 2006, on bloque des ports, on limite l'accès à certains sites, on empêche le clavardage, on bloque le courriel hotmail, etc. Conclusion : Les jeunes, ils font de l'informatique en dehors de l'école, parce qu'à l'école, ça vaut pas grand'chose. Et, je tiens à le souligner, ce n'est pas la faute des enseignants. J'en connais de TRÈS allumés, qui auraient pu (et voulaient) développer la compétence TIC chez les élèves, mais qui, devant les niaiseries (et là, je suis gentil) du système, ont complètement décroché.

C'est aux gestionnaires à réagir s'ils tiennent vraiment au développement scolaire de la compétence TIC. Sinon, qu'on arrête les chichis des bien-pensants et qu'on la supprime du programme de formation.

Pour moi, il n'y a qu'une et une seule solution : que tout le pédagoTIC passe par les services pédagogiques et non les services informatiques. Que les services pédagogiques soient entièrement responsables/imputables de l'absence (la présence???) du développement de la compétence TIC à l'école. Mais, il faut bien le dire, aujourd'hui, tout le monde s'en contre-fiche car personne ne prend la réelle responsabilité de l'échec lamentable des TIC en éducation.

mardi 14 février 2006

L'intégration des matières

Les mathématiques sont une invention humaine, inspirée par notre capacité innée à étudier avec précision des idées abstraites, alors que la physique a pour objet le monde matériel, que nous n'avons absolument pas créé. Le rapport entre la logique interne et la logique de la création matérielle paraît tout à fait gratuit.
Heinz Pagels, L'Univers Quantique.


En présentant le projet de bâtir avec quelques enseignants une situation complexe d'apprentissage et d'évaluation en mathématique, un directeur d'école m'a lancé, hargneux : «J'espère que tu vas intégrer les sciences à la situation, car ça, c'est réforme ! Et les sciences et les maths, ça va ensemble !» ... Je commence vraiment à m'aimer : je n'ai pas réagi.

Ce lieu (lien) commun maths <=> sciences m'a toujours déplu. En fait, je pense qu'intégrer les sciences aux maths n'est vraiment pas quelque chose à faire systématiquement. L'inverse m'apparaît cependant logique : intégrer les maths aux sciences. En sciences, les maths peuvent (et généralement sont) un outil de premier ordre. Quand on intègre les maths aux sciences, on ne défait pas la pensée scientifique. Cette dernière est habituellement basée sur l'induction appuyée par une (la ?) méthode scientifique. Les maths sont alors un outil qui permet d'articuler cette pensée. En ce sens, on «intègre» (je préfère le mot «utilise») les maths aux sciences.

Mais comment intégrer les sciences aux maths ? Franchement, je ne vois pas trop. Les maths sont d'abord déduction, rigueur et communication serrée de la pensée.

Par exemple, le scientifique qui observe : (1 - 3 - 5 - 7 - 9) pourra induire que le nombre suivant est 11. Le bon mathématicien, quant à lui, ne pourra rien déduire sinon qu'il peut trouver une loi qui justifierait n'importe quel nombre à la suite. Amener l'élève vers une découverte mathématique par le biais d'une expérience scientifique est corrompre l'idée de déduction en la faisant d'abord passer par l'induction. Pour le mathématicien, l'expérience de laisser tomber 1 million de fois une balle ne démontre pas que la prochaine fois, la balle tombera. Autrement dit, le fondement de la pensée scientifique est à mon sens trop différent du fondement de la pensée mathématique pour introduire celle-ci par celle-là. Au regard des mathématiques, il est plus aisé d'intégrer le français (en s'assurant de la rectitude du langage parlé ou écrit) ou l'histoire (en s'assurant que l'enfant comprenne l'origine historique et culturelle de la pensée mathématique.)

vendredi 10 février 2006

J.T.

Ah ! voilà enfin l'explication ... Il a les cheveux tellement longs qu'il ne voit plus les rondelles. J'espère que son médecin aura une autre solution à lui proposer.

dimanche 5 février 2006

L'image du maître

La pire façon de condamner certaines idées est de les imputer à crime. Un crime est un crime et une opinion n'est pas un crime, quelque influence qu'on lui impute. Interdire un propos sous le prétexte qu'il peut être nocif ou choquant, c'est mépriser ceux qui le reçoivent et les supposer inaptes à le rejeter comme aberrant ou ignoble. C'est en fait, selon la méthode du clientélisme politique et consumériste, les persuader implicitement qu'ils ont besoin d'un guide, d'un gourou, d'un maître.
Raoul Vaneigem, Rien n'est sacré, tout peut se dire, p.28, Éd. La Découverte, 2003)

dimanche 22 janvier 2006

La politique

Demain, c'est jour d'élection au Canada. Petit florilège de citations tirées d'Au fil de mes lectures.

Diego : Mentir est toujours une sottise.
Nada : Non, c'est une politique.
Albert Camus (L'État de siège, p.44, Folio/théâtre n°52)

Quand vous écoutez un discours politique, il faut, comme à la chasse, tenir compte du vent.
Anonyme

[...] je ne discute jamais, ni sur la politique ni sur l'amour. Ce sont des sujets sur lesquels on s'est tu, pendant des siècles, et c'est depuis que tout le monde s'en mêle que rien ne va plus ! Autrefois, la politique, c'était l'affaire des ministres, et l'amour l'affaire des putains. C'étaient elles, les conseillers conjugaux, et permettez-moi de vous dire qu'elles en savaient un peu plus long que les vôtres ! Aujourd'hui, tout le monde veut être ministre et tout le monde veut être putain !
Jean Anouilh (Les poissons rouges, p.75, Folio n°6)

Mais, feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler les plumes, et paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure !
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (Le mariage de Figaro, Presses-Pocket n° 6168, p.178)

Ah ! [la politique] est l'art de créer des faits ; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l'intérêt est son but ; l'intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit.
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (La mère coupable,, Presses-Pocket n° 6168, p.281)

Il y a deux façons de se laisser corrompre en politique : la première, se laisser corrompre tout simplement ; l'autre, fréquenter les politiciens.
Robert Brisebois (L'Amour c'est tout, le hasard c'est autre chose, p.132, Éd. Stanké)

Les idées politiques, ce sont celles qu'adoptent les gens qui n'ont pas d'idées à eux.
Fréderic Dard (Les pensées de San-Antonio, p.59, Éd. Pocket n°10342, 1996)

Dans ce monde qui se voudrait cynique à force de réalisme, un des moteurs principaux de la politique est l'irrationnel désir de ne pas perdre la face.
Robert Escarpit (Lettre ouverte au diable, p.115 Éd. Albin Michel 1972)

Le principal ressort du pouvoir, qu'il soit religieux ou politique : sécréter la culpabilité dont il prétend nous libérer.
Roland Jaccard (Dictionnaire du parfait cynique, p.116, Livre de Poche/biblio n°4138)

Il faut savoir être un citoyen, c'est-à-dire « faire de la politique ». Certes, en faire c'est courir le risque de se tromper ; mais ne pas en faire est être sûr de se tromper.
Albert Jacquard (Petite philosophie à l'usage des non-philosophes, p. 82, Éd. Québec-Livres)

[...] les mouvements politiques ne reposent pas sur des attitudes rationnelles mais sur des représentations, des images, des mots, des archétypes dont l'ensemble constitue tel ou tel kitsch politique.
Milan Kundera (L'insoutenable légèreté de l'être, trad. François Kérel, p.373, Folio n°2077)

[...] il faut que celui qui pense ne s'efforce pas de persuader les autres de sa vérité ; il se trouverait ainsi sur le chemin d'un système ; sur le lamentable chemin de l'homme à conviction ; des hommes politiques aiment se qualifier ainsi ; mais qu'est-ce qu'une conviction ? c'est une pensée qui s'est arrêtée, qui s'est figée, et l'homme à conviction est un homme borné ; la pensée expérimentale ne désire pas persuader mais inspirer ; inspirer une autre pensée, mettre en branle le penser ; c'est pourquoi un romancier doit systématiquement désystématiser sa pensée, donner des coups de pied dans la barricade qu'il a lui-même érigée autour de ses idées.
Milan Kundera (Les testaments trahis, p.212, Folio n°2703)

Certains souffrent d'une hypertrophie des glandes politiques.
Stanislaw Jerzy Lec (Nouvelles pensées échevelées, trad. André et Zofia Kozimor, p.99, Rivages poche n°306)

En politique, nous passons le plus clair de notre temps à parler des absents, il arrive que leur présence n'y change pas grand-chose.
Daniel Pennac (La petite marchande de prose p.126, Folio n° 2342)

En politique, on ne flétrit le mensonge d'hier que pour flatter le mensonge d'aujourd'hui.
Jean Rostand (Pensées d'un biologiste, Éd. J'ai Lu, n° D5, p. 157)

En politique on n'est pas ce qu'on est ; on est ce qu'on paraît être. La déconsidération, une fois acquise, ne se perd plus.
Charles Augustin Sainte-Beuve (Pensées et maximes, p.216, Grasset 1954)

Les hommes politiques et les chefs de section, les militaires et les capitaines d'industries, les aigles de bureaux et les bâtisseurs d'entreprise sont des personnages qui me font rigoler, me paraissent infiniment ridicules avec leurs certitudes de jongler avec le monde alors qu'ils ne manient en réalité que des bulles de savon et qu'ils sont eux-mêmes des bulles de savon.
Jacques Sternberg (Vivre en survivant, p.32, Éd. Tchou)

Politique n. Lutte d'intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite d'affaires publiques pour un avantage privé.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.216, Rivages/Étranger, n°11)

La politique, ou l'art (ou le don) de connaître et de mener la multitude ou la pluralité. La gloire de cet art est de mener cette multitude, non pas où elle veut ni où l'on voudrait soi-même, mais où elle doit aller.
Joseph Joubert (Carnets t.2, p.523, nrf/Gallimard, 1994)

La politique, pour lui, c'était un peu comme une chouette cabane dans les arbres : une fois à l'intérieur avec les petits caïds du voisinage, il suffisait de retirer l'échelle pour laisser en bas tous les crétins.
Dennis Lehane (Ténèbres prenez-moi la main, trad. Isabelle Maillet , p.94, Rivages/noir, n°424)

[...] Monsieur Neandertal, avec trente grognements signifiants, dix consonnes et trois voyelles, pourrait aujourd'hui faire une carrière politique.
Boris Cyrulnik (L'Ensorcellement du monde, p.64, Odile Jacob n°67)

La politique est un chapitre de la météorologie.
La météorologie est la science des courants d'air.
Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)

En politique, il vaut mieux avoir tort avec ses amis que raison avec ses adversaires.
Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)

Quand un discours politique a de l'élévation, de la vigueur, de l'élégance, de la tenue, détrompons-nous ! ce n'en est pas un.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.178, Fides, 1978)

La plupart des gens qui se passionnent pour les luttes électorales ne portent ordinairement aucun intérêt à la vie politique dans son cours normal. En cela, ils suivent l'exemple de bon nombre de politiciens qui s'agitent avec fureur durant un ou deux mois que dure la campagne électorale. On les trouve abîmés dans un sommeil comateux pour les trois ou quatre ans qui précèdent le prochain match.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.186, Fides, 1978)

En politique, s'expliquer c'est mentir, mais en beaucoup plus de mots.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.189, Fides, 1978)

Campagne électorale : Hostilités portées sur la place publique par les partis politiques, et menées avec les armes conventionnelles du mensonge, du vol, de la haine, du préjugé, du fanatisme, de la calomnie, de la bassesse et de la canaillerie. La lutte se termine ordinairement par la victoire du parti qui a su faire le plus éclatant usage de ces vertus démocratiques.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.227, Fides, 1978)

Élection : Dans les démocraties évoluées, c'est-à-dire décadentes, expression du désenchantement politique de la collectivité, caractérisé par la tendance du peuple à l'aboulie que, par un retournement de sens, on appelle volonté.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.231, Fides, 1978)

La politique est l'art de gouverner la cité : ainsi parlaient les anciens.
Mais, hier, un homme d'État, qui est aussi un penseur et un lettré, a trouvé cette définition incomplète. Il a écrit : « La politique, c'est l'art, la volonté, la passion de gouverner. »
Ainsi a-t-il mis sur le même rang l'art et la passion du pouvoir, c'est-à-dire la capacité et l'ambition. Au vrai, l'ambition suffit, de nos jours, à un homme politique, et l'on a vu souvent, dans les plus hauts postes, des incapables.
Louis Latzarus (La politique, p.7, Librairie Hachette, 1928)

En démocratie, la politique est l'art de faire croire au peuple qu'il gouverne.
Louis Latzarus (La politique, p.7, Librairie Hachette, 1928)

Certains hommes politiques se vantent d'être des hommes tout court. Ne les croyez pas. S'ils n'étaient que des hommes, la politique les écoeurerait.
Louis Latzarus (La politique, p.9, Librairie Hachette, 1928)

Il n'en va point dans la lutte politique comme à la guerre. Le parti vaincu devient plus redoutable après sa défaite. Il lui suffit de ramasser les armes que les vainqueurs ont dû troquer contre les insignes du pouvoir.
Louis Latzarus (La politique, p.22, Librairie Hachette, 1928)

L'exercice de la démocratie directe implique le principe : l'humain prime le nombre. La mathématique appelée à trancher dans le vif des décisions politiques n'a que trop tendance à transformer chacun en élément statistique, à en faire l'objet aveugle d'une comptabilité providentielle, qui finit toujours par régir le malheur.
Raoul Vaneigem (Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, p.102, Rivages poche n°480)

J'ai vu, un soir d'élection, pleurer un vieux député battu. Vingt ans auparavant, il avait écrasé son prédécesseur. Il ne pensait pas que le même destin pût jamais l'atteindre.
Louis Latzarus (La politique, p.27, Librairie Hachette, 1928)

- J'ai été sept fois ministre ! disait, dans une réunion publique, un député qui briguait sa réélection.
- Dire que c'est vrai ! cria un interrupteur.
Aussitôt, tout le monde rit.
Louis Latzarus (La politique, p.53, Librairie Hachette, 1928)

Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.
Albert Camus (La chute, p.142, Folio n°10)

La démocratie est chose trop sérieuse pour être confiée aux électeurs.
Arthur Koestler (Les call-girls, trad. Georges Fradier, p.246, Livre de Poche n°. 4101)

Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le coeur à critiquer une démocratie.
Jean Rostand (Inquiétudes d'un biologiste, p.103, Livre de Poche n°3634)

Dictature : pouvoir absolu d'un seul.
Démocratie : pouvoir absolu de quelques'uns.
Paul Carvel (Sel d'esprit (696), Laetoli, 2005)

Dictature : pays où les citoyens veulent voter mais ne peuvent pas.
Démocratie : pays où les citoyens peuvent voter mais ne veulent pas.
Paul Carvel (Sel d'esprit (856), Laetoli, 2005)

Tous les hommes sont en faveur de la démocratie comme tous les vers sont en faveur des pommes.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.177, Fides, 1978)

C'est la forme la plus exquise du comportement politicien, qui consiste à utiliser un fait vrai pour en faire un mensonge.
René Barjavel (Demain le paradis, p. 138, Denoël)

Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu'il lui faut oublier.
Fréderic Dard (Les pensées de San-Antonio, p.73, Éd. Pocket n°10342, 1996)

Conservateur n. Politicien qui affectionne les maux existants, qu'il ne faut pas confondre avec le Libéral qui souhaite les remplacer par d'autres.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.59, Rivages/Étranger, n°11)

Phare n. Construction élevée sise au bord de la mer, dans laquelle le gouvernement entretient une lampe et l'ami d'un politicien.
Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.210, Rivages/Étranger, n°11)

Pour les politiciens en campagne il y a des chers concitoyens. Une fois élus, il n'y a plus que des citoyens chers et cons.
Paul Carvel (Sel d'esprit (721), Laetoli, 2005)

Tous les politiciens sont opportunistes ; les plus habiles le sont au moment opportun.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.184, Fides, 1978)

On sait ce que promettre veut dire. Les promesses électorales ressemblent aux serments d'amour. Elles sont un accompagnement obligé du jeu. Pour cette raison, si l'on pardonne l'aveuglement du politicien, l'amoureux a une excuse qui manque à celui-là, celle de n'abuser qu'une personne à la fois.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.188, Fides, 1978)

Il est bien admis que les politiciens pratiquent couramment le mensonge. Si l'un d'eux prend l'habitude de dire la vérité, le peuple peut aller jusqu'à se demander si cet original ne manque pas à son devoir professionnel.
Albert Brie (Le mot du silencieux, p.192, Fides, 1978)

samedi 21 janvier 2006

Des robots

Qui éduquera les éducateurs ?
Marx


Quand je vois ce genre de bidule, j'ai l'impression qu'on ne forme pas des enseignants, mais plutôt des portraits-robots d'enseignants. Je n'y trouve que la plus grande démotivation possible à embrasser la carrière. Où diable s'en va-t-on si les éducateurs d'éducateurs restent toujours enfoncés dans une approche scolastique de l'apprentissage ? Donnez-moi 30 compétences (ou douze, c'est quasi pareil), quatre ans, un local avec cent étudiants et je vous forme cent enseignants compétents. Quelle folle thèse foutaise !

jeudi 12 janvier 2006

Dotclear et le spam : mon hack

Depuis quelques temps, plusieurs commentaires spamment mon blogue. J'utilise la version 1.2 beta de Dotclear. En attendant de trouver une meilleure solution, voici celle qui, je l'espère, fera l'affaire.
Ouvrez le fichier inc/classes/class.blog.php.
Autour de la ligne 1417, on trouve la fonction addComment. C'est cette dernière qu'il faut modifier. Mes changements sont en rouge.
L'idée est de comparer le commentaire à une liste de mots. S'il en trouve un, on s'arrange pour ne pas le publier. Par défaut, j'ai posé la variable $apublier à 1. Si elle vaut 0, le commentaire est conservé dans la base de données, mais n'est pas en ligne. C'est à l'administrateur de le supprimer de son interface d'administration. Vous pourriez cependant vous éviter cette étape, et j'indique comment le faire dans le code.
Évidemment, le problème de cette solution réside dans l'obligation de modifier le fichier à chaque fois qu'un nouveau spam contenant d'autres mots que ceux de la variable en tableau $MOT fait son apparition. Il faut alors ajouter une entrée au tableau et télécharger à nouveau le fichier sur votre serveur.
function addComment($post_id,$auteur,$email,$site,$content,$trackback=false)
{
$post_id = (integer) $post_id;
$auteur = $this->secureString($auteur);
$email = $this->secureString($email);
$site = $this->secureString($site);
$content = $content;


//Si on désire garder le commentaire, on associera zéro à cette variable.
$apublier = 1; 
// jobin : pour supprimer les spams. Je mets les mots en array
//insérez les mots que vous jugez caractéristiques du spam
$MOT = array("online discount","viagra","buy","cheap","cool site"); 
$CMOT = count ($MOT);
for ($CX=0;$CX<$CMOT;$CX++)
{
 //on garde le commentaire au cas où.
 //si vous voulez le supprimer à la place, remplacez $apublier = 0; 
 //par return false;
 if (strpos($content,$MOT[$CX])) {$apublier = 0;} 
}
    
# Vérifications
	if (!trim($post_id)) {
		$this->setError(__('No entry ID'),1000);
	}
		
	if (!trim($auteur)) {
		$this->setError(__('Empty comment author'),1000);
	}
		
	if (!trim($content)) {
		$this->setError(__('Empty comment content'),1000);
	}
		
	if ($email != '' && !$this->isEmail($email)) {
		$this->setError(__('Invalid email address'),1000);
	}
		
	if ($this->error() !== false) {
		return false;
	}
		
	$site = preg_replace('|^http://|','',$site);
		
# Insertion
	$insReq = 'INSERT INTO '.$this->t_comment.' '.
	'(post_id,comment_dt,comment_upddt,comment_auteur,comment_email,'.
	'comment_site,comment_content,comment_ip,comment_pub,'.
	'comment_trackback) VALUES '.
	'(\''.$this->con->escapeStr($post_id).'\', '.
	'SYSDATE(),SYSDATE(), '.
	'\''.$this->con->escapeStr($auteur).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($email).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($site).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr($content).'\', '.
	'\''.$this->con->escapeStr(@$_SERVER['REMOTE_ADDR']).'\', '.
        $apublier.
        ','.
        (integer) $trackback.') ';

vendredi 6 janvier 2006

HP4

Je suis allé voir le quatrième Harry Potter hier après-midi.

Sachez d'abord que je n'ai pas lu les romans. Et je ne suis pas du genre cinéphile. J'ai cependant apprécié les trois premiers films et, bien sûr, j'ai assisté à plusieurs conversations familiales autour de l'histoire.

Je suis sorti extrêmement déçu de cette représentation.

D'abord, j'ai trouvé qu'il n'y avait aucune, mais absolument aucune, intrigue. C'est l'histoire d'un tournoi où la compétition est à peu près absente.

Au début du film, on assiste à une destruction du site d'un championnat mondial. Harry Potter se trouve au sol, inconscient. Il y a toute cette désolation, et HP qui se relève. Il est dirait-on le seul survivant d'une espèce de catastrophe nucléaire, et là, ses copains l'appellent au loin avec les effluves du tu n'as rien?, etc. Quelle scène ridicule. D'abord, comment se fait-il qu'il ne soit rien arrivé à HP pendant son inconscience? Comment se fait-il qu'il soit seul étendu dans cette grisaille avec absolument aucun mort autour de lui? Comment se fait-il que ses copains le retrouvent si facilement? Je sais, je sais, ce n'est qu'un film, mais il doit y avoir au moins un peu de cohérence...

On se retrouve à l'école, et on assiste à l'entrée des visiteurs. D'accord, celle de l'école du nord était très réussie. Mais quand les filles sont arrivées, on aurait dit une parade d'hôtesses de l'air. C'était vraiment quétaine.

Et puis, on voit une scène avec la journaliste. Diable, lorsqu'elle a pris HP à part, j'étais convaincu qu'elle allait lui "faire une passe" (ce qui m'aurait évidemment surpris, dans un film pour enfants...). On retrouve cette journaliste niaiseuse juste avant la première épreuve d'HP. Ma question : que diable vient-elle faire dans ce film? Je suppose qu'elle joue un certain rôle dans le livre, mais, avouez-le, couper ces scènes n'aurait rien changé au film.

Dans le combat final avec le gros méchant, j'ai trouvé HP tellement.... tellement... timide. Il tient la baguette comme s'il éloignait le plus possible de lui une cuillère contenant un remède dégueulasse. C'est, à mon avis, assez raté.

Dans ce film (mais peut-être est-ce le cas dans le livre aussi), Rob et Herminone sont de pâles caractères non-joueurs. Avez-vous remarqué la scène (assez ridicule aussi) où Rob envoie Herminone à HP pour lui livrer un message? Comment se fait-il que R. soit là? Je le croyais en chicane avec HP...

Un film absolument sans intrigue qu'il faut voir juste si on aime observer les dragons s'accrocher à des toitures. Ma cote : 4.5/10 !


jeudi 29 décembre 2005

Le Maître et Marguerite

Vous avez quelques heures devant vous ? Pourquoi ne pas lire le chef-d'oeuvre de Boulgakov. Un correspondant m'a indiqué que le roman (disponible en format poche) était porté au petit écran russe. Il ne reste plus qu'à espérer une diffusion occidentale.
Liane : Au fil de mes lectures de Boulgakov.

mercredi 21 décembre 2005

Lettre ouverte au Premier Ministre du Québec

Monsieur Jean Charest,

Depuis plus de 25 ans maintenant, j'oeuvre dans le milieu de l'éducation. Bien sûr, vous ne me connaissez pas. J'ai enseigné pendant plus de 20 ans les mathématiques et je suis conseiller pédagogique depuis cinq ans. Je crois pouvoir dire sans me tromper que j'ai toujours dégagé une certaine énergie et un grand enthousiasme pour mon travail. Plusieurs me prêtent le qualificatif de passionné.

Monsieur le Premier Ministre, vous venez de passer un décret fixant mes conditions de travail. Quoique mon sentiment n'ait sans doute pas tellement d'importance dans cette vaste ré-ingénérie que vous avez entreprise, je tiens tout de même à vous dire que je ne vois pas comment je pourrai continuer à sentir un engouement, une excitation ou une joie pour mon travail. J'ai l'impression d'avoir été traité comme un vulgaire chiffon que l'on tasse dans un coin sans lui demander son reste.

Bien sûr, je comprends vos grands principes. Je comprends aussi que le Québec semble avoir bien peu de moyens de se payer un système d'éducation de qualité. Cependant, il m'est d'avis que lorsque vous disiez que vous et votre parti étiez "prêts", cela signifiait, entre autres, prêts à trouver des solutions innovatrices, des stratégies originales pour permettre à ce système d'offrir encore un meilleur service éducatif à nos enfants qui, vous en conviendrez probablement, en ont bien besoin. Bien sûr, je vais continuer de travailler dans ce système, mais, Monsieur le Premier Ministre, je n'y crois plus. Vous venez de m'enlever une grande partie de mon ardeur au travail. Vous venez de créer chez moi, l'irréparable : je ne pourrai plus, avec cette loi, croire que l'éducation a une quelconque importance aux yeux des politiciens. Même votre adversaire politique, Monsieur Boisclair, a indiqué qu'il ne reviendrait pas sur cette loi.

Entre autres, il est stipulé dans la loi que les enseignants seront contraints de participer aux activités étudiantes culturelles, sportives ou sociales. Monsieur le Premier Ministe, on ne peut commander l'enthousiasme, mais on peut le tuer. Or l'une des grandes forces de notre système d'éducation était justement ces enseignantes et enseignants qui, par dévouement et avec zèle, organisaient et animaient ces activités. Cette loi détruit ce zèle et ce dévouement. Bien sûr, ils seront contraints de participer. Mais croyez-vous vraiment que cet asservissement serve l'éducation? Oh, je sais que tous agiront avec professionnalisme. Mais un professionnel sans enthousiasme est comme un médecin qui ne distribuerait que des pilules.

Monsieur le Premier Ministre, en vous écoutant, vous semblez fier de cette loi. J'aurais préféré, bien évidemment, que vous soyez fier du système d'éducation de cette province et de l'immense énergie que vous auriez pu apporter à l'amélioration de ce système.

Je termine en vous disant que vous venez d'éteindre chez moi le feu sacré. Cela ne fait qu'une seule personne, me direz-vous. Et en effet, je ne parle que pour moi. Sachez cependant que même si je ne suis qu'un électeur parmi tant d'autres, j'en suis un qui l'avait, ce feu sacré. J'étais de ceux qui croyaient qu'en vivant mes convictions, je participais à l'amélioration de l'environnement éducatif provincial. Je continuerai à faire mon travail, mais vous venez de détruire chez moi toute espérance.

Gilles G. Jobin

jeudi 15 décembre 2005

Jean (Wal-Mart) Charest

Entendu aujourd'hui :
« Il n'y a aucune différence entre le premier ministre du Québec et un dirigeant de Wal-Mart. »

lundi 12 décembre 2005

Cyberfolio : des questions à poser

Vous savez sans doute qu'avec Nathalie Lehoux, je suis le concepteur du Cyberfolio. Voir www.cyberfolio.org.
Cet outil est dans le paysage pédagogique québécois depuis quasiment quatre ans maintenant. Mais voilà que l'Université de Sherbrooke utilise le nom Cyberfolio pour leur nouveau projet de portfolio professionnel. Inutile de dire que je ressens une certaine frustration. Demain, madame France Lacourse recevra un coup de fil de ma part lui demandant des explications.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 >