Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 14 avril 2006

Existe-t-il une solution?

Jeudi matin, au colloque de l'Aquops, j'ai assisté à l'atelier 3108 - Maths branchées, développement accéléré de compétences ! animé par Isabelle Cloutier enseignante en mathématique à l'école La Poudrière et Jean-Claude Chaîné, animateur RÉCIT. L'énergie, l'enthousiasme, le professionnalisme, l'engagement des animateurs étaient communicatifs.
L'atelier est bien décrit à l'hyperlien donné plus haut et, lorsque j'aurai l'adresse du site de ce projet, je l'ajouterai à ce billet dans les lianes.
Je veux surtout discuter ici d'un état de fait : l'enseignante a tout développé sur son temps personnel, autrement dit, en bénévolat. Bien sûr, je connais très peu d'enseignants qui ne mettent pas de temps en dehors de leurs heures régulières de travail. Mais, clairement, madame Cloutier a mis énormément de son temps pour que ce projet puisse vivre.
Et c'est là que je questionne notre organisation scolaire, organisation sur laquelle, clairement, nous (enseignants, conseillers pédagogiques, élèves) n'avons aucune emprise. Nous avons là un excellent projet qui a reçu un appui matériel certain (ordinateurs, beaux bureaux, filages, etc.) mais où l'enseignante n'avait aucun temps de préparation, d'organisation pédagogique, de réflexion qui, à mon avis, devrait normalement accompagner la réalisation d'un tel projet. Je le répète, l'enseignante, très professionnelle, a tout fait sur son temps personnel, hors les heures de travail.
Lorsque j'ai posé la question sur cet état, Jean-Claude m'a répondu quelque chose du genre : « Tu as raison. Mais je pense qu'en montrant ces beaux projets, nos dirigeants comprendront la nécessité d'une réorganisation du travail. ». Le problème, c'est que cela fait plus de 20 ans qu'on affiche des beaux projets menés à bout de souffle par des pédagogues et que les administrateurs n'ont pas encore compris cette nécessité de donner du temps aux enseignants. C'est un peu comme s'ils se fiaient sur le bénévolat des enseignants. Je juge cette situation absolument inacceptable en 2006. Je fais partie des personnes très découragées par les choix administratifs de ne pas investir dans les ressources humaines qui réalisent ces projets. C'est dommage à dire, mais je crois que si cet investissement ne se réalise pas, on ne devrait tout simplement pas actualiser ces projets. Tout le monde a un bout à faire ; clairement, les enseignants ont toujours été prêts à le faire. Mais est-ce le cas des directeurs d'école? des DG des commissions scolaires (en excluant tout au moins Ronald Canuel, directeur général à la cs Eastern Townships)? de ceux qui, finalement ont les $$$ pour appuyer concrètement les êtres humains qui réalisent ces projets. Mais nous n'avons aucun contrôle sur les choix décidés par ces importantes personnes. D'ailleurs, elles sont payées pour les faire, ces choix. C'est donc à ces gens d'en assumer les responsabilités : si nos administrateurs ne veulent pas investir en accordant du temps à ces enseignants dédiés à leur travail, que cela se dise : « Dans notre commission scolaire, nous (directeurs d'école, DG) ne développons pas la compétence TIC car nous n'en avons pas les moyens pour appuyer les enseignants ! »
L'essoufflement des pédagogues doit cesser : ou on croit dans les TIC, ou on balance simplement cette compétence. Comme vous tous sans doute, j'ai entendu des explications du genre
- Faut que tu comprennes : on est déjà débordés par notre tâche administrative, on n'a pas un gros budget, etc.
Bien sûr, je comprends, je comprends mais :
- Cela signifie-t-il que vous avez décidé de ne pas développer la compétence TIC dans votre école. Je veux juste avoir un oui ou un non. Et si c'est un « non », comment appuierez-vous les enseignants?
Et la litanie revient « on est déjà débordés par notre tâche administrative, on n'a pas un gros budget, etc. »
Et bien qu'ils « litanisent » entre eux, nos tristes administrateurs. Pour ma part, dans ma vie, j'ai autre chose à faire que de compenser pour leur manque de leadership pédagogique...



mercredi 12 avril 2006

Live à l'Aquops


Ce billet est écrit alors que j'anime un atelier sur l'aventure des blogues. La description est ici. J'ose espérer que quelques participants laisseront des commentaires. Pour suivre le plan de la rencontre, veuillez vous rendre là.

Lianes


PhiloBlogue
Le blogue de Jean Raymond
Blogue PEI
HistoBlogue
L'application Dotclear
L'application B2evolution

lundi 10 avril 2006

Aquops 2006

Je pars ce matin pour Québec. Le colloque de l'Aquops est le rendez-vous des pédagogues ayant un fort intérêt pour les TIC. Encore cette année, j'anime quelques ateliers.

Demain, avec mon ami Benoit St-André, je passe la journée autour de PHP/MySql. Nous attendons cinquante participants qui, mains sur les touches, s'initieront aux deux langages. La description complète est ici.

Puis, mercredi après-midi, j'anime une petite heure autour des blogues scolaires. Ce sera l'occasion pour moi de faire le point sur cette aventure vécue au cours de l'année. Description ici.

Mes seuls regrets sont de ne pouvoir assister à l'atelier donné par ma fille Marie-Élaine car il se donne mardi avant midi, en même temps que le PHP/MySQL. Je suis tellement fier de la voir s'impliquer dans le domaine complexe des technologies scolaires  ! Puis, je manquerai l'atelier animé par Éric Riopel de la commission scolaire des Affluents et Marie-Josée Benoît de l'école Esther-Blondin. Ils animent en même temps que moi (mercredi après-midi) l'atelier sur le portfolio numérique au préscolaire, portfolio que Marie et moi avons développé en 2000.

Ce colloque est un moment fort et unique permettant des échanges variés et riches entre des intervenants ayant à coeur le développement de la compétence TIC.

vendredi 17 mars 2006

Icehouse


C'est mon épatant neveu François (merci à lui !) qui m'a fait découvrir ces merveilleuses petites pièces. Icehouse, c'est quinze pyramides (cinq grandes, cinq moyennes et cinq petites) qui s'emboîtent parfaitement. Un ensemble de quinze pièces se nomme STASH. Fascinant, on peut jouer à une foule de jeux de tout ordre à l'aide de ces pièces.

Par exemple, Tic Tac Doh est l'adaptation du Tic Tac Toe traditionnel. Pour jouer, un seul Stash est nécessaire. Le but est d'aligner trois types identiques de pyramides. Sur une table, un joueur commence par jouer une pièce. Le suivant fait de même en respectant trois petites règles :

1) Le joueur peut jouer sur une case libre à condition que cette dernière fasse partie du jeu (autrement dit, qu'elle fasse partie d'un carré de 3 par 3). Notez qu'au début du jeu, ce miniéchiquier n'est pas sur la table. Ce sont les joueurs qui, en déposant une pièce, déterminent l'aire de jeu.

2 ) Le joueur peut bâtir un arbre. Il peut le faire en ajoutant une pyramide moyenne sur une grande, une pyramide petite sur une moyenne ou une petite sur une moyenne qui était déjà sur une grande.

3 ) Le joueur peut bâtir un nid. Soit un ajoutant une pièce moyenne sur une petite, une pyramide grande sur une moyenne ou, vous l'aurez compris, une grande sur une moyenne qui était déjà sur une petite. Voilà ! Le joueur qui réussit à aligner trois pièces de même ordre est le gagnant.

Un autre jeu s'appelle IceTowers. Il se joue à plusieurs où chaque joueur a son Stash de sa propre couleur. Ce qui est intéressant, c'est que les joueurs jouent sans attendre leur tour : tout le monde joue en même temps !

Plusieurs autres jeux se jouent avec des dés, sur un échiquier, etc. Les seules limites sont l'imagination.

Vous pouvez bien sûr vous demander ce qu'un homme aussi sérieux que moi fait avec un truc pareil. En fait, j'aime bien jouer. Ne suis-je pas après tout un assez bon joueur d'échecs? Aussi, j'adore les jeux avec des règles simples mais qui demandent un peu de jugeote. Avec ces Stashs, je suis comblé. Par ailleurs, je suis absolument convaincu qu'on peut faire des mathématiques avec ces objets. J'ai vu par exemple un jeu du nom de Zendo qui est une excellente variante du Éleusis de Robert Abbott. J'ai donc l'intention de me servir de ces pyramides lors de mes formations en mathématique. J'aimerais aussi donner l'occasion aux enseignants et aux élèves de créer leurs propres jeux à l'aide de ces pièces.

Curieusement, je n'ai rien trouvé sur le web francophone au regard de Icehouse. Il commençait donc à être temps qu'un billet s'écrive sur le sujet. C'est maintenant fait.

Lianes

La maison mère d'où vous pourrez commander les pièces. En moins d'une semaine, vous aurez vos pyramides livrées chez vous!
Les règlements d'une tonne de jeux.
Le site de mon neveu grand amateur de jeux de société.

jeudi 9 mars 2006

Paratexte



Je viens de recevoir un courriel dans lequel on me pose une bonne colle. Comment s'appelle la portion du texte qu'on trouve parfois juste sous le titre d'un chapitre et qui « résume » très succinctement le chapitre ? J'ai fouillé, sans succès, dans Seuil de Gérard Genette. Et le web m'est resté silencieux...

samedi 4 mars 2006

JRI, 1992

«Ne dites plus informatique, dites inFORMEatique; le fait que les traitements possibles et prescrits sont toujours formels ou formalistes. Nous voilà au coeur même de l'informatique et, sans doute, au centre de ce qui en fait la culture : l'informatique est une quête incessante pour débusquer le sens sous la forme, c'est une entreprise d'enfermement dans la forme de ce que nous appelons le sens. Plus personne ne devrait demain sortir de l'enseignement obligatoire sans, au moins avoir perçu cela à propos de l'informatique. » (Ch. Duchâteau)
À lire absolument, « Peut-on définir une culture informatique ? » de Charles Duchâteau. Cet article est paru dans le Journal de Réflexion sur l'Informatique en octobre 1992 ! La revue semble aujourd'hui défunte, le web ne signalant aucun article postérieur à 1996.

mercredi 1 mars 2006

Portail, quand tu nous tiens...

On peut lire ici :

« Jacques Sansfaçon, directeur des Services des ressources en technologie de l'information et des communications de la CSDN, est convaincu que ce portail va révolutionner la façon de faire l'école. "On va enfin réussir l'intégration de la technologie dans l'enseignement ", dit-il. »

Wow !!! Encore un directeur des technologies qui pense qu'afficher les devoirs et leçons sur le web, donner accès aux bulletins, y consulter son agenda, etc, c'est intégrer les technologies à l'enseignement...
C'est l'fun que l'Infobourg ait obtenu les droits de reproduire cet article du SOLEIL de Québec : c'est une jolie pub pour le portail GRICS.

jeudi 23 février 2006

PhiloBlogue

La semaine dernière, j'ai rendu visite aux élèves de Mario Cyr dans sa classe de philosophie (cinquième secondaire). J'ai trouvé absolument fascinant l'art d'écouter et d'intervenir des élèves. Ils émettaient des opinions réfléchies et bien argumentées. Ils étaient capables de contredire leurs compagnons, tout en gardant un grand respect dans leurs propos. Et, surtout, ils réfléchissaient par eux-mêmes! Y aurait-il donc de l'espoir en éducation au Québec?

Entre autres, la discussion a tourné autour de l'utilisation du Philoblogue. Tout ça pour alimenter un peu plus l'atelier que j'anime à l'Aquops en avril. Mon idée n'est pas encore faite quant à l'utilisation scolaire des blogues. Par exemple, j'ai grand-peur qu'on utilise ce nouvel outil avec un contrôle enseignant tel, que plus aucun élève ne veuille y entrer des billets. Un peu comme ces conseillers pédagogiques dans les années 80 qui ont complètement dénaturé le langage LOGO en proposant des séquences d'enseignement strictes. J'ai peur qu'on écoeure les élèves avec ça, qu'on en fasse du scolaire plate. Heureusement, ce n'est pas le cas en ce qui concerne le PhiloBlogue.

Mais quand je lis Edgar Morin :
L'apprentissage de l'auto-observation fait partie de l'apprentissage de la lucidité. L'aptitude réflexive de l'esprit humain, qui le rend capable en se dédoublant de se considérer lui-même, cette aptitude que certains auteurs comme Montaigne ou Maine de Biran ont admirablement exercée, devrait être chez tous encouragée et stimulée. Il faudrait enseigner de façon continue comment chacun produit le mensonge à lui-même ou self-deception. Il s'agirait d'exemplifier sans cesse comment l'égocentrisme auto-justificateur et la bouc-émissarisation d'autrui conduisent à cette illusion, et comment y concourent les sélections de la mémoire qui éliminent ce qui nous gêne et enjolivent ce qui nous avantage (ce pourrait être par l'incitation à tenir un journal quotidien et à y réfléchir sur les événements vécus.)
La tête bien faite, p. 57, Seuil, 1999.
je ne peux qu'appuyer encore plus ma conviction qu'il y a « quelque chose à faire là ».

Je suis extrêmement fier qu'un cours de philo se donne dans une classe de ma CS. Et je ne peux que déplorer que cette pratique ne soit pas généralisée dans la province. Car, comme le dit encore Morin :
La philosophie n'est pas une discipline, c'est une puissance d'interrogation et de réflexion qui porte non seulement sur les connaissances et sur la condition humaine, mais aussi sur les grands problèmes de la vie. Dans ce sens, le philosophe devrait partout stimuler l'aptitude critique et autocritique, ferments irremplaçables de lucidité, et partout encourager à la compréhension humaine, tâche fondamentale de la culture.
La tête bien faite, id. p.59.

Bravo à Mario, bravo à ses élèves et longue vie au Philoblogue.


mardi 21 février 2006

Ce grand besoin de catégoriser...

Élève: J'existe car je suis évalué.
Enseignant: J'existe car j'évalue.
Directeur d'école: J'existe car j'ordonne d'évaluer.
Ministère de l'éducation: Rien n'existe hormis l'évaluation.
Ernest Abbé

La droite se cache toujours [...] derrière la restauration des savoirs et des évaluations.
Monique LaRue


Sur la liste privée du RÉCIT, une petite discussion sur les échelles de niveaux de compétence. On semble rechercher des échelons pour situer un enseignant relativement au développement de sa compétence TIC. Mon commentaire :

Hum... il faut se demander à qui et à quoi servent les échelles. Si on compare avec les échelles de niveaux de compétence du primaire, par exemple, c'est d'abord un outil d'enseignant permettant à ce dernier de situer l'élève au niveau de sa progression. Et, il faut bien le dire, au primaire, ce qui n'est pas le cas au secondaire, les échelles sont non prescriptives. Cela signifie entre autres, qu'au primaire, les échelles sont un outil pédagogique de plus dans la boîte à outils de l'enseignant, alors qu'au secondaire, elles serviront au classement des élèves.

Pourquoi un professionnel aurait-il besoin d'échelons ? (Pour le salaire, c'est l'fun, mais encore là avec le gouvernement Charest, échelle ou pas, c'est merdique).

Prenez votre cas personnel : avez-vous besoin d'une échelle quelconque de niveaux de compétence pour vous situer. Ou encore, aimeriez-vous que votre boss vous évalue à l'aide d'une échelle? Comment vous sentiriez-vous ???

Et bien, c'est pour ça que les échelles, je n'en veux pas. Je me mets à la place des enseignants, et je vois les super conseillers pédagogiques arriver avec les jolis échelons pour les classer et les catégoriser. C'est pas ma job de faire ça. De plus, si les patrons veulent les évaluer (les catégoriser), c'est à eux de se construire leurs propres outils d'évaluations.

Quant à l'autoévaluation, ne me faites pas rire : Y' A PERSONNE QUI FAIT ÇA ! Et surtout pas avec des échelles. À moins que vous aimiez répondre à des questionnaires genre Châtelaine. Un être intelligent s'autorégule, et c'est suffisant.

Non, des échelles, je n'en ai vraiment pas besoin, ni dans ma vie, ni dans ma job.

mercredi 15 février 2006

Les Tic qui font tiquer

Sur la liste Edu-Ressources, Robert Bibeau écrit :
« 4 millions d'internautes québécois (de tous âges) en 2005.
64 % des québécois utilisent Internet couramment....
Le Québec se situe au 9e rang des sociétés les plus branchées (189 pays recensés).
Plus de 90 % des foyers ayant un enfant d'âge scolaire possède un ordinateur branché à Internet.

Le ratio élèves/ordinateur est maintenant 6 élèves /1 ordinateur ce qui permet à chaque élève d'avoir accès à l'ordinateur plus de 4 heures / semaine à l'école.
98,6 % des écoles sont branchées à Internet et 54 % sont branchées à haute vitesse...

Alors la fracture numérique est minimale pourrait-on penser.

Pourquoi ces ordinateurs branchés ne servent-ils que 50% du temps scolaire, la même proportion qu'il y a dix ans ?
Pourquoi les élèves déclarent-ils avoir accès à l'ordinateur que 1 à 2 heures / semaine à l'école ? Et ces proportions diminuent depuis deux ans ??? »
Ma réponse :

Vous promenez-vous dans les écoles? Les ordinateurs vieillissent. Dans bien des cas, tout est contrôlé par les services informatiques; le pédagogue n'a rien à dire, et, s'il se mêle de faire des demandes, on le fait poiroter et on lui donne toutes sortes d'explications bidons pour ne pas améliorer les choses. Encore cette semaine, une enseignante me rapportait son expérience avec un tech :

- Je suis sur tel site en Flash que j'aimerais bien utiliser avec mes élèves, mais le son ne fonctionne pas ...
- Bof, ton ordinateur n'a pas assez de mémoire!
- Ah... Pourtant, j'arrive à voir l'animation.
- (soupir) C'est la mémoire, c'est certain.
- (Timidement) Ça pourrait pas être les speakers?
- (re-soupir) Mais non, c'est la mémoire et y'a pas d'argent pour mettre à jour. Vis avec c'que t'as.

Après que le tech. ait quitté, l'enseignante, incrédule, essaya des speakers provenant d'une autre machine... Tout était bien fonctionnel.

Autre cas (toujours cette semaine...)

-Pourrais-tu jeter un oeil sur le canon, il ne fonctionne plus.
-Je l'ai regardé la semaine passée, et il fonctionne très très bien.
Le lendemain, spectacle dans la salle publique. On installe le canon. Il ne fonctionne pas. On appelle le tech. Il a pris une heure, en bougonnant, à le faire fonctionner.... Évidemment, faut pas généraliser, mais des histoires comme celles-là, j'en entends depuis des années.

Je suis bien tanné de voir qu'en 2006, on bloque des ports, on limite l'accès à certains sites, on empêche le clavardage, on bloque le courriel hotmail, etc. Conclusion : Les jeunes, ils font de l'informatique en dehors de l'école, parce qu'à l'école, ça vaut pas grand'chose. Et, je tiens à le souligner, ce n'est pas la faute des enseignants. J'en connais de TRÈS allumés, qui auraient pu (et voulaient) développer la compétence TIC chez les élèves, mais qui, devant les niaiseries (et là, je suis gentil) du système, ont complètement décroché.

C'est aux gestionnaires à réagir s'ils tiennent vraiment au développement scolaire de la compétence TIC. Sinon, qu'on arrête les chichis des bien-pensants et qu'on la supprime du programme de formation.

Pour moi, il n'y a qu'une et une seule solution : que tout le pédagoTIC passe par les services pédagogiques et non les services informatiques. Que les services pédagogiques soient entièrement responsables/imputables de l'absence (la présence???) du développement de la compétence TIC à l'école. Mais, il faut bien le dire, aujourd'hui, tout le monde s'en contre-fiche car personne ne prend la réelle responsabilité de l'échec lamentable des TIC en éducation.

mardi 14 février 2006

L'intégration des matières

Les mathématiques sont une invention humaine, inspirée par notre capacité innée à étudier avec précision des idées abstraites, alors que la physique a pour objet le monde matériel, que nous n'avons absolument pas créé. Le rapport entre la logique interne et la logique de la création matérielle paraît tout à fait gratuit.
Heinz Pagels, L'Univers Quantique.


En présentant le projet de bâtir avec quelques enseignants une situation complexe d'apprentissage et d'évaluation en mathématique, un directeur d'école m'a lancé, hargneux : «J'espère que tu vas intégrer les sciences à la situation, car ça, c'est réforme ! Et les sciences et les maths, ça va ensemble !» ... Je commence vraiment à m'aimer : je n'ai pas réagi.

Ce lieu (lien) commun maths <=> sciences m'a toujours déplu. En fait, je pense qu'intégrer les sciences aux maths n'est vraiment pas quelque chose à faire systématiquement. L'inverse m'apparaît cependant logique : intégrer les maths aux sciences. En sciences, les maths peuvent (et généralement sont) un outil de premier ordre. Quand on intègre les maths aux sciences, on ne défait pas la pensée scientifique. Cette dernière est habituellement basée sur l'induction appuyée par une (la ?) méthode scientifique. Les maths sont alors un outil qui permet d'articuler cette pensée. En ce sens, on «intègre» (je préfère le mot «utilise») les maths aux sciences.

Mais comment intégrer les sciences aux maths ? Franchement, je ne vois pas trop. Les maths sont d'abord déduction, rigueur et communication serrée de la pensée.

Par exemple, le scientifique qui observe : (1 - 3 - 5 - 7 - 9) pourra induire que le nombre suivant est 11. Le bon mathématicien, quant à lui, ne pourra rien déduire sinon qu'il peut trouver une loi qui justifierait n'importe quel nombre à la suite. Amener l'élève vers une découverte mathématique par le biais d'une expérience scientifique est corrompre l'idée de déduction en la faisant d'abord passer par l'induction. Pour le mathématicien, l'expérience de laisser tomber 1 million de fois une balle ne démontre pas que la prochaine fois, la balle tombera. Autrement dit, le fondement de la pensée scientifique est à mon sens trop différent du fondement de la pensée mathématique pour introduire celle-ci par celle-là. Au regard des mathématiques, il est plus aisé d'intégrer le français (en s'assurant de la rectitude du langage parlé ou écrit) ou l'histoire (en s'assurant que l'enfant comprenne l'origine historique et culturelle de la pensée mathématique.)

vendredi 10 février 2006

J.T.

Ah ! voilà enfin l'explication ... Il a les cheveux tellement longs qu'il ne voit plus les rondelles. J'espère que son médecin aura une autre solution à lui proposer.

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